‹ Nouveau manuel complet du verrier et du fabricant de glaces, cristaux: pierres précieuses factices, verres colorés, yeux artificiels, etcChapitre 84 sur 127 · MOYEN DE FAIRE DES CREUSETS · texte numérisé non relu

MOYEN DE FAIRE DES CREUSETS

quantité déciment provenant de la même terre ; on humecte le tout suffisamment et l’on prépare une pâte qui sert à fabriquer les creusets.

Ces creusets sont meilleurs quand ils ne sont pas trop cuits.

Conditions que doivent remplir les bons creusets.

La Société d’Encouragement pour l’industrie nationale avait proposé en 1826 un prix pour la fabrication en grand des creusets réfractaires, et dans le programme duquel on lit des détails intéressants sur les conditions que doivent remplir les bons creusets.

La résistance des creusets, y est-ildit, leur infusibilité, dépendent de l’argile avec laquelle ils sont faits. Il s’en trouve sur plusieurs points de la France, dont la qualité réfractaire ne doit rien laisser à désirer, puisque, dans nos fabriques d'acier fondu, on est parvenu, avec la terre de notre sol, à faire des creusets qui peuvent servir à cinq ou six opérations. 11 est probable que de nouvelles recherches feront découvrir des dépôts d’une argile trés-pure, qui pourra être employée avec succès, ou que l’on trouvera quelque moyen peu dispendieux de rendre encore plus infusibles celles qui le sont déjà à un certain degré (1).

Ce qu’on demande d’un creuset, c’est qu’il puisse supporter sans se fondre l’action d’un feu de charbon le plus violent, et qu’il ne casse pas dans les changements subits de température : cette seconde condition n’est pas la plus difficile à remplir ; on y parvient en composant la pâte des creusets de manière que le ciment fait avec l’argile calcinée soit prédominant, et qu’il ne soit pas en poudre fine; mais, à mesure que l’on augmente la proportion du ciment, la pâte, devenue moins ductile, se tourne plus difficilement : ce n’est pas un obstacle invincible; il paraît même que l’emploi du tour à potier n’est pas le mode de fabrication le meilleur, ni le plus expéditif; la pression semble préférable, ou tout autre moyen qui donnerait une densité égale aux parois Ldu vase.

11 est de l’intérêt des fabricants de s’assurer par eux-mêmes de la qualité de leurs creusets : c’est pourquoi on les engage à le faire. Ils y parviendront facilement avec une forge

(i^ La Irrigation, par exemple, peut enlever le sable pyriteux qni produit la terra fusible. Quelques chimistes, considérant la qualité réfractaire de la magnésie, ont pensé qae l’on rendrait l’argile plus infusible en y mêlant un peu d© muriatede magnésie,

de maréchal, sur laquelle ils construiront en briques un petit fourneau de 22 centim. (8 pouces) de diamètre sur 37 à Ü0 (\h à 15 pouces) de hauteur, à partir du fond du foyer, où s’abouche la tuyère du soufflet.

Ce foyer qui formera le cendrier, peut avoir 16 centim. (6 pouces) de diamètre et 11 centim. (4 pouces) de hauteur seulement.

On ménager-a un canal, fermé avec une brique, qui pourra s’enlever à volonté, afin de pénétrer, au besoin, dans le cendrier, dans le cas où la grille serait obstruée par un creuset qui aurait fondu.

La grille est placée sur ce cendrier ; elle peut être en terre réfractaire, percée de trous comme le fond des fourneaux de ménage, ou bien composée de barreaux de fer de 20 ou 27 millim. (9 lignes ou 1 pouce) de diamètre et de 15 centim. (5 pouces et demi) de longueur, lesquels reposeraient sur deux petites tringles de fer, de manière à ne laisser que 7 millim. (3 lignes) de distance entre eux, afin que, si le soufflet était trop fort, le vent ne pût frapper le creuset et le refroidir.

A partir de la grille, l’élévation des parois du fourneau, qui doit avoir 21 centim. (8 pouces) de diamètre, sera de 27 centim. (10 pouces) dans œuvre.

Aussitôt que la maçonnerie est achevée, on revêt l’intérieur du fourneau d’une couche de 3 centim. (1 pouce) d’épaisseur, d’un enduit composé de cinqparties de sable non fusible et d’une partie seulement de bonne argile, que l’on bat pour unir sa surface et le faire adhérer aux briques. Ainsi revêtu, le fourneau n’a plus que 16 centim. (6 pouces) de diamètre.

On place sur la grille un tourteau ou petit support cylindrique, haut de 6 à 8 centim. (2 pouces et demi à 3 pouces), et fait du même mélange infusible d’argile et de sable : c’est sur ce tourteau que se pose le creuset rempli de morceaux defer non oxydés, coupés par petits fragments et disposés de manière qu’il y ait entre eux le moins de vide possible; on ferme le creuset par un couvercle, qu’on lute avec du sable et de l’argile.

Dès que le charbon, dont on entoure le creuset, est allumé, on fait agir le soufflet et on remplace le combustible à mesure qu’il se consume.

A l’aide de cet appareil, on produit une chaleur telle qu’en 30 ou 40 minutes on peut fondre un demi-kilogramme de fer doux.

Il n’est pas nécessaire d’attendre que les creusets aient été

au four pour les essayer, il y a même de l’avantage à les em-

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