‹ Nouveau manuel complet du verrier et du fabricant de glaces, cristaux: pierres précieuses factices, verres colorés, yeux artificiels, etcChapitre 86 sur 127 · EMPLOI DU COMBUSTIBLE , ET THÉORIE DE LA COMBUSTION · texte numérisé non relu

EMPLOI DU COMBUSTIBLE , ET THÉORIE DE LA COMBUSTION

Nous n’entrerons point ici dans les diverses théories de la combustion que l’on a proposées en divers temps, parce qu’elles ne reposent que sur des hypothèses dont la chimie pneumatique a fait justice; nous allons nous borner à faire connaître celles de Lavoisier et de Berzélius.

On définit la combustion : une combinaison de l’oxygène avec un corps, avec émission de calorique et quelquefois de lumière. Dans tous les cas, il n’y a jamais émission de lumière sans dégagement de calorique. D’après cela, la combustion ne saurait être confondue avec l’incandescence ou l’ignition, qui n’est qu’une accumulation de calorique dans un corps, sans absorption d’oxygène ni d’aucun autre corps. Ce célèbre chimiste divise les corps en combustibles et comburants. Les premiers sont ceux qui sont susceptibles d’éprouver la combustion , et il réserve le dernier nom à l’oxygène, comme propre à l’entretenir. Cette théorie de la combustion s’établit sur les ruines de celle du phlogistique, qui supposait le dégagement d’un corps, tandis que l’augmentation en poids qu’acquièrent les corps brûlés, et qui est due à l’oxygène, démontrait le contraire. D’après ces faits, la théorie Lavoisienne a été adoptée jusqu’à nos jourS| parce qu’elle rend compte des faits principaux.

Il est cependant reconnu que plusieurs corps peuvent, en ' s’unissant, dégager de la chaleur et de la lumière, et simuler une combustion, sans cependant absorber de l’oxygène.

La combustion doit donc être considérée comme la combinaison de deux ou de plusieurs corps, quelle que soit leur nature, avec dégagement de chaleur et de lumière.

Lavoisier a attribué le dégagement de la chaleur à la condensation des molécules de l’oxygène absorbé. Cependant, malgré que cette absorption soit bien démontrée, ce qui ne l’est pas, bien s’en faut, c’est que tout le calorique, produit par la combustion, lui soit dû dans tous les cas. Nous nous bornerons à en offrir un exemple : Si l’on brûle un volume de carbone dans un volume de gaz oxygène, il y a émission de calorique et de lumière, et le produit est un volume de gaz acide carbonique égal à celui de l’oxygène. Nous pourrions même ajouter que l’inflammation de la poudre à canon dans le vide, quoique solide, donne des produits gazeux avec dégagement de chaleur et de lumière. Ces objections, ainsi que plusieurs autres, aussi bien fondées, ont été faites à la théorie de Lavoisier.

D’après Berzélius, la chaleur et la lumière, qui sont produites par la combustion, ne sont point dues à une variation de densité des corps, ni à un moindre degré de chaleur spécifique de nouveaux produits, puisqu’il arrive souvent que le calorique spécifique est plus fort que celui des principes constituants des corps qui avaient été brûlés. D’après ce fait et l’action que le fluide électrique exerce sur les corps combustibles, il pense qu’au moment où ils s’unissent ils développent des électricités libres, opposées, dont la force devient d’autant plus grande qu’elles approchent davantage de la température à laquelle la combinaison a lieu, jusqu’à ce qu’au moment de cette combinaison les électricités disparaissent en donnant lieu à une élévation de température telle qu’il se produit du feu. « Dans toute combinaison chimique, dit-il, il y a neutralisation des électricités opposées, et cette neutralisation produit le feu de la même manière qu’elle le produit dans les décharges de la bouteille électrique, de la pile électrique et du tonnerre, sans être accompagnée dans ces phénomènes d’une combinaison chimique. »

Au reste, Berzélius a la modestie de ne présenter sa théorie que comme une hypothèse : « J’ai introduit, dit-il, au lieu d’une hypothèse qui ne suffit plus, une autre qui, jusqu’à présent, est conforme à l’expérience acquise, mais qui, peutêtre sous peu, aura le sort de la première, et ne sera plus d’accord avec une expérience plus étendue, a

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