II. PROCÉDÉ BOISSONNEAL
La fabrication a lieu devant la flamme du chalumeau. L'œil artificiel inventé par il/. A. Baissanneau^ consiste en une coque mince modelée en verre, qui couvre le moignon oculaire désorganisé et qui est couverte des paupières, d'où résulte son mouvement expressif.
On souffle avec un tube de verre blanc alcalin de la grosseur convenable une boule ovale que l'on coupe suivant le grand diamètre ; après lui avoir donné la forme voulue on applique au sommet de la coque ovale assez de verre blanc pour en former la cornée, de manière qu'elle soit semi-sphérique extérieurement et plane à l'intérieur.
Ces coques appropriées aux yeux gauche ou droit, sont revêtues intérieurement de couleur vitrifiable ; l'artiste imite exactement l'iris de l'œil humain, après avoir produit préalablement les petites veines rouges. 11 revêt l'intérieur de la coque d'émail blanc conforme en nuance à l'œil sain qu'il veut imiter.
On vitrifie au moufle, où les rebords tranchants et les vives arêtes de la coque s'arrondissent.
Lorsqu'on souffle la coque avec un tube de verre blanc opaque on perce le côté de la boule elliptique et on rapporte du verre blanc transparent dont on forme la cornée, comme il a été dit. Les yeux artificiels ont le plus souvent le grave inconvénient de ne pas résister assez longtemps aux humeurs muqueuses et. aux acides corrosifs concrètes dans l'orbite de l'œil.
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On obvie à ce défaut en employant à cette fabrication du verre laiteux dur, composé au phosphate de chaux, et en recouvrant les couleurs de l'iris d'une couche de verre alcalin.
Les yeux destinés aux animaux empaillés se font de la même manière, excepté les yeux pour oiseaux, poissons et reptiles qui ont généralement des pupilles rondes et monochromes.
On imite ceux-ci au moyen de demi-boules en verre blanc transparent de divers diamètres, et dont on revêt le côté plan de l'iris de couleurs vitrifiables ou à l'huile.
On se procure lé plus facilement ces demi-boules en coulant du verre blanc dans un moule plat en cuivre dans lequel se trouvent gravées ou frappées des concavités semi-sphériques qui se joignent, et que Ton rompt au moyen de tenailles.
Lorsqu'on ne peut pas disposer de demi-boules, on peut les produire par le ramollissement de petits morceaux ronds de verre blanc très fusible que l'on aura obtenus par le rognage au grésoir ou bien par de petits coups de marteau frap es sur les arêtes des morceaux assujettis sur une tranche fixe en acier.
On obtient le ramollissement des morceaux de verre ainsi préparés. en les rangeant côte à côte.