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VERRES INCRUSTÉS

on se procure des modèles bien travaillés, et on en prend l'empreinte avec de l'arg-ile riche en silice. On cuit légèrement ces empreintes ; on les enduit d'une très petite quantité d'huile, puis on moule dans leur concavité l'argile bien blanche et bien pétrie. Celle-ci s'y modèle aisément, et s'en détache avec facilité quand elle est à moitié sèche et qu'elle a pris un peu du retrait. Pour les petites médailles, on peut très bien en prendre l'empreinte avec de la cire d'Espagne,

Les matières vitreuses aisément fusibles sont d'un emploi plus facile que les autres ; mais elles ne doivent pas l'être trop, parce qu'elles pourraient pénétrer dans les pores de l'argile.

Pour effectuer l'incrustation, on applique la figure sur une surface plane de cristal, ou bien sur la paroi extérieure d'un vase de même matière et encore chaud ; puis on la recouvre d'une couche de cristal d'épaisseur convenable, en prenant toutes les précautions nécessaires pour éviter qu'elle ne se brise ; on expose ensuite le tout à la chaleur d'un feu de verrerie, et on fait refroidir lentement.

Ces cristaux, ainsi préparés, se taillent comme les autres, seulement il faut que la surface sur laquelle on voit la figure soit plane ; si elle était courbe, cylindrique ou sphérique par exemple, il en résulterait que la réfraction des rayons lumineux déformerait plus ou moins tous les contours de la figure, et que, même, sous une couche épaisse de cristal, ils ne seraient plus recbnnaissables.

On peut employer dans ce travail le cristal coloré. L'on peut même facilement donner aux figures l'aspect de l'or. A cet effet, on choisit une argile qui, au feu, devienne jaune ou jaune rougeâtre. Les couleurs

peuvent également être variées par des oxydes métalliques que Ton mêle à de l'argile blanche. Toutefois ce sont toujours les figures blanches, et après elles les figures jaunes, qui produisent le plus bel effet sous un cristal incolore. Nous ajouterons ici ce que M. Pelouze a publié à ce sujet ; il servira de complément à ce que nous venons d'en dire.

« On ne doit se servir, dit-il, que de moules bien propres, bien essuyés au pinceau ; car sMl se portait quelque parcelle de substance décomposable par la chaleur, de poussière végétale, sur la pièce motilée, il en résulterait infailliblement dans le verre quelque soufflure fort désagréable,

« On presse la pâte dans le moule ; on enlève les rebarbes au couteau, et, environ une heure après, on donne une secousse au moule pour en détacher la pièce que l'on reçoit sur un cuir mollet. Elle doit offrir une grande netteté pour être mise en œuvre avec succès.

<f 11 convient de faire sécher à l'ombre les figures moulées. Lorsqu'elles sont sèches, on les rachêve, pour donner plus de délicatesse aux traits, etc., d'une manière analogue au moulage de la porcelaine. Pour cela, il faut faire usage d'outils déliés et mousses en bois et du pinceau à l'eau.

« Pour ne pas s'éclater au moment de Tincrustalion dans le verre, les pièces ont besoin d'une demi-cuisson, qui peut très commodément leur être donnée dans notre fourneau. Mais on a remarqué que, pour que ces figures ne jaunissent pas dans l'opération, et ne s'amaigrissent pas, il faut éviter de les placer dans le four sur des tuiles argileuses ordinaires. Les briques de support doivent être composées de marne et

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