II. VERRE FLEXIBLE
Sous ce nom, un ingénieur autrichien, M, Eckstein, désigne une substance aussi transparente que le verre ordinaire, mais en même temps flexible et très solide.
Pour la préparer, il dissout 40 à 80 parties de coton triazoïque (coton à coUodion) dans environ iOO parties en poids d'un mélange d'alcool et d'éther; cette solution est ensuite mélangée avec 2 à 5 0/0 d'huile de ricin ou d'une autre huile non résineuse, puis avec 4 à 10 0/0 de résine ou de baume du Canada.
Ce mélange est étendu sur une plaque de verre et séché dans un courant d'air chaud à 50*». Il se transforme assez rapidement en une substance dure, vitreuse, transparente dont l'épaisseur peut être réglée à volonté.
Cette substance, très flexible et presque incassable, est sans odeur et résiste parfaitement à l'action des sels, des alcalis ou des acides. Son degré d'inflammabilité est très inférieur à celui des autres combinaisons de collodion et peut être annulé en ajoutant du chlorure de magnésium à la composition.
Un peu d'oxyde de zinc donne à la masse l'appa-
rence de l'ivoire et on peut naturellement lui communiquer toute espèce de couleurs ou de teintes.
Il existe un autre genre de verre flexible que Ton prépare A l'aide de papier d'épaisseur convenable qui est d'abord rendu transparent au moyen de vernis copal; quand il est bien sec on le polit et on le frotte avec de la pierre ponce, puis on y passe une coucbe de verre solnble et on le frotte de nouveau avec du sel. La surface devient aussi polie que du verre.
On se sert encore d'une substance analogue au verre flexible de M. Eckstein pour la fabrication de perles artificielles.
La matière première est la nitrocellulose que l'on peut employer soit à l'état brut, soit à l'état purifié. Cette nitrocellulose est dissoute dans un mélange d'alcool et d'éther (78 parties d'alcool et 21 parties d'éther pour 1 partie de nitrocellulose). La dissolution ainsi préparée est versée sur une table de bois, de verre, de porcelaine ou de métal. Après Tévaporation du dissolvant, il reste une pellicule solide présentant l'aspect de la nacre. On peut encore se servir comme dissolvant de verre soluble dans la proporti >n de 10 parties de verre pour 90 parties d'eau.
in. TECTORIUM
Le tectorium se compose d'une pâte gélatineuse transparente de couleur jaune, coulée en plaques minces et au milieu de laquelle est un tissu métallique qui lui donne la consistance nécessaire. Ce produit se fabrique par largeur de 1™20 et par pièce de 7 mètres de longueur. Le mètre carré pèse environ 2 kil. 300.
TECTORIUM 383
Le tectorium réfracte les rayons du soleil tout en possédant la même transparence que le verre opale; il est tenace et flexible, se laisse plier sans se casser, ne craint pas la gelée, ne se dissout pas dans Veau.
11 est mauvais conducteur de la chaleur; exposé à Tair, il devient de plus en pliis résistant et s*éclaircit peu à peu au soleil.
En passant une légère couche de couleur à Thuile sur le tectorium, on obtient une imitation de verre peint difficile à distinguer du verre coloré.
Il se coupe facilement avec des ciseaux et on peut lui donner la forme que Ton désire.
Pour bien fixer le tectorium, il faut le clouer sur le petit bois des fenêtres comme le verre ordinaire et lorsqu'il s*agit de remployer sur du fer ou de la fonte, il faut d'abord garnir le métal de petites lattes de bois et le fixer sur ces dernières avec des clous à large tète de préférence assez éloignés des bords du tissu.
Les qualités et avantages de ce produit sont mentionnés dans le Bulletin technologique de la Société des anciens élèves des écoles des Arts et Métiers, par M. Lambert, qui considère le tectorium comme un bon succédané du verre, non seulement en raison de son prix qui est de beaucoup inférieur, mais aussi à cause de son emploi multiple, de sa longue durée et de sa pose facile sans rupture.
On utilise encore la gélatine solidifiée, rendue insoluble au moyen de l'aldéhyde formique pour fabriquer des objets transparents imitant le verre jusqu'à un certain point.
On fait tremper de bonne gélatine blanche pendant douze heures dans son poids d'eau, puis on la
fait fondre au bain-marie, on y ajoute iO pour 100 d'une solution concentrée d'aldéhyde formique. Le mélange bien homogène est moulé, puis on le laisse refroidir. Au sortir du moule, on l'enduit d'une couche d'une solution concentrée d'aldéhyde, soit ea l'y plongeant, soit au moyen d'un pinceau.
Les objets ainsi obtenus sont transparents.
L'addition à la gélatine d'un peu de blanc de zinc délayé dans l'alcool donne une imitation de marbre blanc. On peut varier les effets en ajoutant des oxydes colorés.
Ce produit est ininflammable.