I. PROCÉDÉS PYROMÉTRIQUES
Dans la conduite des fours de verrerie, il faut une grande habitude pour apprécier la marche du feu, son ralentissement ou son accélération. On juge du tirage au feu des cheminées et des carneaux, à la longueur de la fiamme, à sa couleur plus ou moins
PROCEDES PYROMETRIQUES
bleuâtre, à sa fuliginosité. Une flamme longue et bleuâtre indique un manque d'air, une flamme jaunâtre et courte indique un excès d'air.
On apprécie facilement, quand on est un peu expérimenté, la température par Tétat d'incandescence.
Le tableau suivant, dû à. M, Pouillet, donne des appréciations très rapprochées des degrés de chaleur :
Couleurs du platine
Rouge naissant
Id.
Rouge sombre Cerise naissant Cerise . . .
Cerise clair
Id.
Orangé foncé Orangé clair
Id.
Blanc naissan Blanc éclatant Blanc éblouissant Id.
Température
oOO . •
Fusion (les niétAux Zinc.
Bronze.
Argent pur.
Fonte blanche.
Fonte grise.
Id. 2» fusion Or pur.
Acier très fusible.
Acier moins fusible.
Fer doux français.
Fer martelé anglais.
Les procédés pyrométriques qui ont eu quelque application industrielle, sont basés sur la dilatation des solides ou des gaz, sur la contraction des argiles, sur les variations dans la résistance à la transmission de Télectricité, sur la dissociation, sur l'élévation de la température qu'éprouve un liquide circulant d'une façon constante dans un appareil placé dans le four, sur le point de fusion d'alliages ou de matières vitrifîables, borosilicates ou silicates.
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LVmploi des appareils basés sur la dilatation des solides présente l'inconvénient suivant : les solides soumis à de hautes températures éprouvent peu à peu des transformations dans leur texture qui modifient leur mode de dilatation et faussent les indications de l'appareil ; ces pyromètres sont donc rapidement mis hors d'usage.
Si l'on cherche à utiliser la dilatation des gaz pour la mesure de très hautes températures, on ne trouve plus de matière convenable pour emprisonner, sans déperdition ou changement de volume, le gaz dont on doit mesurer le volume ou la pression : le platine devient poreux ; la porcelaine se ramollit si elle est soumise plusieurs fois à des températures élevées quoique. insuffisantes pour la déformer; elle change d'état, la couverte s'altère et elle devient pernaéable aux gaz.
Les mesures de températures basées sur la contraction de corps argileux (pyromètre Wedgwood), sont entachées d'erreur parce que, outre la difficulté de se procurer des argiles toujours identiques, on a constaté que cette contraction peut se produire par une température relativement basse mais prolongée, d'une façon aussi marquée que par une température élevée mais de courte durée.
Les pyromètres basés sur la variation de la conductibilité électrique due au changement de température, comme celui de Siemens ou d'autres savants, ont été l'objet à Sèvres de nombreuses expériences ; on a constaté que la conductibilité du platine soumis à de grandes variations de température change en même temps que la structure moléculaire du métal et les données qu'on obtient ne sont plus comparables au bout d'un certain temps.
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Les pyromètres basés sur la dissociation du carbonate de chaux (Lamy) sont rapidement mis hors d'usage, tout Tacide carbonique dégagé n'étant plus réabsorbé par la chaux qui s'altère (sans doute en se silicatisant) ; du reste, ici aussi, comme pour le thermomètre à air on est arrêté par l'impossibilité d'avoir un récipient étanche et non déformable.
Nous arrivons maintenant au pyromètre à circulation d'eau et sur lequel il nous paraît utile d'entrer dans plus de détails ; ce pyromètre est un bon instrument, les causes de perturbation y sont peu nombreuses; il faut bien entendu le remettre à chaque observation dans des conditions identiques de surface et jauger exactement l'eau débitée par minute : il est nécessaire aussi de tenir nette la surface soumise à l'action de la chaleur, la couche de suie qui se dépose sur l'appareil, lorsque la flamme est réductrice, en modifiant les indications.
Lorsque ces conditions sont bien observées, le pyromètre à circulation d'eau rend de très réels services. Son grand avantage, à notre avis, est de renseigner très rapidement sur les variations des températures aussi bien ascendantes que descendantes. Les inconvénients sont les suivants : il est un peu encombrant, il exige une installation un peu compliquée et une dépense d'eau assez forte, si on veut explorer plusîeiws points du four en action.
Un procédé pyrométcique beaucoup plus simple et. peut-être plus fidèle, consiste, suivant M, Salvétai, à disposer dans les divers endroits du four à étudier, des substances susceptibles de fondre, et à observer le moment où elles entrent en fusion ; si l'on connaît le point de fusion de ces substances, on sera renseigné
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sur la température exacte atteinte à cet instant ; si on ne le connaît pas, on utilisera ces montres fusibles* non plus pour constater la température absolue atteinte, mais pour servir de régulateur de cuisson, «t uUé* rieu rement d'indiceleur pour Tarrêt du four lorsqu'on aura par expérience établi que cet arrêt dcrit coïncider avec la fusion de telle ou telle substance ; bien entendu, ce procédé ne peut fournir d'indications que sur la marche ascendante ou sur le stationnement de la température. Si elle déeix^t, les montres fusibles n'indiquent plus rien.