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TOME SECOND

2 GRAVURE sua VERRE

spath fluor (fluorure de calcium, Ca FI*) et d'acide sulfupique(i).

En 1735, Pauli, à Dresde, et en 1783, Wentz^l, firent usage du même moyen.

L'acide fluorhydrique ne fut découvert qu'en 1771, par Scheeley et étudié en 1810 par Gay-Lussac et Thénard.

Suivant M. R. Wagner, la première idée de graver sur des plaques de verre des dessins propres à être reproduits par impression est due à Hann, de Varsovie (1829). Plus récemment (1844), l'impression à l'aide de planches gravées sur verre, ou hyalographie, a reçu une nouvelle impulsion de la part de Bottger et Bromeis, et dans l'Imprimerie impériale de Vienne elle a été beaucoup perfectionnée.

M. C. Piil, attaché à l'Imprimerie impériale de Vienne, a contribué notamment au progrès de cet art et a publié un traité d'Hyalographie auquel nous emprunterons les détails suivants :

La gravure chimique se pratique comme la gravure sur cuivre, seulement le mordant et le vernis changent.

On ne peut pas employer le fond qui sert ordinairement pour les métaux, parce qu'il est enlevé de la plaque de verre par l'acide fluorhydrique.

Le vernis pour la gravure sur verre, auquel M. Piil donne la préférence, se compose avec un mélange d'une partie d'adipocire ou de blanc de ba-

(1) L'acide fluorhydrique (H FI) ainsi produit se combine avec la silice du verre pour donner dn fluorure de silicium (SiFl*), composé volatil, qui se dégage en grande partie, et de l'eau.

4 (HFl) 4- Si 02 a SiF14 -f 2(H20).

GBIT Lie A LAa»e ^

leine avec deux parties d'aspbalte de Svrie pur. 0« matières dissoutes dans Tessence de térébenthine rer- Ufiée donnent le vernis liquide qu'on peut étawir*: avec un pinceau.

M. Piil compose aussi un [letit vemit à rewtich^ avec parties égaies d'asphalte et de eoiophane àis^ soutes dans l'essence de térébenthine chaude.

Pour vernir le verre, on se sert d'une caï-.M' rectangulaire en fer-blanc, munie de pied.*» et d'un couvercle de forte tôle sur laquelle on plare la pian/^:he: on remplit la caisse d'eau qu*oo met en ébu.lition par un moyen quelconque, et lorsque la planche df verre est suffisamment chaude, on y étend le vemi.^ et on la flambe à la manière ordinaire.

Si Ton voulait avoir un verni» de couleur blan^h*-. on étendrait dessus une légère couche de tér^Vli^rnthine de Venise dissoute dans Talcriol, »ur laquelW*. avant son entière dessiccation, on frottenît de la poudre d'argeqt.

On décalque comme sur les planchf^ de cuiviv. mais le tracé à la pointe exige plus d'attention, pn rce qu'ici cette pointe ne peut attaquer le verre comme elle fait le métal, qu'elle est plus disposée à gli<»ser dessus, et qu'il faut enlever plus nettement le vernis pour que la morsure soit plus égale et plus pure.

Pour être en mesure de mieux apprécier le travail de la pointe, on met sous la planche à vernis blanc une feuille de papier noir qui laisse bien apercevoir le tracé.

L'acide fluorhydrique attaquant le verre avec énergie et ayant une très grande disposition à élargir le trait ou à soulever le vernis, il faut apporter beau-

coup. (inattention dans la morsure et n'employer que d'excellents vernis.

On peut, pour la morsure, employer l'acide fluorhydrique en vapeur, ou bien se servir, quand il s'agit de petits objets, d'une feuille de papier brouillard imbibée d'acide fluorhydrique, qu'on place sur la planche où l'on a tracé à la pointe, et sur laquelle on place plusieurs autres feuilles sèches de papier, puis on comprime fortement le tout sur le tracé, et on obtient ainsi en quelques minutes une légère morsure.

Pour les objets de grande étendue, on verse sur la planche, un peu chauffée et bordée, de Tacide fluorhydrique étendu du double de son volume d'eau, et on laisîse agir J 5 secondes; on enlève l'acide, on lave promptement à grande eau pour enlever complètement l'acide, et on fait sécher dans un courant d'air 1 chaud.

Si le dessin exige des parties plus creuses et que le vernis ne soit pas altéré, on couvre les parties assez mordues de petit vernis et on donne l'acide, en opérant comme précédemment, et répétant cette opération aussi longtemps que le vernis le permet, ou jusqu'à ce qu'on ait atteint le ton voulu dans certaine» parties.

Quand le vernis a été endommagé, on l'enlève, on nettoie la planche d'abord à l'essence, puis à la craie très (ine, on chauffe la planche et on la recharge de vernis, en ayant bien soin qu'il n'en coule pas dans les traits. Cela fait, on verse l'acide et on fait mordre à nouveau-

L'acide fluorhydrique, ainsi que nous l'avons déjà dit, exerçant une action vive et profonde sur le

6R4VURE A l'acide S

verre, on conçoit que dans toutes ces opération» il faut agir avec beaucoup de célérité et ne pas perdre un moment de vue le but auquel on veut atteindre.

Il arrive parfois qu'on rencontre dans les dessins quelques parties fortement ombrées ou teintées, et qui exigeraient, sur une faible étendue-, des morsures répétées pour EU'river au ton, mais comme les opérations répétées pourraient compromettre ta planche, il vaut mieux les creuser après la morsure, au moyen d'une pointe de diamant qui attaque facilement le verre.

M* Piil a aussi cherché à obtenir sur verre des tons unis et dégradés comme au lavis. Voici comment il procède pour arriver à cet effet. On remplit les traits gravés avec un mélange de térébenthine de Venise, de gomme-laque et de noir de fumée ; on chauffe la planche, et après qu'elle est refroidie, on enlève le surplus sur la surface à l'aide d'un linge humecté d'essence de térébenthine.

On couvre alors la planche légèrement avec du baume de copahu, mêlé à un peu d'encre d'imprimerie, et on frotte dessus très également de la poudre d'argenti

Après avoir couvert de petit vernis les parties qui ne doivent pas être rendues mates, on expose à l'action de l'acide ffuorhydrique à l'état de vapeur pendent dix à douze minutes, et on obtient un ton mat assez uniforme, mais faible, que l'on peut teinter plus fortement en répétant l'opération, mais sans lui donner plus de vigueur, c'est-à-dire qu'on opère comme sur le cuivre pour le lavis en saupoudrant la planche de résine.

Si l'on veut lier entre eux les tons fins et ôter les

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contours entre les teintes, on se sert d'une pointe en buis qu*on imbibe de pierre ponce très finement broyée à Teau.

La planche de verre qu'on veut imprimer est enchâssée dans une forte planche de bois dur, où on la cimente avec du plâtre fin mêlé de colle forte, puis on encre comme pour la gravure en taille douce et on imprime à la presse lithographique.

Le procédé de M. Piil, essayé à l'Emprimerie impériale de Vienne, a donné de belles épreuves, et les planches reproduites par la galvanoplastie ont fourni des cuivres à gravure en relief qu'on a pu imprimer par voie typographique.

PROCÉDÉ KESSLER

M. Kessler a fait connaître en 1863 un procédé de gravure à l'acide fluorhydrique au moyen de l'impression qui rapproche bien plus que le précédent cette branche de l'art de la gravure à l'eau forte sur métaux.

Le procédé se compose de trois parties principales : 1® la confection de la planche d'impression ; 2° la fabrication de l'encre réserve; 3° l'impression.

1 ° Préparation de la planche d'impression, — L'idée fondamentale mfse à profit se trouve appliquée dans l'industrie des toiles peintes; c'est celle à peu près de l'impression de la couleur au rouleau.

Seulement la planche d'impression est plate, la gravure profonde et non répartie en points ou en lignes minces; l'encre est différente, bien entendu, es meilleures planches d'impression seraient

GRAVURE A L*ACIDB

celles de métal, si, en raison de la difficulté de leur taille qui doit être profonde et de Télévation de leur prix, on ne devait leur préférer les pierres : la pierre lithog;raphique ou le marbre. On dresse bien la surface de celle qu'on a choisie, en Tusant au sable d*abord, puis à la pierre ponce; et Ton peint sur la surface sèche à l'aide d'un pinceau trempé dans une dissolution de bitume, le dessin tel qu'il doit être gravé.

On laisse sécher une heure ou deux, puis on verse sur la pierrç une eau aiguisée d'acide chlorhydrique. L'acide mord partout où le dessin laisse la pierre découverte et ne touche pas aux parties peintes. On a ainsi, dix minutes après, une pierre dont le creux va de 1/2 à 2/3 de millimètre. On la nettoie à l'essence. Pour les ilessins fins, on a recours à des planches de métal gravées au burin.

2<* Encre réserve, — L'encre avec laquelle on imprime est d'une nature toute particulière. Elle est formée d'une partie fluide, quoique visqueuse, et d'une partie solide formant épaississement. Il faut, en effet, qu'elle soit assez ferme pour que, étendue partout sur la pierre, elle puisse être coupée dans le creux, à fleur des reliefs, avec toute la netteté d'un corps solide. Le bas prix auquel il est important qu'elle revienne, puisque certaines épreuves en enlèvent jusqu'à 30 grammes, a obligé M. Kessler à rechercher pour l'épaissir, un moyen économique et rapide d'obtenir une poudre solide, impalpable, afin de l'y incorporer.

M. Kessler y est arrivé, en faisant fondre avec ses constituants «ne substance, la stéarine (acide stéarique), la cire de palmier, le spermaceti, la paraffine,

la naphtaline, etc., qui cristallisent par le refroidissement.

On chauffe jusqu'à dissolution du bitume dans l'essence de térébenthine, on filtre au chausson et l'on plonge le vase dans l'eau froide. Pendant le refroidissement de l'encre, il faut Tagiter constamment afin de troubler la cristallisation de l'acide gras et de lui donner un grain plus lin. Aucune réserve ne résiste aussi énergiquement à l'action de l'acide fluorhydrique.

3** Impression et décalque. — L'impression du dessin se fait sur papier demi-pelure glacé. On installe la pierre sur un chariot garni de plusieurs épaisseurs de drap, et l'on .en recouvre toute la surface avec l'encre ci -dessus décrite : puis, à l'aide d'une racle en acier fortement trempée et bien dressée que l'on promène à sa surface, on enlève cette encre de manière à découvrir tous les reliefs et à laisser les creux bien remplis. On étend sur la pierre une feuille de caoutchouc vulcanisé, puis plusieurs doubles de flanelle. On pousse le chariot sous le plateau d'une presse verticale ou sous le cylindre d'une presse spirale, et lorsque la pression a été donnée, on détache lentement l'épreuve. On procède ensuite à un nouveau tirage. Une planche gravée sur pierre peut en fournir plusieurs milliers.

Avant de passer au décalque, il est nécessaire de détruire l'adhérence de l'encre au papier. Cette adhérence est énorme. Elle n'a d'équivalent dans aucun des procédés usités dans l'industrie, soit pour l'impression des émaux, soit pour la reproduction des lithographies, etc. C'est une des conditions essentielles mêipe du succès, 11 faut que l'encre soit très

GBAVURÊ k l/ ACIDE 9

épaisse pour pouvoir se couper comme un corps solide, et pour qu'étant aussi épaisse, le papier puisse en arracher à la pierre une couche d'un demi millimètre, il faut qu'elle adhère énergiquement à sa surface.

M. Kessler est arrivé à détruire très facilement cette adhérence par un petit artifice physique. C'est en se servant d'un effet d'endosmose. On porte l'épreuve sur un bain d'eau acidulée avec 1/4 ou 1/iO d'acide chlorhydrique. Quand elle est imbibée, on la passe rapidement sur la surface d'un bain tiède (à 30 ou 40^ centigr.), en l'y laissant seulement le temps suffisant pour que les stries de l'encre soient affaissées par la fusion. C'est alors qu'un phénomène d'affinité entre les deux liquidés tend à faire entrer de l'eau dans le papier imbibé d'acide. Mais comme le papier est un espace clos, l'eau ne peut y pénétrer qu'en expulsant du côté opposé nno légère couche d'acide étendu. Cette couche d'eau acidulée qui sort, soulève l'encre avec d'autant plus de facilité qu'étant fondue dans ce moment, elle ne grippe plus dans ses pores.

Le décalque s'efTectue comme à l'ordinaire, en appliquant l'épreuve du côté imprimé sur la pièce à graver et en enlevant le papier.

Quelques heures suffisent pour opérer la dessiccation de l'encre qui est restée sur l'objet à graver. On peut alors plonger celui-ci dans un bain d'acide fluorhydrique. Ses parties non recouvertes d'encre seront seules accusées. Après la morsure, on enlève la réserve, soit en la dissolvant dans des essences, soit, par un moyen mécanique.

Appliqué à la décoration des verres, des cristaux et des porcelaines, ce procédé permet d'obtenir des

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effets de couleur en iuême temps que des effets de gravure. C'est ainsi qu'avec du verre plat, blanc ou autre, bleu d'un côté et jaune de l'autre, on peut sur la même pièce, en l'attaquant des deux côtés, produire à volonté toutes les dégradations du bleu, du jaune et du vert jusques y compris le blanc.

En dépolissant la surface du cristal, soit avant, soit après la gravure, on obtient aussi des effets -dont on tire parti, surtout sur la décoration des globes ou objets d'éclairage. Enfin, le creux de la gravure se teint très facilement au feu, soit au chlorure d'argent, soit au rouge de cuivre.

Lorsqu'on dépolit les reliefs après cette teinture, on enlève toute la couleur en trop sur les bords du dessin.

Cette couleur s'applique donc avec facilité et elle reste ensuite sur la pièce, en quelque sorte à Tabri du frottement. II en est de même de la dorure que l'on y place.

PROCÉDÉ DOPTER

M. DopteVj dont le nom tient une place considérable dans l'industrie de la gravure sur verre, emploie un procédé d'impression analogue au précédent. Le papier sur lequel on tire les épreuves à décalquer est un papier non collé enduit de colle d'amidon, puis de gomme, et recouvert enfin d'une couche de collodion. La couche ainsi posée sur le papier et qui est adhérente au verre, a assez de consistance pour permettre de faire les reports nécessaires dans le cas où plusieurs dessins successifs doivent être superposés pour avoir des épaisseurs variables ; un lavage à l'acide sulfurique concentré désagrège ensuite le col-

ÔRAVDHE A l'acide il

lodion pour ne laisser que Tenduit bitumineux protégeant les épreuves à faire.

PROCÉDÉ TEISSIË DU XOTRAT ET MARÉCHAL

MM.Teisstédu Motfiayet Ch.-R. Maréchal (de Metz) ont fait, au sujet de la gravure sur verre, des observations importantes, qui leur ont suggéré un nouveau procédé d'opérations. La dissolution aqueuse d'acide fluorhydrique gazeux produit un poli mat et adhérent. L'acide fluorhydrique dilué forme, soit avec le silicium et le métal du cristal, soit avec le silicium et le métal alcaline- terreux du verre, des fluosilicates de plomb et de calcium solubles dans la liqueur où ils prennent naissance, tandis que l'acide fluorhydrique donne du fluorure de silicium volatil et des fluorures de plomb et de calcium insolubles dans le milieu où ils s'engendrent.

La gravure mate produite par l'action de l'acide gazeux est toujours d'un dépoli strié et d'inégale épaisseur; car l'eau engendrée par cette réaction, s'acidifiaot peu à peu, s'accumule en gouttelettes inégales, et ne redissout que partiellement et inégalement les fluorures, formés.

Ces messieurs ont *donc cherché à remplacer l'action des vapeurs d'acide fluorhydrique par celle d'un bain, où l'acide se dégageant à l'état naissant ne pourrait, au contact du cristal ou du verre, donner lieu à la formation de fluorures insolubles.

Pour l'obtenir, ils ont eu recours à la réaction qu'exercent les dissolutions aqueuses des acides chlorhydrique et acétique sur les fluorures et fluorhydrates de fluorures des métaux alcalins.

iî GRAVURE SUR VERRE

Si, à 1,000 grammes d'eau, on ajoute 2S0 grammes de fliiorbydrate de fluorure de potassium bien cristallisé, et 230 grammes d'acide chlorhydrique du commerce, on x)btientun bain où le cristal et le verre se dépolissent rapidement, mais sur une petite épaisseur, et inégalement.

En ajoutant alors, jusqu'à quasi-saturàtion, du sulfate de potasse, soit j40 grammes environ, ou à sa place du sulfate d'ammoniaque, de l'oxalate de potasse, et quelques chlorures avides d'eau, tel que le chlorure de zinc par exemple, on obtient des dépolis épais et uniformes.

Ce procédé a été appliqué aux usines de la cristallerie de Baccarat, pour éviter l'usage insalubre dQ la roue et de l'acide fluorhydrique.

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