‹ Nouveau manuel de droit ecclésiastique franc̜aisChapitre 2 sur 110 · I PRÉFACE · texte numérisé non relu

I PRÉFACE

Le nouveau Manuel que je publie renfenne les actes importants do l'autorité ecclésiastique aussi bien que ceux du gouvernement civil; il n'est inspiré par aucun sentiment sectaire» et il pourra être mis dans les mains des jeunes séminaristes non moins que dans celles des hommes politiques. J'ai vérifié les textes avec le plus grand soin sur les documents originaux, et j'espère les avoir reproduits dans toute leur exactitude. Au lieu de les avoir classés selon l'ordre artificiel des matières, comme l'avait fait M. Dupin, je les ai donnés dans l'ordre naturel de la chronologie. Ainsi, ils s'expliqueront mieux les uns par les autres, chacun d'eux conservant néanmoins sa valeur propre et sa signification spéciale.

En parcourant ce recueil, on sera frappé, comme J6 l'ai été moi-même en le composant, de l'importance que garde la législation de Napoléon P^ Sauf en des détails accessoires, elle est encore debout tout entière. Cette législation très savante, très complète, d'une rédaction aussi admirable que celle du Gode civil, ce modèle littéraire des œuvres législatives, se compose de deux parties distinctes : le Concordat et les lois et décrets organiques. Autres sont les rédacteurs de ces deux parties et autres aussi en sont les doctrines. Le principal rédacteur du Concordat,

PRÉFACE Vil

SOUS Pinspiratloa de Bonaparte, est Tabbé Beriiier, prêtre éclairé, en qui une irréprochable orthodoxie s^unissait à un sens politique supérieur et à une rare souplesse d'esprit. Le principal rédacteur des lois et décrets organiques est Portails, jurisconsulte et canoniste éminent, mais à la façon des Pithou et des Guy Coquille, et qui, n'ayant pas compris la grandeur et la nouveauté de la Révolution française, n'y avait vu qu'une bourrasque passagère, après laquelle il suffisait de réparer l'ancien édifice endommagé. Le Concordat) œuvre du prêtre, consacre les résultats de la Révolution de 89 et accepte la séparation qu'elle avait établie entre les deux pouvoirs, en laïcisant le gouvernement et la législation. Les lois et décrets organiques, œuvre du jurisconsulte gallican, impliquent la négation fondamentale du principe de la Révolution et rétablissent dans une large mesure Tunion entre le trône et Tautel, défaite en 89.

Depuis, cette contradiction s'est poursuivie jusqu'à nos jours. Ce sont les prêtres qui, en attaquant les lois et décrets organiques et en revendiquant l'indé^ pendance de l'Église vis-à-vis de l'État, ont été, scienunent ou non, les défenseurs du principe de 89. Ce sont les libéraux et les révolutionnaires qui, en

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