CŒUR
La surface interne du péricarde, tant dans sa portion libre que dans celle qui adhère au coeur, est lisse et humectée, comme le sont toutes les membranes séreuses. Cette disposition du péricarde donne au cœur une position fixe, tout en lui permettant de se mouvoir librement dans son enveloppe, sans qu'il y ait des frottemens nuisibles.
PtÉPAftATio*. Dans Ponvtrture de la poitrine , il fant nser de précaution pour ne pas blesser le péricarde, an moment où Ton dirise le tissu cellulaire qui l'unit à la face postérieure du sternum. Après avoir examiné le péricarde en position, on le détache avec le cœur, en emportant en même temps les poumons, les gros troncs vasculaires et la portion dn diaphragme a laquelle il adhère en bas.
Ponr préparer le péricarde, il font d'abord l'insuffler: a cet effet on y lait une ouverture d'une ligne de diamètre ; on passe une épingle dans la cavité du péricarde à une ligne de l'ouverture, et l'on en fait repasser la pointe au dehors du côté opposé, à la même distance de l'ouverture; une seconde épingle est placée d'une manière analogue, mais en croisant la direction de la première à angle droit; on place nn fil sous les quatre bouts des deux épingles, on y fait un nœud coulant, on introduit le tube dans l'ouverture, et l'on insuffle, en avant soin de serrer la ligature , dès que le sac est tendu. Par oe moyen on peut à volonté faire entrer et sortir l'air du péricarde. On peut encore Pinsnffler après l'avoir percé très -obliquement avec une aiguille : les bords du canal que l'on forme de cette manière s'effacent assez bien , et Pair est retenu sans ligature \ mais l'autre procédé me semble préférable.
On enlève ensuite soigneusement les portions de plèvre qui recouvrent le péricarde., et l'on emporte toutes les glandes bronchiques qui entourent les racines des poumons et qui adhèrent au péricarde, afin de pouvoir bien isoler chaque tronc vasculaire qui entre dans le sac ou qui en sort; mais' aux endroits où cette membrane se réfléchit sur eux, il faut disséquer avec beaucoup de précaution, parce qu'on y fait bien facilement des trous dans ces points.
Après avoir étudié la conformation extérieure du péricarde , on l'incise, afin d'en voir l'intérieur et de bien observer la manière dont il enveloppe le commencement de chaque tronc vasculaire, pour se réfléchir ensuite sur le cœur.
Art. 2. Cœur.
Le cœur est un muscle creux» enveloppé par le péricarde, dirigé obliquement de haut en bas, de droite à gauche et d'arrière en ayant II a une figure irrégulièrement conique ; la base du cône est placée à la hauteur de la cinquième vertèbre dorsale; c'est à la base que sont placées les oreillettes et leurs appendices, et c'est d'elle que partent les gros troncs vasculaires. Le sommet correspond au cartilage de la sixième côte; l'extrémité de ce sommet
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est légèrement bifurquée, ce qui indique la séparation du cœur en deux ventricules. La face antérieure ou supérieure est convexe; elle est parcourue par un sillon longitudinal, dans lequel rampent les vaisseaux et qui correspond à la cloison des ventricules; là face postérieure ou inférieure est aplatie; on y remarque un sillon semblable. Le bord antérieur ou droit est mince et appuyé sur le diaphragme ; le bord postérieur ou gauche est épais et plus court que le précédent.
A l'intérieur, le cœur est divisé en quatre cavités, dont deux droites et deux gauches ; les premières contiennent du sang veineux, les autres du sang artériel : les cavités d'un côté communiquent entre elles, mais non avec celles du côté opposé, en sorte qu'on est réellement fondé à admettre ' qu'il y a deux cœurs adhérens l'un à l'autre. Les deux cavités du cœur de chaque côté sont une oreillette y située vers la base, et dans laquelle se rendent des veines, et un ventricule , qui, partant de l'oreillette, s'étend à la pointe, et qui donne naissance à une artère.
i.# U oreillette droite ou antérieure est située à la partie antérieure droite de la base du cœur; la veine cave supérieure vient s'y ouvrir en haut et en dehors ; la veine cave inférieure s'y unit en bas et en dehors. L'orifice de cette dernière est garni d'une valvule incomplète, quelquefois, très-mince, appelée valvule d'Eustache. La portion de l'oreillette où se trouve le confluent de ces veines , porte plus particulièrement le nom de sinus des veines caves. A la partie supérieure et gauche de l'oreillette on rémarque un appendice qui communique avec sa cavité, et qui porte le nom X appendice auriculaire. La -paroi gauche de cette oreillette forme la cloison inter-auriculaire , qui la sépare de celle du côté opposé. On remarque dans cette cloison une dépression ovalaire, appelée fosse ovale, dernière trace du trou de Botal et de sa valvule , qui dans le fœtus faisaient communiquer les deux oreillettes. Dans l'adulte , ce trou est fermé par une membrane assez mince, qui n'est autre chose que la valvule qui s'est soudée par ses bords. Quelquefois cependant le trou ovale n'est pas fermé en entier, et l'on y trouve alors des points où Ton peut faire passer un stylet fin d'une oreillette dans l'autre. La fosse ovale est entourée par le bourrelet ovale ou anneau de Fieussens, qui est une portion de la cloison, un peu plus épaisse. Entre la fosse ovale et la valvule d'Eustache
1 Nous n'entendons parler ici que du cœur à l'état parfait; plus tard noua traiterons des organes du foetus.