ARTÈRES ILIAQUE EXTERNE ET CRURALE
digitale* dorsales , qui se distribuent sur les côtés de la face dorade- des deux orteils correspondant
Quand l'artère pédieuse est arrivée au premier intervalle interosseux, elle se divise en deux branches : Tune, appelée artère anastomotique profonde, s* enfonce dans la plante du pied poor former V arcade plantaire, conjointement avec Vartère plantaire externe ; l'autre s'avance , sous le nom S artère dorsale du gros orteil, jusqu'à la tète des os du métatarse, et s'y divise en deux rameaux digitaux, l'un pour le côté externe du gros orteil, l'autre pour le côté ^interne du second.
8) Artère tibiale postérieure. Elle descend le long de la face postérieure de la jambe, entre la couche musculaire superficielle et la profonde, recouverte par le feuillet profond de* l'aponévrose crurale. Elle passe ensuite dans la plante du pied, derrière la malléole interne, soUs la voûte du calcanéum, où elle se termine en se divisant en deux branches appelées artères plantaires. Dans ce trajet , oulre de nombreuses branches musculaires qui s'anastomosent avec des rameaux perforans de la tibiale antérieure, elle fournit les suivantes:
1) Artère nourricière du tibia. Très-forte, fournie par la tibiale postérieure peu après sa naissance ; elle se dirige en de* dans et entre dans le tibia vers son tiers supérieur.
à) Artère péronière. Elle varie beaucoup en calibre; ordinairement elle est peu volumineuse ; quelquefois elle manque , et alors elle est remplacée par plusieurs petites branches de la tibiale postérieure; mais plus souvent encore elle est plus volumineuse que de coutume et alors elle remplace en partie lune des artères tibiales qui se trouve être trop grêlé. Elle descend le long du péroné, en s'enfonçant peu à peu entre les fibres du muscle tibial postérieur, auquel elle donne des rameaux, ainsi ou aux autres muscles de la région; quelques-uns d'entre eux s anastomosent avec les rameaux perforans de la tibiale antérieure. Un peu au-dessus du milieu de la jambe elle fournit Vartère nourricière du péroné. Au tiers inférieur de la jambe, ou plus bas encore , l'artère péronière se divise en deux branches : Vartère péronière antérieure traverse le ligament interosseur, descend entre le tibia et le péroné, et s'anastomose sur le dos du pied avec les artères du tarse et du métatarse, après avoir donné de nombreux rameaux aux articulations et au muscle abducteur du petit orteil. Quelquefois celte artère est très-petite, et les rameaux qu'elle doit fournir le sont alors par la tibiale antérieure.
500 AHGIOTOMIE; AATÈBE5.
Varier e péronière postérieure continue à marcher dans la direction primitive du tronc ; elle descend derrière la malléole externe et se ramifie sur le bord externe du pied, en donnant des rameaux à toutes les parties de cette région et en s'anastomosant avec la tibiale postérieure , la tibiale antérieure et la plantaire externe. Dans uù cas où l'artère péronière s'était développée en sens inverse avec la tibiale postérieure , j'ai vu la branche postérieure passer sous la malléole interne dans la plante du pied , pour former les artères plantaires, après toutefois s'être anastomosée avec la tibiale postérieure, qui était très-petite.
3) Artère plantaire interne. Elle est une des branches qui terminent la tibiale postérieure sous la voûte du calcanénm. Beaucoup plus petite que F externe, elle s'avance le long du bord externe de l'abducteur du gros orteil, en donnant des rameaux aux muscles et aux articulations voisines; elle se termine près de la tête du premier os du métatarse , en s'uni&ant à l'arcade plantaire.
4) Artère plantaire externe. Plus forte que l'interne ; elle se dirige en dehors, profondément placée entre le court fléchisseur des orteils et le muscle accessoire du long fléchisseur, en donnant des rameaux aux muscles voisins et aux articulations, et en s anastomosant avec les artères du tarse et du métatarse. Près de l'extrémité postérieure du cinquième os du métatarse, l'artère plantaire externe se recourbe en dedans pour s'unir vers le premier intervalle interosseux à l'artère anastomotique profonde de la pédieuse et à l'extrémité de la plantaire interne, en formant ainsi X arcade plantaire ', dont la convexité est dirigée en avant De la concavité de cette arcade naissent quelques artérioles pour les muscles interosseux et pour les ligamens ; sa face supérieure reçoit les trois artères perforantes, que nous avons vu être fournies par les artères interosseuses dorsales. La convexité de l'arcade donne naissance aux artères collatérales des orteils f qui sont ordinairement au nombre de six, et qui, après avoir donné des rameaux aux muscles de la plante, se sous-di visent de manière à ce qu'il y ait à la face plantaire de chaque orteil deux artères collatérales, qui se terminent à la troisième' phalange, en «anastomosant entre elles par arcade.
1 On l'appelle quelquefois arcade plantaire profonde ; mais je ne connaît pat d'arcade plantaire superficielle.
ARTÈRES ILIAQUE EXTERNE ET CRURALE. 5oi
PnfpAiATiov. Les artères épigastrique, circonflexe iliaque et tégumenteuse ont déjà été étudiées avec les vaisseaux superficiels, en sorte qu'il suffit d'en yoir maintenant l'origine. On commencera par disséquer les artères honteuses externes t qui sont superficiellement situées à la partie supérieure interne de la cuisse; après les avoir isolées, on enlève peu a peu tout le tissu cellulaire qui entoure le tronc de Tarière crurale , de manière à ne conserver que les vaisseaux et les muscles. On dissèque V artère crurale superficielle jusqu'au point où elle perfore le troisième adducteur, et Ton conserve soigneusement Panneau fibreux qui lui livre passage. On sépare ensuite les muscles de la cuisse pour découvrir le trajet de fartère crurale profonde , en évitant autant que possible de diviser les muscles en travers ; le plus souvent il suffira de bien les soulever , après avoir enlevé tout le tissu cellulaire ambiant. A la partie antérieure du membre il n'y a guère que le muscle pectine et les deux premiers adducteurs qui doivent être séparés de leurs attaches au pubis, afin de voir le trajet de X artère circonflexe interne , ainsi que la terminaison de l'artère obturatrice , qui ne sera disséquée que maintenant. A la partie postérieure de la cuisse il faudra couper en travers le muscle carré, pour apercevoir la branche ascendante de la circonflexe interne.
A la jambe, pour voir le trajet de l'artère tibiale postérieure et de In péronière, il faut diviser le gastrocnémien interne a son attache supérieure, et séparer le soléaire du tibia, afin de replier les muscles du mollet en dehors, en les laissant attachés au condyle externe du fémur et au péroné. L'artère tibiale antérieure sera parfaitement visible si l'on écarte bien les muscles extenseurs des orteils, du tibial antérieur, après avoir divisé le ligament croisé. Pour voir la pédieuse et les artères du tarse et du métatarse, il faut exactement séparer les différens chefs du muscle pédieux, et, au besoin , diviser wte chefs externe* s leurs attaches postérieures.
Dans la plante du pied , on peut conserver la partie postérieure du muscle abducteur du gros orteil , qui passe sur l'artère tibiale postérieure, dont on voit le trajet après avoir enlevé toute la graisse qui l'entoure. 11 faut alors, après avoir disséqué la peau de la plante, détacher du calcanéum l'aponévrose plantaire et le muscle petit fléchisseur des orteils, et les replier de côté en les isolant peu à peu des parties profondes de la plante, mais en ménageant les rameaux artériels qu'ils reçoivent. On poursuit enfin les artères plantaires depuis leur point d'origine, tantôt en coupant sur leur trajet les muscles qui les cachent encore, et tantôt en les soulevant de manière à pouvoû les incliner de côté.
5ol ÀNSIOTOMIE; veines.
IL* VEINES.1 CHAPITRE PREMIER Ânatomie générale des veines.
Les veines sont des canaux irrégulièrement cylindriques, qui rapportent au cœur le sang de toutes les parties du corps, où elles sont continues aux dernières ramifications artérielles. En s'unissant entre elles, les veinés forment peu à peu des rameaux, des branches et des troncs, qui se rendent dans les oreillettes dn cœur. Les troncs veineux sont beaucoup plus nombreux que les troncs artériels; on compte quatre veines pulmonaires, deux veines caves, une veine coronaire et la veine porte. Cette dernière présente une disposition toute particulière, en ce qu'elle naît des organes de ta digestion par une multitude de rameaux, qui se réunissent peu à peu en un tronc unique; ce troilc entre dans le foie et s'y divise, à la manière des artères, en branches et en Tameaux, qui se continuent avec les ramuscules des veines hépatiques.
Les veines forment entre elles- des anastomoses multipliées, même parmi les veines d'un gros calibre; disposition que l'on remarque moins généralement dans les artères. Relativement à leur distribution, on divise les veines en deux espèces: 1) les veines profondes sont celles qui accompagnent les artères ; on trouve en général deux veines pour une artère ; mais cette disposition n existe pas pour les troncs ou pour les branches volumineuses. Cependant il y a des veines profondes qui n'accompagnent pas des artères, par exemple les veines du cerveau, du canal vertébral, de l'œil, la veine azygos, etc. a) Les veines superficielles rampent dans la couche sous- cutanée; elles ne sont pas accompagnées par des artères , et elles s anastomosent fréquemment entre elles et avec les veines profondes.
La capacité du système veineux est de beaucoup supérieure à celle du système artériel : car le calibre des veines est en général plus grand que celui des artères qu'elles accompagnent ; en
1 P. Campée, Demonttrationes anatomico- pathologicœ , lit. I. Amsterdam, l/b"b, in-fol., avec fi g.
J. G. Waltih, Observationes anatomicœ. Berlin, 1775", in-fol. arec fig. — Ej. Epittola de vents oculi. Berlin, 1778, in-4.°
G. Laltu , Spieilegium de venu caça super iori. Strasbourg, 1816, in-4.*
G. BaEscurr , Recherches anatomiques , physiologiques et pathologiques sar le système veineux ; in-fol. avec pi. Paris, 1827 et suiv. — Ej. Sur les veiucs du rachis. Paris, I8t9, in-4.°, avec fig.
AKÀTOMIE ÇÉXÉtULLE DBS VEIKES. 5o3
outre on trouve dans beaucoup de cas deux veines pour une seule artère ; enfin , les reines sous-cutanées n'ont pas d'artères correspondantes. Haller pense même que cette différence de capacité des veines aux artères est dans la proportion de neuf i quatre.
Les veines ne forment pas, comme les artères, une série de cylindres régulièrement décroissans; bien au contraire, elles présentent souvent des dilatations ou des rétrécissemens dans leur trajet, et il n'est pas rare de trouver un tronc composé de deux branches, chacune plus volumineuse que lui.
À l'extérieur, les veines sont entourées par une gaine celluleose; leurs -parois elles-mêmes sont formées par trois tuniques: la tunique externe ressemble à celle des «itères; elle est assez mince et formée de fibres cellulaires et aponévretiques. La tunique moyenne ne se voit que dans les gros troncs; elle y forme des fibres rougeâtres molles et extensibles, pour la plupart longitudinales, que Ton n'a pas hésité, à raison de ces caractères, à considérer comme musculeuses. L'examen microscopique ne nous a toutefois pas offert la moindre analogie entre ces fibres et celles des muscles; elles ressemblent presque en tout point aux fibres du tissu cellulaire; même la direction longitudinale que l'on y reconnaît à l'œil nu, ne parait exister que pour les faisceaux des fibres; car ces dernières elles-mêmes se croisent irrégulièrement lorsqu'on les examine suffisamment grossies. Cette tunique étant beaucoup plus mince que la tunique moyenne des artères , les veines elles-mêmes sont en général moins épaisses que celles-ci, et ne restent pas béantes comme elles, quand elles sont vides. La tunique interne, mince, transparente, diffère de celle des artères par son extensibilité, par sa texture filamenteuse et par son adhérence plus intime à la tunique externe là où la tunique moyenne a disparu.
Dans leur intérieur, la plupart des veines sont garnies de valvules paraboliques, formées par des replis de la tunique interne. Un des bords de ces valvules est convexe, et il adhère aux parois de la veine du côté de ses racines; l'autre bord est concave et flottant du côté du cœur. Ces valvules, en s'abaissant, empêchent le sang veineux de rétrograder. Selon- le calibre des veines, les valvules sont disposées trois à trois ou par paires ; dans les petites veines elles sont uniques. Les endroits des veines où sont placées des valvules, se font remarquer à l'extérieur par des nodosités. On ne trouve pas de valvules dans les veines de l'encéphale, du canal vertébral, dans la veine porte, dans les veines caves, dans
5o4 . ANGIOTOM1E; VEINES.
les veines utérines» ni dans celles de la plupart des autres vis* cères '. (ht en trouve peu dans la veine azygos et dansées veines du cou et de la tète. En général on trouve plus de valvules dans les veines profondes que dans les veines superficielles , dans les veines des extrémités inférieures» que dans celles des extrémités supérieures.
Les sinys de la dure-mère sont des conduits veineux d une structure particulière. Au lieu d'être cylindriques comme les veines , ils sont triangulaires ; leur intérieur est tapissé par une continuation de la tunique interne des veines» et l'on y remarque des brides transversales , qui paraissent être des valvules rudimentaires. Les tuniques externe et moyenne des veines manquent dans ces sinus» et elles y sont remplacées par la dure-mère elle-même.
Les veines, comme les artères» reçoivent un grand nombre de vasa vasorum, qui y arrivent des vaisseaux circonvoisins. Elles reçoivent aussi des nerfs» mais en plus petit nombre que les artères : ces nerfs sont pour la plupart fournis pat le système ganglionnaire.
Préparât iow. On examine la structure des -veines par des procédés analogues à ceux que nous' ayons indiqués en parlant des artères. Cependant, comme la tunique moyenne est très-mince et assez adhérente aux autres, on ne peut que difficilement l'isoler; mais on l'aperçoit très-bien en regardant contre le jour une veine ouverte : on choisit pour cela une portion des veines caves près de leur entrée dans le cœur. On voit les valvules sur des veines fendues en long.
La dissection des veines se fait à peu près comme celle des artères: seulement faut-il user de plus de précaution encore, parce que les tuniques veineuses sont en général beaucoup plus minces que les tuniques artérielles y ce qui les expose naturellement davantage à être déchirées.