‹ Nouveau manuel de l'anatomiste, comprenant la description succincte de toutes les parties du corps humain et la manière de les préparer; suivie de préceptes sur la confection des pièces de cabinet et sur leur conservationChapitre 284 sur 297 · CONSERVATION DANS LES LIQUEURS · texte numérisé non relu

CONSERVATION DANS LES LIQUEURS

sur l'autre, et ferment le vase hermétiquement, de manière à empêcher tonte évaporation. 11 suffit alors de recouvrir le tout d'une vessie mouillée et ficelée autour du col du bocal, pour maintenir les pièces bien en contact Quelques anatomistes allument même pendant un instant l'esprit de vin, avant de placer le couvercle, ou bien si le bocal ne renferme que de r eau-de-vie , qui ne brûlerait que difficilement, ils versent d'abord sur sa sur* face quelques gouttes d'alcool rectifié: ce genre d'appareil ferme si bien , qu'on a quelquefois beaucoup de peine à ouvrir de nouveau les bocaux, parce qu'il s'est formé un vide entre le couvercle et le niveau de l'alcool. Pour remédier à cet inconvénient, Sœmherring faisait perforer les couvercles d'une petite ouverture qu'il bouchait avec un peu de cire avant de fermer le bocal ; quand il voulait l'ouvrir de nouveau , il commençait par enlever la cire, ce qui permettait alors d'emporter facilement la plaque en verre. On a proposé de passer à travers ce trou, le fil au moyen duquel on suspend la préparation; mais il nous semble qu il devient plus difficile alors de fermer hermétiquement l'ouverture, de manière i obtenir le vide.

Le vernis dont on recouvre les vessies, ne sert pas seulement ^'ornement, mais il contribué à empêcher l'évaporation, et il garantit les vessies contre les attaques des insectes. On se servait autrefois pour cet objet d'une dissolution alcoolique de cire d'Espagne; mais cette couleur est chère, et elle ne couvre pas bien : il vaut mieux employer de la couleur à l'huile ordinaire, à laquelle on ajoute un peu de vernis à l'essence pour lui donner plus d'éclat Si l'on juge convenable de pratiquer une petite ouverture entre le bocal et le couvercle, pour empêcher celui-ci d'être brisé pendant les changemens de température, il ne faut le faire que quand le vernis dont on recouvre la vessie est bien desséché, parce qu'il boucherait de nouveau l'ouverture, si os le faisait pendant qu'il est encore frais.

Dans les cas où les bocaux ne doivent plus être rouverts, on peut employer le mastic suivant, dont la composition m'est indiquée par Ph. Phœbus : on met fondre six parties de colophane avec deux parties de cire jaune ; puis on y ajoute une partie de térébenthine de Venise, et enfin quatre parties de sanguine pulvérisée, qu'on ajoute par petites portions. Cette préparation exige quelque précaution pour que la masse ne brûle pas ou ne monte nas. Pour se servir de cette composition, on la chauffe, et on rapplique dans cet état entre le rebord du bocal et le couvercle, en l'égalisant avec un fer chaud là où cela parait être néces-

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saire. Il dut avoir soin d'essayer exactement les parties du verre où le mastic doit être appliqué, parce qu'il n'adhérerait pas ara endroits mouillés ou humides. On recouvre ensuite le tout d'une vessie.

On conserve toujours dans 1» laboratoires d'anatomiet et même dans les Musées, nn certain nombre de pièces inachevées, ou que l'on est du moins dans le cas de retira souvent des bo* eaux qui les renferment ? on ne se donne pas alors la peine de fermer les bocaux d'après les règles que nous venons d'indiquer, mais on se contente le plus souvent de les recouvrir d'une plaque en verre , que Ton retient au moyen d'une feuille de papier. Si les préparations devaient rester long-temps dam cet état-là , l'alcool ne tarderait pas à s'évaporer ou à perdre de sa force, et les pièces ainsi conservées étant quelquefois nombreuses, on néglige souvent de les visiter en temps opportun pour voir s'il ne convient pas d'y ajouter de nouveau de l'alcool. Il était donc important d'avoir un moyen qui tint les bocaux hermétiquement fermés, et qui permette en même temps de les rouvrir et de les refermer avec facilité. Ce moyen a été trouvé dans la gomme élastique fondue, qui forme une substance poisseuse, dont on entoure le bord d'une plaque de verre, qui s'applique sur le rebord du bocal à fermer; la gomme élastique fondue conservant toujours sa consistance poisseuse, on peut à volonté rouvrir et refermer le bocal. En faisant fondre deux parties de gomme élastique avec une partie de suif, et en ajoutant ensuite au mélange quantité suffisante 4e craie pulvérisée ou d'une couleur terreuse quelconque, pour donner au mélange la consistance d'une pâte molle, on obtient une masse qui présente les mêmes avantages et qu'il est plus facile de manier. On conçoit que ces moyens seront employés avec avantage non-seulement pour la conservation temporaire des pièces, mais encore pour leur conservation définitive, parce qu'il n'y aurait plus alors qu'à recouvrir le couvercle d'une vessie mouillée que l'on vernirait pour lui donner un meilleur aspect.

Ph. Phcb#us, m'indique une composition employée à Berlin, et présentant à peu près les mêmes avantages que la comme élas* tique fondue. Ces* un mélange de cire jaune, deux parties; lésine de Bourgogne, une partie ; suif de mouton* térébenthine, de chacun '/, partie. On eh forme entre les doigts des cylindres, que l'on presse contre le rebord du bocal à fermer. Cette composition, qui se recommande par son prix peu élevé, ne saurait toutefois être employée dans les cas bu l'alcool est en contact direct avec elle, parce qu'elle en est en partie dissoute.

MANIÈR1 DE EBTTAUaEB LES PlicfcS ANCIENNES. jSg

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