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CHAPITRE X

ARTICULATIONS DE l’éPAULE.

1». Ligaments entre la clavicule de l’omoplate.

L’extrémité externe de la clavicule s’articule par arthrodie avec le bord supérieur de l’acromion ; les facettes articulaires sont oblongues, celle de la clavicule un peu convexe , celle de l’omoplate un peu concave. On rencontre très-souvent dans cette articula tion^M?} cartilage intermédiaire.

Les ligaments qui unissent ces deux os sont :

1) he ligament capsulaire;

2) Le ligament supérieur ou ligament acromial de la clavicule; il se compose de fibres courtes et fortes , qui s’étendent d’un os à l’autre en passant par-dessus la capsule articulaire, à laquelle elles sont intimement unies.

3) Le ligament conoïde est étendu entre la base de l’apophyse coracoïde et le bord postérieur et inférieur de la clavicule. Il a la figure d’un cône tronqué dont la base correspond à la clavicule.

4) Le ligament trapézoide, dont le nom indique la figure , s’attache le long du bord externe de l’apophyse coracoïde , au devant du précédent ligament, et se porte en dehors pour s’attacher à la clavicule à côté du ligament conoïde. J’ai quelquefois rencontré une petite capsule muqueuse ovale entre ce ligament et le précédent.

2'>. Ligaments qui unissent différentes parties de l’omoplate.

1) Le ligament coraco-acromial ou antérieur de l’omoplate: sa forme est triangulaire; il est attaché par sa base le long du bord externe de l’apophyse coracoïde et par son sommet à l’extrémité de Tacroitiion. Ce ligament sert à garantir l’acromion des

fractures et à empêcher les luxations de l’humérus en haut.

2) Le ligament postérieur ou transversal de l’omoplate. C’est une petite bride ligamenteuse qui s’attache en avant et en arrière de l’échancrure du bord supérieur de l’omoplate et la convertit en trou par lequel passe le nerf surépineux.

3». Ligaments entre l’omoplate et l’humérus.

L’extrémité supérieure de l’humérus s’articide par arthrodie avec la cavité glénoïde de l’omoplate : la surface articulaire de l’os du bras est arrondie et a reçu le nom de tête; celle de l’omoplate est ovale de haut en bas, et elle est rendue légèrement concave par un bourrelet fhreux qui l’entoure et qui est renforcé par le tendon du long chef du biceps. Cette surface articulaire de l’omoplate ne pouvant pas, à beaucoup près, contenir la tête de l’humérus, celte dernière est retenue en position par l’acromion et l’apophyse coracoïde réunis par le ligament coracoacromial , qui agrandissent l’articulation en formant une espèce de voûte au-dessus de la tête de l’humérus.

Ces deux os sont maintenus en position :

1 ) Par le ligament capsulaire, qui est extrêmement lâche; lui seul ne pourrait pas retenir l’htjmérus, si cet os n’était fixé par des muscles qui viennent s’y attacher. Parmi ces derniers il y en a plusieurs dont les extrémités tendineuses s’unissent à la capsule et lui fournissent une gaine fibreuse ; tels sont les muscles surépineux, sous-épineux, petit rond et sous-scapulaire. On pensait autrefois que le dernier de ces muscles pénétrait dans l’articulation même; mais il est généralement reconnu aujour-

d’hui qu’il ne Iraverse que la gaine fibreuse de la capsule , et que la poche synoviale proprement dite reste entière, mais qu’elle se réfléchit sur le tendon , auquel elle s’unit intimement. Le sous-scapulaire n’est pas le seul muscle qui parait percer la capsule synoviale : le tendon du long chef du biceps est dans le même cas; mais tm e.xamen attentif fait voir que la capsule se réfléchit également sur lui et lui fournit une gaine. L’extrémité de ce tendon contribue à former le bourrelet qui entoure la cavité glénoïde. L’intérieur de la capsule contient des franges synoviales assez nombreuses.

2) Le ligament accessoire provient du ligament antérieur de l’omoplate et de l’apophyse coracoïde , descend de la voûte, et se dirige vers la capsule articulaire et en partie vers la grosse tubérosité de Uhumériis : ce ligament est mince et membraneux.

Mouvements. L’omoplate exécute des mouvements obscurs dans tous les sens dans son articulation avec la clavicule; mais la principale mobilité de cet os SC fait sentir dans les mouvements de totalité qu’il fait avec la clavicule dans l’articulation sterno-claviculaire. L’usage de la clavicule est de servir d’arcboutant qui empêche l’épaule d’être portée en avant , soit dans les mouvements de l’omoplate, soit dans ceux du bras.

La forme arrondie de la tête de l’humérus et la petitesse de la cavité glénoïde, jointes à la laxité de la capsule articulaire , font déjà pressentir que cette articulation jouit d’une grande mobilité : aussi le bras peut-il exécuter des mouvements dans tous les sens, c’est-à-dire en avant, en arrière, en baul, ainsi que dans toutes les directions intermédiaires , et en outre il fait sur son axe des mouvements de rotation.

Préparation. On procède à la dissection des ligaments après avoir étudié les muscles de l’épaule et du bras. On se facilite la préparation en sciant la clavicule et l’humérus par leur milieu. Outre les ligaments, il faut considérer l’insertion des muscles suret sous-épineux, sous-scapulaire, petit-rond, et celle du long chef du biceps, dont les tendons ont des rapports intimes avec l’articulation buméro-

scapulaire ; on en conservera donc une portion , que l’on coupe à deux pouces environ de d'istance de la capsule articulaire. Tous les autres muscles seront enlevés le plus près possible de leurs attaches aux os.

On a souvent de la peine à distinguer le ligament conoïde du trapézo'ide , parce que ces deux ligaments sont ordinairement unis par du tissu cellulaire traversé par des cordons fibreux; il faut se rappeler qu’ils forment deux plans à peu près parallèles, ou légèrement obliques l’un sur l’autre, mais qui se distinguent par leurs attaches : on s’en facilite la préparation en écartant fortement la clavicule de l’omoplate, et comme ces ligaments adhèrent davantage en arrière que vers le bord antérieur de la clavicule , on opère leur séparation par ce dernier point, en passant le scalpel entre eux, et en enlevant la graisse intermédiaire. Le ligament acromial de la clavicule ne peut pas être séparé de la capsule qu’il recouvre, il faut donc le couper en travers pour voir la capsule articulaire, ainsi que le cartilage in termédiaire.

Le ligament coraco-acromial ne peut pas être isolé non plus de la capsule articulaire, parce qu’il lui adhère intimement en arrière. Dans la préparation de ce ligament il faut faire attention à la membrane accessoire qui se porte vers le ligament capsulaire.

En disséquant le ligament capsulaire lui-même, on n’isole les tendons des muscles qui l’affermissent , qu’autant que cela peut se faire facilement. Celte capsule étant très-lâche, il faut la disséquer avec précaution, et la tendre en écartant l’humérus de l’omoplate. On voit l’attache du muscle sous-scapulaire et du long chef du biceps, après avoir ouvert la capsule par une incision circulaire; on verra alors dans l’intérieur de l’articulation que ces tendons sont partout enveloppés d’une gaine synoviale. On observe en outre les franges synoviales et le bourrelet fbreux àe la cavité glénoïde, ainsi qu’un petit ligament assez fort ( retinaculum ) , qui , de la tête de. l’humérus, se jette dans la capsule articulaire à l’endroit où elle se replie sur le tendon du muscle biceps.

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