CHAPITRE IX
PRE3IIERE SERIE DES MESCLES DE
Ces muscles nombreux et compliqués ne seront facilement retenus qu’autant que l’on se pénétrera bien du caractère distinctif de chacun, en laissant d’abord de côté les détails, tels que le nombre des chefs, qui varient d’un sujet à l’autre et même d’un côté à l’autre chez le même sujet. Ainsi , il sera facile de retenir , que le splénius s’attache en haut à la tête et à des apophyses transverses cervicales , en bas à des apophyses épineuses cervicales et dorsales. Le sacro-lombaire a deux séries de chefs : les externes montent, les internes descendent, tous s’attachent aux côtes. \,e cervical descendant, uni au précédent, est étendu entre des apophyses transverses cervicales et les côtes supérieures. Le lo?ig dorsal a deux séries de chefs, tous ascendants, les externes allant aux côtes et les internes aux apophyses transverses dorsales. Le transversaire de la nuque est e.xclusivepient attaché à des apophyses transverses , tant en haut qu’en bas. he petit cotnplexus s’attache en haut A l’apophyse mastoïde, en bas à des apophyses transverses. Le grand complexus a les mêmes attaches inférieures , mais il provient en haut des arcades occipitales. Quant aux muscles de la couche profonde , nous leur trouvons également des caractères faciles à saisir ; l'épineux du dos est exclusivement étendu entre des apophyses épineuses ; et le transversaire épineux et le compliqué de l'épine, qui tous les deux sont étendus entre des apophyses épineuses et transverses, se distinguent l’un de l’autre, en ce que le premier est plus gros en haut qu’en bas; tandis que l’inverse a lieu pour le compliqué, et que le trans-' versaire épineux est un peu moins obliquement situé que l’autre.
1". Muscle splénius. Ce muscle, plus ou moins divisé en deux portions , qui communiquent par des •bandelettes intermédiaires, forme un plan rhomboidal , situé sur la nuque et recouvert par la partie supérieure du trapèze. Ses fibres sont dirigées en bas et en dedans. La portion supérieure du splénius , ou splénius de la tète, eoramence à l’arcade occipitale supérieure et à l’apophyse mastoïde , et répond en bas au ligament cervical et à l’épine de la septième
LA NDQDE ET PROFOKDS DU DOS.
vertèbre du cou ; la portion inférieure , ou splénius du cou, s’attache en haut , par deux , trois et quelquefois quatre chefs, aux apophyses des vertèbres cervicales supérieures ; en bas au.x apophyses épineuses des cinq et six premières vertèbres dorsales.
Usages. Si un seul muscle agit, il tourne le cou et la tête en arrière de son côté. Les deux splénius tirent la tête directement en arrière.
2®. Muscle sacro-lombaire. Muscle très-long, occupant la partie externe de toute la gouttière vertébrale. Il commence en commun avec le muscle long dorsal , par un vaste corps musculeux , qui s’attache à la partie postérieure de la crête iliaque , à la face postérieure du sacrum et aux apophyses épineuses et transverses des vertèbres lombaires. Cette origine du muscle est enveloppée par une gaine ap>o névrotique , dont les fibres sont dirigées transversalement, et qui est formée par les aponévroses d’origine des muscles grand dorsal , oblique interne et transverse du bas-ventre. Le corps musculaire commun est recouvert postérieurement par une forte couche de fibres tendineuses; arrivé à la hauteur de la douzième vertèbre dorsale , il se divise en deux chefs principaux , dont l’externe est le sacro-lombaire et l’interne le long dorsal.
Le sacro-lombaire se divise en dehors en treize chefs tendineux ascendants , qui s’attachent au bord inférieur de l’angle des douze côtes, et dont le'dernier se rend à l’apophyse transverse de la septième vertèbre cervicale. Outre ces chefs ascendants , le sacro-lombaire en a d’autres, placés au côté interne de ceux-ci , et qui sont descendants; ces chefs s’insèrent au bord supérieur de l’angle des côtes , et communiquent en haut avec le muscle suivant.
3o. Muscle cervical descendant. Ce muscle, grêle et allongé, placé à la partie externe de la nuque, commence ordinairement par quatre chefs des apophyses transverses de la troisième, quatrième, cinquième et sixième vertèbre cervicale; il se place vers la face interne de l’extrémité supérieure du sacro-lombaire , auquel il adhère intimement, et se
divise de" nouveau en cheFs qui s’attachent au bord supérieur de l’angle des quatre ou cinq côtes supérieures. La disposition de ce muscle fait voir qu’il n’est qu’une portion du sacro-lombaire ; en effet, les chefs d’origine du cervical descendant font suite aux chefs ascendants du sacro-lombaire , et les chefs de terminaison du cervical ne sont autre chose que des chefs descendants supérieurs du précédent muscle.
4°. Muscle long dorsal. C’est le chef interne du corps musculeux commun , que nous avons décrit en parlant du sacro-lombaire , au côté interne duquel il est placé. Ce long dorsal , en montant , se divise en deux séries de chefs , les uns externes et les autres internes; les premiers s’attachent au bord inférieur des huit ou neuf côtes inférieures, entre le tubercule et l’angle de ces os. Les chefs internes s’insèrent aux apophyses transverses de toutes les vertèbres dorsales. En haut ce muscle est ordinairement uni au muscle suivant.
5». Muscle transversaire de la nuque. Muscle grêle, placé en haut entre le cervical descendant et le petit complexus; en bas entre le long dorsal et le grand complexus. Il vient par cinq ou six chefs des apophyses transverses des cinq ou six vertèbres cervicales inférieures ; il envoie ensuite des bandelettes de communication à l’extrémité supérieure du long dorsal , ou bien s’unit même intimement à ce muscle, vers son bord interné ; il se divise enfin en chefs qui s’insèrent aux apophyses transverses des six ou sept vertèbres dorsales supérieures.
Usages des muscles 2®, 3®, 4® et 5®. Ces muscles sont tous destinés à redresser la colonne vertébrale en totalité ou dans quelques-unes de ses portions, et même à la renverser en arrière. Les muscles d’un seul côté peuvent l’incliner un peu dé leur côté. Par leurs attaches aux côtes , ces muscles deviennent expirateurs, si leurs chefs ascendants agissent seuls ; le sacro-lombaire peut devenir inspirateur , en ne faisant agir que ses chefs descendants.
6®. Muscle petit complexus. Mince et allongé , situé à la nuque entre le grand complexus et le transversaire. 11 provient de la partie postérieure de l’apophyse mastoïde, et descend de là en se divisant en sept à huit chefs , qui s’attachent aux apophyses transverses des cinq ou six vertèbres cervicales inférieures et des deux premières dorsales.
Usages. Il renverse la tête en arrière et de son côté; les deux muscles l’inclinent directement en arrière.
7®. Muscle grand complexes. Ce muscle, situé à la nuque, se dirige en bas et un peu en dehors. On le divise quelquefois en xleux portions; l’une, interne, remarquable par un tendon brillant, est appelée digastrique de la 7iuque ; l’autre externe , conserve le nom de complexus. Ces deux portions sont toujours unies. Le muscle s’insère en haut entre les deux arcades occipitales ; il s’élargit en descendant , et se divise en chefs qui s’insèrent aux apophyses transverses des six vertèbres cervicales inférieures, et des cinq à six premières vertèbres dorsales; quelquefois il s’attache aussi par deu.x chefs internes aux apophyses épineuses de la septième vertèbre cervicale et de la première dorsale.
Usages. Il incline la tête en arrière et de côté ; les deux muscles la portent en arrière.
Préparation. Nous avons déjà fait remarquer , qu’il n’y a de constant dans la distribution de la plupart des muscles de la nuque et profonds du dos, que leur disposition générale; tandis que le nombre de leurs chefs est sujet à de fréquentes variétés. Les nombres indiqués dans le texte ne font connaître que la disposition la plus ordinaire. Cette observation a surtout trait aux muscles splènius, cervical descendant, transversaire de la nuque, grand ex petit complexus, éjrineux du dos et transversaire épineux. La nuque étant tendue au moyen de billots placés sous la poitrine, on enlève , des épines et des eôles, tout ce qui reste des muscles grand dorsal , rhomboïde , dentelés postérieurs supérieur et inférieur, ainsi que l’aponévrose qui unit ces derniers.
Le splétiius se découvre facilement à la nuque ; les deux portions dont il se compose ne doivent pas être entièrement séparées. Après l’avoir étudié , il faut le détacher des épines et le renverser en dehors, en le laissant attaché à la tête et aux apophyses transverses des vertèbres cervicales. Cette partie de la préparation exige beaucoup de précautions, parce que, le muscle petit com.plexus étant assez intimement uni à la face interne du splénius , on risque de leéouper en même temps; il faut donc aller à la recherche du corps de ce petit complexus , près de l’apophyse mastoïde, et cette portion une fois trouvée , il sera facile d’achever la séparation du reste du splénius , qu’on renversera peu à peu en dehors.
Les mxiscles plus prof 07idément situés seront disséqués avec plus de facilité, quand on en aura relâché les fibres, parce qu’il faut pouvoir les manier pour isoler les chefs multipliés qui les composent , et à cet effet on ôte de dessous la poitrine les billots qu’on y avait placés. Mais pour trouver tous ces chefs, appartenant à différents muscles , et souvent unis entre eux , s’ils s’attachent au même endroit , on est presque TOUJOURS OBLIGÉ DE FENDRE UN SEUL CHEF EN
DEUX OU TROIS , pour ti’ouvei' son compte, ce qui est facile à faire , en tendant avec la main gauche les chefs que l’on veut diviser.
Pour trouver aisément tous ces muscles , il convient de commencer par le sacro-lombaire, que l’on reconnaît par ses bandelettes tendineuses situées le long du dos. Il est placé au côté externe du long dorsal , dont il est séparé par une ligne cellulograisseuse. On isole d’abord les chefs ascendants , qui s’attachent près de l’angle des côtes; puis on sépare le muscle du long dorsal , en disséquant la ligne celluleuse qui les sépare ; en renversant alors le sacro-lombaire en dehors, on ne tarde pas à voir les chefs descendants qui s’attachent aux côtes , un peu en dedans des chefs externes. Si le sacro-lombaire était plus intimement uni au long dorsal , on les distinguerait facilement l’un de l’autre, parce que les chefs internes du sacro-lombaire, qui touchent les chefs externes du long dorsal , sont descendants, tandis que ceux-ci sont ascendants. En poursuivant cette dissection jusque vers la nuque , le muscle cervical descendant se trouve préparé en même temps, parce que ce muscle forme la continuation de la partie supérieure du sacro-lombaire , en fournissant ceux des chefs descendants qui s’at-
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lâchent aux côtes siipérieiires, tout comme la pariie supérieure du cervical descendant n’est que la suite des chefs ascendants du sacro-lombaire , qui s’attachent aux apophyses ti'ansverses des vertèbres cervicales.
Lou(j dorsal. La série externe de ses chefs est en partie visible par la séparation qn’on vient de faire, on réclinant le sacro-lombaire; il n’y a qu’à les isoler davantage-en tirant le long dorsal en dedans; puis , pour préparer les chefs internes, on sépare le bord interne du long dorsal, du muscle transver- .saire épineux, avec leq>iel il communique quelquefois par des bandelettes cbarnues, qu’il faut couper; on le sépare de même du muscle épineux du dos , avec lequel il naît dans la région lombaire par un chef tendineux commun , qu’il s’agit de fendre de haut en bas, en suivant une trace de séparation que l’on remarque ordinairement dans le tendon. Il suffit du reste de se rappeler que le long dorsal monte en se rapprochant des apophyses transverses, tandis que les muscles épineux du dos et transversaire épineux se dirigent vers les épines, pour trouver facilement le point de séparation de ces muscles. On renverse ensuite le corps du long dorsal en dehors, pour préparer ses chefs internes. La partie
supérieure du muscle, qui ne se compose plus que de la série des chefs internes, s’unit au transcersaire de la nuque, que l’on trouve facilement en suivant le trajet du long dorsal. Les chefs du transversaire seront préparés comme ceux des autres muscles; mais il faut surtout avoir soin de les bien isoler de ceux du petit complexus , qui est placé vers son côté interne entre lui et le grand complexus. Le petit comple.xus est facile à préparer, mais il est quelquefois très-petit; je l’ai vu n’ayant que trois chefs; on a alors bien de la peine à le trouver, parce qu’il est collé, soit contre le ti’ansversaire, soit contre le grand complexus; mais sou attache à l’apophyse mastoide sert toujours à le faire reconnaître.
Le grand complextts est le plus large des muscles profonds de la nuque , et il ne devient bien visible qu’après qn’on a enlevé le splénius. Ce muscle étant situé entre le petit complexus et le ligament cervical , la séparation de ses chefs ne présente plus de difficultés, après que la dissection des muscles précédents a été faite. Un peu d’attention suffit aussi pour distinguer la ligne de séparation entre lui et le transversaire épineux , qu’il recouvre.