I. Muscles antérieuks des lombes et de la cuisse
1o. Muscle du f4Scia lata. Le fascia lata renferme entre deux de ses lames un muscle spécialement destiné à le tendre, afin de mieux soutenir l’action des muscles de la cuisse. Situé à la partie supérieure et externe de la cuisse, ce muscle allongé et aplati commence à la face externe de Tépine antérieure et supérieure de l’os des îles, derrière le couturier ; il descend , en se dirigeant un peu en arrière , toujours renfermé entre deux lames de l’aponévrose , dans laquelle il se termine vers le quart supérieur de la cuisse.
L’action de ce muscle est renforcée par les contractions de l’oblique externe de l’abdomen , au bord inférieur duquel le fascia lata vient s’attacher.
2'!. Muscle petit psoas. Muscle grêle, qui provient par un petit corps de la douzième vertèbre dorsale et de la première lombaire; il se transforme bientôt en un tendon long et aplati, qui descend sur le grand psoas et se termine en partie dans le fascia iliaca , et en partie s'insère à la branche horizontale du pubis. Ce muscle manque souvent.
Usages. Il fléchit un peu la colonne lombaire et tend le fascia iliaca.
3". Muscle GRAND psoas. Muscle volumineu.x, fusiforme , situé sur les côtés de la colonne lombaire et s’étendant jusqu’à la partie supérieure de la cuisse. Il commence par des chefs charnus au corps et à Tapophyse transverse de la dernière vertèbre dorsale et de toutes les vertèbres lombaires , deseend sur le bord externe du détroit pelvien .supérieur en formant peu à peu un tendon qui se joint au muscle iliaque interne , passe avec lui sur la branche horizontale du pubis et se dirige vers le petit trochanter , où il se termine.
4". Muscle iliaque. Muscle large, triangulaire, placé dans la fosse iliaque. 11 nait de la lèvre interne de la crête de Tilion , de la fosse iliaque interne , du ligament iléo-lombaire et de l’apophyse transverse de la dernière vertèbre des lombes; de ces attaches les fibres descendent en convergeant et s’unissent au tendon du psoas ; en descendant avec ce dernier , l’iliaque interne continue à prendre des fibres du bord antérieur du bassin et du ligament capsulaire du fémur, et s’insère enfin au petit trochanter. On trouve entre les tendons réunis du psoas et de Tilia- ((iic, et le ligament capsulaire du fémur, une grande capsule muqueuse , appelée iliaque, qui communique ((uelquefois avec l’articulation.
Usages. Le grand psoas et l’iliaque fléchissent la cuisse et la portent un peu dans la rotation en de-
hors. Si le fémur est fixé , ils inclinent la hanche sur la cuisse et la tournent un peu en dedans ; le psoas, en outre , fléchit la colonne lombaire de son côté. Si les muscles des deux côtés agissent , ils inclinent directement le bassin et les lombes eu avant.
5o. Muscle pectine. Petit muscle allongé et aplati , situé à la partie antérieure et toute supérieure de la cuisse. Il provient de la crête antérieure de la branche horizontale du pubis , se dirige en bas et en dehors , et s’attache au fémur sous le petit trochanter, au-dessous du tendon des muscles psoas et iliaque; on remarque, entre le tendon du pectiné et celui de ees dernier^ muscles, la capsule muqueuse pectinée .
Usages. 11 fléchit la cuisse et la porte en dedans.
fio. Muscle couturier. Muscle très-long et aplati, situé obliquement à la face aiilérieure et interne de la cuisse. 11 nait de Tépine iliaque antérieure et supérieure, descend le long de la cuisse eu se portant peu à peu sur sa face interne , et se transforme en un tendon grêle, qui passe dernière le condyle interne du fémur ; le tendon se dirige ensuite de nouveau en avant et se termine à l’épine du tibia , après s’étre en partie continué avec l’aponévrose crurale. Les vaisseaux cruraux correspondent au bord interne du couturier et un peu à sa face postérieure dans une grande partie de son étendue.
Usages. Il fléehit la jambe sur la cuis.se et la cuisse sur le bassin, et porte le membre inférieur dans l’adduction.
Muscle grêle interne ou droit interne. Long, mince et aplati , placé à la face interne de la cuisse. Il commence à la branche descendante du pubis , descend directement, passe derrière le condyle interne du fémur, se porte en avant et se termine derrière le couturier à Tépine du tibia. Il envoie une expansion aponévrotiqiie dans le fascia crural. On trouve entre les tendons des muscle couturier , grêle interne et demi-tendineu.x la capsule muqueuse antérieure du genou; cette capsule est quelquefois multiple , et on en trouve alors une pour chacun de ces tendons.
Usages. Il fléchit la jambe sur la cuisse et porte l’extrémité inférieure dans l’adduction. Il liéchit très-peu la cuisse sur le bassin.
8». Premier ou long adducteur (1). Muscle épais et allongé , placé à la partie supérieure et interne de la cuisse. Il commence à Tépine du pubis , se porte en bas et en dehors , en devenant un peu plus épais , et s’attaehe vers le milieu du fémur au bord interne de la ligne âpre.
9°. Second ou petit adducteur. Épais, triangulaire, placé derrière le précédent, il commence à la branche descendante du pubis, descend en dehors en s’élargissant, et s’insère à la ligne âpre du fémur, depuis le petit trochanter jusque vers quatre travers de doigt plus bas. Il est souvent partage en deux faisceau,x par les artères perforantes qui le traversent.
(l) Quelques auteurs comprennent les trois adJuctoiirs sous la (iénoinination de triceps cntial; nous verrons que celte il<fnoniinntioti est plus ^êncralcincnl aiijourd'liui donnée nux muscles vastes externe et interne, et nu crural.
Usages. Les premier et deuxième adducteurs portent la cuisse dans l’adduction et la fléchissent un peu sur le bassin; ils la portent en outre un peu dans la rotation en dehors.
IQo. Troisième ou grand adducteur. Muscle volumineux, triangulaire, dont la partie supérieure est placée derrière les deux précédents. Il s’attache à la branche descendante du pubis et à la branche ascendante de l’ischion, jusqu’à sa tubérosité; de là ses fibres se portent, les supérieures presque transversalement, les inférieures obliquement en dedans et en bas , pour s’attacher derrière les deux premiers adducteurs tout le long de la ligne âpre du fémur , depuis le petit trochanter jusqu’au condyle interne. Vérs sa partie inférieure , ce muscle forme un large tendon, qui s’unit à l’aponévrose du vaste interne. Les fibres de ce tendon s’éraillent près du fémur , de manière à former l’orifice d’un canal obliquement dirigé en arrière , et qui est traversé par les vaisseaux fémoraux , qui de la face antérieure interne de la cuisse passent vers sa face postérieure.
Usages. Il porte la cuisse dans l’adduction et un peu dans la rotation en dehors ; il l’étend très-peu sur le bassin.
11». Droit antérieur. Muscle allongé, penniforme, situé à la face antérieure de la cuisse. Il commence en haut par deux tendons, l’un attaché à l’épine iliaque antérieure et inférieure, l’autre au bord supérieur de la cavité cotyloïde. Le premier tendon descend directement, l’autre est recourbé; tous deu.x se réunissent de suite et se transforment en un muscle recouvert dans une grande étendue par des fibres aponévrotiques ; il descend le long du fémur, redevient tendineux . et s’unit , vers la partie inférieure de la cuisse, à l’aponévrose du triceps, pour s’insérer avec elle à la rotule.
Usages. Il fléchit la cuisse sur le bassin et étend la jambe sur la cuisse.
12". Vaste EXTERNE (portion externe du triceps , des auteurs français modernes). Muscle très-volumineux , occupant toute la face externe de la cuisse. Il commence au-dessous du grand trochanter à la lèvre externe de la ligne âpre , et à toute la face externe du fémur; ses fibres, longtemps aponévrotiques, deviennent peu à peu musculaires , et se dirigent en avant et en bas; les supérieures se confondent avec le muscle crural, les fibres inférieures se terminent dans une large aponévrose commune aux deux muscles suivants et au droit antérieur.
là". Muscle crural (portion moyenne du triceps des modernes). 11 occupe la face antérieure de la cuisse derrière le droit antérieur. Ses bords sont un peu recouverts par les muscles vastes externe et interne, qui s’y confondent en grande partie avec lui. Il commence à la face antérieure du fémur entre les deux trochanters, et continue à prendre des fibres de toute la face antérieure de l’os, à l’exception de son quart inférieur. Ses fibres se dirigent directement en bas; sa surface est en partie aponévrotique. 11 se termine dans l’aponévrose commune.
14o. Muscle vaste interne (portion interne du triceps). Moins volumineux que le vaste externe , occupant la face interne de la cuisse. 11 provient, au-
dessous du petit trochanter , de la lèvre interne de la ligne âpre et de la face interne du fémur. Ses fibres se dirigent en bas , en avant et en dehors, s’unissent au bord interne du muscle crural , et se continuent en partie dans l’aponévrose commune. La partie inférieure du vaste interne est recouverte par une aponévrose qui communique avec le tendon du troisième adducteur , et forme avec lui un canal pour le passage des vaisseaux cruraux.
La forte aponévrose qui résulte de l’union des muscles vaste externe , crural , vaste interne et droit antérieur , s’insère aux deux condyles du tibia, au bord supérieur de la rotule , et envoie par-dessus cet os une expansion aponévrotique qui se termine à l’épine du tibia. Si l’on considère les rapports qui existent entre la rotule , le tendon du triceps et le ligament rotulien, il semble que ce dernier n’est que la continuation du tendon , et cjue la rotule est un os sésamoide développé dans son intérieur.
On trouve derrière le tendon du triceps , entre lui et le ligament capsulaire du genou, la capsule i1mqueitse supérieure du genou. Une autre cajisule , appelée îK/eneMre du genou, se trouve entre le ligament rotulien et l’épine du tibia. Une troisième , appelée capsule de la rohde, existe entre la rotule et l’expansion aponévrotique du triceps qui passe devant elle.
Usages. Le triceps crural étend la jambe sur la cuisse.
ISc. Muscle sous-crural. Muscle mince et aplati, provenant du quart inférieur du fémur derrière le muscle crural ; il descend et se divise en deux faisceaux qui s’attachent au prolongement supérieur du ligament capsulaire du genou des deux côtés de la rotule. Ce muscle a pour usage de tirer en haut la capsule articulaire du genou, afin qu’elle ne soit point pincée par la rotule , dans l’extension de la jambe.
Préparation. Le fascia iliaca n’exige pas une bien longue préparation , car il est visible dès que les viscères du bas-ventre sont enlevés, et que le péritoine, qui y adhère d’une manière fort lâche , en a été séparé. On examine les rapports de ce fascia avec l’arcade crurale, les vaisseaux iliaques et les muscles psoas et iliaque, on étudie en même temps l’orifice abdominal du canal crural , qui se voit vers le tiers interne du ligament de Fallope.
Pour voir le fascia lala , on incise la peau sur la face antérieure de la cuisse depuis l’abdomen jusqu'au-dessous du genou ; on fait en haut une incision oblique , en suivant le pli de Paine et la crête iliaque, et en bas on en fait une transversale au-dessous de l’épine du tibia. On dissèque les lambeaux de peau, l’un en dedans , l’autre en dehors , ayant bien soin de ne pas léser l’aponévrose sous-jacente. On conservera à la partie supérieure, antérieure et interne de la cuisse, la veine saphène qui s’y trouve; car c’est en suivant cette veine en haut, qu'on parvient à l’orifice inférieur du canal crural , que l’on peut examiner maintenant dans tout .son trajet. Dans cette région , le fascia lata se compose de plusieurs feuillets, entre lesquels est interposée delà graisse , il faut les conserver tous pour les étudier avec soin. On risque surtout d’intéresser le fascia lata aux endroits où des vaisseaux et des nerfs en sortent pour se rendre dans la peau; il faut alors les couper de suite à leur
sortie et ne jamais disséquer de bas en haut, parce que c'est dans cette direction que s’ouvrent les l'euil- Icts de l’aponévrose.
Psoas et iliaque. Emportez la graisse et l’aponévrose qui reeouvrent ces muscles , et poursuivez leurs tendons vers le fémur, en enlevant du bord antérieur du bassin les muscles larges de l’abdomen avec l’arcade crurale qui les termine en bas. Ayez soin , en préparant le grand psoas , de ménager un long ruban aponévrotique, qui est le tendon du qielit psoas, que l’on enlève facilement, parce qu’il s’épanouit en partie dans le fascia iliaca. L’insertion des muscles psoas et iliaque au fémur ne peut être bien vue qu’après avoir préparé les muscles de la cuisse.
On préparera en même temps, dans l’intérieur du petit bassin , le muscle obturateur interne , dont nous parlerons à l’occasion des muscles de la fesse, mais dont on voit déjà le corps sur la face postérieure de la membrane obturatrice.
On fend alors le fascia lata tout le long de la cuisse, comme on l’a fait pour la peau , et l’on en dissèque les lambeaux en dedans et en dehors ; pendant cette dissection on observera les lames que ce fascia envoie dans la profondeur et qui forment des gaines aux muscles et aux vaisseaux.
Dans l’épaisseur de la partie supérieure du lambeau externe de cette aponévrose, se voit maintenant le muscle du fascia lata, dont on peut mettre la chair à nu , en enlevant le feuillet aponévrotique qui le tapisse en dedans.
La plupart des muscles antérieurs delà cuisse peuvent être vus sans qu’il soit nécessaire de couper les superficiels, qui ne seront divisés qu’à mesure que nous l’indiquerons, afin qu’on puisse d’abord les étudier tous , dans leur ensemble ; il suffira donc de les bien isoler et de les écarter , pour pénétrer dans la profondeur.
Le pectine est recouvert antérieurement par les vaisseaux cruraux, qu’il faut par conséquent enlever pour mettre le muscle à découvert.
Après avoir disséqué les muscles de la partie supérieure de la cuisse, on voit, en les écartant , l’attache du psoas et de l’iliaque. Pour voir les capsules muqueuses iliaque et peciinie , il faut couper ces muscles en travers au-dessus du bord antérieur du bassin, et les récliner de haut en bas.
Dans la dissection du droit anterieur il faut surtout ne pas oublier de le poursuivre bien exactement dans ses attaches supérieures , pour voir ses deux tendons , qui sont ordinairement entourés par un tissu cellulaire muqueux.
Les adducteurs se composent de faisceaux musculaires , unis entre eux d’une manière assez lâche, en sorte qu’il faut les disséquer avec beaucoup d’attention et avoir toujours égard à leurs attaches supérieures. On conservera une portion des vaisseaux cruraux là où ils traversent le canal fibreux du grand adducteur.
Après avoir étudié le pectine, qui semble quelquefois se confondre en dedans avec le long adducteur, ou le sépare de la branche horizontale du pubis , pour le replier en bas; alors , en enlevant la graisse qui est placée derrière lui , on aperçoit le corps de Y obturateur externe , placé sur la face antérieure de la membrane obturatrice, et que nous décrirons avec les muscles postérieurs de la cuisse.
Les muscles vastes externe, interne cl crural ne
peuvent être séparés les uns des autres qu’à leur partie toute supérieure; encore le vaste interne y est-il souvent intimement uni au crural. On ne poursuivra donc la séparation qu’autant que cela peut se faire facilement, et l’on évitera surtout de lacérer leur tissu.
Pour voir le sous-crural , coupez les muscles droit antérieur, vaste externe , interne et crural, en travers, vers le tiers inférieur de la cuisse ; séparez-les du fémur , en les disséquant de haut en bas avec beaucoup de précaution. Vous trouverez par la même dissection la capsule muqueuse supérieure du genou ; pour voir la capsule inférieure du genou , il n’y a qu’à continuer à abaisser le tendon du triceps avec la rotule , en divisant l’articulation du genou ; mais il ne faudrait procéder à cette recherche que plus tard , si l’on se proposait de disséquer les ligaments sur le même sujet. La capsule rotulienne se trouve facilement, mais il est à observer qu’elle manque quelquefois.
La capsule antérieure du genou .se trouve entre les tendons des muscles couturier et grêle interne et le tibia ; on coupe à cet effet ces muscles en travers et on les récline en bas.
IL Mbsci.es postériebks du Bxssrw et de l\
CDISSE.
lo. Mbsclf. grand fessier. Muscle épais, quadrilatère , composé d’une quantité de faisceaux séparés par des interstices cellulo-raembraneux , situés à la face postérieure externe du bassin. Il provient de la partie postérieure de la crête iliaque, de la face postérieure du sacrum et du coccyx, et des ligaments sacro-sciatiques , se dirige en bas et en dehors , et s’insère par un tendon fort et large au grand trochanter et à la partie supérieure de la ligne âpre du fémur. Oa trouveune très-grande c«p.s«/e muqueuse entre le tendon et le grand trochanter.
2o. Musclf, moyen fessier. Epais, triangulaire, occupant la face externe de l’os iliaque, placé en partie plus haut que le précédent muscle, mais caché par lui dans sa partie inférieure. Il provient des trois quarts antérieurs de la crête iliaque et de la face externe de l’os des îles , entre la crête et l’arcade demicirculaire externe , ainsi que d’une forte aponévrose qui le recouvre en dehors et qui adhère fortement au fascia lata; de là ses fibres convergent vers le grand trochanter , à l’extrémité et à la face externe duquel elles s’insèrent. Le moyen fessier est aponévrotique dans son intérieur. U y a une cajisule muqueuse entre son tendon . celui du pyriforme et le grand trochanter.
3». Muscle petit fessier. Triangulaire, entièrement caché par le précédent muscle; il commence à la face externe de l’os des des au-dessous de l’arcade demi-circulaire externe, jusque vers la cavité cotjloide; de là il rayonne vers le grand trochanter . au sommet duquel il s’insère après s’être transformé eu aponévrose <it en tendon. Une peùie capsule muqueuse est placée entre le tendon et l’os.
Usages. Les trois muscles fessiers dirigent le fémur en arrière et en dehors, et lui impriment un mouvement de rotation en dehors. Le grand fessier pousse le hassiii en avant et tire en outre le coccyx
fie côté et en avant; le moyen fessier tend un peu le fascia lata.
4". Muscle pyriformf, ou pyramidal. Muscle triangulaire et allongé , situé le long du bord inférieur du moyen fessier et caché par le grand. Il commence sur la face antérieure du sacrum par trois chefs , qui se réunissent bientôt; le muscle passe ensuite par la grande échancrure sciatique, diminue en épaisseur et se transforme en un tendon grêle, qui s’unit en partie au tendon des jumeaux et de l’obturateur interne, et s’insère avec eux à la face interne du grand trochanter. Quelquefois il est divisé en deux portions par un faisceau du nerf sciatique qui le perfore.
h". Muscles jumeaux. Petits muscles grêles, situés en travers au-dessous du pyriforme. Ils sont séparés l’un de l’autre par le tendon de l’obturateur interne : le jumeau supérieur provient de l’épine de l’ischion et se dirige le long du bord supérieur du tendon de l’obturateur interne; jumeau inférieur provient de la tubérosité de l’ischion , et longe le bord inférieur de l’obturateur ; tous les deux s’unissent enfin à ce tendon , et s’insèrent avec lui à la face interne du grand trochanter, au-dessous du tendon du pyriforme et conjointement avec lui. Une capsule muqueuse f appelée marsupium , enveloppe ces deux petits muscles et le tendon de l’obturateur interne.
fio. Muscle obturateur interne. Triangulaire, en partie situé dans l’excavation pelvienne , et en partie en dehors du bassin. Il naît de la face postérieure du pubis et de la membrane obturatrice , se dirige en arrière en se rétrécissant , se contourne sur la petite échancrure seiatique, comme sur une poulie , en passant entre cette échancrure et le grand ligament sacro-sciatique. L’obturateur interne , devenu tendineux , se dirige ensuite en dehors entre les deux jumeaux , pour s’insérer avec eux à la face interne du grand trochanter, au-dessous de l’attache du pyriforme. La face interne du muscle est recouverte de fibres tendineuses qui se divisent en plusieurs faisceaux. Outre le marsupium dont nous avons parlé à l’occasion des jumeaux, et qui facilite les frottements du tendon sur sa poulie , on remarque une petite capsule muqueuse entre le tendon et le grand trochanter.
Usages des muscles 4» , 3<> et 6». Ces trois muscles portent la cuisse dans la rotation en dehors et un peu dans l'abduction.
7d. Muscle carré crural. Ce muscle quadrilatère commence à la face externe de la tubérosité sciatique , au-dessous du jumeau inférieur ; il se dirige transversalement en dehors , et s’insère au bord postérieur du grand trochanter et à la ligne saillante, qui de là se porte vers le petit trochanter. Une capsule muqueuse se trouve entre ce muscle et le petit trochanter.
8o. Muscle obturateur interne. Muscle triangulaire , dont on a déjà pu voir une partie avec ceux de la face antérieure de la cuisse. Il provient de la circonférence antérieure du trou ovalaire et de la membrane obturatrice , se dirige en dehors et en arrière sous le col du fémur , qu’il contourne ensuite en se dirigeant en haut , et s’attache enfin par son tendon
dans la fosse trochantérique , au-dessous du jumeau inférieur.
Usages. Le carré et l’obturateur externe portent la cuisse dans la rotation en dehors , comme les précédents muscles ; mais ils lui impriment en même temps un mouvement d’abduction.
9". Muscle biceps crural. Long muscle à deux chefs supérieurs , situé à la face postérieure de la cuisse, et formant la saillie externe du creux du jarret. Son long chef commence par des fibres tendineuses à la face postérieure de la tubérosité sciatique, en commun avec le muscle demi- tendineux; bientôt le biceps s’en sépare , et descend vers le côté externe du membre en augmentant en épaisseur, eten diminuant peu à peu de nouveau vers l’extrémité inférieure de la cuisse , où il s’unit au petit chef après s’être converti en un tendon. Ce chef provient de la lèvre externe de la ligne âpre, depuis le milieu de la longueur du fémur. Après son union au tendon du long chef , le tendon commun s’insère à la tête du péroné et un peu au tibia, et envoie un prolongement dans l’aponévrose crurale. Il y a une capsule muqueuse entre ce tendon et le ligament latéral externe du genou.
Usages. Il fléchit la jambe et la tourne en dehors ; il tend l’aponévrose crurale. Si la jambe est fixe, il abaisse le bassin sur la cuisse , ce qui arrive quand on s’assied.
IQo. Muscle demi- tendineux. Allongé , situé à la face postérieure interne de la cuisse. Il provient par des fibres charnues en commun avec le long chef du biceps , de la tubérosité de l’ischion , et se transforme bientôt en un tendon long et grêle, qui se dirige vers le condyle interne du fémur, et de là en avant vers le tibia, à la crête duquel il .s’attache conjointement avec le droit interne, derrière le couturier. Son tendon forme avec celui du demi-membraneux, la saillie interne du creux du jarret.
Usages. Il fléchit la jambe, ou bien il abaisse le bassin. 11 porte en dehors la jambe fléchie.
l'ip. Muscle demi-membraneux. Il commence à la tubérosité sciatique, devant les précédents muscles , par un tendon fort, qui se transforme bientôt en une aponévrose. Celle-ci se convertit vers le milieu du fémur en un corps musculeux , qui forme de nouveau un tendon à la partie inférieure de la cuisse. Ce tendon se dirige vers le condyle interne du fémur , le contourne et s’insère à la partie postérieure du condyle interne du tibia , après avoir envoyé une expansion aponévrotique vers le condyle externe du fémur, et une autre dans l’aponévrose crurale. Une et quelquefois deux capsules muqueuses sont placées entre le chef d’origine de ce muscle et le chef commun du biceps et du demi-membraneux près de la tubérosité sciatique.
Usages. Les mêmes que ceux du demi-tendineux; il tend en outre la capsule articulaire du genou et le fascia crural.
Préparation. Les incisions cutanées qu’on aura à faire sont: lo une incision longitudinale depuis l’anus jusque vers les apophyses épineuses des lombes; 2" une incision tran,sversale à la hauteur de la crête iliaque et qui tombera à angle droit dans celle-ci; 3» une incision partant de l’anus, conduite suivant
le pli de la fesse , et dirigée ensuite en haut vers le grand trochanter ; une incision longitudinale à la
face postérieure de la cuisse ; 3<> enfin , une transversale , au-dessous du creux du jarret.
On commence par préparer le fascia lata en disséquant les lambeaux cutanés de la cuisse; il faut travailler avec précaution vers la face interne du membre , parce que l’aponévrose y est très-mince. Quoique le fascia lata s’étende aussi par-dessus les muscles de la fesse , il n’est pas nécessaire de l’y mettre à nu; on en observera la disposition à mesure qu’on l’enlèvera de dessus les muscles.
Grand fessier. Disséquez en haut et en dehors le lambeau de peau circonscrit par les incisions cutanées ( 1 '■e et ) que nous avons indiquées, en commençant près de l’anus et en suivant dans toute leur longueur les faisceaux de fibres musculaires qui se présenteront ; il est essentiel de ne pas commencer la dissection d’un nouveau faisceau avant que le premier n’ait été mis au net dans toute son étendue ; enlevez en même temps que la peau , l’aponévrose qui recouvre le muscle. Comme les faisceaux du grand fessier sont séparés les uns des autres par des cloisons aponévrotiques et graisseuses , qui s’enfoncent entre eux , il ne faut couper ces cloisons que dans le fond des interstices, afin d’en débarrasser le muscle autant que possible. Le grand fessier ne s’étendant pas jusqu’à la partie supérieure de la crête iliaque , on voit entre cette crête et le bord supérieur du muscle , une partie du moyen fessier, recouvert en cet endroit par une forte aponévrose , qu’il faut ne pas enlever. Pour voir ce moyen fessier en entier, on coupe le grand fessier près de ses attaches au bassin, et on le dissèque peu à peu en dehors , en commençant par son bord inférieur; il restera attaché au grand trochanter ; pendant cette préparation on aura aussi pu examiner la capside muqueuse du grand fessier, placée dans le tis.su cellulaire sous-jacent. On est quelqùefois embarrassé pour trouver la limite du grand fessier ; on se souviendra donc que ce muscle est très-épais et qu’il est séparé des muscles qu’il reeouvre par du tissu cellulaire dans lequel se ramifient des vaisseaux et des nerfs. Le pyriforme est visible par la même préparation ; il longe le bord inférieur du moyen fessier, dont on a quelquefois de la peine à le distinguer. Pour voir les attaches de ce muscle au sacrum , il faudrait retourner le cadavre et préparer dans l’exeavation pelvienne.
Petit fessier. Séparez le moyen fessier de ses attaches au bassin, en commençant, comme pour le grand fessier, par son bord inférieur; on verra
alors aussi , près du grand trochanter , la capsule du moyen fessier. Le petit fessier a aussi une capside muqueuse, que l’on trouve par une dissection analogue.
Lorsque le grand fessier est enlevé , on voit , plus bas que le pyriforme, \es jumeaux et le tendon de V obturateur interne , eneore enveloppés du marsupium, qui a l’aspect d’un tissu cellulaire soyeux. Ce marsupium étant enlevé , il est facile d’isoler les jumeaux de l’obturateur, à l’extrémité du tendon duquel on les laissera cependant attachés. Il n’est pas très-rare de voir manquer l’un ou l’autre de ces jumeaux. L’obturateur interne , dont on a déjà vu une partie dans l’intérieur du petit bassin avec les muscles des lombes , sera visible dans tout son trajet , si l’on enlève toute la graisse située profondément entre le coccyx et le grand ligament saero-sciatique. Pour voir la disposition singulière du tendon de ce muscle , ainsi que la capsule muqueuse, il faut le détacher du trou ovale et le replier en dehors vers le grand trochanter , après avoir divisé le grand ligament sacro-sciatique.
Le carré, placé sous le jumeau inférieur , se voit dès que le grand fessier est enlevé. Pour trouver sa capsule, on le détache de la tubérosité de l’ischion et on le dissèque en dehors. Par cette préparation on met aussi à découvert le tendon de Yobturateur externe, dont on a déjà examiné l’attache au bassin avec les muscles antérieurs de la cuisse; pour voir ce muscle dans tout son trajet , il faudrait séparer de leurs attaches supérieures , les muscles grêle interne, droit antérieur , long et grand adducteur , et enlever en entier les muscles pectiné , petit adducteur, psoas et iliaque.
Les muscles biceps, demi-tendineux et demi-membraneux sont disséqués facilement après avoir divisé longitudinalement \e. fascia lata et en avoir rejeté les lambeaux à droite et à gauche. Remarquons cependant que le long chef du biceps ne doit pas être séparé en haut du demi-tendineux , et qu’il faut faire attention en disséquant sa partie inférieure, de ne le point couper là où il s’unit à son petit chef, ce que les commençants sont toujours tentés de faire. La capsule muqueuse , placée entre les origines des muscles, près de la tubérosité sciatique, se voit en les séparant après les avoir tirés en sens contraire. L’expansion aponévrotique que le demi-membraneux envoie vers le condyle externe du fémur , est profondément située et ne peut être bien examinée que quand on a récliné l’attache des gastroenémiens.
On conservera les vaisseaux et nerfs poplités , afin d’étudier leurs rapports avec les muscles.