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CHAPITRE VII

ORG.VNES DE LA RESPIRATIOtt (1).

Us comprennent \es poumons , les pléores qui les enveloppent et la trachée-artère. La poitrine ellemême doit être rangée parmi les organes de la respiration. Quoiqu’il n’entre pas dans notre plan de nous étendre sur sa de.scription , disons seulement qu’elle forme une cavité plus étroite en haut qu’en bas, bornée en avant par le sternum et les cartilages des côtes ; latéralement par les côtes ; en arrière par la colonne vertébrale , en bas par le diaphragme; que les muscles intercostaux remplissent les intervalles des côtes , et que ces os sont particulièrement mus par les intercostaux, les scalènes, les releveurs des côtes, le carré des lombes, le triangulaire du sternum et les dentelés postérieur , supérieur et inférieur.

Art. l'T. Plèvres.

Les plèvres sont des membranes séreuses, formant deux sacs distincts et sans ouverture , placés de chaque côté dans la cavité de la poitrine , et destinés à tapisser les côtes {plèvre costale) et à envelopper les poumons {plèvre pulmonaire). Les deux plèvres s’adossent Tune contre l’autre vers la ligne médiane , et partagent ainsi la cavité thoracique en deux, par une cloison moyenne et verticale, dirigée d’avant en arrière, et appelée médiaslin.

La disposition des plèvres est done telle que l’un de ces sacs tapisse la face interne des côtes du côté droit; qu’arrivé près du sternum , au lieu de se continuer sur la face postérieure de cet os , il se dirige directement eu arrière pour former la partie antérieure du médiastin. Mais bientôt il rencontre dans son trajet les vaisseaux et les bronches qui pénètrent dans le poumon ; il est donc obligé de se réfléchir sur ce paquet do vaisseaux et de tapisser tout le poumon; mais il revient par la face postérieure de ce viscère sur la ligne médiane pour y former la partie postérieure du médiastin , et arrivé sur la colonne vertébrale, il se reporte de là sur la face interne des côtes droites, dont nous l’avons fait partir. Du côté gauche on remarque une disposition analogue. En bas les plèvres passent des côtes sur le

(1) F. n. R EissBissRN, Dittsort. de pxLÎnionis struclura. Straslioury; > 1803 , in-4''. — Idem , L’eher den Bau dor Lurujen, ]'terlin , 1808 , în-8o, — Ibidem , 1822 , îu fol. avec fijj.

diaphragme pour le tapisser. En haut ces sacs ont la forme de cônes obtus , dont l’extrémité monte audessus du niveau de la première côte, en sorte qu’on peut les apercevoir profondément à la partie inférieure du cou.

Il résulte donc de ce que nous venons de dire, que la poitrine est partagée en deux loges par une cloison verticale et antéro-postérieure, formée de deux lames fournies chacune par le sac de la plèvre correspondante. Cette cloison n’est pas cependant exactement placée sur la ligne médiane; mais elle est dirigée de haut en bas et un peu de droite à gauche. On divise le médiastin en deux portions , continues vers la partie supérieure de la poitrine , mais séparées l’une de l’autre, vers le milieu de cette cavité, par la racine des poumons. Le médiastin antérieur est placé entre la racine des poumons et le sternum. Les deux lames de la plèvre qui le constituent, s’écartent en bas pour comprendre dans leur intervalle le péricarde et le cœur; en haut et en avant on trouve dans l’intervalle de ces deux lames la veine cave supérieure , de la graisse, et la glande thymus dans les jeunes sujets. On fera spécialement attention à la position du péricarde, dont la partie supérieure est placée sur la ligne médiane , mais dont la partie inférieure dévie sensiblement à gauche et adhère au diaphragme. Le médiastin postérieur est borné en avant par la racine des poumons, en arrière par la colonne vertébrale; entre ses deux lames on trouve la trachée-artère, l’æsophage , la veine azygos, le canal thoracique , l’artère aorte, des glandes lymphatiques et beaucoup de graisse.

La portion de la plèvre qui revêt le poumon , touche celle qui tapisse les côtes , mais sans y adhérer dans l’état naturel, et comme l’intérieur de cette membrane est lisse et lubrifié par de la sérosité , on conçoit que les parties contiguës puissent glisser l’une sur l’autre pendant les mouvements de la respiration sans s’irriter.

Préparation. Il faut choisir pour ce genre de préparation un sujet qui n’ait pas d’adhérences dans la poitrine ; on se gardera donc de prendre un phthisique ; en général les sujets les plus propres à cet effet sont ceux dont la poitrine résonne également bien partout.

Dans la préparation des plèvres il s’agit d’enlever une portion des parois latérales de la poitrine, sans cependant endommager les séreuses. A cet effet on divise la peau de la poitrine depuis la partie inférieure du cou jusqu’au creux de l’estomac ; on dirige une incision transversale le long des clavicules, et des incisions obliques le long du bord inférieur des cartilages des fausses côtes ; puis , après avoir enlevé la peau et les muscles grand et petit pectoral , on incise les muscles intercostaux dans le troisième espace intercostal , qui ordinairement est le plus large. Cette incision doit être faite avec beaucoup de précaution, pour ne pas piquer en même temps la plèvre; on enlève de dessus cette membrane une portion des muscles intercostaux , en s’aidant des doigts et du manche du scalpel, qu’on fait agir très-doucement. De cette manière on continue à passer les doigts entre la plèvre et la quatrième côte , et après en avoir effectué la séparation jusqu’à sa partie antérieure, en poussant doucement la membrane en dedans , on coupe le cartilage de la côte près du sternum , et l’on divise la côte à sa partie postérieure au moyen de tenailles incisives. On enlève de la même manière les deux côtes placées au-dessus et les deux placées au-dessous , afin d’obtenir un espace suffisant pour étudier la plèvre. Il est à observer que cette membrane ne doit pas être détachée en avant plus loin que jusqu’à l’extrémité des cartilages des côtes ; on la laissera attachée au sternum pour pouvoir étudier la disposition du médiastin antérieur. Une préparation semblable sera faite du côté opposé.

Le sac de la plèvre s’étendant plus haut que la première côte, il faut , pour bien voir cette disposition , désarticuler en avant une clavicule , et la scier près de l’omoplate ; on dissèque ensuite avec soin , au-dessus de la première côte , les vaisseaux sousclaviers, dont les rapports avec la plèvre sont importants à connaître; on détache enfin cette membrane de la première côte , en employant le procédé que nous avons indiqtié précédemment; mais il est à observer que la plèvre y est ordinairement plus adhérente qu’aux autres côtes. Cette première côte servant de mesure pour connaître la hauteur à laquelle s’élève la plèvre, on fera bien de la laisser en place. Du côté opposé, on tâchera de faire une préparation analogue, mais en laissant en position la clavicule et le muscle sterno-cléido-mastoïdien.

Pour étudier ensuite la plèvre , on l’insuffle en y faisant une petite ouverture , et l’on observera ainsi la forme de ce sac membraneux ; on remarquera en même temps que la plèvre du côté opposé reste affaissée, parce que les deux sacs ne communiquent pas entre eux. On incise ensuite la portion costale des plèvres , pour voir comment elles se réfléchissent sur la ligne médiane pour former le médiastin et pour envelopper les poumons. Si l’on soulève le sternum sans tien déranger à la préparation , et qu’on place le médiastin contre le jour , on jugera du peu d’épaisseur de , cette cloison par sa diaphanéité.

Pour voir ensuite les parties logées entre les lames des médiastins, il suffit d’inciser la plèvre fl’iin côté de la cloison , et de disséquer le tissu cellulaire qui s'y trouve.

Art. 2. Poumons cl trachée-artère.

Les poumons , an nombre de deux , se voient dans la poitrine dès que les plèvres sont ouvertes , recouverts chacun par un de ces sacs membraneux, et séparés l’un de l’autre par le médiastin et le cœur. Les deux poumons ont la forme d’un cône, dont la base, oblique, appuyée sur le diaphragme, se porte plus bas en arrière qu’en avant, et dont le sommet est arrondi et dirigé en haut; les côtés de ce cône sont très-convexes , la face antérieure aplatie , et la face postérieure creusée en gouttière pour s’adapter à la forme de la colonne vertébrale. Le poumon droit, un peu plus volumineux que le gauche, est divisé par deux scissures obliques en trois lobes de grandeur inégale. Le poumon gauche n’est formé que de deux lobes (une seule fois j’en ai rencontré trois) ; son bord inférieur présente une échancrure, dans laquelle est logé le cœur.

La trachée-artère est un canal dont la longueur est de quatre à cinq pouces; elle se continue en haut avec le larynx, descend le long de la partie antérieure de la colonne vertébrale au devant de l’œsophage, et passe derrière le sternum pour pénétrer entre les lames du médiastin postérieur; arrivée au niveau de la troisième vertèbre dorsale, elle se divise en deux branches appelées bronches, une pour chaque poumon. La bronche droite, un peu plus volumineuse et plus courte que la gauche , passe derrière la branche droite de l’artère pulmonaire et la veine cave supérieure , et devant la veine azygos; arrivée au poumon correspondant, elle s’y divise en trois rameaux, un pour chaque lobe. La bronche gauche , plus longue que l’autre, est embrassée par la concavité de la crosse de l’aorte ; elle passe derrière la branche gauche de l’artère pulmonaire, et arrivée à son poumon , elle s’y divise en deux rameaux pour les deux lobes du poumon. Ces divisions des bronches continuent ensuite à pénétrer dans la substance pulmonaire, où elles se distribuent par des ramifications extrêmement nombreuses.

Les bronches et leurs premières divisions sont entourées de glandes lymphatiques noirâtres, appelées glandes bronchiques.

La trachée-artère est composée de cartilages et de membranes ; les premiers forment seize à vingt cerceaux, hauts d’une à deux lignes, épais d’un tiers de ligne. Ces cerceau.x forment les quatre cinquièmes aux sept huitièmes d’un cercle , complété en arrière par un appareil membraneux; ils sont séparés par des intervalles d’une ligne environ ; mais il n’est pas rare de voir deux cerceaux se confondant à l’une de leurs extrémités. A l’origine des bronches ces cerceaux sont encore assez réguliers; mais à mesure qu’on les suit dans leurs divisions , on n’y trouve plus que des plaques de plus en plus irrégulières, disposées sans ordre dans tout leur contour, et à la fin on finit par n’en plus apercevoir du tout. Ces cerceaux sont unis les uns aux autres par une membrane celluleuse , assez dense, qui se dédouble près du bord des cartilages pour les renfermer entre les deux lames et leur former une espèce de gaine qui tient lieu de périchondre. Les fibres élastiques longitudinales qui passent d’un cerceau à l’autre, suivant quelques anatomistes, n’existent pas.

La trachée-artère est fermée en arrière par un prolongement de la membrane celluleuse dont nous

venons de parler à l’occasion des cerceaux cartilagineux. Après cette tunique on rencontre une couche épaisse de glatides muqueuses , qui forme une véritable enveloppe à toute la trachée tant membraneuse que cartilagineuse ; elle s’enfonce même dans les interstices des cerceaux cartilagineux. A l’intérieur de cette couche, on trouve dans la partie membraneuse de la trachée et même sur les bords des cerceaux, mais sur leur face interne, un plan musculeux , dont les fibres sont transversales. Les fibres musculaires de la trachée-artère peuvent être suivies sur les bronches et leurs divisions, et on les aperçoit encore quand déjà les plaques cartilagineuses ont disparu. Un plan de tissu cellulaire très-vasculeux sépare cette tunique musculeuse d’une couche de fibres élastiques longitudinales , surtout abondantes le long de la partie membraneuse, mais s’étendant aussi un peu sur les bords des cerceaux cartilagineux. Ces fibres se fixent en haut au bord supérieur du cartilage cricoïde et h la base des aryténoïdes.

Tout l’intérieur de la trachée-artère , enfin , est tapissé par une membrane muqueuse , qui se continue par le larynx avec celle du pharynx. Cette tunique devient de plus en plus mince , à mesure que les divisions des bronches deviennent plus ténues ; mais on peut néanmoins la suivre jusque dans leurs dernières ramifications.

\j' artère pulmonaire, conduisant du sang veineux, provient du ventricule droit du caair; elle se divise bientôt en deux branches, une pour chaque poumon, qui viennent se ramifier chacune dans son viscère. Les veines pulmonaires , chariant du sang artériel, sont au nombre de quatre, deux pour chaque poumon, et elles vont s’ouvrir dans l'oreillette gauche. Outre ces vaisseaux on remarque les artères bronchiques, conduisant au poumon du sang artériel , et qui naissent de la concavité de la crosse de l’aorte, et les veines bronchiques, qui se terminent dans l’azygos et dans une des intercostales gauches supérieures, ou dans la veine cave supérieure. Les lymphatiques sont disposés en deux plans ; les superficiels forment de nombreux réseaux à la superficie du poumon; les profonds accompagnent les bronches et les vaisseaux sanguins ; tous vont se rendre dans les glandes bronchiques et de là dans le canal thoracique. Les 7ierfs du poumon sont fournis par le nerf pneumo-gastrique et par le grand sympathique.

Le tissti du poumon a dans les jeunes sujets une couleur rosée, qui devient de plus en plus grisâtre , à mesure que l’individu avance en âge; vers l’âge de vingt ans il s’y développe des taches noires , qui lui donnent un aspect marbre, et qui augmentent peu à peu en grandeur et en nombre , en sorte que dans les vieillards il présente une couleur noirâtre en même temps que l’organe a perdu de sa densité. Le poumon surnage à l’eau ; il est élastique , mou , spongieux, crépitant si on le presse entre les doigts, Ce tissu pulmonaire se compose d'une infinité de petites vésicules arrondies, qui ne sont autre chose que les dernières extrémités des bronches devenues entièrement membraneuses, se terminant en cul-desac, et sur lesquelles viennent se ramifier les vaisseaux pidmonaires. Les vésicules qui correspondent à la division d’un même rameau bronchique, sont groupées ensemble pour former des lobules; ceuxci, par leur réunion, forment les lobes, et ces der-

niers , les poumons. Cette sous-division en lobules est très-visible à la surface du poumon , où ils paraissent sous la forme d’hexagones irréguliers, séparés par des lignes cellulaires. On trouve entre les vésicules un tissu cellulaire très-subtil , appelé tissu cellulaire intervésiculaire ; celui qui sépare les lobules reçoit le nom de tissu cellulaire interlobulaire. Enfin , chaque poumon est enveloppé par une partie du sac de la plèvre correspondante , qui pénètre aussi dans les scissures qu’on y remarque; mais il n’y a pas de membrane propre du poumon.

Les poumons sont les organes de la respiration ; par les alternatives de dilatation et de rétrécissement de la poitrine, l’air y entre et en ressort; pendant son séjour dans le poumon , cet air agit sur le sang veineux, amené dans le poumon par l’artère pulmonaire, et le transforme en sang artériel, qui retourne au cœur par les veines pulmonaires.

Prépabation. Par la dissection indiquée à l’article précédent, on voit déjà les poumons dans leur position naturelle et dans leurs rapports. On enlève ensuite en entier le médiastin et l’on dissèque la trachée-artère et les gros vaisseaux de la poitrine ; mais en ayant soin de ne pas blesser le péricarde , qui sera examiné plus tard. Après avoir étudié ces parties en place , on détache le sternum pour pouvoir préparer la trachée-artère dans toute sa longueur et pour l’apercevoir dans ses rapports avec la glande thyroïde et l’œsophage. La glande thyroïde, qui sera étudiée plus tard, ne sera pas entièrement séparée de la trachée-artère.

Les cerceaux cartilagineux de la trachée-artère sont visibles dès que ce conduit est mis à nu ; pour voir comment ils deviennent de plus en plus irréguliers dans les bronches, on en poursuit les ramifications dans une partie du poumon. On prépare les tu7nques de la trachée-artère sur un morceau de conduit, fendu par sa partie antérieure et fixé sur une planche au moyen de quelques épingles. Les glandes muqueuses se voient sur la face postérieure de la trachée dès que la tunique celluleuse a été emportée; pour voir les glandes qui tapissent la portion cartilagineuse, il faut séparer de cette dernière les parties molles qui la revêtent en dedans.

On étudie la structure du poumon soit en y exécutant diverses coupes avec un scalpel bien tranchant, soit sur des portions de poumons dont les vaisseaux sanguins ont été remplis de matières à injection diversement coloriées , et dont les bronches ont été remplies de mercure. Le tissu du poumon acquiert par cette injection mercurielle un aspect comme chagriné , qui résulte de la juxta-position des vésictdes; on en examinera des portions à la loupe ou au microscope , pour voir comment les vaisseaux se ramifient sur les vésicules. Comparativement on fera des préparations analogues sur des poumons d’animaux, de veault par exemple, dont les lobes pulmonaires sont plus minces sur leurs bords, et qui se prêtent par là mieux à ce genre de recherches.

Magendie, qui n’admet pas dans le poumon des vésicules, mais bien des cellules irrégulières , en démontre l’existence sur des poumons fortement insufflés, desséchés au four, et coupés ensuite par tranches minces ; mais on conçoit que l’air peut facilement se frayer une route des vésicules dans le tissu cellulaire intervésiculairc ou interlobulaire, pendant la forte dilatation qu’il éprouve quand la

pièce est mise au four, et qu’alors on examine né- toute pièce, au lieu des vésicules arrondies, qui cessairement des cavités irrégulières , formées de d’ailleurs sont si évidentes. ,

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