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NERFS CERVICAUX ET DORSAUX

Quoiqu’il n’y ait que sept vertèbres cervicales , on compte néanmoins huit paires de nerfs cervicaux, parce que la première sort entre l’occipital et l’atlas, et que la huitième sort entre la septième vertèbre du cou et la première du dos. Les paires dorsales sont au nombre de douze ; la première sort au-dessous de la première vertèbre dorsale, et la douzième au-dessous de la douzième vertèbre.

Les nerfs vertébraux ont cela de commun , qu’ils naissent tous de la moelle de l’épine par deux séries de racines, une antérieure et une postérieure; ces deux séries s’unissent pour former les troncs des nerfs qui passent à travers les^ trous de eonjugaison. Pendant ce trajet chaque série de racines postérieures forme un ganglion appelé inter-vertébral , auquel la série de racines antérieures est simplement accolée sans prendre part à sa formation. Quand les nerfs sont sortis des trous de conjugaison , ils se divisent en deux branches , dont l’antérieure communique avec la branche antérieure du nerf supérieur , avec celle du nerf inférieur et de plus avec le grand sympathique. Les branches postérieures communiquent également entre elles. Ce sont les communications des branches antérieures qui forment les plexus cervical, brachial, lombaire et sciatique.

l**' Nerf cervical , nerf sods-occipital , (nerf

CÉRÉBRAL DE LA DIXIÈME PAIRE DES ANCIENS ). Ce nei’f

est très-petit : il sort entre l’occipital et l’atlas , audessous et en dedans de la dernière inflexion de l’artère vertébrale.

Branche antérieure. Elle se recourbe en avant et en dehors , autour de l’apophyse transverse de l’atlas , et descend pour s’unir avec le deuxième nerf cervical ; elle fournit des rameaux aux muscles grand et petit droits antérieurs de la' tête et droit latéral , et communique avec le nerf vague , l’hypoglosse et le ganglion cervical supérieur.

Branche postérieure. Plus volumineuse que l’antérieure; elle fournit: 1 ) deux rameaux ascendants, l’un pour le grand complexus, le grand et le petit droit postérieur de la tête, l’autre pour l’oblique supérieur , et 2 ) un rameau descendant , qui donne des filets à l’oblique inférieur et communique avec le deuxième cervical.

2<î Nerf CERVICAL ( paire des anciens). Il sort du canal vertébral , entre la première et la deuxième vertèbre du cou, et se divise de suite en deux branches.

Branche antérieure. Elle donne ; 1 ) un rameau ascendant qui s’unit au premier cervical et communique avec le ganglion cervical supérieur; 2 ) un rameau descendant qui s’unit au troisième nerf cervical ; ce rameau donne des filets aux muscles cer-

vical descendant et grand droit antérieur de la tête , et fournit un filet qui remonte vers le nerf accessoire de Willis , un autre qui concourt à la formation du nerf petit occipital, et un dernier qui, réuni à un autre du troisième cervical , concourt à la formation de l’anse descendante de l’hypoglosse.

Branche postérieure. Elle communique en haut avec le premier et en bas avec le troisième cervical ; elle donne ensuite des filets aux muscles oblique inférieur , grand complexus et splénius , et se continue sous le nom de 7terf gra^id occipital vers l’occiput, où elle se distribue dans le muscle occipital et dans les téguments , et s’y anastomose avec le nerf auriculaire postérieur du facial et avec le nerf petit occipital.

Nerf cervical.

Branche antérieure. Elle se dirige en dehors et communique avec le ganglion cervical supérieur , le deuxième et le quatrième cervical , et donne un filet descendant qui s’unit à un filet du deuxième cervical , et quelquefois à un filet du quatrième , pour former une anse avec le rameau descendant de l’hypoglosse. La branche antérieure fournit ensuite : 1 ) le nerf petit occipital, qui reçoit un rameau de la branche antérieure de la deuxième paire ; puis il se dirige en arrière , croise la direction du grand occipital, situé plus profondément, et arrive à l’occiput entre ce nerf et l’oreille externe ; il donne des filets aux téguments , aux muscles splénius et trapèze, et communique avec l’accessoire de Willis, le grand occipial , l’auriculaire postérieur et l’auriculaire principal; 2) Vauriculaire prmcipal ou le grand auriculaire postérieur, qui donne un rameau de communication au nerf cutané moyen du cou , un autre à la branche inférieure du facial, et se divise ensuite en deux filets qui montent vers l’oreille, se distribuent au pavillon et au muscle postérieur de l’oreille, et communiquent avec l’auriculaire postérieur et le petit occipital ; 3) par un tronc commun, les nerfs cutané 7uoyen et cutané inférieur du cou : ils contournent d’arrière en avant le bord postérieur du sternocléido-mastoïdien , et se ramifient à la partie moyenne et inférieure du cou, où ils donnent des filets au peaucier et aux téguments , et s’anastomosent tant entre eux qu’avec la branche inférieure du facial , et avec l’auriculaire principal.

Branche postérieure. Beaucoup plus petite que l’antérieure ; elle donne un rameau à la branche postérieure du deuxième cervical, un autre au nerf petit occipital , et se distribue ensuite dans les muscles splénius , transversaire, complexus , transversaire épineux et trapèze, et dans les téguments de la nuque.

4= Nerf cervical.

Branche antérieure. Très-forte ; après avoir donné des filets aux muscles droit antérieur long et angulaire, elle communique avec le grand sympathique et avec le deuxième nerf cervical , et fournit un filet descendant qui s’unit au rameau descendant de l’hypoglosse ; après ces filets , la branche antérieure fournit un rameau qui s’unit à un autre du cinquième cervical pour former le nerf diaphragmatique ou phrénique : ce nerf reçoit quelquefois encore d’autres filets des nerfs cervicaux supérieurs, du plexus brachial et de l’anse deseendante de l’hypoglosse ; il descend alors à la partie inférieure du cou, en donnant des filets au scalène antérieur et en communiquant avec le grand sympathique et le nerf vague. Il passe ensuite dans la poitrine avec le nerf vague, et descend dans le médiastin antérieur jusqu’au diaphragme, dans lequel il se ramifie. Le nerf diaphragmatique du côté droit donne quelques filets qui traversent le trou carré du diaphragme, en accompagnant la veine cave inférieure, et qui s’anastomosent dans le bas-ventre avec le plexus solaire et les nerfs vagues.

La branche antérieure donne ensuite un rameau de communication avec le cinquième cervical , et se sous-divise après cela en trois ou quatre rameaux , appelés sus-claviculaires J et que l’on distingue en antérieur , moyen et postérieur ; Vantérieur descend sur le milieu de la clavicule et se ramifie dans la peau de la poitrine , dans la glande mammaire et dans les muscles sous-clavier et grand pectoral; le moyen ou nerf acromial , se distribue dans la peau de la partie antérieure de l’épaule, dans le muscle trapèze , et communique avec l’accessoire de Willis; le postérieur se rend dans la peau de l’épaule et dans les muscles sur-et sous-épineux.

Branche postérieure très-petite ; elle communique avec le troisième cervical, donne des rameaux aux muscles grand complexus, transversaire épineux, petit complexus, transversaire et angulaire, et se perd dans les téguments de la nuque.

Plexus cervical. Ce plexus, situé sur les parties latérales du cou , derrière le muscle sterno-cléidomastoïdien , est formé par les anastomoses des branches antérieures des premier, deuxième, troisièmq et quatrième nerfs cervicaux. C’est de ce plexus que partent les filets qui concourent à la formation de l’anse de l’hypoglosse, le nerf petit occipital , l’auriculaire principal , les nerfs cutanés moyen et inférieur du cou , le nerf diaphragmatique et les nerfs sus-claviculaires. Nous avons préféré de décrire ces nerfs tels qu’ils naissent des branches antérieures des paires cervicales, et nous ne faisons mention ici du plexus cervical que parce que quelques auteurs modernes ont adopté ce dernier mode de description.

5e , 6'^ , 7e et 8e Nerfs cervicaux. Les branches antérieures de ces nerfs sont très-volumineuses; elles communiquent avec le grand sympathique, donnent ordinairement des filets au nerf diaphragmatique , et se réunissent ensuite à angle aigu pour former le plexus brachial conjointement avec le premier nerf dorsal. La branche antérieure du cinquième communique avec celle du quatrième nerf cervical.

Les branches postérieures sont très-grêles ; elle se distribuent aux muscles transversaire épineux ,

compliqué de l’épine , grand complexus, splénitis et trapèze, et se terminent dans les téguments de la région cervicale.

1*‘>'Nerf dorsal. La branche antérieure, très-volumineuse, communique avec le grand sympathique, puis elle se divise en deux rameaux : le supérieur s’unit à angle aigu au huitième nerf cervical pour concourir à la formation du plexus brachial ; l’inférieur , plus petit , longe la face inférieure de la première côte et se distribue dans les muscles intercostaux.

La branche postérieure est très-petite, et elle se distribue comme celle des derniers nerfs cervicaux.

2e, 4e ^ ge^ 7e^ ge, Qe, 10e, l]e et 12e NerFS DORSAUX. Ces nerfs se ressemblent beaucoup par leur distribution ; dès qu’ils sont sortis des trous de conjugaison , ils donnent une branche postérieure ou dorsale antérieure ou intercostale.

Branches postérieures ou dorsales. Elles sont plus petites que les antérieures et se portent en arrière entre les apophyses transverses des vertèbres, sous le musele compliqué de l’épine; là elles se divisent en rameaux internes, qui donnent des filets aux muscles compliqué de l’épine, transversaire épineux, long dorsal , complexus , rhomboïde , trapèze et grand dorsal, et en rameaux externes, qui passent entre les releveurs des côtes et le long dorsal, donnent des filets à ces muscles, ainsi qu’au sacro-lombaire, au rhomboïde, au trapèze, au grand dorsal, et se perdent enfin dans la peau.

Branches antérieures ou intercostales. Leur distribution n’est pas la même pour tous les nerfs dorsaux ; mais elles ont eela de commun, qu’elles donnent un ou deux filets de communication au grand sympathique, et qu’elles s’avancent vers la partie antérieure de la poitrine , le long du bord inférieur de la côte supérieure, et entre les muscles intercostaux externe et interne, auxquels elles fournissent des rameaux.

Deuxième et troisième nerfs dorsaux. Outre le rameau intercostal proprement dit , qui fournit des rameaux aux muscles grand pectoral et triangulaire du sternum, ils donnent un rameau brachial, qui passe dans le creux de l’aiselle, et se distribue dans la peau de la partie interne du bras jusqu’au coude.

Quatrième , cinquième, sixième et septième nerfs dorsaux. Vers le milieu delà côte, les branches antérieures se divisent en rameaux externes, qui donnent des filets au musele grand oblique et à la peau de la poitrine et du bas-ventre, et en rameaux internes, qui s’avancent entre les côtes et se divisent dans le grand pectoral , la mamelle et les téguments.

Huitième, neuvième, dixième et onzième nerfs dorsaux. Arrivées au tiers antérieur des côtes, les branches antérieures se divisent en deux rameaux : les externes se distribuent dans le grand dentelé , le grand oblique , et dans les téguments de la poitrine et du bas-ventre; les internes quittent les espaces intercostaux , rampent entre le transverse et le petit oblique du bas-ventre , leur donnent des rameaux, ainsi qu’au muscle droit, et se perdent dans les téguments de l’abdomen.

Douzième nerf dorsal. Après avoir donné des filets au grand sympathique, ce nerf communique par une forte branche avec le premier nerf lombaire, puis il se dirige en bas et en dehors, en donnant des filets au carré des lombes et au diaphragme; au ni-

véau de l’extrémité antérieure de la douzième côte , ce nerf se divise en deux rameaux : V externe donne des filets aux muscles grand et petit oblique et aux téguments ; Vinterne descend entre l’oblique interne et le transverse, leur donne des filets et se perd dans la partie inférieure des muscles droit et pyramidal.

Préparation. Branches antérieures des nerfs cervicaux. On dissèque la peau du cou de dedans en dehors, après en avoir circonscrit un lambeau par trois incisions : l’une, verticale , sur la ligne médiane du cou ; l’autre le long du bord de la mâchoire inférieure; la troisième le long de la clavicule : ces deux dernières doivent être très-peu profondes, afin de ne pas couper la branche inférieure du facial et les rameaux sus-claviculaires. Pour ne pas courir le risque de couper les filets nerveux superficiels , on fera bien de laisser pour le moment le muscle peaucier couché sur les parties profondes ; on verra alors à travers ce plan musculeux des filets nerveux, que l’on met à nu en coupant le peaucier en travers sur leur trajet et en l’enlevant peu à peu en entier. La peau de la partie supérieure de la poitrine sera disséquée en dehors, en même temps que les filets nerveux qui rampent dans son épaisseur. Le sternocléido-mastoïdien est embrassé par des anses nerveuses, qu’il faut soigneusement ménager; mais pour pouvoir disséquer plus profondément, on coupe ce muscle à ses attaches inférieures , et on le replie en haut avec ses anses nerveuses , en le laissant attaché à l’apophyse mastoïde.

En suivant ensuite les filets du nerf cutané moyen du cou , on arrive au tronc de la troisième paire cervicale; et comme tous les nerfs cervicaux ont entre eux des communications qui unissent la série de leurs branches antérieures et postérieures , il suffit d’être arrivé au tronc d’un seul d’entre eux , pour trouver sans peine les nerfs voisins , en suivant toujours les branches de communication.

Le 7ierf phrénique ne sera poursuivi dans la poitrine qu’après avoir disséqué les nerfs dorsaux; pour voir son trajet , on emporte le sternum , et on le trouve alors dans le médiastin antérieur, accolé au péricarde : sa dissection se fait aisément.

Il convient peut-être défaire observer ici que l’on devra soip;neuseraent ménager les nerfs crâniens, situés profondément au cou le long de l’artère carotide , et qui seront étudiés après les nerfs cervicaux. Parmi ces nerfs on évitera surtout de couper le rameau descendant de l’hypoglosse, qui, s’unissant à un filet du deuxième et du troisième cervical , forme au cou une anse nerveuse. On aura grand soin aussi de conserver les filets de communication entre chaque paire cervicale et le grand sympathique.

Dans la préparation des branches postérieures des nerfs cervicaux., on récline la peau de la nuque de dehors en dedans , en ménageant les filets nerveux qui se distribuent dans sou tissu. La peau de la partie postérieure de la tête sera enlevée en entier , après l’avoir peu à peu incisée sur le trajet des nerfs occipitaux, qui resteront couchés sur le crâne. Les muscles de la nuque, tels que le trapèze , le splénius et le grand complexus, seront coupés en travers sur le trajet des nerfs, ou bien seulement détachés de l’occiput et repliés en arrière , selon que cela paraîtra plus commode; mais les filets nerveux qu’ils reçoivent seront soigneusement ménagés.

La première paire cervicale ne sera disséquée

qu’après toutes les autres; on commence par rechercher la branche inférieure du facial et son anastomose avec le troisième cervical ; on peut ensuite couper toutes les branches du facial , à l’exception de la branche anastomotique; puis on divise la mâchoire dans sa symphyse , et on la désarticule du côté où l’on prépare , afin de pouvoir la tirer de côté ; il sera le plus souvent inutile d’enlever en entier cette portion de la mâchoire. On conseille encore de couper le sterno-cléido-mastoïdien à son attache supérieure , mais cette coupe n’est pas nécessaire , et les rapports des nerfs s’en trouvent dérangés , parce qu’alors le muscle ne tient plus à rien. Le tronc de la première paire cervicale est très-difficile h. trouver; on voit bien facilement passer par-dessus l’arc de l’atlas sa branche de communication qui l’unit à la deuxième paire ; mais le tronc lui-même est profondément situé entre la partie tout inférieure de l’occipital et la première vertèbre ; on y arrive en suivant la branche de communication , et on le trouve alors entre l’apophyse transverse et le tubercule postérieur de l’atlas.

Pour disséquer les bi-anches antérieures des nerfs dorsa%ix , on récline la peau de la poitrine et du basventre de dedans en dehors , en y laissant attachés les nerfs qui y entrent; mais comme il y a des filets qui s’y rendent au bord externe du sternum, on serait obligé de les couper pour pouvoir détacher davantage la peau, si l’on ne divisait de haut en bas cette enveloppe en dehors du point où ces nerfs y entrent; on continue alors à la rabattre pour trouver les principaux rameaux cutanés , qui percent les muscles vers le milieu des côtes. On fera une incision à la peau de la partie antérieure du bras, et on la dissèque vers le creux de l’aisselle, pour suivre les rameaux des deux premiers nerfs dorsaux, qui se rendent dans les téguments de cette partie. Les muscles pectoraux pourront alors être détachés de leur insertion à la poitrine, pour bien voir les filets des nerfs dorsaux qui y entrent ; les muscles de l’abdomen seront coupés en travers sur le trajet des filets nerveux qui s’y distribuent, et que l’on trouvera aisément en suivant vers la profondeur les filets qui se portent au dehors dans la peau ; ou bien on détachera les deux muscles obliques de leurs attaches postérieures , et on les renversera peu à peu en avant pour voir les rameaux nerveux qui rampent entre leurs plans, et surtout entre l’oblique interne et le transverse. La gaine du muscle droit sera fendue de haut en bas pour mettre à découvert les nerfs qui entrent dans le muscle, et ceux qui le traversent pour pénétrer dans les téguments. On ouvre ensuite la poitrine; on renverse le poumon vers le côté opposé à la préparation, et après avoir enlevé la plèvre costale, on incise les muscles intercostaux internes sur le trajet des nerfs vers le bord inférieur des côtes. L’origine des branches antérieures des derniers nerfsdorsaux ne peut pas encore être bien vue, parce qu’elle est cachée par le diaphragme; pour cela il faut que la poitrine et l’abdomen soient largement ouverts, en sorte qu’il est convenable de ne faire cette dissection qu’avec celle des nerfs lombaires.

Afin de voir les branches postérieures des nerfs dorsaux, on couche le sujet sur le ventre et l’on détache la peau du dos de dedans en dehors; on dissèque de même en dehors les muscles larges, tels que le trapèze, le grand dorsal et le rhomboïde, en conservant les filets qui se rendent dans ces parties ;

puis on sépare le long dorsal en dehors du sacro- transversaire épineux, en suivant les rameaux nerlombaire et en dedans de l’épineux du dos et du veux qui sont placés entre ces muscles.

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