OPÉRATION A LA CHAMBRE OBSCURE
11 faut avoir eu soin, avant de verser le collodion sur la glace, de mettre Poptique de la chambre obscure bien exactement au foyer de l’objet à reproduire, pour n’apporter aucun retard dans la formation de Pépreuve sur la couche sensibilisée ; et , selon le temps de Pexposition aux radiations lumineuses, Pimage sera faible ou forte de ton , c’est-à-dire positive ou négative d’aspect à son développement (1).
Il est très essentiel de tenir bien propres les verres des objectifs. Pour le portrait, c’est le système optique des verres bi-achromatiques combinés (dit système allemand) , qu’on doit employer; et pour le paysage, la reclitude des lignes rend indispensable l’usage des verres simples achromatiques à long foyer; les diaphragmes variables sont aussi d’une grande utilité»
Les plus simples notions indiquent tout naturellement que les temps clairs sont les plus favorables à la photographie.
Par conséquent , l’expérience sera prompte à la chambre obscure,
Si l’on reproduit un objet éclairé par le soleil ;
S’il est d’un ton pâle ou lumineux;
Si Pon opère avec un objectif à court foyer ;
Si l’objectif est sans diaphragmes ;
Si l’échelle de l’image est réduite ;
Si c'est un horizon, etc.; enfin, si le collodion est employé humide, et aussitôt sensibilisé.
Au contraire, il faudra poser longtemps à la chambre obscure ;
Si l’objet est exposé dans un intérieur ;
Si le temps est obscur;
Si l(î corps à reproduire est d’un ton sombre ;
Si Pobjectif est à long foyer ;
Si l’objectif est diaphragmé; et, suivant son ouverture. . .
Si l’on ampliBe l'objet à reproduire ;
Si le jour est sur son déclin , etc.
5o DÉVELOPPEMENT DE L’IMAGE.
Cette opération doit se faire à la lumière d’une bougie, ou d l’aide de l’écran jaune dont il a été fait mention.
On retire du châssis à coulisse la glace collodionnée sur laquelle
(1) Le collodion fouillant moins dans les ombres que la plaque, et ne'cesssitant une certaine harmonie dans la distribution de la lumière, on évitera les contrastes; ccci soit dit, pour la ligure comme pouj’ le paysage.
ia lumière vient de produire l’image; et en la tenant légèremenl inclinée par un des angles, on verse dessus, et assez rapidement près du pouce, le liquide ad hoc, destiné à faire apparaître l'image photographique (1).
Il faut avoir soin de faire parcourir ce liquide sur toute retendue de la glace (sans en répandre), et quand on n’a pas posé assez long-temps à la chambre obscure, il faut additionner ce liquide d'une faible solution de nitrate d’argent à 2 ou 3 gr. p. 100 gr d’eau distillée.
Voici comment a lieu l’opération: par fois l’image reste pâle après le premier développement, le liquide change de couleur en se décomposant. Il faut alors laver à Teau distillée, et recommencer à verser du liquide additionné pour ce cas de quelques gouttes de la solution d’argent précitée; mais il ne faut user de ce coërcitif qu’avec précaution ; car il occasionne des taches, soit qu’on le verse partiellement sur la glace, où qu’il y reste stationnaire: de positive que l'épreuve serait restée, elle peut devenir une bonne négative.
Dans certains cas, faire des épreuves positives sur verre est chose agréable; cela peut se livrer de suite, et remplacer l’épreuve sur plaqué d’argent de Daguerre.
Elle s'encadre de même ; et, pour la faire ressortir, on n’a qu’à appliquer derrière un corps noir-mat, tel que velours ou autres.
L’épreuve positive au collodion s’obtient ferme et brillante, particulièrement quand , par une belle lumière, on ne laisse pas exposer assez
longtemps à la chambre obscure Elle se fixe de la même manière
que les autres, mais elle ne peut donner de bonnes épreuves positives sur papier.
Si, au contraire, on pose suffisamment de temps, l’image apparait alors avec vigneur, et l’on juge par la transparence (soit au-dessusd’une bougie ou d’un corps blanc) si l'harmonie des demi-teintes est bien accusée, de même que l’intensité nécessaire des lumières, qui doit se manifester en noir.
Et, comme pour fixer l’image, on se sert d’un liquide qui affaiblit le dessin, il est utile de pousser aux vigueurs lors du développement, afin d’établir la compensation où l’équilibre.
Du reste, après quelques épreuves faites, on aura la gamme des tons convenable à l’obtention de belles épreuves sur papier.
Quand l’image sera développée, on lavera la glace avec l’eau distillée, jusqu’à ce que l’effet graisseux ait cessé à la surface.
Il ne s’agira plus que de fixer.