‹ Nouveau manuel de phrénologieChapitre 24 sur 70 · Conscienciosité · texte numérisé non relu

Conscienciosité

Cet organe est situé sur les parties postérieures et latérales de la voûte du crâne, au-dessus de la circonspection et en arrière de l’espérance. Sur les planches du docteur Gall, la fonction est désignée comme incertaine. — Le docteur Spurzheim , dans son ouvrage anglais publié en 1815, décrit cette fonction comme probable; mais un grand nombre d’observations postérieures m’autorisent à la regarder comme certaine.

La faculté produit le sentiment de l’obligation morale, du devoir, du juste et de l’injuste, pour lesquels nous n’avons point d’expression simple, définie dans la langue anglaise ; absolument de la meme manière que l’idéalité produit le sentiment de la beauté. La justice est le résultat de ce sentiment, combiné dans son action avec les facultés intellectuelles. Celles-ci recherchent les rootiis et les conséquences des actions; mais, après l’avoir fait, elles n’éprouvent point d’émotions par elles-mêmes. Aussitôt que l’intelligence a reconnu les sources de la conduite humaine, un

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sentiment prononcé de louange ou de blâme, distinct de tous les autres et purement instinctif, s’élève dans l’esprit : ce sentiment est dû à la faculté de la conscienciosité. Fortement développée, elle est de la plus haute importance pour la règle de la vie. L’individu est alors disposé à se conduire avec équité par amour de la justice ; il se plaît à faire ce qui est juste , et éprouve de la répugnance à faire ce qu’il croit injuste; il est porté à bien juger des motifs de la conduite des antres; il est scrupuleux, et lorsqu’il mérite la censure, il est prêta se condamner lui-même comme il condamnerait son voisin. L’organe , au contraire, est-il petit? la faculté est faible, et l’individu, en conséquence, est plus enclin à faire une action répréhensible, s’il est tenté par l’intérêt ou par un mauvais penchant; il éprouve une égale difficulté à percevoir la qualité de la justice en elle-même, et à sentir les obligations impérieuses du devoir. Ces sortes de personnes, prenant leurs esprits pour types de ceux de l’espèce humaine, s’imaginent que le reste du monde joue une comédie solennelle , en croyant à la distinction immuable du juste et de l’injuste, et au triomphe définitif de la vérité et de lajustice sur l’égoïsme et la fraude; elles taxent de faiblesse la conduite des individus qui adoptent de telles vues comme maximes pratiques; et elle» se regardent elles-mêmes comme parvenues à un degré extraordinaire de pénétration , en décou-

consciERciosnt.

vrant que ces notions partent d’un enthousiasme' ridicule, et que l’égoïsme, déguisé sous uno apparence de générosité, est l’orgine et l’objet réels des actions humaines. — Les phrénologistes, et tous ceux qui professent des opinions surannées, parce qu’elles sont vraies, et qui en font dépendre le succès de la vérité, leur paraissent manquer entièrement de sens pratique et de connaissance du monde. En fait, cependant, ces prétentions à une sagacité extraordinaire , sont fondées sur une grande imperfection morale, et indiquent une faiblesse déplorable dans une fonction importante de l’esprit, au lieu de la profondeur et de la sublimité d’intelligence à laquelle ces individus prétendent. Le remords est une affection pénible de ce sentiment, déterminé par une conduite opposée à ses suggestions. J’ai établi , daus l’Essai sur la phrénologie , que la reconnaissance provient probablement de cette faculté; mais sir G. S. Mackenzie, dans ses Illustrations de la phrénologie , a montré que la reconnaissance est considérablement rehaussée

par la bicavaillance , opinion à laquelle j’adhère maintenant complètement.

Quelques écrivains métaphysiciens admettent ce sentiment, et d’autres le rejettent apparement d’après sa force et sa faiblesse dans leurs propres

esprits. Le docteur Thomas Brown soutient son existence avec beaucoup d’éloquence et de succès; ses vues s’accordent d’une manière remarquable

SENTIXEÜTS.

avec les observations publiées par les phrénologistes. Le seul point sur lequel ses connaissances paraissent avoir été en défaut, c’est qu’il n’a j»as reconnu que cette faculté est possédée à des degrés différents de force, chez divers individus, suivant que l’organe est grand ou petit. L’organe est large chezHett, Sully, Malherbes; il est petit chez Bruce, Haggart, et sur les crânes de la plupart des tribus sauvages.

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