‹ Nouveau manuel de phrénologieChapitre 38 sur 70 · INDIVIDUALITÉ · texte numérisé non relu

INDIVIDUALITÉ

leurs usages ou de leurs autres qualités; plaisir qui est incompréhensible et semble même une niaiserie aux personnes dont l’organe est petit. Elle conduit à la personnification, ou à la tendance à attribuer une existence réelle aux pures abstractions de l’esprit, telles que l’ignorance, la folie ou la sagesse. Combinée avec la comparaison, elle produit le style métaphorique qui distingue Bunyan. L’organe est en général petit, chez les Écossais; il est plus large chez les Anglais, plus large encore chez les Français. Le sinus frontal existe généralement, chez les adultes, dans la direction de cet organe; aussi, jette-t-il quelque difficulté pour apprécier son volume. On détermine, cependant, sa fonction, en examinant de jeunes sujets, chez lesquels le sinus n’est pas formé; la preuve négative concourt au même résultat. En effet, lorsqu’il existe une dépression extérieure, le cerveau dans ce lieu est nécessairement petit, et la faculté est invariablement faible. La concordance de l’absence de l’organe et de la faculté prouve la fonction ; bien que, lorsqu’il existe une saillie extérieure, il n’en résulte pas qu’elle soit nécessairement forte, puisque, chez quelques individus, elle peut être causée par le sinus et non par le cerveau. * L’organe, est très-grand chez Napoléon, Cuvier, etc.

FACULTÉS PERCEPTIVES

2S. Configuration.

Le volume de cet organe est indiqué par la largeur qui existe entre les yeux, dont les différents degrés correspondent au plus ou moins grand développement des portions du cerveau situées sur le côté interne des surfaces orbitaires de Tos frontal, de chaque côté de l’apophyse crista-galli. Dans quelques cas, le sinus frontal s’étend au-devant de cet organe. Sa fonction est déjuger de la forme. Il est d’un puissant secours pour le minéralogiste, le peintre de portraits et pour toutes les personnes qui se livrent aux arts d’imitation ; il donne le pouvoir de se rappeler les physionomies. Spurzheim assure qu’il est large chez le chinois qu’il a vu à Londres, et chez les Français. Les enfants, chez lesquels cet organe et ceux de la constructivité, de la sécrétivité et de l’imitation sont p^olnoncés, dessinent, sculptent ou façonnent les figures des hommes et des animaux pour leur propre satisfaction. L^organe est proéminent chez le roi Georges III et sur les crânes des Chinois.

* Gall appelait cette faculté sens despersonnes . parce que ses premières recherches furent faites sur des individus qui possédaient à un très-haut degré la faculté de reconnaître les personnes

CONPlGCRATlOn.

Cette faculté était très-faible chez lui : il se plaignait que ce défaut lui avait causé toute sa vie mille désagréments;- mais il ne pensait pas que la faculté s’étendît à juger les formes en général. Lui, qui ne pouvait pas se rappeler les physionomies des personnes , a prouvé , par ses propres découvertes , quelle aptitude il avait à saisir et à juger des formes. Il y a quelque chose, dans la nature et l’étendue des fonctions de cet organe, qui mérite un examen ultérieur et plus approfondi de la part des phrénologistes.

* Les animaux possèdent d’une manière étonnante la faculté de reconnaître les individus. Estce à la configuration ou à l'individualité qu’ils doivent cette facilité? Il y a des chiens, ditGall, qui reconnaissent après des années, une personne qu’ils n’ont vue qu’une seule fois. Les singes, les chiens , les chevaux, les éléphants, les chèvres, les oiseaux mêmes, reconnaissent avec plus ou moins de facilité , entre mille personnes, leur maître ou celui qui leur a donné des soins ou ceux qui les ont effrayés. Tous les oiseaux qui vont en troupeau se reconnaissent entre eux.

* Cette faculté était nécessaire aux animaux aussi bien qu’à l’homme. Comment, en effet , auraient-ils pu se reconnaître sans elle? Il faut donc admettre la faculté en elle-même comme fondamentale, sauf à préciser avec plus de rigueur l’étendue de sa puissance. Les portraits du Titien, de Montaigne, de Sterne, font voir les

PACCLTÉS PERCEPTIVES.

dispositions que les yeux prennent par suite du développement de cet organe.

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