‹ Nouveau manuel de phrénologieChapitre 7 sur 70 · Concentratvoité. {HabitatitUé. Spurz · texte numérisé non relu

Concentratvoité. {HabitatitUé. Spurz

* Il y a entre l’auteur, M. Combe, etSpurzheim, une grande diversité d’opinion sur la nature des fonctions de cet organe. Nous sommes portés à nous ranger du côté de Spurzheim, et nous allons soumettre à nos lecteurs les expression pro-

S8 piircnAKTS.

près de cet auteur, relativement à celte faculté , extraites de son Manuel de Phrénologie , publié en 18B2. Du reste nous engageons, à cette occasion , les phrénologistes à suivre rigoureusement la méthode de Gall dans la recherche des vérités de cette nature, c’est-à-dire de ne rien conclure qu’après de longues et exactes observations, et de ne se servir du raisonnement que pour tirer des inductions et des conséquences légitimes de la simple observation des faits.

< En examinant les mœurs des animaux , dit Spurzheim on trouve que les différentes espèces sont attachées à des régions déterminées : la tortue et le canard sont à peine éclos de leurs œufs qu’ils courent vers l’eau. Quelques oiseaux volent dans les régions élevées de l’air ; d’autres vivent sur la terre; quelques animaux cherchent une habitation sur les hauteurs physiques , d’antres SC plaisent dans les vallées; quelques oiseaux font leurs nids au sommet des arbres et aux pics des rochers, d’autres les placent au pied des arbres ou dans des trous au bord des rivières. La nature parait avoir voulu que toute la terre fût habitée, et, à cet effet, ellea assigné aux animaux leurs différents séjours par un instinct particulier.

• Parmi les sauvages , il y a des hordes qui s’attachent facilement à un terrain qu’elles cultivent, où elles construisent des habitations et s’é-

CONCENTRATIVITÉ.

tablissent , tandis que d’antres continuent la vie nomade.

» Quelques peuples sont extrêmement attachées à une habitation; d’autres changent leurs habitations aussi facilement que leurs habits.

» Peut-être que l’amour de l’agriculture résulte de ce même penchant. Quelques-uns préfèrent la campagne à la ville, et se plaisent à cultiver la terre, à semer et à planter. La nature attache généralement du plaisir aux occupations nécessaires : or, l’agriculture est sans doute indispensable au bien-être de l’humanité; elle dépend donc probablement d’une disposition naturelle. »

J’ai trouvé cet organe bien développé chez l’astronome de Zach , le docteur Esperon , Walter-Scott, etc., et très-petit sur les têtes du matelot Henin, de l’évêque Grégoire et du Charruas mort à Paris.

L’organe est situé immédiatement au-dessus de la philogéniture , et au-dessous de l’estime de soi.

L’observation prouve qu’il est réellement distinct des autres penchants, car il est tantôt large, lorsqueles organes delà philogéniture et de l’estime de soi sont petits, et tantôt petit, lorsque ceux-ci sont larges. Spurzheim a remarqué qu’il était développé sur les animaux et sur les personnes qui paraissent attachés à des lie x particuliers. Aussi lui a-t-il donné pour cette raison le

PENCHARS.

nom d’organe de Vhabitativiié. Il croit cependant que la fonction n’est que conjecturale. D’après un plus grand nombre d’observations, il est maintenant probable qu’elle a pour but de maintenir deux ou plusieurs facultés dans une activité simultanée et combinée, de telle sorte qu’elles puissent être dirigée vers un seul objet; en conséquence, elle est désignée sous le nom de concentrativité.

Le premier indice qui a mis sur la voie de cette fonction a été la remarque que certains individus ont naturellement des habitudes sédentaires, et trouvent pénible d’aller à l’étranger, à moins d’une affaire spéciale et d’une nécessité absolue. D’autres, au contraire, éprouvent les mêmes difficultés pour se fixer : leur plus vif désir est de prendre quelque profession active qui absorbe toute leur attention, afin qu’ils soient pour ainsi dire hors d’eux-mêmes et occupés par des objets extérieurs. Chez les premiers, l’organe était développé; il était petit chez les seconds. Qeulques malades atteints de faiblesse nerveuse , ont à la vérité une répugnance extrême à se mettre en mouvement , quoique chez eux l’organe puisse être petit ; mais ce sont des états morbides, et les observations citées ont été faites sur des individus pleins de santé et de vigueur.

Un second indice qui est venu donner du poids à cette opinion, a été, que quelques personnes possèdent une facilité naturelle à concentrer leurs

COHCEHTRATIVITÉ.

sentiments et leurs pensées, sans pouvoir être distraits par l’irruption d’émotions ou d’idées étrangères à l’objet de leurs méditations. Ces personnes sont maîtresses de leurs sentiments et de leurs facultés intellectuelles , et elles peuvent les employer entièrement à l’exécution du dessein qui les occupe ; aussi , la faculté dont la nature les a doués, les met-elle en état de produire les plus grands résultats possibles. On a vu, au contraire, d’autres individus chez lesquel les sentiments ne peuvent agir ensemble; leurs pensées se perdent dans la dissipation; ils sont incapables de conserver l’idée dominante jusqu’à la fin; ils sont distraits par les accessoires ; enfin , ils éprouvent de grandes difficultés à combiner toutes leurs facultés pour une seule chose. Ces personnes, avec de grands talents, ne peuvent rien faire de remarquable; leurs productions intellectuelles sont caractérisées par l’introduction d’émotions et d’idées sans rapport avec le plan principal , et par l'émotion inaperçue d’autres objets importants, résultat du défaut d’accord de leurs différentes facultés. Chez les premiers , l’organe était large , chez les seconds il était petit.

C’est probablement par l’exercice d’une faculté semblable à la coneentrativité que certains animaux , comme les chamois qui aiment de préférénce les hauteurs, sont doués des facultés nécessaires pour conserver leurs positions lorsqu’ils broutent sur des pics difficiles ou dangereux , et

PEWCHAim.

pour ériter les poursuites du chasseur. Cet organe paraît , cependant, n’être compté pour rien dans les observations peu nombreuses de Spunheim , et être sans rapport avec les vues plus étendues qu’on a maintenant sur les fonctions. Quoi qu’il en soit, la concentrativité est seulement probable, et elle a besoin de recherches ultérieures.

On a objecté que la concentrativité de l’esprit est une opération intellectuelle, et que l’organe n. 3 est situé entre les penchants et les sentiments. Je doute, néanmoins, que la concentration soit de nature intellectuelle. Toutes les facultés de l’esprit perçoivent les objets et les rapports existants, indépendants de l’esprit; mais la concentrativité n’a ni objet, ni relations extérieures. Toute son influence et sa sphère d’activité, comme celle de la fermeté et de l’estime de soi, près desquelles elle est placée , partent de l’esprit et se terminent dans lui. C’est le signe caractéristique d’un sentiment et non d’une faculté intellectuelle. De plus, la concentrativité combine les sentiments et les dirige dans un effort de coneentration , comme les facultés intellectuelles. L’auteur de Waverley parle du chagrin concentré ; il est naturel de parler de l’égoïsme concentré, de l’aflfection concentrée. Ces effets produits par l’organe sont combinés avec la circonspection , l’estime de soi , l’adhésivité ou l’acquisivité. L’organe est petit chez les Indiens de

ADHltelVlTÉ. 4S

l’Amérique, et plus large chez les nègres et les Européens. Une circonvolution cérébrale , située au-dessus du corps calleux, s’étend du fond de cette région aux organes des facultés intellectuelles. Elle communique avec l’estime de soi , et avec plusieurs autres organes des sentiments.

A. Adhésivité {Affectionwüé , Spurz. )

Cet organe est situé de chaque côté de la concentrativité , plus haut que celui de la philogéniture , et précisément au-dessus de la suture lambdoïde.

La faculté produit la tendance instinctive à s’attacher aux objets environnants, animés ou inanimés. Les personnes chez lesquelles elle est très-prononcée , éprouvent une impulsion involontaire à embrasser et à serrer fortement l’objet de leur affection. Elle dispose à l’amitié et à la société en général, et porte les hommes à se donner la main. Dans les enfants, elle se manifeste fréquemment par l’attachement aux chiens, aux chevaux et aux lapins , aux oiseaux et aux autres animaux. Chez les jeunes filles, elle se montre par de tendres embrassements à leur poupée. Le penchant est plus vif et l’organe plus développé chez les femmes que chez les hommes. Lorsqu’il est prononcé, il détermine des regrets

PERCHAniS.

excessifs à la perte d’un ami , et un malaise indéfinissable à s’éloigner de son pays, maladie qu’on connaît sous le nom de nostalgie (1). Le penchant est-il peu prononcé ? il en résulte l’indifference pour les autres , et une disposition à se faire anachorète ou ermite.

* Il parait que cette faculté prédispose certains animaux à vivre en société , tels que les moutons, les corbeaux, les poules, etc.; tandis qu’il y a d’autres espèces qui vivent isolées , telles que le renard , la pie , le rossignol , et autres. Be même , il y a des espèces qui vivent en mariage , comme le loup , le renard , la pie ; et des animaux sociables, domestiques, qui ne se marient pas, comme le chien, le cheval , le bœuf. Chez l’homme, comme chez les animaux , la société et le mariage sont des états naturels, déterminés par l’organisation cérébrale. Les institutions sociales ne peuvent qu’en régler la forme , et diriger ces senti- . ments naturels dans unbut utile à tous les membres qui composent la société.

* L’attachement n’est pas le résultat de l’édu-

(i) La nostalgie est probablement une affection de Torgane précédent , de l’habitativité , et non de celui de l’attachement. Les Suisses, qui ne laissent souvent ni parents, ni amis chez eux, sont fréquemment attaqués de cette maladie. — Le chat aime son habitation , et quitte son maître pour y revenir , lorsqu’il en est éloigné; le chien, qui a beaucoup' d attachement, quitte le pays pour suivre le maître. (F.)

COHBmVlTi.

cation ni de la morale; c’est un penchant inné : nos chiens, nos chevaux , nous le prouvent ; des criminels ont montré quelquefois le plus grand attachement pour leurs aiùis, et se sont sacrifiés pour eux.

* L’organe est très-développé dans le crâne d’Alxinger, du nègre Eustache Bélin', sur les moules de l’abbé Charpentier, curé de Saint- Étienne-du-Mont, etc.

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