‹ Nouveau manuel des dermatoses ou, maladies de la peau, classés d'après la méthode de M. le Professeur Alibert, avec la synonymie de Willan. Et la concordance des différentes méthodes employées par nos meilleurs auteurs, suivi d'un formulaire pour la préparation des médicaments. Employés à l'Hôpital Saint-Louis a l'usage des hôpitaux des et des élèves en médecineChapitre 42 sur 79 · VARICELLE. N · texte numérisé non relu

VARICELLE. N

d’une affection gastro-intestinale plus ou moins grave. La varicelle se distingue de la variole, seule dermatose avec laquellé il soit possible de la confondre, par la rapidité de sa marche, par ses vésicules uniloculaires et leur position toute superficielle ; par Pabsence de cicatrices à la peau après la chute de ses croûtes , et enfin par l’impossibilité de la transmettre par inoculation.

La varicelle est le plus souvent une maladie légère et sans aucun danger.

Espèces ‘et variétés. — M. le professeur Alibert n’admet que deux espèces de varicelle : 1° la varicelle vésiculeuse ; 2° la varicelle pustuleuse (1). Traitement. — Le traitement de la varicelle, lorsqu’elle n’est compliquée d’aucune autre affection, consiste dans le repos, la diète et l’usage d’une boisson délayante. |

(1) Sous les noms de chicken-pox et de swin-pox, les auteurs anglais admettent deux variétés de varicelle, à chacune desquelles ils assignent les caractères distinctifs suivants :

Pour la première : vésicules petites, peu élevées, contenant un fluide limpide et'incolore.

Pour la seconde : vésicules larges, globuleuses, molles et renflées à leur partie moyenne ; elles contiennent un fluide qui, d’abord transparent, ne tarde pas à se troubler età prendre une teinte laiteuse.

I] est facile de voir combien ces espèces se RGB de celles de M. Alibert. :

NIRLE. 85

QUATRIÈME GENRE

NIRLE (Alibert). Nirlus (4).

Exanthèmesuperficiel, toujours précédé d’un mouement fébrile plus ou moins prononcé, et principalement caractérisé par le développement de papules d’un rouge foncé , discrètes, proéminentes , et dispaaissant en vingt-quatre heures , par résorption ou desquamation.

Causes. — Le nirle se montre le plus ordinairement au printemps et à l’automne; on l’observe surout chez les enfants. Tout porte à croire qu’il est dû à l’influence du même principe contagieux que les xanthèmes qui précèdent.

Symptômes et marche. — Le nirle, après quelques jours d’un mouvement fébrile plus ou moinsprononcé, et auquel se joignent, tantôt de la gastralgie etde la pesanteur de tête, tantôt du larmoiement et du coryza, se manifeste par le développement de papules nombreuses et circonscrites, d’un rouge couleur de foie, et du volume d’une lentille.

(1) Cet exanthème, dont M. William Batt a fixé les vrais caractères génériques, a été aussi étudié et décrit par messieurs Scassi, Gibelli, Marchelli, Ferrari et Corona.

86 NIRLE.

Ces papules se montrent d’abord sur le visage, et! de là peuvent se répandre sur toute la surface des téguments ; elles ne parviennent jamais à suppuration, ne durentguère que vingt-quatre heures, et disparaissent, soit par résorption , soit par une légère desqua= mation, ne laissant aucune trace de leur existence. Le nirle peut exister seul ou se montrer sur le dé clin d’une rougeole ou d’une variole : dans le premier, cas il est rarement accompagné d’un trouble pro noncé de l’économie ; dans le second, aux phénomènes de son éruption peuvent se joindre quelques=, uns des symptômes de l'affection qu’elle complique. * Le nirle a souvent été confondu avec la rougeole, que l’on désignait alors sous le nom de rougeole boutonneuse ; mais c’est une erreur qu’il n’est plus per= mis de commettre aujourd’hui.

L’exanthème nirleux esttoujours sans danger pour celui qui en est atteint.

Espèces et variétés, — M. le professeur Alibert ,. | qui le premier a établi le diagnostic de cette affectioil | en France, admet deux espèces de nirle : 1° le nirle! idiopathique; 2° le nirle symptomatique.

Traitement, — Le nirle ne réclame le plus souvent. aucun traitement : un léger vomitif au début, le repos, la diète et l’usage d’une boisson délayante, suf-. fisent ordinairement pour remplir toutes les indicas tions,

ROSÉOLE. 87 CINQUIÈME GENRE,

à ROSÉOLE. Roseola (1).

Exanthème aigu, quelquefois précédé d’un léger mouvement fébrile, et principalement caractérisé par des taches roses, non proéminentes, de forme et d’étendue variables; ces taches ont généralement une courte durée, peuvent se montrer comme épiphénonènes d’une autre affection, et se terminent toujours par résolution avec ou sans desquamation.

Causes. — L’enfance, et surtout l’époque de la dentition , le sexe féminin , une peau fine et délicate, le printemps et l’automne, les fortes chaleurs de l'été, des variations fréquentes de l’atmosphère, paraissent avoriser le développement de la roséole.

Get exanthème est le plus souvent déterminé par une alimentation échauffante, l’usage des médicaments rritants et surtout des purgatifs résineux ; des affecions morales vives ; la suppression d’évacuations haiituelles,

… La roséole est souvent symptomatique d’une affec-

(1) La roséole est un exanthème de fort peu d'importance jous le rapport pratique mais comme on l’a souvent confondue avec la rougeole et la scarlatine, sa description aura toujours l’avantage de préserver d’une pareille erreur.

88 ROSÉOLE.

tion des voies digestives; elle se montre parfois! comme efflorescence critique. |

Symptômes et marche. — La roséole, quelquefois | | précédée d’un léger mouvement fébrile, mais aussi | souvent sans être annoncée par aucun symptôme | précurseur, se développe sous la forme de taches d’a- | bord petites, d’un rose foncé plus ou moins vif, gé-, néralement peu nombreuses, et laissant entre elles, des intervalles où la peau est tout-à-fait saine ; ces | taches, le plus souvent irrégulières, superficielles et | non proéminentes, se montrent d’abord à la face, au | cou, et de là s’étendent aux autres parties du corps.

Les taches de la roséole se montrent parfois sous la | | forme d’anneaux rosés, dont les aires centrales conser- | vent la couleur des téguments. |

Ces taches s’étendent généralement avec rapidité | et sont presque toujours accompagnées d’un senti-| ment de prurit et de fourmillement plus ou moins! prononcé.

Quelques jours suffisent ordinairement pour les voir pâlir et disparaître; cependant elles affectent parfois une marche chronique ; mais alors elles s’ef-| facent et reviennent alternativement. |

La roséole peut aussi se - terminer par délitescence. {

De toutes lès dérmatoses qui précèdent, l’érythème | est la seule qui offre quelque analogie avec celle qui! nous occupe ; mais on distinguera toujours l’érythème |

ROSÉOLE. 89 “de la roséole, par ses taches plus étendues et généralement moins nombreuses, par leur coloration plus foncée et plus durable , par sa marche moins rapide et son siége moins superficiel.

La roséole idiopathique est toujours un exanthème éphémère et de peu d'importance. La gravité que présente parfois la roséole symptomatique tient beaucoup moins à la dermatose elle-même qu’à l’aflection

concomitante, dont elle n’est souvent qu’un épiphénomène.

Espèces et variétés. — M. le professeur Albert admet deux espèces de roséole : 1° la roséole idiopathique ; 2° la roséole symptomatique (1).

Traitement. — Suivant que la roséole est idiopathique ou symptomatique, l’on conseille le repos , la diète, les boissons délayantes, quelques bains, un ou deux laxatifs, ou bien les acides minéraux, les bains

(4) Willan, et d’après lui Bateman, admettent sept variétés de roséole, qu’ils nomment : roseola’ infantilis, roseola æstiva, roseola autumnalis, roseola annulata, roseola variolosa, roseola vaccina, roseola miliaris ;

Selon que la dermatose se montre dans l'enfance, pendant l’été ou l’automne ; selon qu’elle coïncide avec la variole ou la vaccine ; selon sa furme particulière ou sa complication avec une éruption miliaire.

-Le lecteur jugera si ces nombreuses espèces reposent toutes sur des bases suffisamment justifiées.

90 ROSIOLE.

alcalins. Dans la roséole symptomatique l’on s’atta- ” chera surtout à l'affection dont elle peut n’être qu’un simple épiphénomène,

SIXIÈME GENRE

ROUGEOLE. Rubeola (1).

: Exanthème aigu et contagieux , n’attaquant le plus ordinairement qu’une seule fois le même individu, et principalement caractérisé par de petites taches rouges, légèrement proéminentes, inégalement disséminéessur toute la surface des téguments, d’abord arrondies et distinctes, puis confluentes, et déchiquetées sur les bords; cet exanthème, presque toujours compliqué | d’une affection catarrhale de la muqueuse naso-pul- | monaire, paraît souvent d’une manière épidémique, | et se termine par une desquamation furfuracée.

(1) La rougeole, ainsi appelée à cause de la couleur rouge que présente le corps des individus qui en sont atteints, est encore désignée parle mot morbilli, diminutif du motitalien | morbo, qui signifie peste, sans doute à cause des dangers qui | l’accompagnent souvent ; du reste, son origine est fort peu connue. On assure que les premières descriptions de cette dermatose viennent des médecins arabes.

Causes, — La rougeole s’observe beaucoup plus réquemment chez les enfants que chez les adultes ; cet exanthème paraît propre à tous les climats et peut se développer dans toutes les saisons ; c’est cependant au printemps et à l’automne qu’il règne surtout d’une manière épidémique : il est constamment dû à l’inluence directe d’un miasme contagieux.

Symptômes et marche. — Les symptômes avantcoureurs les plus ordinaires de la rougeole sont, Vabord, un malaise général, des frissons vagues alternant avec des bouffées de chaleur, un mouvement fébrile plus ou moins prononcé, de la tristesse, de la soif, de l’anorexie; bientôt survient aussi du larmoiement avec éclat ét rougeur des yeux, la tuméfaction des paupières , du chatouillement dans le nez, wec éternuement et écoulement par les narines d’un liquide clair et plein d’âcreté ; on observe quelquefois l’épistaxis, une toux sèche avec un son particulier, la céphalalgie, l’angine, la constipation ou le dévoiement ; enfin , dans certains cas, le délire, lassoupissement , les convulsions.

Ces divers phénomènes augmentent d’intensité avec ou sans exacerbation nocturne, jusqu’au moment où l’éruption paraît ; celle-ci se montre ordinairement du troisième au sixième jour, sous la forme de petites taches rouges semblables à des piqûres de puce, d'abord arrondies et distinctes, puis bientôt réunies

en plaques légèrement proéminentes, irrégulières et comme découpées sur leurs bords. Ces plaques, dont quelques-unes se trouvent disposées en forme de croissant, se montrent d’abord à la face, ‘et de là s'étendent au cou, à la poitrine, à l’abdomen, aux extrémités. |

L’éruption atteint généralement en quarante-huit heures son plus haut degré d'intensité ;. alors les malades se plaignent d’une démangeaison plus ou moins pénible; la surface du corps est d’un rouge inégal, et l’injection éruptive se montre aussi quelquefois au pharynx et sur le voile du palais.

Au bout de trois ou quatre jours de durée, les plaques de la rougeole pâlissent, et en même temps l’on voit diminuer et s’éteindre graduellement l’agitation du système circulatoire et l’irritation des membranes muqueuses des yeux, des fosses nasales et quelquefois même des voies respiratoires et digestives, qui précèdent et accompagnent leur développement.

Souvent aussi, lorsque la fièvre s’apaise , il s’établit un peu de diarrhée, ou il reste une toux sèche et plus ou moins incommode.

Bientôt l’épiderme se détache en petites lamelles furfuracées ; cette desquamation , dont la durée varie de quinze à vingt jours, peut être manifeste sur tous les points où ont existé les plaques de la rougeole, ow bornée à une ou plusieurs surfaces de peu d’étendue.

La rougeole est loin de suivre constamment la marche régulière que nous venons d’exposer; les irrégularités en cet exanthème présente si souvent ont rapport ou à ses prodrômes ou à son éruption, ou à sa terminaison, et dépendent, soit de la constitution du sujet qui en est atteint, soit des maladies qui précèdent, suivent ou accompagnent l’éruption.

La rougeole peut être simple ou se compliquer de linflammation, soit du système muqueux ou séreux, soit d’un organe parenchymateux plus ou moins important.

Le développement de la rougeole peut coïncider avec celui d’une autre dermatose; et alors, ou elles parcourent simultanément leurs différentes périodes , ou l’une des deux interrompt sa marche pour ne la reprendre qu'après que l'autre est arrivée à sa terminaison.

Des faits bien observés : PONT à croire que la rougeole peut exister sans déceler sa RUE par l’éruption qui lui est propre.

La rougeole est quelquefois sporadique ; mais elle règne plus souvent d’une manière épidémique.

La terminaison de la rougeole non compliquée est généralement heureuse ; mais divers accidents peuvent quelquefois prolonger beaucoup la convalescence.

Si l’on ne considérait que l’aspect de l’éruption, il serait possible de confondre la rougeole avec plu-

sieurs des dermatoses qui précèdent; mais, en rapprochant toutes les circonstances de son histoire, on reconnaît facilement que leur marche, leur durée, leur invasion, les en distinguent complétement.

Le pronostic de la rougeole varie suivant son état de simplicité, ou le nombre et la gravité de ses complications.

Espèces et variétés. — M. le professeur Alibert admet deux espèces de rougeole : 1° la rougeole normale ; 2° la rougeole anormale.

Traitement. — Suivant que la rougeole est simple, avec surexcitation du système circulatoire ou prostration générale, l’on conseille le repos, le séjour au lit, la diète, les boissons douces, sucrées et mucilagineuses, les évacuations sanguines , les bains tièdes , ou bien les toniques et les révulsifs externes ; les vomi-purgatifs peuvent être quelquefois indiqués. La toux , la dyspnée, le dévoiement, peuvent réclamer l’emploi de moyens particuliers ; du reste, l’on combattra chaque complication par les moyens appropriés.

Le traitement prophylactique consiste l’isolement des malades.

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