‹ Nouveau manuel du physionomiste et du phrénologiste, ou les caractères dévoilés par les signes extérieursChapitre 1 sur 133 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Dans tous les temps on a cherché à connaitre. E le caractère des hommes par leur apparence extérieure. Quiconque se trouve pour la première fois avec un individu, examine attentivement sa figure, sa manière de parler, de ré— ‘pondre, de questionner ; ses gestes, ses tics, sa pose, sa tenue, son costume même; et d’après ces rapides observations se persuade que cet inconnu est, doué de tel ou tel caractère : parfois; ‘et même fort souvent, la première opinion qu’il s’est faite est assez juste; si elle n’est pas entièrement conforme à la vérité, elle en approche beaucoup, car la physionomie de l’homme, en ‘santé comme dans les maladies, est toujours très-expressive et conforme à $on état présent; “est une cire molle sur laquelle le caractère, le w s intérieur imprime son cachet, et c’est en ain qu’on cherche à vouloir en déguiser l’ernpreinte. Si par hasard quelqu’un sent le besoin de dénaturer le type habituel de la physionomie, elle prend alors une nouvelle expression,

Ÿj PRÉFACE.

on y aperçoit la gène, la contrainte qui, frappai l'observateur, l’avertit aussitôt qu’on dissimul qu’il y a fausseté ou hypocrisie, et très-souvet perfidie; la juste méfiance que lui inspire © état de dissimulation, en stimulant sa sagacit l’excite encore à tout examiner plus attentive ment, et alorsilest bien rare qu’un observate? un peu exercé se trompe dans le jugement € caractère véritable de l'individu qui a cru

déguiser par un sourire plus ou moins graciet ou aimable, par son air de franchise, par 1 ton simulé de fausse bonhomie, ou de toute at tre manière : telle fut l’opinion de Lavater, telle devra toujours être celle de tous ceux q voudront devenir physionomistes, puisque dai les regards, les yeux seuls ne sont pas, com on le dit vulgairement, le miroir de lâme, « elle se peint non-seulement sur le visage € tier, mais encore dans toute la surface ext rieure qui constitue l'habitude du corps, quoiq d’après les phrénologistes, elle se dévoile a par des protubérances au crâne; en conséquen comme nous voulons offrir aux physionomis tout ce qui peut les aider à connaître l’homn à juger son caractère par tout ce qui se nifeste dans son extérieur, nous avons dû, en de nant les systèmes de Gall et de Spurzheim, joindre celui de Lavater, auxquels nous avi

PRÉFACE. vif ajouté, non-seulement tout ce que nous avons trouvé dans les manuscrits originaux du professeur Chaussier, mais encore plusieurs autres pièces inédites, et des dessins originaux de Lavater, qui n’ont jamais été publiés dans les éditions de ses œuvres : enfin nous ne craindrons pas de donner, pour intéresser davantage, tout quia pu et pourrait nous être obligeamment communiqué, soit par les partisans, soit par les antagonistes de ces différens systèmes.

Comme science d’observations, de recherches, de faits et de comparaisons, si la phrénologie est encore dans son enfance, le meilleur moyen de faciliter et de hâter ses progrès, c’est de signaler les obstacles qui s'opposent à sa marche; ainsi attaquer la phrénologie, c’est la fortifier, c’est la contraindre à chercher ses moyens de défense ; or elle ne peut les trouver que dans la confirmation de sa doctrine... C’est donc avec le désir bien prononcé de contribuer, non-seulement à la physiognomonie, mais encore à l’heureux développement des études phrénologiques et aux progrès de cette science nouvelle, que nous nous permettrons dela combattre lorsque l’occasion s’en présentera. Amis de la vérité et la recherchant avec ardeur, nous essaie— rons de la faire naître du choc des opinions; si nous avions le bonheur d’y parvenir et de bien

viij PRÉFACE.

démontrer les signes auxquels on peut et lo doit reconnaître le caractère de chacun, nou nous féliciterions d’avoir atteint le double b que nous nous proposons dans ce Manuel.

Page 1