N° 27. — INDIVIDUALITÉ
Facultés perceptives.
« Cet organe, dit M. le docteur Scoutetten, est regardé » par Spurzheim comme servant à faire connaître à l'homme:
» et aux animaux la réalité des objets extérieurs, et à » leur donner la certitude de leur propre existence. » Il paraît que cet organe est de nouvelle création, et qu'il n'existait pas du temps des pyrrhoniens, puisqu'ils dou taient de tout, et même de l’existence de leurs corps.
« Selon Georges Combe, l’individualité donne le désir et
» le pouvoir de connaître les objets comme individus, sans » tendance à mechercher le but auquel ils peuvent être des- » linés. »
. « L'influence primitive, suivant M, le docteur Broussais, » est le pouvoir de connaître les objets comme individus, » sans recherche de but, d'usage quelconque; c’est la cu- » riosité et la faculté de distinguer un individu d’un autre; » faculté sans laquelle les deux ensemble resteraient confon- » dus dans la même perception. »
Enfin, d’après le dictionnaire de l’académie française , l’individualité est ce qui constitue l'individu; ce qui fait qu’il esl el être , et qu'il a wne existence distincte des autres êtres.
Nous avons cru devoir ciler ces différentes définitions, parce qu’il nous semble que les phrénologiens ne sont pas d'accord et n’expliquent pas très-clairement Les facultés de cet organe, dont Gall n’a point admis l’existence.
Si en effet l’'individualité donne le pouvoir de connaître Îles objets comme individus, sans recherche de but, d'usage quelconque , il est très-étonnant que l’on ait prétendu trouver cet organe chez Napoléon, chez Cuvier, deux hommes qui s’attachaient à tout approfondir, à connaître le but, l'usage, la destination de chaque chose! El faut convenir franchement que ces deux exemples ne sont nullement propres à inspirer bien grande confiance en l’organe de l’individualité. En y réfléchissant un peu l’on pourrait bien être tenté d’imiter l'exemple de Gall, et refuser d'admettre dans la phrénologie cet intrus de la façon de Spurzheim, car dans une science d'observation il est indispensable que tout soit positif; ce qui ne l’est pas doit être rejeté.
Cependant, que cet organe existe ou n'existe pas, les phrénologiens l'ont placé derrière la racine du nez, au bas de la ligne médiane du front. M. le professeur Broussais dit qu’il rend celle région saillante em même temps qu'il l’élargit. M. le docteur Scoutetten « prétend qu’il doit être impossible » de le reconnaître d’après la saillie qu’il pourrait former,
» car le développement des sinus frontaux ne permeltr! » point son àpparition extérieure, »
Cette objection est très-fondée, et nous devons faire o: server qu'elle s'applique avec autant de justesse à tous | organes que les phrénologiens ont placés derrière les sin: frontaux. D’après cette considération nous aurions tort présenter le portrait d’un individu doué de l’individualit puisque sa protubérance n’est point apparente: au surplu d’après ce que disent tous les phrénologiens, on peut la che cher sur les têtes de Napoléon et de Cuvier. CPE, em et 54.)
Mimique.
Nous ne pouvons point indiquer la mimique d'un organ dont l’existence est plus que problématique, puisqu'on à l'avoir trouvé chez Napoléon et chez Cuvier, qui, tous deu étaient éminemment doués de facultés entièrement opposées: celles que les phrénologiens attribuent à cet organe. Spurzhei, n’est pas heureux dans ses découvertes, la plupart n’ont poii
obtenu l'approbation de son maître.