APPLIQUÉE
A LA PHYSIOGNOMONIÏIE.
Le système de Gall se compose de deux parties bien dis-
tinctes, l’une visible et palpable, l’autre hypothétique et invisible.
La première partie se borne à l’examen du crâne, à la recherche des protubérances; c’est la cränioscopie. Ce genre de recherches et d'observations offre, comme nous l'avons dit, un acheminement aux connaissances physiognomoniques, parce que ces protubérances, lorsqu'elles sont visiblement pro-
noncées et qu’elles no sont pas imaginaires, influent sur la forme de la tête.
Quant à la seconde partie, objet spécial de la phrénologie, lle n’a pas un rapport bien positif avec la science dont nous nous occupons particulièrement. Peu importe au physionomiste que le cerveau soit on ne soit pas l’assemblage d’une quarantaine de petits organes qu’on ne peut pas distinguer Vun de l’autre, il lui suffit de savoir que l’encéphale est le centre, le foyer des sensations, des sentimens, des passions, et que l’action de cet organe, dont aucun humain ne peut expliquer le mécanisme merveilleux, détermine les divers changemens que subit la physionomie de l’homme dans toutes ses parties et d’après la plus petite commotion,
En conséquence nous devons nous borner à faire connaître les différentes modifications que le développement des protubérances créniennes peut occasionner dans la forme de la têle, On concevrait plus facilement ce que nous aurions à dire en jetant les yeux sur les figures, car on reconnaîtrait sou— dain la place occupée par les penchans; s’ils étaient restés en blanc, les sentimens seraient colorés en bleu, les facultés perceptives en jaune, et les facultés réflectives en rouge.
Selon le développement plus ou moins prononcé des di-
verses facultés, les phrénologiens admettent neuf genres d têtes. Voici leurs caractères physiognomoniques.
Premier genre.— Les sentimens ainsi que les facultés i tellectuelles sont faibles, tandis que les penchans sont forte ment manifestés. Les têtes de ce genre peuplent les bagnes ou tombent sur l’échafaud. On peut apprendre à les reco naître en les examinant aux poteaux de l'exposition.
Deuxième genre.— Les sentimens prédominent, les pen chans et les facultés intellectuelles sont peu prononcées. Ce têles annoncent des personnes aussi sentimentales que cré» dules.
Si le haut de la tête forme une grande masse qui domina le cercle qui sépare les sentimens des penchans, ces tête sont encore plus crédules et trop vénérantes, et dans ce ca: la vénération, le merveilleux et l’espérance sont très-sail. lans,
Lorsque l'estime de soi, l'approbation d'autrui, avec beau coup de fermeté, se joignent à cette disposition, si les facul{ tés intellectuelles supérieures sont faibles, les têtes sont celles de visionnaires très-enclins à la folie.
Troisièmegenre. — Les facultés intellectuelles réunies préé dominent sur les penchans et les sentimens. Qu'on ne croit pas un rare mérite à celui qui se trouve ainsi organisé; at contraire, c’est un homme sans énergie, chez lequel le cou4 rage, la combativité, l’érotisme, sont presque nuls. S'ils sona stimulés par le besoin de travailler, d’assurer leur fortune; ils obtiennent des succès par leur intelligence; mais dèe qu'ils sont tranquilles pour l'avenir, ils tombent dans l’inertie qui leur est naturelle, Au contraire, les hommes stimulés pai Pambition, la destruction ou toute autre passion forte, per sévèrent dans leurs projets jusqu’à l’entier épuisement de leurs forces.
Quatrième genre. — Les facultés réceptives dominent sur les réflectives. Voilà les têtes de gens qui observent sans cesse pour le plaisir d'observer, et sans avoir d’autre but qu celui d'observer. Ces têtes se voient en grand nombre dans les sociélés savantes, notamment dans celles qui s'occupent d'histoire naturelle, de mécanique. Lorsque ces hommes à grandes facultés réceptives ont le don de la parole, ils font part à leurs collègues des observations qu’ils ont faites ; mais
ééux-mêmes qui gardent le silence contribuent néanmoins aux progrès des sciences, ils amassent des matériaux que d’autres fécondent.
Cinquième genre. — La mimique, le merveilleux et l’imitalion, facultés dites théâtrales, et parfois l’idéalité qui s’y associe, l’emportent sur les facultés réflectives, et si des or— ganes de réceptions un peu énergiques prennent part à cette réunion, ils forment des têtes d'artistes qui exécutent parfaitement les inventions des autres en musique, en peinture, au théâtre.
La plupart des hommes doués d’un grand talent d’imitation ont une tête de ce cinquième genre.
Sixième genre. — Les facultés théâtrales et les facultés réceptives de l’article précédent, combinées à de beaux sentimens, des penchans assez prononcés el les facultés supérieures de l'intelligence pas trop dominantes; telle est l’organisation des têtes des gens de génie dans différens genres.
Le génie dans les arts résulte, comme on le voit, de la coexistence des facuMés réceptives et théâtrales avec despenchans, des sentimens bien développés, et des facultés intellectuelles supérieures. Mais dans les sciences les facultés théâtrales ne doivent pas prédominer, les autres facultés indiquées suffisent, avec une activité subordonnée des penchans.
Septième genre. — Dans les têtes de ce genre tout est développé médiocrement; assez pour l'intelligence, assez pour les passions et les sentimens, mais en moyennes proportions. Les têtes de ce genre existent en majorité, on en rencontre partout. D’elles-mèêmes, elles ne produisent rien de saillant, mais bien dirigées, elles marchent bien, Elles ont besoin que des têtes supérieures leur enseignent, leur inspirent et leur commandent, alors elles sont capables de tout ce que font les têtes supérieures.
… Huitième genre. — Dans une tête médiocre, parfois même inférieure , un seul organe se trouve fortement développé. Si l’on provoque l’action dela faculté prédominante, l’homme médiocre devient souvent extraordinaire ; ainsi, l’un se distingue par la mémoire des mots, l’autre par la peinture, celui-ci par l'exécution parfaite de la musique, celui-là par le caleul, etc.;
mais hors de leur faculté particulière, chacun d’eux est d’une nullité complète.
Si l'organe prédominant dans une tête médiocre est faculté d'intelligence supérieure, qu’on ne croie pas que là dividu sera doué d’une haute intelligence, il comprendra | raisonnera très-bien, mais seulement lorsqu'on l'y forcer abandonné à lui-même, il ne saura pas employer sa haute r# son, il ne pourra la faire servir à rien d’utile. « Il faut, di » près l'observation de Spurzheim, des instincts, des pa » sions fortes pour mettre les têtes en action. »
Neuvième et dernier genre. — Toutes les facultés so au plus degré de développement; circonstance très-rare, pe fection idéale au physique comme au moral. Où pourra-ttrouver une tête sans défaut? L'une pèche par la précipit tion, l’autre par la lenteur. Chacun a sa faiblesse. Aix l'on peut regarder comme introuvables les têtes du neuvièr degré.
D'après l'exposé que nous venons de faire, on conçoit q: le physionomiste pourra saisir d’un coup-d’œil les facult plus où moins développées chez un individu, et reconnaît en même temps celles qui forment plus spécialement la ba de son caractère,
En rendant compte de chacun des organes sur lesquels « établi le système de Gall, nous avons eu soin d'indiquer ! forme de chaque protubérance et leur effet particulier sur : conformation de la tête; ainsi nous croyons superflu der venir sur cet objet.
Avant d'exposer les principes de la physiognomonie, nou croyons devoir appeler l’attention sur l’âge et les tempéra mens, dont il importe que le physionomiste puisse juger li Îluence sur toutes les parties de la physionomie.
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La nature a partagé la vie de tous les êtres animés en trois vériodes bien distinctes, et par suite tous Îles signes extéieurs, à l’aide desquels on peut reconnaître le caractère de ’homme, présentent trois degrés d'expression très-différens.
49 Cessignes n’ont pas encore acquis toute leur expression. 20 Jls jouissent de toute leur force d'expression. 30 Ils diminuent d’expression et en perdent chaque jour.
Chacun de ces trois degrés se présente successivement ef solément à chacune des trois périodes de la vie; il est done ndispensable que le physionomiste connaisse leurs époques t la durée de chacune, afin de pouvoir apprécier le plus ou moins de confiance qu’il doit accorder à ces signes extérieurs qui servent de base à ses observations. En conséquence nous illons jeter un coup-d’œil rapide sur les divisions de la vie.
Depuis deux mille ans et plus tous les physiologistes qui se sont occupés de la durée de la vie de l’homme, n’ont fait que se repéter en laissant toujours subsister la même inceritude sur cette durée. Moïse qui, dit-on, a vécu cent vingt ans, avait observé que la durée totale de la vie de l’homme btait de soixante-dix à quatre-vingts ans. Hippocrate et ses successeurs ont propagé l’opinion de Moïse. M. Richerand admet les termes de soixante à nn M. Virey s'arrête à soixante-quinze.
Graunt, Arthur, Youny, Montesquieu, Buffon, et plusieurs autres philosophes se sont livrés à des recherches sur la probabilité de la vie humaine, mais la distinction qu’ils ont faite de ces diverses phases n’ont pas la précision nécessaire pour coïncider avec les phénomènes de la vie. Le système de M. Lhéritier de l'Ain, professeur de philosophie à l’a— thenée royal, est bien plus conforme aux lois de la nature et aux divisions que la marche constante des phénomènes a établies dans la vie de l’homme.
Adoptant des divisions très-arbitraires, beaucoup de mé-