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» €t qu’il se plaisait particulièrement à voir faire de tours d’escamotase, ou autres merveilles de ce genre, rie 6*s d 5 ,
nt, les actes des apôtres en Cantiques sacrés; nous ne dirons
Mons, ni de plusieurs autres ou=vrages religieux, nous ne voulons nous attacher dans ce:
chapitre qu'à ceux qui sont relatifs à la physiognomonie. Jusqu'à l’âge de vingi-cinq ans, Lavater ne s'était point OCcupé de cette science, quoique à l'aspect de certains visages
DE LA PHŸSIOGKOMONIÉ. 455
ilasait éprouvé des mouvemens de répulsion, ou de sym— pathie, et qu'il avait intérieurement prononcé son jugement sur le caractère de ces individus, mais sans commuuiquer ses remarques à personne. Pendant plusieurs années il garda même un silence absolu sur les nombreuses observations qu’il avait faites, comme sur l’analogie physiognomonique de différens profils dont il avait dessiné les contours avec le plus grand soin, et qui tous lui avaient fait découvrir une ressemblance morale entre les personnes, au moins dans certaines arties de leur caractère.
Un jour de fête publique à Brug, Lavater se trouvant chez Zimmermann, prononce à haute voix, sans le vouloir, Popi= nion qu’il se forme du caractère d’un inconnu qu’il aperçoit arrêté sous les fenêtres de l'appartement de son ami. Zimmer- ++ qai connaît bien l’homme dont il s’agit, étonné d’une décision si prompte et si exacte, demande sur quoi elle est fondée .… Sur la tournure da cou de cet homme, répond bavater. C’est à dater de ce jour que, d’après les conseils de Zimmermann, il se livra avec plus d’ardeur que jamais à des recherches physiognomoniques, dont il ne fit plus mystère, … Les premiers résultats de ses observations furent publiés dans une dissertation que Zimmermann fitimprimer, laquelle füt bientôt suivie du grand ouvrage que Lavater mit au jour Sous le titre modeste de # ragmens de Physiognomonie, et il lui dt une célébrité bien méritée, car il a contribué à l’agrandissement des connaissances humaines. « On n'avait encore rien écrit sur cette matiere de plus ingénieux, dit le doc- » teur Moreau; c’est au moins l'aperçu d’un système fort spirituel, c’est le résultat d’une immensité d’observations D très-curieuses, très-nouvelles, et souvent d’une vérité frap- » pante. »
Les prédécesseurs de Lavater, tels que Porta, de la Chambre, Pérnetti, Claramontius, n’ont point écrit comme lui sur la Physiognomonie proprement dite, mais sur la physionomie Mouvement, sur la pathognomonique, c'est-à-dire l’expres- Sion et le caractère des passions.
Lavater n’a point comme Gall inventé un système nouveau, MAIS apercevant épars, de divers côtés, des lambeaux d'idées physiognomoniques, il les à soigneusement recueillis, puis élaguant tout ce qué des pratiques superstitieuses y avaient allié d'absurde, il les a ordonnés entre eux d’une manière lu-
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mineuse. Tel fui le résultat de ses propres recherches et d! ses nombreuses observations. |
Malgré l'excellence de sa méthode et sa longue expérience Lavater s’est trompé quelquefois dans ses jugemens, et i l'avoue avec franchise, quel est l’homme qui ne soit pas sw jet à quelques erreurs, surtout quand il agit sous l’influenc d’une forte prévention. Depuis long-temps le physionomist attendait avec grande impatience le portrait d’un homme cé lèbre d’'Herder : il reçoit une lettre ambiguë de son ami Zi mermann , il croit avoir sous les yeux le profil de l’hom célèbre, et il en porte un jugement très-favorable; alors Pam Zimmermann déclare [ui avoir envoyé la silhouette d’un as sassin qui vient d’être exécuté à Hanovre. De semblables erz reurs sontlerésultat de mystifications quine prouvent rien con tre la science, car Zimmermann n’avait peut-être envoyé qu’u profil de fantaisie qui ne ressemblait ni à l'assassin, ni à Her der: et s’il eût écrit : je vous envoie le profil d’un homme qu je vous ferai connaître après votre jugement, il est probabh que Lavater ne se fût point trompé. Au surplus, s’il a pa hasard commis quelques erreurs, il a bien souvent proux son étonnante sagacilé.
Vers le commencement de la révolution française, le comb de ***, nouvellement marié, conduit à Zurich et présente : Lavater, dont il réclame l'opinion, sa jeune épouse qui réun: les grâces à la beauté et passe pour une des plus bella femmes de Paris. Un extérieur aussi séduisant ne peut êtm que l'indice du plus aimable caractère; néanmoins, avec au tant d’adresse que de galanterie, le physionomiste refuse d s'expliquer.
Le comte, dont la curiosité est stimulée par la réserve d Lavalter, revient seul et le sollicite avec tant d'instance, qu consent à lui donner son opinion par écrit dans l’espoir qc ses révélations pourront l’engager à prendre toutes les pré cautions nécessaires afin d’empêcher le développement dé dispositions les plus fàächeuses.
L'écrit que Lavater fait remeltre au comie de **” est bie opposé à ce qu’il espérait : le physionomiste déclare que malgré tous ses charmes, la figure de la comtesse annon@ les plus dangereux penchans, auxquels ilest urgent d'of poser sans relard les efforts de la vertu et toute la puissant de l'éducation. Le comte, aussi surpris qu'irrité d’un sem
blable jugement, auquel il ne croit pas, revient à Paris, per suadé que cet homme qui lui avait inspiré tant de confiance et de vénération, n’était qu’un imposteur, ou bien un dangereux visionnaire. Mais les évènemens ne tardent pas à le convaincre que le prétendu visionnaire était un véritable prophète. Pendant son séjour à Paris, où le plus grand scandale ne Cause pas la moïndre émotion et ne scandalise tout au
us que très-peu de gens, le comte avait ignoré la conduite 04 charmante épouse ; émigré avec elle, il en est bientôt jastruit : elle s’abandonne sans gradation à tous les vices; non contente de trahir son mari, elle trompe ses amans, de vient joueuse, intrigante, et finit par perdre ses charmes dans tous les excès d’une honteuse prostitution.
Un autre fait prouve, d’une manière encore plus authentique, l'exactitude des signes extérieurs qui dirigent le juge- - ent du physionomiste,
L'abbé Frickt de Strasbourg, jeune homme de la plus grande beauté, d’une physionomie aussi touchante que gracieuse, vient à Zurich voir des amis intimes de son père, et loge chez eux; la beauté de cet abbé charme tout le monde, mais Lavater ne partage point l’admiration générale : « Ce » jeune homme, dit-il, renferme en son sein une passion .» cruelle et dont le dénouement sera tragique. » Chacun récrimine contre un jugement aussi sévère; mais peu de temps après le charmant abbé assassine un conducteur de Noïture pour lui voler quelques louis; ce jeune abbé avoue dans son interrogatoire que, dominé par un penchant im- Périeux au meurtre, il y a déjà cédé plusieurs fois, et que, sans la crainte d’être découvert, il aurait assassiné les amis de son père qui l’ont accueilli chez eux.
Lavater a prouvé par sa pénétration combien la physiognomonie est utile, nécessaire, et pour ainsi dire indispensable aux médecins.
Une dame étrangère présente sa fille à Lavater en le priant de lui dire quelle opinion lui inspire sa physionomie. Lavater hésite, la mère insiste, il cède enfin, mais sous la condition expresse qu’il remettra un billet eacheté dont l’ouvérlure n'aura pas lieu avant six mois.
Getle dame souscrit à cette concition et part. Trois ou quatre mois après son retour elle perd sa fille; mais, fidèle
à sa promesse, elle attend l’époque de six mois pour ouyr le billet, elle y trouve ces mots :
« Je pleure et je prie avec vous; .quand vous ouvrini » celte lettre, vous serez déjà la plus malheureuse dk » méres, ».
M. Gessner rapporte un exemple très-remarquable de sûreté et de la promptitude du jugement de Lavater… U voyageur suédois, d’une belle figure et d’une tournure trèk imposante, se fait présenter chez Lavater qui le reçoit avt son aménilé habituelle; cependant, dès le premier instam l'aspect de ce seigneur suédois Jui a inspiré la plus fors Prévention contre lui; mais sa conversation intéressant ses manières distinguées, lui font oublier cette première im pression.
Lorsque cet étranger s’est retiré, Lavater instruit sa fa: mille de l'effet singulier que sa belle figure a produit su Jui, il se reproche l’opinion défavorable qu'il a conçue 44 premier abord.
Le lendemain il rencontre dans la société le voyageur su dois qui produit sur lui une impression encore plus fort que la veille. Revenu dans sa maison, il en avertit sa fa mille qui s’étonne qu’une si belle figure puisse produin: une semblable prévention.
Quelques jours après, mandé par le bourgmestre pou donner des renseignemens sur le voyageur, Lavater af] prend que ce seigneur est un des assassins de Gustave If auquel on ne veut pas permettre de séjourner dans le cana ton de Zurich.
De ces faits et de beaucoup d’autres da même genre qu’ serait facile de citer, on ne doit pas conclure que la phy Siognomonie soit aujourd’hui une science infaillible; il eg vrai qu'elle présente en général de très-grandes probabilitée: mais elle à encore besoin de rouvelles recherches, € qu'une assez longue suite d'observations bien dirigées lui donnent le degré de certitude nécessaire, et qu’elle ob+ tiendra lorsque des hommes éclairés s’occuperont de tour les perfectionnemens qu’elle attend. |
Lavater à dit :.« Les forces d’un seul homme sont trop » bornées et sa vie trop courte pour une entreprise aussk » vaste que la mienne; je laisse à ceux qui viendront après » moi le soin de perfectionner mon ouvrage.