‹ Nouveau manuel du physionomiste et du phrénologiste, ou les caractères dévoilés par les signes extérieursChapitre 66 sur 133 · UV ERA AA AR AA VUVU AA SA A AA AAA · texte numérisé non relu

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Chaque homme, nous l'avons déjà dit, a le sentimer inné de la physiognomonie; mais cette disposition ne sul fit pas pour en faire un bon physionomiste; il est essenti qu'il possède une organisation régulière, et jouisse d’ur bonne santé, afin que ses facultés intellectuelles aient tou leur énergie,

Le physionomiste doit en outre être doué d’une grand finesse de la vue, et de cette sensibilité morale qui, daÿ tous les genres, est une sorte d’instinct de l’âme. Ajout« à ces heureuses dispositions l'habitude d'examiner attent vement et de se rendre compte de ce que l’on voit. C’er en voyant et en observant sans cesse qu'on parvient bien observer et à voir avec sagacité.

Etude de la Physionomie.

On peut appliquer à la physiognomonie ce que Buffon! dit de l’histoire naturelle. En se familiarisant avec les dif vers indices des caractères, en les voyant souvent, et po ainsi dire sans dessein, ils forment peu à peu des impress sions durables qui bientôt se lient dans notre esprit pa des rapports fixes, invariables ; et de là on s’élève à des vre plus générales, par lesquelles on neut embrasser à Ia foii plusieurs objets différens: et c’est alors que l’on est ei état d'étudier avec ordre, de réfléchir avec fruit, et de se frayer des routes pour arriver à des découvertes utiles.

L'étude de la physionomie, dit Lavater, consiste à exert cer le tact et le jugement, à mettre dans un vrai jour les observations qu’on a faites; à noter chaque aperçu, à le caraclériser et à le représenter,

Elle consiste à chercher, à fixer et à classer les signes ex4 térieurs des facultés intérieures; à découvrir les causes de certains effets par les traits et les mouvemens de la phy-

sionomie; à bien connaître et à savoir distinguer les carac— tères de l'esprit et du cœur, qui conviennent ou qui répu— gpent à iclle forme ou à tels traits du visage. Elle consiste à trouver des signes généraux apparens, et communicables pour les facultés de l'esprit, ou pour les fa- S internes en général, pour faire de ces signes une appli calion facile et sûre.

. On sent que celui qui veut se livrer à ce genre d’études, doit avoir reçu de la nature du tact, du jugement, ainsi que l'aptitude et la persévérance nécessaires pour bien observer. Il est également indispensable qu’il sache assez desque Pour relracer avec exactitude les signes physiognomonignes, indices des caractères.

… L'homme doué de ces qualités doit, pour devenir phy= Sionomiste, commencer par étudier séparément chaque pare du corps humain, les liaisons, les rapports et les pro— ortions qui existent entre elles. Il est bon de consulter à et égard Albert Durer, ou l’encyclopédie; mais il importe de mesurer soi-même, et de s'assurer de la parfaite simitude Qu dessin qui en retrace les diverses parties. En mesurant le rapport des parties du corps, il est bien éssenliel de distinguer « les proportions des lignes droites >» d'avec les proportions des lignes courbes. Si les rapports » des parties du visage et des membres du corps répon- » dent à des lignes droites ou perpendiculaires, on peut » en attendre, dans un degré éminent, un beau visage, » un Corps bien fait, un esprit judicieux, un caractère », noble, ferme et énergique. » F

Après avoir soigneusement étudié Îles diverses parties du Corps, séparément et dans leur ensemble, après en ayoir ac- Quis une connaissance assez approfondie pour apercevoir et s'expliquer, dans un dessin, le trop ou le trop peu, les écarts et les transpositions, on passe à l'étude des caractères particuliers.

On commence par des visages bien remarquables, par des individus dont le caractère aussi prononcé que bien Connu ne précente rien d’équivoque. Par exemple, on choisil un penseur irès- profond, ou un imbécile, un homme délicat, sensible, facile à émouvoir, ou bien un homme gros- Sier, dur et insensible.

On étudie, on examine, on scrute ces individus de la

tête aux pieds; on se rend compte de l’ensemble généË puis de chaque partie en particulier, et la plume à Main On les décrit comme si on voulait dicter leurs porte à un peintre. |

Lorsqu'on a fait très-minutieusement cette descript écrite, on dessine le portrait en l’absence de l'original; | suite la forme du visage est le premier objet qui € fixer l'attention ; il est essentiel de considérer si elle ronde, ovale, carrée ou triangulaire.

La forme du visage trouvée, on cherche celle du p fil et on établit Ja longueur perpendiculaire des trois di sions ordinaires du front, du nez, du menton; en tir les lignes indiquées figures 9, 10 et 14, planche 2me, & de constater les formes perpendiculaires, celles qui ava cent par le haut, et celles qui rentrent par le haut, ai que nous lexpliquerons en parlant des silhouettes.

Quand ces points importans sont bien fixés, on exam: séparément le front, les sourcils, l’entre-deux des yet le passage du front au nez. On s'assure si l’angle carac: ristique, formé par le bout du nez avec la lèvre supérieus est reclangle, obtus ou aigu. Puis on observe si la bouc! les lèvres et le menton vus de profil, sont perpendiculaire saillans ou rentrans,

La bouche vue de profil n’admet que trois formes pri cipales :

19 La lèvre supérieure déborde l'inférieure; 2° Les deux lèvres sont placées en ligue perpendiculair 50 C’est la lèvre inférieure qui avance.

Le menton offre les mêmes variétés, il est perpendiculair saillant ou rentrant.

IL importe aussi de constater la courbure de l'os de la my choire, car cette courbure seule est souvent un indice q! préseute une très-grande signification.

Enfin on mesure la distance de l'œil à partir de la racin du nez, on examine sa Srandeur, sa couleur et le contour dt deux paupières. C'est ainsi qu’en très-peu de temps on par vient à étudier un visage, et lorsqu'on en a bien contrace l'habitude , un coup-d’œil suffit presque toujours pour re Connaître rapidement tous les signes physiognomoniques. Dès qu'on a étudié de cette manière un visage caractéris

tique, il faut s'attacher à en trouver un pareil ; et pour y par- Yenir plus promptement, on cherche uniquement un mème front ; s’il est bien parfaitement semblable, on peut compter Sur la ressemblance des autres iralls, el si cette ressem— blance est bien marquée, on ne tarde pas à découvrir le Signe physiogaomonique de la conformité d’esprit des deux individus,

Pour en être encore plus certain, on épie le moment où ce caractère prédominant est mis en activité; alors on observe Ja ligne qui nait du mouvemént des muscles, on la compare dans les deux visages , et si ces lignes sont encore pareilles, la

conformité d'esprit est positive.

Il importe de commencer par étudier les caractères ex trêmes et leurs opposés ; ainsi on passe tour-à-tour des traits

“d’une bonté excessive à ceux d’une noire méchanceté, d’un homme apathique, que rien ne peut émouvoir, à un homme

très—irritable et que la plus légère circonstance transporle de colère. Pour rencontrer ces extrêmes, il faut visiter

“les maisons de fous, choisir les individus complètement

aliénés et les soumettre à l'examen, à l'analyse que nous

venons d'indiquer; ensuite on se transporte dans uné nom-

ta

breuse société de gens bien sensés , et si l’on manque de temps Pour faire un examen bien détaillé des figures, on s’attache particulièrement à la fente de la bouche et à la ligne que la paupière supérieure décrit sur la prunelle. Après de nom-

» breuses études on reconnait qu’en général ces lignes suffsent pour donner l'explication de tout le visage; mais ces

linéamens sont si mobiles ei leurs inflexions si délicates, qu'il faut une pratique très-exercée pour les bien saisir, M£gré £e que nous disons de leur importance, ils ne sont pas les seuls

. qu'on doit étudier, décrire, dessiner, détacher et comparer; il ?

M est aucune partie du visage qu’il soit permis de négliger, si "on veut être réellement physionomiste, Celui qui a le désir d’y parvenir doit faire une étude particulière des silhouettes, c’est le meilleur moyen d’exercer et de perfectionner son tact ; qu'il en fasse une très-grande quantité, qu’il s'applique surtout à rendre les contours d’un profil avec netteté et précision.

Le but du physionomiste , dit Nicolaï, n’est pas seulement de deviner le caractère de l'individu ; il tend plutôt à acqué- TIT une Connaissance générale des caractères.

Si l’on dessinait d’année en année le portrait d’une mé personne bien connue, on serait à même de faire des co Paraisons auxquelles Ja physiognomonie gagnerait beaucok

Le physionomiste, dans $es recherches , doit se demans avant toute chose : jusqu’à quel degré l’homme qu’il étudie» susceptible de l'impression des sens? sons quel point de * il envisage le monde ? quelles sont les facultés dont il est dos et quel usage il peut en faire?

Selon Térence, ily a six moyens d'arriver à la conna sance de l’homme; c’est d'étudier,

19 Les traits de son visage:

20 Son langage;

39 Ses actions;

4° Ses inventions ;

59 Ses vues;

69 Ses liaisons,

Des Silhouettes.

La silhouette du Corps humain, ou seulement du visage est de tous les portraits le plus faible et le moins achevé; ma: d’un autre côté, il en est le plus vrai et leplus fidèle, lorsqu Ja lumière a été placée à une juste distance, lorsque l’omby s’est peinte sur une surface bien unie, et que le visage s’ee trouvé dans une position parfaitement parallèle à cette surface

Afin qu’on puisse obtenir des silhouettes bien exactes, nou offrons, planche 2, figure 2%, le dessin de l'appareil don se servait Lavater.

Chacun va s’écrier : mais que peut-on voir dans une sil! houette? Pour sentir et apprécier son utilité, pliez en deux une feuille de papier et découpez un double portrait de fans taisie; séparez et prenez un de ces portraits, puis avec de ciseaux retouchez très-légèrement , soit le front, soit le nes où le menton ; comparez ensuite les deux portraits , vous ver! rez qu'ils ont l’un et l’autre une expression différente, un autre caractère de physionomie.

Cette différence vous frappera davantage si, dans votre prez mière coupe, vous avez fait La silhouette bien ressemblanté

d’une personne de votre connaissance, car vous ne pourrez plus la reconnaître dans la silhouette que vous aurez retouchée. Alors yous serez convaincu de tous les avantages que présente la silhouette pour l'étude de la physionomie, et vous sentirez l'indispensable nécessité de découper ou de dessiner, avec la plus grande exactitude , les plus légers contours du profil,

Examinons maintenant quels sont les caractères que la silhouette reproduit avec le plus de vérité.

Les silhouettes les plus marquantes sont celles qui représentent un homme fort doux, ou fort colère, très-faible ou trés-opiniâtre, un esprit très-profond ou un esprit super— ficiel.

La fierté et l'humilité s’impriment dans la silhouette mieux que la vanité.

On y retrouve, presque à s’ÿ méprendre, la bonté du cœur, . Vénergie de l’âme , la mollesse, la sensualité et surtout l'in génuiié.

La supériorité de génie s’y peint mieux que la grande stuidité, la profondeur du jugement mieux que sa clarté.

… Le génie créateur, plus que la richesse des idées, surtout dans le contour du front et des orbites de l’œil.

On distingue, dans chaque silhouette, neuf sections hotizontales qui doivent être les points de recherches du physionomiste.

19 L’arc da sommet de la tête jusqu’à la racine des cho— + veux;

29 Le contour du front jusqu’au sourcil ;

89 L’intervalle entre le sourcil et la racine du nez ;

40 Le nez jusqu’au commencement de la lèvre ;

. b9 La lèvre supérieure ;

69 Les deux lèvres proprement dites ;

19 Le haut du menton:

8° Le bas du menton;

99 Le cou, puis le derrière de la tête et la nuque.

L'ensemble d’une silhouette doit être jugé principalement d’après la longueur ou la largeur du visage.

Un profil bien juste et bien pruportionné doit être égal en largeur et en hauteur, Une ligne horizontale tirée depuis

la pointe du nez jusqu’au derrière de la tête, en position | droite, ne doit pas excéder en longueur la ligne perpendi laire qui s’étend depuis le sommet jusqu’à l’endroit où see la jonction du menton et du cou. |

Si la longueur de la tête excède sa largeur et que les « tours soient en même temps durs et angulaires, on s'attendre à beaucoup d’opiniâtreté. Si, dans la même dispi portion, le contour est à la fois läche et allongé , il sera 1 dice d’une extrême faiblesse. “

La tête a-t-elle au contraire plus de largeur que de | gueur, alors un contour dur, raide, angulaire et tendu, , nonce une inflexibilité redoutable qui, presque toujours, accompagnée de la plus noire méchanceté. Un contour 1à et mou est, dans le même cas, la marque infaillible de la « sualité, de la faiblesse , de l’indolence et de la volupté.

Dans la silhouette, le nez indique particulièrement le gk et le sentiment; les lèvres, la douceur ou l’'emportement, mour ou la haine.

Le menton désigne l'espèce et le degré de la sensuall Le cou , la nuque et l'attitude de la tête en général indiqu la lâcheté, la raideur, la droiture du caractère.

Dans le sommet de la tête on reconnaît moins la force la richesse de l'esprit; dans l’occiput on distingue le: ractère mobile, irritable, celui qui a de l'énergie et : ressort.

L'étude des plâtres, des médailles, est d'autant plus fai rable qu’on peut les examiner longuement, plusieurs foie: sous toutes les faces.

Les personnes endormies et celles mêmes qui ont cessé vivre offrent un vaste champ aux observateurs, En un nm Je physionomiste ne doit négliger aucun moyen , aucune | casion d'analyser des visages de tous les genres, dans tov les situations, et de se rendre compte des indices physiogs moniques dont ils découvrent des traces plus ou moins mx quées, et de l'exactitude des rapports qu'ils présentent er eux. ï |

Nous devons faire observer que si l’on examine une F! sonne endormie , il faut s’assurer que son sommeil n’est troublé par un rêve, car alors sa figure , au lieu d’être catgl se trouve en mouvement, et il est facile de se tromper su caractère des indices qu’elle présente.

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