e général de IPiinodau
Un prêtre français qui a eu le bonheur de voir le général à Tolentino, écrivait :
«Je vis le noble général assis près d'une table d'auberge. Des cartes étaient sous ses yeux; il semblait n'avoir aucun doute sur l'issue delà lutte et me parla avec beaucoup de calme. Vous le dirais je? son regard me parut, dans la demi-obscurité de la chambre, avoir une clarté extraordinaire. Il me serra la main en me disant : c< Nous nous reverrons encore à « Lorette. » Sur la porte, je me retournai pour le voir ; et je sortis le cœur serré. »
Le prêtre et le soldat se revirent en effet à Lorette, la veille môme de la bataille. Le général de Pimodan, confondu dan« u fpUie des officiers et des soldats
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pontificaux, se confessa humblement, reçut l'absolution et se prépara au combat, suivant la grande méthode catholique des Coudé, des Turenne et des croisés ses ancêtres. Si quelqu'un, passant par là, eût demandé ce que c'était que cette foule en uniforme qui se pressait aux portes d'une église, en eût pu lui répondre : « C'est une armée qui se confesse avant de se faire égorger pour la foi ! »
Le lendemain, àquaîre heures du matin, à genoux dans le sanctuaire de Lorette, à côté du général de Lnmoricière, à l'ombre de ces murs sacrés qui abritèrent jadis la mère de Dieu et Dieu lui-même fait homme, le général de Pimodan reçut le corps divin du Seigneur, gage de paix pour les vivants, gage de salut pour les morts. Le front prosterné sur le pavé du temple, il pria, il médita longtemps; il donna une pensée, une longue et dernière pensée à sa femme et à ses enfants, et sans doute il offrit de nouveau à Dieu le sacrifice de sa vie pour le triomphe de son Église. Quand il se releva, le sacrifice était fait et accepté de Dieu, le héros, le martyr était achevé; il ne lui manquait plus que la palme et la couronne : le champ de bataille allait les lui donner. {Martyrs de Castelfidardo.)
5~. — ILes «Teriucrs moments d'un marljr '.îe Castelfidardo.
te général de Lamoricière avait envoyé sur la roulo
LORETTE. l£d
d'Osîmo, pour s'assurer si un pont établi était ou non coupé.
Dans cette reconnaissance fut blessé le jeune Mizaël de Pas, il fut atteint par la mitraille et tomba entre les bras de ses camarades.
On le releva tout couvert de sang, et, sur son désir, on le transporta d'abord chez les Pères Jésuites de Lorette, qui le reçurent avec une grande charilé, lui donnèrent une chambre et lui prodiguèrent les premiers soins.
Je ne sais par quelle circonstance providentielle il fut déposé pendant quelques heures dans l'église même de Notre-Dame de Lorette. Ce fut peut être sur sa propre demande, car il avait eu dès son enfance la dévotion la plus tendre à Notre-Dame de Lorette, et l'on assure même qu'en face de la maison de son père, s'élevait une chapelle dédiée sous ce vocable à la sainte Mère de Dieu.
Avec quelle joie, sur sa couche ensanglantée, ce pieux jeune homme dut-il savourer les prémices de son martyre dans ce sanctuaire incomparable après lequel il avait si ardemment soupiré î De quels yeux pleins d'amour dut-il contempler cette humble demeure où s'étaient accomplis les plus grands myslèresde notre religion, où la Vierge Marie avait conçu Jésus Christ, son Créateur et son Dieu, où avaient commencé les ineffables anéantissements df l'Incarnation I C'est là que Dieu fait homme avait grandi
sous les regards de sa mère et du bon saint Joseph, obscur, inconnu ; c'est ce toit sacré qui avait abrité, pendant de longues années, le ciel vivant sur la terre et honoré de la terre.
Mizsaêl, croyant à une amputation, jugée d'abord nécessaire, s'était confessé et avait communié; mais l'opération, jugée inutile ou impossible, n'eut pas lieu.
Il vécut encore six jours dans les souffrances et dans la paix, et sa patience ne se démentit pas un instant.
Sa dépouille mortelle, rapportée en France, reçut à Lille et dans sa terre natale des hommages exceptionnels.
Quant au cœur du héros chrétien, à ce cœur si brûlant de l'amour de Dieu et de l'Église, il fut déposé, pour accomplir le vœu du défunt, dans l'église de Lorette, en face de la sainte Maison, à la place où Mizaël avait reposé quelques heures en se rendant à l'hôpital. {Martyrs de Caste! fidardo).