‹ Nouveau mois de MarieChapitre 60 sur 121 · L ARMÉE FRANÇAISE ET LA MÉDAILLE · texte numérisé non relu

L ARMÉE FRANÇAISE ET LA MÉDAILLE

Marie n'a pas été trompée, comme on va le voir. « Agréez, etc.

«Au camp d'Inkermann, le 8 septembre 1855.

« Mes chers parents,

« Au moment où je vous écris ces deux mots, on a bat le rappel.

« Le grand jour est venu ; nous montons à l'assaut « dans deux heures. Que Dieu me garde en bonne « sanlé ; je prie la sainte Vierge Marie de me préa server. Je dis comme le bon saint Drouot : celui « que Dieu garde est bien gardé.

«Adieu, adieu, mes chers parents ; pensez à moi.

« Tout à vous,

« Votre fils, C... »

«Ne m'oubliez pas auprès de mes nombreux amis; « n'oubliez pas mon parrain et ma marraine.

« Sébastopol, le 9 sept ombre 1855.»

l<î>3. — Plus fie respect liuraain dans l'armée française.

Cinq officiers d'artillerie déjeunaient joyeusement devant Sébastopol, dans le courant du mois de septembre 1835.

Ils parlaient de la France, de la gloire, de tous ces souvenirs, de toutes ces espérances qui font de la îeunesse l'âge du bonheur.

202 SEIZIÈME JOUK.

On apporte une lettre pour l'un d'eux ; il l'ouvre avec émotion, et de l'enveloppe s'échappe une petite médaille de la sainte Vierge. Le jeune officier la saisit et la baise avec un profond respect. « Elle vient de ma mère, elle sera ma sauvegarde, » s'écrie-t-il en jetant un coup d'œil assuré autour de lui comme pour arrêter d'avance toute plaisanterie déplacée ; mais ses camarades ne songeaient point à le railler. Par un mouvement spontané, ils ouvrent leur tunique, et chacun d'eux montre la môme image bénite sur sa poitrine. « Nous aussi nous avons la nôtre, » disent-ils et d'une seule voix. Heureuse jeunesse que celle qui se présente à la victoire ou à la mort sous la protection de Marie !

104L. — I^e maréchal de Saint-Arnaud.

«Voici, écrivait le P. Parabère, voici ce qui s'est passé au moment du départ du maréchal. Je l'ai accompagné jusque sur le bateau à Balaclava. Vingt minutes avant le départ, je suis resté seul avec lui et j'ai pu lui donner une dernière absolution, qu'il a reçue après m'avoir parfaitement reconnu et m'en avoir donné des signes certains. J'ai pu lui adresser quelques bonnes paroles avant de descendre à terre, et le bateau a pris la mer vers midi. A 4 heu ^s, le maréchal rendait l'âme en pleine mer Noire. A la dernière messe où il avait assisté et que je célébrais devant tout l'état-major, je fus surpris de le voir avant

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