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SCENE IX.— Le Chœur

Une des Filles du Chœur.

Quel astre à nos yeux vient de luire ? Quel sera quelque jour cet enfant merveilleux î

Il brave le faste orgueilleux,

Et ne se laisse point séduire

A tous ses attraits périlleux.

Une Autre,

Pendant que du Dieu d' Athalie

Chacun court encenser l'autel,

Un enfant courageux publie

Que Dieu lui seul est éternel,

Et parle comme un autre Elie,

Devant cette autre JézabeL

Une Autre.

Qui nous révélera ta naissance secrète, Cher enfant ? Est-tu fils de quelque saint prophète ?

Une Autre, Ainsi Ton vit l'aimable Samuel Croître à l'ombre du tabernacle.

Il devint des Hébreux l'espérance et l'oracle. Puisses-tu, comme lui, consoler Israël ! «

Une Autre chante. m

O bienheureux mille fois I

L'enfant que le Seigneur aime, -

Qui de bonne heure entend sa voix,

Et que ce Dieu daigne instruire lui-même !

Loin du monde élevé, de tous les dons des Cieux

Il est orné dès sa naissance ;

Et du méchant l'abord contagieux

N'altère point son innocence.

Tout le Chœur.

Heureuse, heureuse l'enfance

Que le Seigneur instruit et prend sous sa défense !

La Même Voix seule.

Tel en un secret vallon.

Sur le bord d'une onde pure, Croît, à l'abri de l'Aquilon, Un jeune Lys, l'amour de la nature.

Loin du monde élevé, de tous les dons des Cieux Il est orné dès sa naissance.

Et du méchant l'abord contagieux N'altère point son innocence.

Tout le Chœur.

Heureux, heureux mille fois L'enfant que le Seigneur rend docile à ses loix !

Une Voix seule.

Mon Dieu, qu'une vertu naissante Parmi tans de périls marche à pas incertains ! Qu'une âme qui recherche, et veut être innocente, Trouve d'obstacles à ses desseins !

Que d'ennemis lui font la guerre !

Où se peuvent cacher tes saints ?

Les pécheurs couvrent la terre.

Une Autre.

O palais de David, et sa chère cité, Mont fameux, que Dieu-même a long-tems habité. Comment as-tu du ciel attiré la colère ?

Sion, cher Sion, que dîs-tu quand tu vois Une impie étrangère Assise, hélas ! au trône de tes rois ? Tout le Chœur.

Sion, cher Sion, que dis-tu quand tu vois Une impie étrangère Assise, hélas ! au trône de tes rois ?

La Même Voix continue.

Au lieu des cantiques charmans, Où David t'exprimait ses saints ravissemens, Et bénissait son Dieu, son Seigneur et son Père ; Sion, cher Sion, que dis-tu quand tu vois Louer le Dieu de Fimpie étrangère, Et blasphémer le nom qu'ont adoré tes rois ?

Une Voix seule.

Combien de tems. Seigneur, combien de tems encore Verrons-nous contre toi les méchans s'élever ? Jusques dans ton saint temple ils viennent te braver. Ils traitent d'insensé le peuple qui t'adore. Combien de tems. Seigneur, combien de tems encore Verrons-nous contre toi les méchans s'élever!

Une Autre»

Que vous sert, disent-ils, cette vertu sauvage ! De tant de plaisirs si doux Pourquoi fuyez-vous l'usage ?

Votre Dieu ne fait rien pour vous.

Uiie Autre, Rions, chantons, dît cette troupe impie, De fleurs en fleurs, de plaisirs en plaisirs

Promenons nos désirs ; Sur l'avenir, insensé qui se fie.

De nos ans passagers le nombre est incertain ; Hâtons-nous aujourd'hui de jouir de la vie ! Qui sait si nous serons demain ?

Tout le Chœur.

Qu'ils pleurent, ô mon Dieu! qu'ils frémissent de crainte Ces malheureux, qui de ta cité sainte Ne verront point Téternelle splendeur.

C'est à nous de chanter, nous à qui tu révèles

Tes clartés immortelles, C'est à nous de chanter tes dons et ta grandeur.

Une Voix seule.

De tous ces vains plaisirs où leur âme se plonge, Que leur reste-t-il ? Ce qui reste d'un songe

358 ATIIALIE,

Dont on a reconnu l'erreur.

A leur réveil, (ô réveil plein d'horreur ly I^endant que le pauvre à la table Goûtera de ta paix la douceur ineffable ; Ils boiront dans la coupe affreuse, inépuisable^ Que tu présenteras au jour de ta fureur A toute la race coupable.

Tout le Chœur* O réveil plein d'horreur !

O songe peu durable !

O dangereuse erreur !

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