SCENE X. — Les Précédens, Madame Belmont
Desr. Mais il me semble voir une femme dans Tobscurité.
Mad. Bel. {à Desroches,) Est-ce vous, Delille ?
Desr. On appelle Delille ; serait-ce, par aventure, cette belle voilée ? Ah ! voyons.
Mad. Bel. Pensez-vous encore excuser votre indigne ami ?
Desr. Ciel ! quelle voix !
Mad. Bel. J'ai eu la faiblesse de suivre vos conseils ; de marcher sur vos traces, pourquoi ? pour être témoin de toutes ses inconséquences.
Desr. (à part,) Madame Belmont qui m'a suivi! qui m'aime encore ! Ah, malheureux ! qu'ai-je fait ?
Mad. Bel. Et que me reproche-t-il ? Je vous ai dit comment il avait été trompé par les apparences. Vous savez que ce jeune officier, cet inconnu qui lui a causé tant d'ombrage, était mon frère, arrivé la veille de l'armée.
Desr. Votre frère ! qu'entends-je ?
Mad. Bel. Que vois-je ? Desroches !
Del. (s' avançant.) Lui-même, madame, qui reconnaît ses torts. Le voilà entièrement corrigé. Pardonnez-lui, et partons.
Desr. Mais mon rendez-vous avec Riflard.
Del. Eh-bien, c'est une affaire qu'il faut terminer tout de suite. ( Iljrappe à la porte de Riflard.) Monsieur Riflard, Monsieur Riflard, un mot, s'il vous plaît, de grâce. Il ne peut pas être encore couché.
Mad. Bel. Qu'allez- vous faire ? Je tremble.