SUR LA PERSEVERANCE
Air : Jours heifr eux, teins favorable^ ou Air De la Fontaine de Vaucluse. N° 11% 157, 113.
Jour heureux, sainte allégresse, Jésus règne dans mon cœur !
Pourquoi donc, sombre tristesse, Viens tu troubler mon bonheur?
Hélas ! de mon inconstance J'ai Taffligeant souvenir, Et pour ma persévérance Je redoute l'avenir.
Ah! jeconnois ma foiblesse, Mes penchans impérieux, Et la dangéreuse ivresse Que le monde offre à mes yeux :
Dans sa fureur meurtrière Je vois l'enfer accourir, Ah ! si tout me fait la guerre, Nefaudra-t-il pas périr?
Quoi ! me dit le Dieu suprême.
Tu pourrois fuir mes autels ? Quoi ! tu briserois, toi-même, Ces nœuds chers et solennels ?
Contre toi tout court aux armes.
Tout conspire à t'entraîner ; Cher enfant de tant de larmes.
Veux tu donc m'abandonner ?
Moi, trahir le Dieu que j'aime, Jésus, déchirer ton cœur, T'oublier, beauté suprême.
Outrager mon bienfaiteur !
Ton sang coale dans mes veines.
Et je pourrois te haïr!
Moi ! je reprendrois mes chaînes l Non ; Seigneur, plutôt mourir.
Avec ta grâce, j'espère.
Et je m'élance aux combats ; Vigilance, humble prière.
Vous assurerez mes pas.
Long-tems dans ce cher asile Je veux apprendre à t'aimer :
Dans ton sang, enfant docile, Je viendrai me ranimer.
Loin de moi, monde perfide, Amis, livres corrupteurs, Repect humain déicide, Jeux, spectacles séducteurs.
O lis, ton éclat fragile Périt d'un souffle léger ; O vertu, bien plus débile.
Fuis jusqu'au moindre danger.
Vierge sainte, ô tendre mère, Je me jette entre tes bras :
Là, viens me faire la guerre, Enfer, je ne te crains pas :
A ton nom, douce Marie, Je sens mon cœur s'attendrir ; Qui t'invoque obtient la vie, Qui t'aime ne peut périr.
Amour sacré de nos âmes, Pain, délices de nos cœurs ; Embrase-nous de tes flammes, Nous jurons d'être vainqueurs Jésus ! si, dans mon délire, Je dois te trahir un jour.
Qu'à tes pieds plutôt j'expire Que de perdre ton amour,