‹ Nouveau recueil de cantiques, à l'usage du diocèse de QuébecChapitre 186 sur 191 · POUR LE MERCREDI DES CENDRES · texte numérisé non relu

POUR LE MERCREDI DES CENDRES

Air De Biron, N** J92.

A.RRETE ici, passant, regarde cette tombe : Riches, grands et petits, à la Mort tout succombe.

Regarde bien comme la Mort m'a mis :

Il doit t'en arriver autant je te le dis.

Quand la Mort me surprit, au printems de mon âge, Je me piquois d'esprit, de beaucoup de courage ^

En un moment tout s'est évanoui :

Mes honneurs ne sont plus ; mon nom est dans l'oubli.

En regardant mon nom écrit sur cette pierre, Pénètre plus avant, et fouille jusqu'en terre ;

Apprends de moi, ce que c'est qu'un corps mort, Méditej en me voyant, quel doit être ton sort. A a 4;

•Renverse mon tombeau, tu n'y verras qu^ordure, Que puanteur, que vers, qu'horreur, que pourriture.

Tel tu seras ; je vivois comme toi :

L'arrêt est prononcé, tu mourras comme moi.

La chair se change en vers, et les vers en poussière : C'est ainsi que nos corps rentrent dans leur matière ;

En peu de jours l'homme entier se dissout. Et devient un limon dont le tems vient à bout.

En pensant à mon sort, pense encore à toi-même. C'est un arrêt porté par le .Juge suprême : Tu me suivras ; c'est une vérité - Qu'aussi pour toi dans peu, viendra l'éternité.

Air Novxeau. 193.

Que je te plains, pécheur, en ton heure dernière î Tous les maux à la fois sont rassemblés sur toi : Le noir enfer, séjour rempli d'effroi, T'attend au bout de ta carrière.

Où sonttantde beauxjours que tu donnois au crime ? Il ne t'en reste, hélas ! qu'un triste souvenir ; Et sous tes yeux, d'un affreux avenir, Tu vois ouvrir le noir abîme.

Que eert en ce moment l'amas de tes richesses ? Pour toi leur vain secours n'est plus rien aujourd'hui ; N'espère point par un si foible appui Dompter les flammes vengeresses.

Gù sont ces faux plaisirs, cette ombre de délices, Ecueil pernicieux de ton coupable cœur ? Infortuné, leur perfide douceur

Se change en d'éternels supplices î

Ce corps aimé, flatté, nourri dans la mollesse. Va n'être plus bientôt qu'un spectacle d'horreur ; Ton âme, hélas ! en fit, pour son malheur, L'indigne objet de sa tendresse.

Le faste des grandeurs pour toi va disparoître, Ce n'est qu'une vapeur qui fuit devant tes yeux : Dieu, tôt ou tard, abat l'audacieux,

Tout tombe aux pieds d'un si grand maître.

Tu perdis mille fois ton Dieu, ton bien suprême, Pour ces objets trompeurs dont tu fus enchanté ; Funeste fruit de ton iniquité,

Tu t'es enfin perdu toi-même î

Page 1