BONTE* DE J. C. ENVERS LES HOMMES ET LEUR INGRATITUDE
Air : Au sang qu'un Dieu m répandre. N** 40.
J ESUS est la bonté même Il a mille doux appas, Cependant aucun ne l'aime, On n'y pense presque pas ; Tandis que la créature Nous embrase de ses feux, Pour Dieu seul notre ame est dure, Ah ! pleurez, pleurez mes yeux.
Dieu se rend un Dieu sensible Afin de mieux nous charmer :
Mais en se rendant visible, A-t-il pu se faire aimer ?
Lorsqu'un tendre amour le presse De prévenir tous nos vœuX;, Quel retour ? nulle tendresse ; Ah ! pleurez, pleurez mes yeux.
D'un enfant il prend les charmes.
Pour attendrir les humains, Pour cela de douces larmes Coulent de ses yeux divins ; Notre ame est-elle attendrie Far tous ses cris douloureux ?
Elle est toujours endurcie ; Ah I pleurez, pleurez mes yeux.
De îa Divine J ustice Jésus porte tout le poids^ Il nous sauve du supplice En moumut sur une croix :
Et pour tant de bienveillance Avons-nous, ô malheureux !
La moindre reconnoissance ?
Ah ! pleurez, pleurez mes yeux,
Jésus dans l'Eucharistie, Par un prodige d'amour, Devient notre pain de vie, Notre pain de chaque jour :
Au milieu de tant de flammes Dans ce m3^stère amoureux, Que de froideurs dans nos ames !
Ah ! pleurez, pleurez mes yeux.
Il daifijne en vain de ce trône,
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IN ult et jour nous inviter ;
Jamais y voit-on personne
Qui vienne le visiter ?
Sa maison est délaissée
Son entretien ennuyeux,
Et sa table méprisée ;
Ah ! pleurez, pleurez mes yeux.
Mon Jésus n'a point d'asile Contre les coups des mortels, C'est un rempart inutile Que son Trône et ses Autels :
Chaque jour, rempli de rage, Le Pécheur audacieux, Au lieu Saint lui fait outrage ; Ah ! pleurez, pleurez mes yeux.
Tous lesjours se renouvelle Coutre mon Divin Sauveur, Cette trahison cruelle Qui fit tant souffrir son cœur.
O combien de parricides, Recevant le Roi des Cieux, F2
Donnent de baisers perfides f Ah î pleurez, pleurez mes yeux»
Une croix pour lui cruelle, C'est un corps dans le péché ; A cette chair criminelle Qu'on l'a souvent attaclié !
Tout est souillé par nos vices s Que je découvre en tous lieux Pour mon Jésus de supplices !
Ah! pleurez, pleurez mes yeux.
Quel charme vainqueur du mond«
Vers Dieu m'élève aujourd'hui ?
Malheureux l'homme qui fonde
Sur les hommes son appui.
Leur gloire fuit et s'efface,
En moins de tems que la trace
Du vaisseau qui fend les mers,
Ou de la flèche rapide,
Qui, loin de l'œil qui la guide,
Cherche l'oiseau dans les airs.
De la sagesse immortelle La voix tonne, et nous instruit :
Enfans des hommes, dit-elle, De vos soins quel est le fruit ?
Par quelle erreur, araes vaines.
Du plus pur sang de vos veines Adietez-vous si souvent, !Non un pain qui vous repaisse, Mais une ombre, qui vous laisse Plus affamés que devant ?
Le pain que je vous propose Sert aux Anges d'aliment ; Dieu lui-même le compose De la fleur de son froment.
C'est ce pain si délectable, Que ne sert point à sa table
Le monde que vous suivez.
Je l'offre à qui veut me suivre :
Approchez. Voulez- vous vivre ?
Prenez, mangez, et vivez.
O sagesse, ta parole Fit éclore l'univers ; Posa sur un double pôle La terre au milieu des airs.
Tu dis, et les Cieux parurent^ Et tous les Astres coururent Dans leur ordre se placer.
Avant les siècles tu règnes; Et qui suis-je, que tu daignes Jusqu'à moi te rabaisser ?
Le Verbe, image du Père^ Laissa son trône éternel, Et d'une mortelle mt;re Voulut naître homme et mortel ; Comme l'orgueil fut le crime Dont il naissoit la victime.
Il dépouilla sa splendeur; Et vint, pauvre et misérable, Apprendre à l'homme coupable Sa véritable grandeur,
L'ame heureusement captive Sous ton joug trouve la paix, Et s'abreuve d'une eau vive Qui ne s'épuise jamais.
Chacun peut boire en cette onde; Elle invite tout le monde :
Mais nous courons follement Chercher des sources bourbeuses^ Ou des citernes trompeuses, P'où Teau fuit à tout moment,