‹ Nouveau recueil de cantiques, à l'usage du diocèse de QuébecChapitre 65 sur 191 · RETOUR DU PECHEUR · texte numérisé non relu

RETOUR DU PECHEUR

Airs précédens.

"Voici, Seigneur, cette brebis errante, Que vous daignez chercher depuis long-tems. Touché, confus d'une si longue attente.

Sans plus tarder, je reviens, je me rends.

Errant, perdu, je cherchois un asile ; Je ra'efForçois de vivre sans effroi.

Hélas ! Seigneur, pouvois-je être tranquille, Si loin de vous, et vous si loin de moi ?

Que je redoute un juge, un Dieu sévère ! J'ai prodigué des biens qui sont sans prix. Comment oser vous appeller mon Père ?

Comment oser me dire votre fils ?

Dieu de mon cœur, principe de tout être. Unique objet digne de nous charmer ; Que j'ai passé de tems sans vous connoître ! Que j'ai passé de tems sans vous aimer !

Je reconnois enfin mon injustice ; Pardonnez-moi ce long égarement :

Il me déplaît, je m'en fais un supplice, Et pour vous seul j'en pleure anaèrement.

AîR : Mon cœur charmé de sa chaîne, ou Air nouveau N** 53»

J E vivois sans vous connoître, Vous chérir, vous adorer ; Mais c'en est fait ô bon maître, y ous avez su me charmer.

Mon cœur, mon cœur, Maintenant ne sauroit être Un instant sans vous aimer.

De ce monde les faux charmes A voient causé mon malheui* ; Mais voyez couler mes larm^es, Considérez ma douleur.

Mon cœur, mon cœur, Kempli de vives allarmes, Keconnoît sa folle erreur.

Ah ! que je pleure sans cesse Mon trop long égarement^

Et la criminelle ivresse D'un funeste amusement.

Mon cœur, mon cœur.

Remplace par la tristesse Ton aveugle enchantement.

J'abhorre et pleure mon crime; Que mes soupirs me sont doux î J'ai vu se fermer l'abîme.

Le Ciel n'a plus de courroux.

Mon cœur, mon cœur, Ecoute un Dieu qui t'anime A le choisir pour époux.

D'une ame humble et pénitente Epoux tendre et généreux, Vous surpassez son attente, Vous prévenez tous ses vœux.

Mon cœur, mon cœur.

D'un Dieu la bonté touchante, A jamais te rend heureux.

Airs : Triste raison^ ou fai cru V amour. N° 52.

De ce profond, de cet affreux abîme.

Où je me suis aveuglément jetté, Le cœur brisé du regret de mon crime, J'ose implorer. Seigneur, votre bonté.

Prêtez l'oreille à l'ardente prière.

Voyez les pleurs d'un enfant malheureux : Quoique pécheur, il voit dans vous un père^ Pouvez-vous être insensible à ses vœux ?

Si vous voulez, sans user de clémence, Compter, peser tous nos dérèglemens:

Ail ! qui pourra, malgré son innocence^ Se rassurer contre vos jugemens !

Mais vous aimez à vous rendre propiccj Et votre bras toujours lent à punir^ G4

Se plaità voir désarmer sa justice ; Heureux celui qui sait la prévenir !

Cette bonté dans mes maux me console, Et quoiqu'il plaise au Seigneur d'ordonner, Je souffre en paix sur sa sainte parole ; Quand il nous frappe, il veut nous pardonner.

Ah ! qu'Iraël en Dieu toujours espère, Qu'il en reclame avec foi le secours ; Ce Dieu puissant, son défenseur, son Père, Dans ses dangers le protégea toujours.

Entre les bras de sa miséricorde, Avec tendresse il reçoit les pécheurs ; Et son amour, au pardon qu'il accorde, Ajoute encor les plus grandes faveurs.

Peuple, autrefois l'objet de sa vengeance^ Ne gémis plus sur ta captivité ; Bientôt il va briser, dans sa clémence. Tous les liens de ton iniquité.

Solitaire témoin du regret qui m'accable.

Echo, du Créateur ici tout suit la loi :

Pourquoi pleurez-vous avec moi ?

Laissez pleurer seul le coupable :

Ou, pour mieux désarmer un Dieu, juge irrité,

Portez mes vœux vers cet être suprême;

Et si l'amour jamais n'est rejette

Echo, Echo, dites-lui que je l'aime^,

Hélas pour l'appaiser je ne saurois suffire ; Echo, c'est par vos soins que je veux m'exprimerî Je n'ai qu'un seul cœur pour l'aimer.

Qu'une seule voix pour le dire ; Joignez-vous donc à moi, doublez mes sentimens, Et devenez comme un autre moi-même ; Pleurons tous deux sur mes égaremens :

Echo, Echo, disons-lui que je l'aime.

Dieu pardonne mon crime ; O Ciel, quelle clémence ! Echo, ne pleurons plus, unissons notre voix : Rendons-lui Tliomuiage à la fois D'une double reconnoissance.

Si mon cœur malheureux, après ce grand bienfait, Cesse jamais d'aimer la bonté même, Contre un ingrat noirci d'un tel forfait, Echo, Echo, prononcez l'anathême.

Air précédent .

Seule Source de biens, précieuse innocence! O toi, qui fus des cœurs le plus bel ornement ! Périsse à jamais le moment, Où tu délaissas mon enfance !

Le péché m'a ravi tes dons et mon bonheur ; Mais je l'abhorre, et vers toi jé soupire; Daigne t'ouvrirla route de mon cœur.

Reviens, reviens-y fixer ton empire.

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