‹ Nouveau recueil de cantiques, à l'usage du diocèse de QuébecChapitre 89 sur 191 · LARMES DE LA PENITENCE. N · texte numérisé non relu

LARMES DE LA PENITENCE. N

Grâce , grâce, Seigneur, arrête tes vengeances^ Et détourne un moment tes regards irrités; J'ai péché, mais je pleure ; oppose à mes offenses, Oppose à leur grandeur celle de tes bontés.

Tu m'avois parla main conduit dès ma naissance; Sur ma foiblesse en vain je voudrois m'excuser ; Tu m'avois fait, Seigneur, goûter ta connoissance. Mais, hélas ! de tes dons je n'ai fait qu'abuser.

O mon Dieu ! quoi, ce nom, je le prononce encore l Non, non, je t'ai perdu, j'ai cessé det'aimer, O juge qu'en tremblant je supplie et j'adore ! Grand Dieu, d'un nom plus doux je n'ose te nommer.

èans les gémissemens, l'amertume et les larmes^ Je repasse des jours perdus dans les plaisirs ; Et voilà tout le fruit de ces jours plein de charmes. Un souvenir affreux, la honte et les soupirs.

Ces soupirs devant toi sont ma seule défense ; Par eux un criminel espère t^attendrir.

N'as-tu pas un trésor de grâce et de clémence ? Dieu de miséricorde, il est tems de l'ouvrir.

Jamais de toi , grand Dieu, tu nous Tas dit toi-même^ Un cœur humble et contrit ne sera méprisé. Voilà le mien : regarde, et reconnois qu'il t'aime ; Il est digne de toij la douleur l'a brité.

Le châtiment au crime est toujours nécessaire; Ma grâce est à ce prix, il faut la mériter : Je te dois, je le sais, je te veux satisfaire ; Donne moi seulement le tems de m'acquitter.

Ah ! qu'heureux est celui que tu frappes en père : Il connoit ton amour par ta sévérité ; Ici-bas, quels que soient les coups de ta colère. L'enfant que tu punis n'est pas déshérité.

Coupe, brûle ce corps, prends pitié démon âme; Frappe, fais-moi payer tout ce que je te dois ; Arme-toi, dans le temç, du fer et de la flamme. Mais dans l éternité. Seigneur, épargne-moi.

Je me jette à tes pieds, ô croix, chaire sublime, D'où l'homme de douleurs instruit tout l'univers ; Saint autel où l'amour embrase la victime ; Arbre, où mon rédempteur a suspendu mes fers.

Drapeau du souverain quî marche à notre tête, Tribunal démon juge, et irône démon roi ; Char du triomphateur dont je suis la conquête, Lit où j'ai pris naissance, il faut mourir sur toi |

Air : Dors mon enfant, N° 83.

A.IMABLE Agneau, loin de ta mère, Tu gémis à fendre le cœur :

Dieu n'est plus, Dieu n'est plus mon pè Et je ne meurs pas de douleur ! j

Lorsque par de douces tendresses, Ce Dieu me fit aimer sa loi, Il me combloit de ses caresses ; J'étois innocent comme toi :

Je l'aimois, où sont mes promesses?

Ingrat, j'ai pu t ahir ma foi !

Aimable Agneau, 8ic.

A son nom seul, un doux sourire Exprimoit mon contentement ; Fatal péché, pour me séduire, Quel fut ton noir enchantement !

J'avois droit au céleste Empire, L'Enfer me reste et son tourment :

Aimable Agneau, &c.

Non, non, ce n'est plu« mon image.

Tendre Agneau, que peint ta douceur :

Un cœur sensible, un doux langage Montrent ton aimable candeur :

Il me reste, hélas ! en pariage La perfidie et la noirceur.

Aimable Agneau, &c.

Funeste plaisir que j'abhorre, Que tu m'arraches de sanglots ?

L'amertume qui me dévore Verse dans mon cœur tous ses flots ; Offenser l'être qu'on adore, Est le plus grand de tous les maux!

^ina^ble Agneau, &c.

De mes fatales destinées^ Seigneur, daigne arrêter le cours :

Les mains de mes larmes baignées^ J'implore ton divin secours ; Tu sauvas mes jeunes années.

Regarde en pitié mes vieux jours.

Tu bondis revoyant ta mère, Doux i^gneau, tu sens ton bonheur :

Dieu fléchi me regarde en père Mourons d'amour et de douleur.

Air : Comment goûter quelque repos. N° 36*

CJuOI ! j'ai pu vivre sans t'aimer.

Insensible à ta voix si tendre ;

Toujours je tardois à me rendre

Au Dieu qui seul dût me charmer.

Le voici cet enfant rebelle,

A tes pieds pleurant son erreur.

Oublieras-tu qu'à son Sauveur,

Si long-tems il fut infidèle. (bis.)

Ah ! laisse-moi seul m'en punir, Et satisfaire à ta justice.

Mon cœur va ni'offrir pour supplice * De soupirer et de gémir.

Dieu ! quelle est ta bonté touchante ! Quoi ! dès l'instant de mon retour > Déjà je ressens ton amour !

Qu'heureuse est l'âme pénitente ! (bis.)

Désormais, soumis à ta loi.

Je ne vivrai que pour te plaire ; Je n'ai plus qu'à bénir un père Dans mon juge et souverain Roi, Ah î je célébrerai sans cesse Les bienfaits du Dieu de Sion.

Pécheur, chéris un Dieu si bon :

Ne méconnois plus sa tendresse* (bià.)

Qu'il est doux de vivre en t'aimaRt !

Qu'il est doux de mourir de même î Jésus, pour ta beauté suprême, D'ardeur que j'expire à l'instant î Mais, tu prolonges mon martyre, Ah ! du moins, double mon amour; Et que, jusqu'à mon dernier jour.

Pour toi sans cesse je soupire. (bis.)

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