HÉTÉROCLITE PALLAS
loin sur la ligne moyenne que vers les c6tés; la première remige est te Petendue de la barbe extérieure; les suivantes sont
noire sur tou à partir de la sixième elles
d'un cendré-blanchàtre à tiges noires; sont d'un brun enfumé è la pointe, et les barbes intérieures sont
bordées de blanc. Toutes les pennes de la queue et leurs couvertures
sont très-étroites et terminées en polntes ou fils; toutes les cou-
vertures inférieures et l’abdomen sont d’un blanc pur. La figure de la plante des pieds gravée sur cette planche de M. Temminck est totalement manquée; jinsiste sur ce défaut, puisque le caractère le plus marquant a été déduit, dans ce genre, de la forme des pieds et des doigts; en effet, si la plante des pieds de
cet oiseau ressemblait à la figure indiquée, on se déciderait diffici-
lement à séparer notre oiseau de ceux du genre Pterocles.
Le plus grand individu rapporté par M. Eversmann n’offre en longueur totale de la plante des pieds que dix lignes, dont il faut déduire une ligne un quart pour la substance cornée de l’ongle du milieu; la largeur de cette plante est par contre de cinq lignes. Il est impossible de voir une séparation quelconque de doigts, celui du milieu méritait seul ce nom; celui-ci est aussi large que long, et tout près de la base de son ongle, très-large, naît de chaque còté l’ongle du doigt latéral caché sous la peau et à peine visible par son ongle obtus; l’interne est un peu plus grand et plus bombé que l’externe. Cet oiseau, à l'instar du Chameau dans la classe des Mammiferes, est pourvu de doigts immobiles, revétus en dessous d’une épaisse couche calleuse, et reconnaissables seulement a leurs ongles.
Nous ne suivrons point M. Lichtenstein dans les conséquences qu'il déduit de cette forme des pieds, ni dans les rapports qu'il croit voir entre l’Heréroclite et le Kittawvah de Schaw, notre Ganga moucheté ou Kittaviah pl. 545. Nous préférons terminer cet article par l’observation succincte, mais très-intéressante, fournie par M. Delanoue, placée dans le Dictionnaire classique d’Histoire naturelle, vol. 8, pag. 182.
M. Delanoue, qui depuis Pallas a traversé les déserts qui bornent l’Empire immense voisin de la Chine, a été plusieurs fois à méme d’'étudier les Hétéroclites; il les a observés dans leur marche lente et méme pénible en apparence, puisqu'elle les oblige à de fréquentes alternatives de repos : dans leur vol rapide, bruyant, direct et élevé,
mais peu soutenu; dans leur manière de chercher sur un sable mou-
HÉTEROCLITE PALLAS.
vant leur nourriture quì consiste en petites graines amenées par les vents; enfin dans les soins de leur progéniture. Il a plusieurs fois surpris la femelle durant l’incubation, qui, malgré de vives inquiétudes, ne se décidait qu'à la dernière extrémité à quitter le nid où se trouvait l’espoir d'une nouvelle famille. Ce nid n’offrait pour tout duvet que quelques brins de graminées, entourés de sable, et qui contenait quatre ceufs d'un blanc roussàtre, tachetés de brun; il était placé au milieu de quelques pierres amassées sous un buisson.
Le voyageur cité assure que la femelle diffère peu du mile; on la distingue néanmoins facilement par la privation de longues plumes aux alles et à la queue.
Les Kirguis désignent l’espèce sous le nom de Bu/druk, dénomination dont M. Eversmann nous apprend le sens, et que ces peuplades donnent aux jolies femmes. Les Russes lui donnent le nom de Sadscha. Les déserts de la Tartarie nourrissent ce singulier gallinacé.
Musées de Moscou et de Berlin.
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