‹ Nouveau recueil de planches coloriées d'oiseaux (volume 2)Chapitre 57 sur 121 · VANNEAU CHAPERONNÉ · texte numérisé non relu

VANNEAU CHAPERONNÉ

VANELLUS CUCULLATUS. Tenwm.

L’ Adulte. — Planche 505.

Certe espèce nouvelle est de la taille de notre Vanneau d'Europe , mais elle est haut montée sur jambes, à peu près comme l’Échasse; les ailes sont armées d’un éperon noir; de gandes pendeloques membraneuses prennent naissance de la région du lorum, se détachant en dessus etau-dessous en deux rudimens, dont l’inférieur est le plus long; ces pendeloques et la base du bec sont jaunes; toute la téte, la gorge et la partie supérieure du cou paraissent enveloppées dans un capuchon noir ; la poitrine porte une teinte grise, repassant, par demiteinte, à la couleur ardoise, et successivement au noir parfait, dont le ventre, les cuisses et l’abdomen sont colorés; la queue est blanche à la base, puis noire jusque vers le bout des pennes, qui sont terminées de blanc ; le manteau et les ailes sont d’un cendré-cuivré a reflets de bronze; les pieds ont une teinte jaune-ocre, et le bec est noir. Longueur totale un pied deux pouces; la hauteur étant debout environ un pied. Le mile et la femelle ont un méme plumage.

L’espèce paraît étre de passage dans une partie du grand Archipel : elle habite en gandes troupes la plage de Timor, et se montre a Java dans ses migrations.

[DESTEE 9, luecuer D'Orseaux, 85° LivRAISON.

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GENRE GRUE©

GENU.:S.G RUS, Pura s

Bec de la longueur ou plus long que la tète, fort, droit, comprimé; pointe en còne alongé, fléchi et obtus vers le bout; base de la mandibule cannelge; arète élevée; mandibule inférieure droite pointue.

Narines vers le milieu du bec, percées de part en part; fosse nasale très-grande, formant une rainure profonde; la fosse couverte par une membrane nue; région des yeux et de la base du bec souvent nues ou couvertes à claire-voie.

Pieds longs, forts, un grand espace nu au-dessus du genou; des trois doigts de devant, celui du milieu réuni à l’externe par un rudiment de membrane, l’interne libre, le postérieur articulé sur le tarse, et ne portant à terre que sur son bout.

Ailes médiocres; la première rémige plus courte que la seconde, et celle-ci à peu près aussi longue que la troisième, qui est la plus longue. Pennes secondaires les

plus proches du corps arquées ou subulées, toujours plus longues que les rémiges.

A crs caractères pris des formes extérieures on pourrait ajouter celle de la nature du plumage très-différente des plumes des Hérons; leur port, leur cou rond, le peu de longueur des doigts relativement àla longueur des jambes, les rapprochent des Cigogres, mais la membrane inter-digitale ne lie que deux des doigts dans les Grues, tandis que les trois doigts sont unis dans les deux autres genres, et que le pouce porte à terre dans toute sa longueur chez les Herons. Leur sternum offre encore un développement extraordinaire, étant destiné à recevoir entre ses parois latérales les différentes circonvolutions de la trachée; leur coecum est double.

Ces oiseaux voyageurs recherchent en hiver les climats doux et tempéerés ; ils se transportent, par un vol élevé, vigoureux et long-temps soutenu , à de grandes distances : aussi voit-on les Grues passer périodiquement, et se transporter au loin dans des pays très-éloignés de leur séjour habituel; leur migration , du moins celle des deux espèces

(1) Voyez le bel article Grue dans les OEuvres de Buffon.

Recuem. D’'OrseAUX, 76°. LivrAISON.

GENRE GRUE

européennes, a lieu de l’orient à l’occident, contraire à celle des Cigognes, qui parait avoir lieu, le plus habituellement , du midi au nord; c'est ainsi que de proche en proche toutes émigrent périodiquement pour chercher, dans la saison froide de l'année, les climats plus doux que ceux où ils ont recu le jour. Les Grues, *‘réunies en bandes, s'élèvent très-haut dans les airs : comme les F/ammans et les Oies, elles forment un triangle en volant, mais leurs troupes se mettent le plus souvent en mouvement au erépuscule ; on les entend au clair de lune fendre l’air d’un vol bruyant et vigoureux, et les individus de la troupe se réclamer en répétant le signal donné par le conducteur de la bande. Posées, ou pourvoyant è leurs besoins, elles se gardent à merveille par des postes avancés mis en vedettes: au signal donné par la sentinelle, toute la troupe se met en mouvement et suit le conducteur. On croit avoir trouvé des indices d’un changement de température dans les diverses inflexions du vol de ces oiseaux. Si le matin le vol est élevé et la troupe paisible, il indique un beau jour; s'l est bas, et quelles s'abattent à terre, elles présagent l’orage; enfin leurs cris, pendant le jour, servent, dit-on, d’indice de pluie, et quand ils deviennent tumultueux et bruyans, ils annoncent la tempéte. Quoique d’une défiance extrème en état de liberté, les Grues captives sont en domesticité le plus bel ornement des basses-cours; leur démarche grotesque, le plus souvent grave età pas comptés, devient tout-à-coup véloce et gracieuse : toutes les espèces se ressemblent sous ce rapport, et la Grue caronculée, toute grande quelle soit, n'est pas moins élégante et gracieuse dans ses mouvemens que la Grue demoiselle, la plus petite du genre, qu'on s'est avisé d’isoler du genre Grus, pour en former le type d’un genre Anthropoides(1). La Grue royale, a bec plus court que ses congénéres, aussi distraite de ce genre, ne forme pas exception; tout l'ensemble de ses formes, son genre de vie, et sa manière d’étre en domesticité, ne different en rien des Grues antigone et caronculée, munies d’un bec du double plus long que la téte.

(1) Afin qu'on puisse apprécier cette coupe artificielle à sa juste valeur, nous la signalons ici sans autre commentaire. On peut comparer l’importance des caractères donnés par M. Vieillot pour servir à reconnaître une Gre d’un Anthropoide, dans ce qui suit:

Grut. Bec très-long, sillonné sur les c6tés de sa partie supérieure , entier, ou demi-dentelé sur ses bords; téte chauve ou emplumée et caronculeée.

AntrmoroinE. Bec d peine plus long que la téte, entier, sillonné en dessus, téte totalement

emplumée ou nue seulement sur les tempes.

GENRE GRUE

Les Grues aiment les champs découverts où elles peuvent apercevoir de loin leurs ennemis, se ranger en masse contre l’Aigle et les carnassiers de moyenne taille, ou prendre la fuite pour l'homme; on les voit aussi dans les immenses jonchaies que forment les lacs et les fleuves ; le soir, elles aiment à se percher. Quoique essentiellement insectivores , les graines leur servent aussi de nourriture habituelle, ce qui les conduit dans les champs. Les Grues détruisent les insectes, les vers, les petits reptiles, les grenouilles et les poissons, qu’elles cherchent dans les marécages. Pallas nous apprend que ces oiseaux choisissent, pour placer le nid, de petites buttes de terre, des éminences de gazon dans les marais et les roseaux, qu'ils élèvent à leur hauteur avec des herbes et des joncs nattés ensemble. C'est ati sommet qu'ils déposent les ceufs; ils se tiennent, comme les F/ammans, debout pour les couver, de manière que leur corps pose dessus; le màle partage les soins de l’incubation : lorsqu'il est sur le nid, la femelle, en sentinelle, veille à leur conservation, et tour à tour sont préts à défendre leur progéniture.

Les espèces des deux mondes qui me sont bien connues, se trouvent signalées et figurées d'une manière exacte sous les noms cidessous désignés.

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