AIGLE RAVISSEUR
brun teint de violet, et barré irrégulièrement de huit ou de neuf raies noiràtres. Les dimensions de la femelle sont à peu près d'un quart plus fortes que celles du mdle.
Un individu en plumage de mue a la téte, le cou et la nuque couverts de plumes rousses, blanchàtres et brunes; celles du manteau portent des stries blanches, longitudinales, et elles sont terminées de roux vif; toutes les couvertures des ailes ont des taches irrégulières brunes et rousses, et le bord des plumes blanchàtres ; les pennes de la queue, au lieu de bandes distinctes, portent des ondes transversales; la gorge est d’un blanchatre isabelle, et tout le dessous du corps est marqué de longues mèches rousses sur un fond brun et isabelle. Cet individu fait partie du Musée de Paris.
Nous établissons ici d'une manière très-succincte les différences qui peuvent servir a reconnaître du premier coup d’eil les sujets de lAigle ravisseur de ceux des Aigles Bonelli et criard, avec lesquels il serait facile de confondre les différens états de mue de ces espèces voisines.
L’Aigle ravisseur a le bec à peu près de la force de l’Aigle royal; les serres robustes, mais les doigts courts; toute la jambe très-em-
plumée; les longues plumes forment botte et viennent couvrir de
leur pointe la base des doigts.
L'Aigle Bonelli, proportionnellement à sa taille plus forte que celle de l’Aigle ravisseur, est muni d’un petit bec; ses serres sont puissantes, à peu près de la force de celles de l' Aigle royal; la queue est longue, et le tarse est garni de plumes très-courtes et serrées.
L’Aigle criard a le bec faible et peu courbé; les doigts gréles ;
une queue courte, ne dépassant pas le bout des ailes, et les tarses couverts de plumes courtes et serrées.
On trouve l’Aigle que j'ai nommé ravisseur dans les foréts de la partie méridionale de l’Afrique. L'espèce n'a point été vue par Le Vaillant. Quelques individus ont été adressés au Musée des’ Pays- Bas par les voyageurs qui parcourent cette partie intéressante du monde.
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AIGLE BONELLI.
FALCO BONELLI. Temm.
L’ Adulte en mue.—Planche 288.
Certe nouvelle espèce de rapace d'Europe tient le milieu par la grandeur entre les deux espèces d’Aigles désignés sous les noms de Falco fulvus et imperialis, et celui connu sous le nom de Nevius. Nous donnons le portrait d’un individu tué dans le midi; il porte tous les caractères d'un sujet adulte, dans le période de la mue peu éloigné de l’état parfait du plumage, et revétu en partie de quelques plumes du jeune dge : ces plumes et un petit nombre des pennes de la queue sont absolument semblables à celles d’un autre individu plus jeune, tué dans le nord de l'Europe ; deux autres sujets également tués dans nos contrées, viennent constater l’existence d’une nouvelle espèce d’oiseau de proie qui avait échappé jusqu’ici aux recherches des Ornithologistes, et que je m'empresse de porter à leur connaissance (1).
Il était difficile de faire le choix d’un nom approprié pour désigner cette nouvelle espèce, car elle n'est distinguée par aucun caractère bien prononcé dans les formes totales, ni par rien de remarquable dans la distribution des couleurs du plumage. Nous avons cru réunir les suffrages des Ornithologistes de tous les pays en dédiant cette espèce à notre ami le professeur Bonelli de Turin; c'est à lui que nous devons l’examen du sujet figuré qui fait partie du Musée du roi de Sardaigne.
Nous avons dit que la taille est moyenne entre nos deux espèces de grands aigles et l’aigle criard; la queue est carrée, et les ailes la couvrent jusqu’à deux pouces de son extrémité; les jambes sont longues et
les tarses totalement emplumés.
(1) La figure lithographiée et très en diminutif d’un sujet bien plus jeune que celui donné pl. 288 de ce recueil, vient de paraître dans un nouvel ouvrage sur les oiseaux de proie d’Europe, sous le nom d’Aigle intermédiaire; l’auteur n'a sans doute pas su que nous avions fait mention de cet oiseau sous le nom indiqué ci-dessus.
RecurIL D’OIscAUX, 49° LIVRAISON.
AIGLE BONELLI.
L’adulte est en dessus d’un brun-noirAtre assez uniforme ; le bruncendré dont quelques plumes de la téte, du dos et des ailes, sont entourées et qui colore un petit nombre d’autres plumes usées et peu éloignées de l’époque de leur chute, nous montre que dans un ge moins avancé la couleur de la robe est d'un brun-clair marqué de larges méches brunes et noiràtres qui suivent la direction des baguettes. Les plumes des joues, de la gorge , des còtés et du devant du cou ,et généralement toutes les autres parties inférieures, sont d'un roux de rouille plus ou moins marbré de blanc et de brun foncé, surtout vers les cuisses et à la région abdominale ; chaque plume de toutes
ces parties est marquée d'une large méche longitudinale, et toutes
les baguettes sont noires; de petites stries brunes couvrent la ligne moyenne des plumes dont les tarses sont entièrement revétus. Les couvertures du desscus des ailes sont noires ou marbrées de noir; les grandes pennes des ailes et les secondaires sont marbrées irrégulièrement de noir sur un fond gris très-foncé et leur bout est noir. Les pennes de la queue sont d’un beau cendré depuis leur origine jusqu'à un pouce de la pointe qui est noire, toutes sont terminées par un croissant blanc très-étroit; on voit des vestiges plus ou moins distincts de bandes noires, cerclées et en zigzags sur le fond gris-cendré des pennes; mais ces légères traces de bandes disparaissent probablement dans un àge plus avancé, car on peut remarquer une dégradation suivie dans l’étendue et dans la largeur de ces bandes du jeune à l’adulte, ainsi que nous l’avons observé dans toutes les espèces à queue distinctement rayée dans les individus couverts de leur premire livrée. Le bec est noir à la pointe et verdàtre vers la base; la cire et les doigts sont jaunes. Longueur totale, 2 pieds 2 pouces.
Un individu plus jeune m'a offert le signalement suivant. La téte, la nuque, le dos, les scapulaires et les ailes d’un brun-cendré marqué le long des baguettes de méches ou de stries d'un brun-noiràtre ; toutes les grandes couvertures, les scapulaires et les pennes des ailes rayées à intervalles très-larges de bandes noires, disposées en zigzag; les rémiges et les pennes secondaires blanches sur les barbes intérieures et également rayées de bandes noiràtres; toutes les pennes de la queue en dessus d’un cendré-brun marqué de neuf ou dix bandes transversales séparées par des intervalles du double plus large que les bandes; toutes
ces pennes sont terminées de roux-doré plus ou moins vif; en dessous
AIGLE BONELLI.
la queue est blanchàtre avec une teinte roussàtre et marquée de faibles indices des bandes transversales; le devant du cou, la poitrine et le ventre sont d’un roux-clair, et les baguettes des plumes sont brunes: ce qui produit de petites stries sur le fond roussàtre du plumage, à peu près dessiné comme dans le jeune de | Aigle imperial; les cuisses, les plumes du tarse, l’abdomen et les couvertures du dessous de la queue sont, comme dans cet aigle, d’un blanc sale nuancé de roussatre et sans taches.
Un troisième individu que Jai vu, se trouve dans une livrée intermédiaire, entre le jeune sujet décrit et l’adulte en mue dont nous donnons la figure.
Je crois que les vieux individus en plumage parfait ont une partie du dessous du corps et les couvertures du dessous des ailes colorés par une grande masse noiràtre; car l'extension progressive des grandes méches brunes sur le plumage de cette espèce et sur celui de 1 Aigle impérial fait conjecturer que les individus de P Aigle Bonelli, revétus du plumage parfait , n’ont point de taches sur les parties inférieures du corps. On voit à des indices certains du plumage que l'individu figuré dans ce recueil, est revétu de sa dernière livrée changeante et qu'une mue de plus VPaurait revétu de la livrée invariable : plumage que, par analogie , et fondé sur de nombreuses observations, nous jugeons étre d’un brun-noiràtre et lustré sur toutes les parties du corps, tandis que la queue sera d'un cendré-foncé avec une bande noire unique au bout de toutes les pennes. Peut-étre la couleur cendrée serat-elle marquée, dans quelques sujets , de vestiges des bandes étroites et en zigzag dont les pennes de la queue du jeune oiseau sont variées.
Cet oiseau de proie a sans doute été confondu par les chasseurs et par quelques naturalistes avec le Fa/co neviuss nous avons vu quatre individus, dont trois jeunes tués dans les contrées centrales de l'Europe; le quatrième, d'un àge plus rapproché de l’état parfait du plumage, est figuré planche 988; l’état complet et invariable de l’adulte n'a point encore été vu. L'espèce, quoique peu nombreuse dansnoscontrees, ne doit point tre rare dans le midi de l'Europe; nous savons que deux individus ont été tués dans les foréts des environs de Paris, un troisieme dans le nord de la France, et le quatrième dans les contrées
méridionales de l'Italie : ce dernier fait partie du Musée de Turin.
ci e — sl
mala
Alele
Muet,
ATGLE MALAIS.
FALCO MALAYENSIS. Reinw.
L’Adulte.— Planche 117.
Tous les ociseaux de proie des différentes sections, les seuls Faucons exceptés, ont le doigt externe le plus court de tous; chez les Faucons c'est le doigt interne qui est assez généralement le plus long, tandis que lexterne est à peu près de la longueur de l’intermédiaire qui est toujours le plus long. L'oiseau de proie de cet article forme exception à la règle générale sous le rap port de la grandeur relative des doigts; l’externe est excessivement court et ressemble par le peu de longueur, en rapport des autres doigts, aux deux 'Autours d’Amérique figurés dans ce recueil sous les noms d’Auzour è doigt court et d’Autour gréle. Ce doigt externe paraît encore moins long quil ne Pest en effet, parce quil est armé d’un ongle très-petit et que le doigt interne est de la méme longueur que celui du milieu, qu'il dépasse cependant par l’excessive longueur de son ongle qui est peu courbé; le doigt de derrière est aussi long et il le paraît davantage par son ongle plus long que la phalange et très-peu courbé; les autres parties du corps de lAigle malais ne different point de notre Aigle criard d’Europe (F. nevius), et de la nouvelle espèce européenne sous le nom de F. Bonelli; il peut tre comparé, sous le rapport de l'ensemble des formes, à ces oiseaux; mais la queue est à pennes parfaitement égales, et elle présente, étant étalée, une légère apparence échanerée ou fourchue.
Tout le plumage dans l’adulte est d’un brun couleur de suie plus ou moins noiràtre suivant l’ige des individus; les plus avancés en fige paraissent revétus du plumage le plus sombre; huit ou neuf lunules blanchAtres plus ou moins marbrées de brun sont distri-
REGUEIL D'OISEAUX, 20° LIVRAISON.