‹ Nouveau recueil de planches coloriées d'oiseaux (volume 3)Chapitre 33 sur 173 · AIGLE OCÉANIQUE · texte numérisé non relu

AIGLE OCÉANIQUE

céanie, dans l'Inde et en Afrique, et qu'il y a des exemples plus remarquables de cette nature parmi les oiseaux gralles et palmipèdes; comme, par exemple, de I'/%is mozr (1) révéré et conservé en momie par les anciens Egyptiens; cet oiseau est répandu, non-seulement au nord et au midi de l’Afrique, dans les contrées septentrionales et tempérées de l'Europe, mais on le retrouve au Brésil, et une douzaine de dépouilles, rapportées récemment de l’île de Ceélèbe par mon ami Reinwardt, servent à constater l’existence de cette espèce dans les contrées les plus reculées du grand Archipel de lAsie. Notre Martin-pécheur (alcedo ispida ) se trouve aussi dans quelques îles de ce vaste Archipel.

L’Aigle-pécheur, que nous nommons Aigle occanique, surpasse par la taille les dimensions données par Le Vaillant è son B/agre d’Afrique; sur huit dépouilles de notre Aigle, toutes d’individus adultes, il ne sen est point trouvé une comparable pour la grandeur au Ba/busard d'Europe; leur taille est un peu moindre que celle de notre Orfraie, mais leur bec est beaucoup plus faible, plus droit, la mandibule supérieure plus crochue et plus longue; les bords de cette mandibule sont garnis d'un feston très-prononcé qui occupe la place de l’échancrure ou de la dent dans les F'aucons, caractères qui distinguent notre Aigle de l'Or/raie et du Balbusard. Ta différence de grandeur dans notre Aigle et ‘dans le B/agre de Le Vaillant, ne déterminerait point à elle seule notre opinion, car nous avons observé des différences aussi marquées que celle-ci dans les individus de méme espèce; et c'est un fait constaté par de nombreuses observations, que les oiseaux de proie du Sénégal et de toute la còte de Guinée sont environ d'un tiers plus petits que ces mémes espèces qui habitent le midi de l’Afrique; tandis que tous les oiseaux des genres Pie-griéche, Guépiers, Promérops, et le plus grand nombre des Ga/linacés des còtes occidentales de l’Afrique, sont plus grands et que leur plumage est paré de couleurs plus pures et plus brillantes que ne le sont ces mémes espèces dans les terres stériles et plus désertes du midi de cette vaste péninsule. La nourriture plus ou moins abondante influe sans doute plus que le climat sur ces différences, dont nous aurons occasion de parler

ailleurs dans la suite de cet ouvrage.

(1) Zantalus falcinellus de Linné, notre Ibis falcinellus du Manuel d’Ornithologie.

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