ENGOULEVENT DISTINGUE
M. Ruppel vient de faire la découverte de cette espèce dans les de l’Afrique, qu'il exploite avec une persévées. Poursuivant depuis plusieurs ntir son dévoue-
parties septentrionales rance et un zèle bien dignes d'élog
années cette noble tàche, aucun obstacle n’a pu rale
ment pour la science; après avoir visité l'Egypte, le Sennaar et la
Nubie, M. Ruppel est parti pour explorer les bords de la mer Rouge.
Puisse le sort de ce voyageur intrépide étre couronné d’un succès
plus heureux que celui du docteur Hemprich, voyageur prussien, victime du climat brùlant de l’Afrique!
Cet Engoulevent habite le Sennaar. L’individu figuré a été offert
par le Musée de Francfort è celui des Pays-Bas.
GENRE PODARGE.
GENUS PODARGUS. Cuvirr.
Bec fort, dur, totalement corné , court, beaucoup plus large que haut, très-dilaté, plus large que le front; aréte de la mandibule supérieure ronde, courbée dès son origine, fortement fléchie à la pointe; bords des mandibules très-dilatés; bec fendu plus loin que les yeux; mandibule inférieure cornée, assez large, droite,
mais faiblement courbée è la pointe qui est en forme de gouttière pour recevoir
le crochet de la mandibule supérieure, qui s°y embotte.
Narines cachées par les plumes du front, fendues longitudinalement à quelque distance de la base et è la surface du bec, lingaires, presque entièrement fermées par une plaque cornée; fosse nasale très-petite.
Pieds è tarse court; trois doigts devant, le quatrième extérieur moitié reversible ; l’interne réuni à celui du milieu jusqu’à la première articulation , l’externe presque totalement libre j ongles courts, courbés, celui du doigt du milieu non pectiné.
Ailes médiocres, les deux premiéres rémiges moins longues que la quatorzième qui 2 le) le) I est la plus longue.
Ox peut diviser ce genre en deux sections; l’espece du Nouveau Monde que M. de Humboldt a fait connaître (1) formera la première section, et la seconde se composera des espèces qui habitent l’Inde et les contrées de l’Océanie. On ne trouve point de représentant de ce genre parmi les planches enluminées de Buffon, et ce groupe n'est point indiqué dans la dernière édition du Manuel d’Ornithologie. A l’époque où j'ai publié cet ouvrage on connaissait seulement une espèce de ce genre, indiquée par M. Cuvier; Jai mieux aimé rester en decà que d’aller au delà dans l’arrangement méthodique proposé dans l’analyse de mon système d’Ornithologie.
Les Podarges sont bien caractérisés par leur bec fort, composé d’une substance cornée très-solide ; si leur bec était plus comprimé
il ressemblerait a celui des chouettes, avec lesquelles ces oiseaux,
(1) L’espèce vue et observée par M. de Humboldt n°'existe dans aucune collection qui me
soit connue.
RecuEI D'OISEAUX , 27°. LIVRAISON.
GENRE PODARGE.
également demi-nocturnes, ont beaucoup de rapports par la nature du plumage, par les couleurs et par les soies roides et nombreuses qui surmontent et entourent la mandibule supérieure du bec. Nous avons fait la remarque à l'article Eury/aime (voyez livraison 22°.), que ces oiseaux et les Podarges ont le bec à peu près semblable. Les espèces de ces deux genres paraissent avoir de nombreux rapports, les unes avec les Hirondelles , les autres avec les Engoulevents.
Les Podarges paraissent choisir pour retraite pendant le jour les cavernes ou bien l’épaisseur des vastes foréts; ils sortent pendant le crépuscule de leurs sombres demeures, afin de pourvoir à leurs besoins ; des phalènes et probablement quelques autres insectes deminocturnes forment leur nourriture. Nous ne connaissons point encore tout ce qui a rapport au genre de vie de ces oiseaux , très-difficiles
à épier dans leurs retraites peu visitées.
vero merinipirititàe Ì toe
NOOTTO visi tati
ana (aa ststvta 4 di siniagolateta;
IREBLERARANAN
Po getetttà
VLZZZIZA
PODARGE CORNU.
PODARGUS CORNUTUS. Horsr.
Planche 159.
M. Horsrretp a le premier décrit et donné une figure de cet oiseau. . Ce naturaliste, d’ailleurs très-distingué , a été peu soigneux dans le choix des noms donnés aux espèces nouvelles qu'il fait connaître ; les dénominations d’îles et de contrées peu étendues ont été imposées a presque toutes les espèces de mammifères et d’oiseaux contenus dans ses fascicules. Le Podarge de cet article figuré dans la seconde fascicule, porte aussi le nom de-Javarensis, que nous avons changé en celui de Cornutus, afin d’indiquer un caractère marquant qui distingue cette espèce.
Une touffe de plumes longues, à barbes un peu décomposées, et terminées par des fils ou soies, se trouve placée de chaque còté de la téte, un peu au-dessus et derrière les yeux. Ces espèces de cornes ou d’aigrettes se détachent du reste du plumage de la téte; elles forment avec les nombreuses soies dont le bec est entouré, et qui ombragent et cachent presque entièrement les yeux, une coéffure avec laquelle la téte de l’oiseau paraît d'une grosseur disproportionnée aux autres parties du corps. La couleur des plumes de la téte, du dos et des ailes, est d’un roux-clair parsemé de zig-zags noirs ; un demicollier blanc couvre la nuque, et l’on voit de grandes taches blanches distribuées sur les scapulaires; toutes les plumes blanches qui forment ce collier, de méme que celles des scapulaires, sont terminées par un cercle noir; les pennes de la queue sont étagées, d'un roux-clair; toutes sont marquées de sept ou de huit bandes d’un roux-foncé, encadré par des bordures noires, et peint de zig-zags noiràtres; on voit du blanchàtre au front et derrière les yeux; le milieu de la gorge et le devant du cou sont blancs, mais les còtés du cou ont les mémes
teintes que le dos; la poitrine et le ventre sont peints de grandes
RecurIL D'OIsEAUX , 27°. LIVRAISON.
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PESSISIFISIETHINSISISIA AISHA
PODARGE CORNU.
taches blanches encadrées de noir, et dispostes sur le milieu des plumes; celles-ci ont les bords roussàtres; l’abdomen est blanchàtre; les pieds ont une teinte roussAtre, et le bec est d'un jaune lustré. Longueur totale , huit pouces et demi.
M. Horsfield n’a pu se procurer qu'un seul individu de cette espèce, très-difficile è découvrir dans les retraites sombres, où elle vit cachée pendant le jour; on la trouve à Java, dans les grandes foréts. L’individa du Musée de Paris, qui nous a servi de modele, a &té envoyé de Bencoule, dans l’île de Sumatra, par MM. Diard et Duvaucel.
ati
Pio
Bobo,
Colombar (apelle, méle.
COLOMBAR CAPELLE.
COLUMBA CAPELLEI. Tewmw.
Le Mdle adulte. — Planche 145.
Cette espèce, découverte depuis peu par M. Reinwardt, dans les districts de l’île de Java, me fournit l’occasion d’offrir au respectable gouverneur-général des possessions Nerlandaises dans l’archipel des Indes, le tribut d'hommages dont tous les amis des sciences approuveront sans doute le motif. Jespère que M. le baron Van de Capelle voudra bien agréer ce témoignage de ma reconnaissance pour la protection et les facilités qu'il accorde aux personnes qui se vouent aux recherches d’objets scientifiques, dans son gouvernement. Si les naturalistes trouvaient toujours dans leurs dangereux voyages aux colonies lointaines, des protecteurs aussi zélés que M. Van de Capelle, l'on parviendrait bientét à connaître les productions du règne animal de ces intéressantes parties du monde.
Notre Colombar est de la taille des plus grandes espèces que j'ai publiées dans mes planches de l’ouvrage des pigeons; le bec est plus fort et mieux caractérisé que dans aucune des autres espèces; ce bec est d'un vert bleuétre. Dans le md/e le front est cendré; la téte, la gorge, le croupion , le ventre et les flancs sont d’un vert clair, paraissant saupoudré de gris-cendré ; la nuque , le dos et les ailes d’un beau vert foncé ; les quatre plumes du milieu de la queue d’un vert jaunatre très-vif; une large plaque ou plastron d’un jaune mordoré couvre
toute la poitrine; les grandes pennes des ailes sont d’un beau noir , mais toutes les secondaires ont leur bord extérieur d’un jaune brillant; cette couleur forme une bande longitudinale lorsque l’aile est en état de repos. Les pennes latérales de la queue sont cendrées à leur base, ensuite d’un beau noir, et terminées de gris-clair; en dessous la queue est toute noire, à pointes blanchàtres ; les couvertures
RecuerL D'OrseAUX, 24°. LIVRAISON.
EEC IIIILIO INR
COLOMBAR CAPELLE.
inférieures sont d’un marron foncé. Les pieds sont rouges. Longueur, treize pouces.
La femelle differe du mAle par les couleurs vertes plus mélangées de teintes cendrées; la plaque du thorax est indiquée par une couleur verte jaundtre ; le noir et le cendré à la queue sont légèrement nuancés de verdAtre ; on voit des taches blanchAtres à l’abdomen, et toutes les couvertures inférieures sont d’un blanc légèrement roussàtre, marqué de taches vertes.
Cette espèce habite les districts de l’intérieur , dans les îles de Java et de Sumatra; peut-étre la trouve-t-on aussi dans d’autres îles.
Muséum des Pays-Bas, et un mile au Musée de Paris.