‹ Nouveau recueil de planches coloriées d'oiseaux, pour servir de suite et de complément aux planches enluminées de Buffon, édition in-folio et in-4⁰ de l'Imprimerie Royale, 1770 (volume 2)Chapitre 84 sur 133 · ENGOULEVENT QUEUE EN CISEAUX · texte numérisé non relu

ENGOULEVENT QUEUE EN CISEAUX

suivrons toujours par la suite lorsque nous donnerons les figures des belles espèces de Faisans nouveaux, qui ont été découverts dans l’Inde , au Japon et à la Chine ; ces oiseaux extraordinairement parés et à queue très-longue , de même que les Paons de ces contrées , étant réduits à pouvoir entrer dans le cadre de notre format ordinaire perdraient trop à la vue, par cette réduction de leur grandeur naturelle.

La queue de cette espèce, surtout chez la femelle et dans les jeunes mâles, fait naître l’idée de deux queues jointes ensemble. En effet les dix pennes sont doublement étagées de façon que les deux extérieures et les deux du milieu sont les plus longues , tandis que celles placées entre ces quatre pennes sont étagées sur deux plans 5 il existe une plus grande disproportion dans la longueur de ces mêmes pennes dans les mâles adultes 5 ceux-ci ont la penne extérieure de chaque côté beaucoup plus longue que les deux du milieu, et c’est probablement à cause de cette disproportion que d’Azara a donné à notre oiseau le nom que nous lui conservons.

Le mâle a le dessus de la tête et le corps d’un cendré-noirâtre moucheté de brun et couvert de mèches noires 5 une large zone d’un roux-vif couvre l’occiput et s’étend d’un oeil à l’autre 5 les ailes et les scapulaires sont de la couleur du dos, les plumes ont des taches longitudinales d’un noir plein 5 les scapulaires sont peintes de grandes taches d’un roux-doré , et la même couleur forme des taches ovoïdes sur toutes les couvertures des ailes 5 le bord antérieur de la première rémige est d’un roux-clair, toutes les autres sont rayées de roux à leur base et noirâtres , avec une légère teinte cendrée sur le reste de leur longueur $ les côtés de la tête et ceux de la gorge sont marbrés de blanc , de roux et de noirâtre $ la poitrine porte des raies transversales de ces couleurs , et des lignes ondulées , distantes et peu marquées sont répandues sur le fond blanc-roussâtre qui couvre les autres

ENGOULEVENT QUEUE EN CISEAUX, parties inférieures ; les deux pennes du milieu de la queue , qui sont les plus longues après celles placées de chaque côté, portent des bandes diagonales d’un noir plein, les espaces entre ces bandes sont cendrés et marqués de zig-zags noirs 5 toutes les pennes intermédiaires entre les deux longues du milieu et les filets latéraux, sont rayées de roux et de noir à leur base , ensuite elles ont un grand espace d’un noir plein, et toutes sont terminées de gris-blanchâtre faiblement marbré de gris plus foncé ; les deux grands filets excèdent toujours en longueur les deux pennes du milieu , environ de deux pouces, mais leur longueur est quelquefois plus considérable 5 ces deux pennes ont une grande tache noire , longue et de forme pointue 5 tout le reste de la plume, vers le bout, est blanchâtre, marbré de cendré ; les grandes soies noires du bec dépassent la pointe de celui-ci; les tarses sont à moitié couverts de plumes; le doigt du milieu est long et son ongle très-courbé est pectiné intérieurement.

La femelle a toujours la queue beaucoup plus courte que celle du mâle ; la penne extérieure est aussi plus courte et dépasse les deux intermédiaires seulement de quatre ou de cinq lignes; mais toutes les pennes sont étagées de la même manière ; les deux du milieu ne diffèrent point; les autres sont rayées en travers, à peu près jusqu’au bout, et la latérale de chaque côté est noirâtre, rayée de roux à sa base , tachée de gris-blanchâtre sur les barbules intérieures , et rayée de noir et de gris vers le bout; la zone rousse à l’occiput se voit chez les deux sexes , mais les taches aux scapulaires et sur les couvertures des ailes sont plus claires chez les femelles ; toutes les autres parties sont à peu près colorées comme dans le mâle.

Les oiseaux sont représentés de grandeur naturelle. Us sont originaires du Brésil. On trouve des individus dans les Musées des Paysb>as, de Paris et de Vienne.

Engoulevent mousbzc/, rna/ey.

■Pre/res.

ENGOULEVENT MOUSTAC.

CAPRIMULGUS UYSTA CA LIS. Temm.

Le Mâle. — Planche 4io.

Quoique sous des formes bien plus robustes et des dimensions plus fortes , nous retrouvons dans cet Engoulevent de l’Océanie les mêmes rapports entre les différentes parties du corps , et approchant les mêmes distributions de couleurs que dans notre espèce européenne, nous voyant privés de toute espèce de renseignement sur les mœurs et sur le genre de vie de cet oiseau inédit, il faut bien se résoudre à n’ofïrir, dans cet article, que l’énumération stérile des couleurs du plumage.

Gomme le plus grand nombre des Engoulevens des différentes parties du globe, celui-ci est marqué de longues mèches noires sur un fond cendré, jaspé de brun et de roux : deux larges plaques, d’un blanc éclatant sur les côtés du cou, peuvent servir de caractère spécifique à cette espèce, ses congénères, pourvus de plaques semblables, ne les ayant ni si étendues ni d’un blanc aussi parfait. A l’angle postérieur de ces plaques blanches se dessine, de chaque côté du cou, un collier roux, dont la trace n’est que très-faiblement indiquée sur la nuque 5 de larges mèches noires, en forme de fer de lance, couvrent

ENGOULEVENT MOUSTAC.

le plumage marbré des parties supérieures; les plumes de la poitrine sont jaspées de noir sur un fond brun; celles du ventre et de l’abdomen portent des bandes transversales très-déliées, noires, roussâtres et blanchâtres; les couvertures inférieures de la queue sont peintes de roux-vif coupé de bandes noires, distantes ; les pennes de la queue , toutes rayées, ont les barbes extérieures des pennes latérales coupées de noir et de brun-marbré, et les barbes intérieures de larges bandes noires et de roux-vif, couvertes de taches noires; les rémiges, marquées de bandes dans l’espèce européenne, sont, chez celle-ci, d’un brun-noirâtre marqué de taches rondes d’un roux vif. On voit une grande tache ronde d’un blanc pur sur la troisième et la quatrième pennes : le tarse est à moitié vêtu. Longueur totale, douze pouces.

Cette espèce a été rapportée de la partie de l’Océanie connue sous le nom de Nouvelle-Hollande; elle n’est point inscrite dans le Synopsis de Latham.

Musée des Pays-Bas.

En <r oulevent isàbelle/.

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