‹ Nouveau recueil de planches coloriées d'oiseaux, pour servir de suite et de complément aux planches enluminées de Buffon, édition in-folio et in-4⁰ de l'Imprimerie Royale, 1770 (volume 2)Chapitre 88 sur 133 · ENGOULEVENT DISTINGUÉ · texte numérisé non relu

ENGOULEVENT DISTINGUÉ

noir 5 les pennes latérales de la queue sont du même roux-doré depuis leur base jusqu aux deux tiers de leur longueur, et ce roux est marqué de bandes d’un noir parfait, disposées à larges intervalles 5 le dernier tiers de ces pennes est d’un blanc pur ; un blanc très-éclatant couvre la gorge et forme une plaque triangulaire sur le devant du cou ; l’abdomen et le ventre sont dune teinte isabelle sans taches ; la poitrine et le ventre d’un ton plus roux sont variés de zig-zags blancs et noirs peu nombreux et très-distans les uns des autres 5 le bec et les pieds sont bruns. Longueur totale sept pouces et demi.

M. Ruppel vient de faire la découverte de cette espèce dans les parties septentrionales de l’Afrique, quffl exploite avec une persévérance et un zele bien dignes d’éloges. Poursuivant depuis plusieurs années cette noble tache , aucun obstacle n’a pu ralentir son dévouement pour la science; après avoir visité l’Egypte, le Sennaar et la Nubie, M. Ruppel est parti pour explorer les bords de la mer Rouge. Puisse le sort de ce voyageur intrépide être couronné d’un succès plus heureux que celui du docteur Hempricb, voyageur prussien, victime du climat brûlant de l’Afrique !

Cet Engoulevent habite le Sennaar. L’individu figuré a été offert par le Musée de Francfort à celui des Pays-Bas.

GENRE PODARGE.

G E JV U S PODARGU S. Cuvier.

Bec fort, dur , totalement corné , court, beaucoup plus large que haut, très-dilaté, plus large que le front; arête de la mandibule supérieure ronde, courbée dès son origine, fortement fléchie à la pointe; bords des mandibules très-dilatés ; bec lenclu plus loin que les yeux; mandibule inférieure cornée, assez large, droite, mais faiblement courbee a la pointe qui est en forme de gouttière pour recevoir le crochet de la mandibule supérieure, qui s’y emboîte.

Marines cachées par les plumes du front, fendues longitudinalement à quelque distance de la base et à la surface du bec, linéaires, presque entièrement fermées par une plaque cornée; fosse nasale très-petite.

Pieds à tarse court; trois doigts devant, le quatrième extérieur moitié réversible; l’interne réuni à celui du milieu jusqu’à la première articulation, l’externe presque totalement libre; ongles courts, courbés, celui du doigt du milieu non pectiné.

Ailes médiocres, les deux premières rémiges moins longues que la quatorzième qui est la plus longue.

On peut diviser ce genre en deux sections 5 l’espèce du Nouveau ^onde que M. de Humboldt a fait connaître (1) formera la première section , et la seconde se composera des espèces qui habitent l’Inde et les contrées de l’Océanie. On ne trouve point de représentant de

(0 L’espèce vue et observe'e par M. de Humboldt n’existe dans aucune collection qui me s°it connue.

Recueil d’Oiseaux , 27e. livraison.

GENRE PODARGE.

ce genre parmi les planches enluminées de BufFon, et ce groupe n’est point indiqué dans la dernière édition du Manuel d’Ornithologie. A 1 époque où j ai publié cet ouvrage on connaissait seulement une espece de ce genre, indiquée par M. Cuvier $ j’ai mieux aimé rester en deçà que d’aller au delà dans l’arrangement méthodique proposé dans l’analyse de mon système d’Ornithologie.

Les Podarges sont bien caractérisés par leur bec fort, composé d une substance cornee tres-solide 5 si leur bec était plus comprimé il ressemblerait à celui des chouettes, avec lesquelles ces oiseaux, également demi-nocturnes, ont beaucoup de rapports par la nature du plumage , par les couleurs et par les soies roides et nombreuses qui surmontent et entourent la mandibule supérieure du bec. Nous avons fait la remarque à l’article Eurylaime (voyez livraison 22e.), que ces oiseaux et les Podarges ont le bec à peu près semblable. Les espèces de ces deux genres paraissent avoir de nombreux rapports, les unes avec les Hirondelles s les autres avec les Engoulevents.

Les Podarges paraissent choisir pour retraite pendant le jour les cavernes ou bien l’épaisseur des vastes forêts 5 ils sortent pendant le crépuscule de leurs sombres demeures , afin de pourvoir à leurs besoins 5 des phalènes et probablement quelques autres insectes deminocturnes forment leur nourriture. Nous ne connaissons point encore tout ce qui a rapport au genre de vie de ces oiseaux , très-difficiles à épier dans leurs retraites peu visitées.

P o d a r g e cornu/ .

-Prêâ'eS.

PODARGE CORNU.

P OD A R G U S CORN U TU S. Horsf.

Planche i5g.

M. Horsfield a le premier décrit et donné une figure de cet oiseau. Ce naturaliste , d’ailleurs très-distingué , a été peu soigneux dans le choix des noms donnés aux espèces nouvelles qu’il fait connaître 5 les dénominations d’iles et de contrées peu étendues ont été imposées à presque toutes les espèces de mammifères et d’oiseaux contenus dans ses fascicules. Le Podarge de cet article figuré dans la seconde fascicule, porte aussi le nom de Javanensis , que nous avons changé en celui de Cornutus , afin d’indiquer un caractère marquant qui distingue cette espèce.

Une touffe de plumes longues , à barbes un peu décomposées , et terminées par des fils ou soies, se trouve placée de chaque côté de la tête, un peu au-dessus et derrière les yeux. Ces espèces de cornes ou d’aigrettes se détachent du reste du plumage de la tête 5 elles forment avec les nombreuses soies dont le bec est entouré, et qui ombragent et cachent presque entièrement les yeux, une coëffure avec laquelle la tête de l’oiseau paraît d’une grosseur disproportionnée aux autres parties du corps. La couleur des plumes delà tete, du dos et des ailes , est d’un roux-clair parsemé de zig-zags noirs $ un demi-

Recueil d’Oiseaux , 27e. livraison.

PODARGE CORNU.

collier blanc couvre la nuque, et Ton voit de grandes taches blanches distribuées sur les scapulaires j toutes les plumes blanches qui forment ce collier , de même que celles des scapulaires , sont terminées par un cercle noir 5 les pennes de la queue sont étagées , d’un roux-clair $ toutes sont marquées de sept ou de huit bandes d’un roux-foncé, encadré par des bordures noires , et peint de zig-zags noirâtres 5 on voit du blanchâtre au front et derrière les yeux 5 le milieu de la gorge et le devant du cou sont blancs, mais les côtés du cou ont les mêmes teintes que le dos -, la poitrine et le ventre sont peints de grandes taches blanches encadrées de noir, et disposées sur le milieu des plumes 5 celles-ci ont les bords roussâtresj l’abdomen est blanchâtre 5 les pieds ont une teinte roussâtre , et le bec est d’un jaune lustré. Longueur totale, huit pouces et demi.

M. Horsfield n’a pu se procurer qu'un seul individu de cette espèce, très-difficile à découvrir dans les retraites sombres, où elle vit cachée pendant le jour 5 on la trouve à Java, dans les grandes forêts. L’individu du Musée de Paris, qui nous a servi de modèle, a été envoyé de Bencoule, dans File de Sumatra, par MM. Diard et Duvaucel.

COLOMBAR CAPELLE.

CO LU MB A CAPELLE I. Te mm.

Le Mâle adulte. — r Planche i43.

Cette espèce, découverte depuis peu par M. Reinwardt, dans les districts de l’île de Java , me fournit l’occasion d’offrir au respectable gouverneur -général des possessions Nerlandaises dans l’archipel des Indes , le tribut d’hommages dont tous les amis des sciences approuveront sans doute le motif. J’espère que M. le baron Van de Capelle voudra bien agréer ce témoignage de ma reconnaissance pour la protection et les facilités qu’il accorde aux personnes qui se vouent aux recherches d’objets scientifiques, dans son gouvernement. Si les naturalistes trouvaient toujours dans leurs dangereux voyages aux colonies lointaines, des protecteurs aussi zélés que M. Van de Capelle, l’on parviendrait bientôt à connaître les productions du règne animal de ces intéressantes parties du monde.

Notre Colombar est de la taille des plus grandes espèces que j'ai publiées dans mes planches de l’ouvrage des pigeons 5 le bec est plus fort et mieux caractérisé que dans aucune des autres espèces 5 ce bec est d’un vert bleuâtre. Dans le mâle le front est cendré 5 la tête, la gorge, le croupion , le ventre et les flancs sont d un vert clair , paraissant saupoudré de gris-cendré 5 la nuque , le dos et les ailes d’un beau

Recueil d’Oiseaux , 24e. livraison.

COLOMBAR CAPELLE.

vert foncé ; les quatre plumes du milieu de la queue d’un vert jaunâtre très - vif 5 une large plaque ou plastron d’un jaune mordoré couvre toute la poitrine 5 les grandes pennes des ailes sont d’un beau noir , mais toutes les secondaires ont leur bord extérieur d’un jaune brillant ; cette couleur forme une bande longitudinale lorsque l’aile est en état de repos. Les pennes latérales de la queue sont cendrées à leur base, ensuite d’un beau noir, et terminées de gris-clair; en dessous la queue est toute noire , à pointes blanchâtres ; les couvertures inférieures sont d’un marron foncé. Les pieds sont rouges. Longueur, treize pouces.

La femelle différé du male par les couleurs vertes plus mélangées de teintes cendrées; la plaque du thorax est indiquée par une couleur verte jaunâtre ; le noir et le cendre a la queue sont legerement nuancés de verdâtre ; on voit des taches blanchâtres à l’abdomen , et toutes les couvertures inférieures sont d’un blanc légèrement roussâtre, marqué de taches vertes.

Cette espèce habite les districts de l’intérieur , dans les îles de Java et de Sumatra; peut-être la trouve-t-on aussi dans d’autres îles.

Muséum des Pays-Bas, et un mâle au Musée de Paris.

( o 1 omt) ar « Ÿieifoà/-, .

COLOMBAR SIEBOLD.

C O LUMB A SIEBOLDII. Temm.

Le Mâle. — Planche 54g.

Le Japon, cette terre de promission du naturaliste, ne sera désormais plus considéré comme un point à peu près inconnu dans les annales du monde savant : la Faune et la Flore vont bientôt concourir à étendre le cercle de nos connaissances sur cette partie de l’Asie. M. le docteur Yan-Siebold, chirurgien-major au service du gouvernement des Pays-Bas dans llnde, nourrit le désir de satisfaire, sui ces points, à l’impatience des naturalistes. Un séjour au Japon, de plus de huit années , l’a mis à même de rassembler de nombreux matériaux sur la statistique , l’histoire, les langues et les productions naturelles de cette contrée intéressante.

Retourné au milieu de nous, apres avoir subi toutes les rigueurs d’une captivité et d’une surveillance jalouse, il apporte à ses commettans les résultats précieux de ses travaux scientifiques et les riches collections zoologiques , botaniques et littéraires réunies par ses soins, dans deux voyages à la capitale de 1 empire Japonais. En attendant qu’un travail général sur la partie zoologique du voyage puisse etie élaboré , nous avons cru rendre service au public , en donnant dans

Recueil d’Qiseaux, g3' livbaison.

COLOMBAR SIEBOLD.

ce recueil quelques espèces manquantes d’oiseaux du Japon, que le

Musée des Pays-Bas a obtenues des différens envois de M. Van-

Siebold. L’espèce nouvelle, dont nous offrons la dédicace à ce voya-

$-,eui intiépide, est du nombre des découvertes qu’il vient de faire dans ce pays.

Ce Colombar est, de toutes les espèces connues, celle qui a le bec le plus grêle et le moins renflé relativement à la taille.

Le front et une partie de la face d’un vert jaunâtre; la nuque et les côtés du cou vert clair ; le manteau et les flancs vert cendré; le dos, le croupion, les quatre pennes du milieu de la queue et les grandes couvertures des ailes d’un vert foncé ; petites et moyennes couvertures d’un pourpre cendré ; gorge, devant du cou et poitrine jaune citron; milieu du ventre blanc; cuisses , abdomen et les longues couvertures du dessous de la queue d’un blanc jaunâtre marqué de

grandes mèches longitudinales d un vert foncé. Longueur, douze pouces six lignes.

La femelle manque de pourpre aux ailes; tout le dessus du corps

est d un veit foncé; le cou et la poitrine d’un vert clair; le reste comme chez le mâle.

Les noms japonais de cette espèce sont : Jamo-hato (pigeon de

montagne), et Awo~hato (pigeon vert). Il habite les bois en montagnes.

Golombar

ay (7ueuey jpoi/itué/.

COLOMBAR A QUEUE POINTUE.

C O LU MB A OXYURA. Reinw.

Planche a4o.

Cette espèce n’est point décrite dans l’index des Pigeons publié à la fin du premier volume de Phistoire des Pigeons et des Gallinacés s elle se distingue de toutes les autres que nous connaissons par une queue étagée dont les deux pennes du milieu sont acuminées et dépassent les pennes qui suivent dans la rangée, environ d’un pouce. Les couleurs du plumage sont peu variées $ un verteendré foncé couvre toutes les parties supérieures, les ailes, les flancs, les cuisses et Pabdomen; un vert plus clair est répandu sur la gorge, la poitrine et le ventre 5 le bas-ventre et la région abdominale sont jaunes ou jaunâtres; les couvertures inférieures jaunes SUr les barbes extérieures et vertes sur les barbes intérieures; les pennes de la queue sont en dessus, et depuis leur base jusqu’à la moitié de leur longueur , d’un cendré-foncé , puis traversées par Une bande noire et terminées de cendré-clair ; les deux pennes du milieu ont, sur toute leur étendue, une teinte cendrée-brunâtre , p!us foncée à la pointe qu’à la base; en dessous les pennes sont boires et terminées de cendré-clair 5 les pennes secondaires des ailes

Recueil d’Oiseaux, 4 Ie. LIVRAISON.

COLOMBAR A QUEUE POINTUE.

et les rémiges sont d’un noir plein, mais les premières ont une petite bordure cendrée. Les tarses sont couverts de plumes vertes; la partie inférieure est nue et rouge, de même que les doigts et le tour des yeux ; le bec est d’un bleu-foncé à la base et d’une teinte plombée à la pointe.

La femelle ressemble au mâle. On distingue la première au vert plus terne de tout le plumage et au jaune' verdâtre qui couvre l’abdomen : le mâle ayant cette partie d’un beau jaune-citron. Longueur totale, treize pouces.

Ce Colombar est très-répandu à Java, mais nous ne connaissons aucune de ses habitudes ni le genre de nourriture qu’il préfère. MM. Reinwardt et Diard ont envoyé de ces Colombars aux Musées des Pays-Bas et de Paris.

Colomb ar odoriYëre/, mâle/.

Prc'fr? .

COLOMBAR ODORIFERE.

CO LU MB J OLAX. Tebm.

Le Mâle. — Planche i .

C’est la plus petite espèce de Pigeon de la division des Colomb ar s j elle est de la grandeur de notre Grive litorne d’Europe ; les formes sont en diminutif les mêmes que celles du Colombar aromatique (1) , et les couleurs du plumage sont distribuées à peu près de la même manière 5 j’ai fait apprécier ces rapports entre les deux espèces par le nom donné à celle-ci 5 elle est inédite.

Un cendré couleur de plomb couvre la tête, la nuque et les flancs j la gorge est d’un cendré-blanchâtre ; sur la poitrine est dessiné un large plastron roussâtre couleur de feuille morte. Le ventre et l’abdomen portent des teintes verdâtres et cendrées qui se nuancent insensiblement avec le cendré des flancs; les cuisses, les côtés de l’abdomen et les couvertures du dessous de la queue sont colorés de brun-marron ; la partie supérieure du dos , les scapulaires et les

(1) Columba aromaticci. Hist. nat. des Pigeons. Index, vol. i , pag. 44l > édit.' in-8°. , et la planche 5 de l’édit. in-f°. , ou l’on voit une figure du mâle. Cette espèce se trouve à Java , à Banda et dans quelques autres îles de l’Archipel des Indes; mais elle n’est pas originaire du continent et ne se trouve point à Ceylan.

Recueil d’Oiseaux, 41 *• livraison.

COLOMBAR ODORIFÈRE.

couvertures des ailes sont d’un brun-pourpré $ le croupion et la presque totalité des pennes caudales sont d’un noir-ardoise 5 le bout de toutes les pennes a une teinte cendrée 5 en dessous la queue est noire et le bout des pennes blanchâtre 5 l’aile est noire, mais les pennes secondaires sont finement lisérées de jaune-clair 5 les doigts, le tarse et le tour des yeux sont rouges 5 la base du bec est bleue et sa pointe verdâtre. Longueur totale, sept pouces et demi.

Tel est le plumage du mâle, celui de la femelle n’est point encore connu. Nous manquons également de renseignemens sur les mœurs et sur les habitudes de cette espèce qui habite l’île de Sumatra.

Musées des Pays-Bas et de Paris.

Page 1