ADDITION A L’ARTICLE
ALBATROS A COURTE QUEUE ou TRAPU.
DIOMEDEA BRACHIVRA. Temm.
L’Adulte . — Planche 55^.
J AI dit, en citant dans cet ouvrage la pl. enl. q63 de Buffon, dont il n’avait pas été donné de description dans les oeuvres de cet auteur que 1 Albatros trapu , quoique moins grand de beaucoup dans toutes ses dimensions, a le bec à peu près aussi fort que celui de Y Albatros mouton , la plus grande des espèces connues. Le sujet dont nous donnons ici le portrait pl. 554 sert de preuve, que Y Albatros trapu éprouve, comme le mouton une mue accidentelle, périodique, ou bien en rapport aux états différens de l’âge, qui change à peu près la presque totalité des couleurs du plumage, et montre ces oiseaux, quoique a 1 état adulte, sous des livrées très-disparates : ces différences sont telles., qu’on a même été quelque temps dans le doute, s’il ne fallait pas admettre Diomedea spadicea ou le Mouton brun comme espèce différente de Diomedea exulans , pl. enl. de Buffon 337. L’individu de 1 Albatros trapu que nous publions présentement prouve, sans îéplique, que la même divergence individuelle existe dans la
Recueil d’Oi seaux > g4c livraison.
ADDITION A L’ARTICLE ALBATROS A COURTE QUEUE OU TRAPU, couleur de la livrée de l’une comme de l’autre espèce, et quelle est due à des causes dont nous n’avons pas encore acquis d’exacte connaissance, mais que nous présumons pouvoir être les mêmes que celles qui paraissent influer sur la coloration si variable du plumage du Combattant d’Europe ( Tringa pugnax) , et des espèces du genre Lestris. Quelle que puisse être l’influence qui sert à provoquer ce changement dans la couleur du plumage de ces oiseaux, il est sûr qu’on ne saurait l’attribuer à l’âge des sujets, et, selon les relations de MM. Marion et Boié, pas même à la différence sexuelle.
Le sujet figuré ici diffère de celui de Bufîon, pl. g63, par une coloration absolument semblable à celle qui distingue le Mouton tout brun du Mouton blanc figuré pl. 257 de Bufîon $ mais notre Albatros trapu blanc conserve encore dans sa livrée quelques plumes de son vêtement brun-cendré, et cette particularité individuelle me porte à croire que la livrée blanche, chez les deux espèces, est celle de l’état parfait ou invariable. Les pieds sont légèrement bleuâtres, et le bec est couleur de chair.
L’espèce est connue des Japonais sous le nom de Ga-ran-tsjoo; on la trouve sur les mers à l’orient du Japon , et dans le voisinage des îles Liou-kiou , vers le sud.
Ilydrobate
a /as ton ; ,„à/e .
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HYDROBATE A FANON.
HYDROBATES LOBATUS. Temm.
Le Mâle vieux. — Planche 4o6.
Nous avons cru nécessaire de séparer des canards proprement dits, et de réunir sous la dénomination mentionnée, toutes ces espèces à doigt postérieur garni d’un rudiment de membrane, vu que le squelette de ces oiseaux nous offre des différences marquées et constantes, que leur manière de vivre et le choix des alimens ne sont pas les mêmes que chez les canards à doigt postérieur lisse, et que des caractères facilesà saisir fournissent de très-bons moyens pour établir la différence générique entre ces deux groupes. Nous renvoyons tous les détails sur l’organisation et les mœurs à l’article contenant les généralités et l’Index du genre Hydrobate.
L’espèce type donnée planche 4o6 est une des plus remarquables du genre$ sa grande taille, son bec court, déprimé, dilaté sur les côtés; le large fanon pendant sous le menton du mâle, prêtent à cet oiseau une apparence tout-à-fait singulière. Nous savons par des notices verbales communiquées par feu Péron que cet oiseau plonge continuellement et poursuit sa proie entre deux eaux, n’ayant le plus souvent que la tête visible et tout le corps submergé; il est farouche.
Recueil d’Oiseaux, 68r. livraison.
HYDROBATE A FANON.
et disparaît à la vue du chasseur pour reparaître à une très-grande distance de l’endroit où il s’est submergé. Cette manière de vivre est en effet propre à toutes les espèces pourvues d’un doigt postérieur lobe.
Le plumage de cetHydrobate est très-luisant, et les pennes de la queue sont subulées à baguettes roides et élastiques 5 les ailes sont courtes en proportion du volume du corps. Le mâle a sous la partie nue du menton une large membrane flottante , semblable à du parchemin 5 les plumes de la tête et du cou sont longues, lisses et noires $ les côtés du cou irrégulièrement rayés de blanc terne et de noir 5 tout le dessus du corps, la poitrine, le cou et les flancs d’un brun-noirâtre luisant, jaspé irrégulièrement de zig-zags blanchâtres; tout le ventre couvert de plumes brunes à leur origine et blanches au bout 5 les ailes et la queue brunes ; le bec, le fanon et les pieds noirs. Longueur, deux pieds six pouces.
La femelle est un peu plus petite , plus régulièrement jaspée de blanc et les côtés du cou d’un brun très-clair tacheté de brun-fauve; elle n’a point de fanon. Les jeunes mâles ressemblent à la femelle; ou les distingue au petit fanon ou seulement à son pli membraneux sous le menton.
On trouve ce rare oiseau dans les parages de l’Océanie, particulièrement dans les environs du Port du roi Georges. Il a été décrit et figuré par Shaw., miscell., pl. a55.
Musées des Pays-Bas et de Paris.
Pélican lltSlôfâëé' , aduÙey
Z/üe/r.