‹ Nouveau recueil de planches coloriées d'oiseaux, pour servir de suite et de complément aux planches enluminées de Buffon, édition in-folio et in-4⁰ de l'Imprimerie Royale, 1770 (volume 3)Chapitre 19 sur 110 · GENRE HÉTÉROCLITE · texte numérisé non relu

GENRE HÉTÉROCLITE

de m envoyer : c est d après ce dessin que la planche 95 de ce recueil a été gravée (1). Je fis hommage de l’espèce à la mémoire du respectable doyen des naturalistes , le savant professeur Pallas ; et je crus nécessaire de supprimer la dénomination triviale de Paradoxus vu que, considérée comme Tétras, l’espèce pouvait offrir des caractères abnormesj mais qu’en érigeant cette même espèce en genre dont elle est à la fois le type et l’espèce unique , il serait ridicule de lui appliquer une dénomination si peu appropriée, et par cela seul vicieuse. Ce que nous avons à dire sur les mœurs de cet oiseau nomade fait partie de la description dans l’article qui suit.

(1) En publiant la gravure faite sur ce dessin, je me suis écarté de l’engagement que nous avons pris envers le public, de ne jamais donner que des figures d’après nature. C’est la seule gravure de ce recueil dont nous ne pouvons garantir l’exactitude; c’est aussi la première qui ait subi la critique : et je conviens que les remarques de M. Lichtenstein me semblent trèsexactes. Il en sera fait une plus ample mention dans l’article suivant.

\\ é té t o dite Police# , M à/e

HÉTÉROCLITE PALLAS

SYRRE APTES PALLASII. Temm.

Probablement le Jeune Mâle. — Planche 96.

*Ci dit, dans l’article précédent, que la gravure publiée en 1821

fts texte descriptif, livraison 16, pl. 9 5 , a été faite sur un dessin très-

cWé, communiqué par M. le professeur Fischer de Moscou 5 c’est sur

^dessin, et sur les notes fournies par ce savant, que repose l’article

eté/odite publié en 181 5 dans le troisième volume des Pigeons et

ïnacés. Les naturalistes nous sauront sans doute gré d’avoir tardé

l^squà ce jour, 1826, à leur fournir la description de ce rare et

SlIîgulier gallinacé : le motif de ce retard est qu’ayant été instruit par

0li arQi le professeur Lichtenstein, directeur du Musée de Berlin,

|jUe ^a figure pl. 95, et ma description de l’ Hétéroclite , manquaient

j exactitude, je ne devais plus balancer à supprimer provisoirement

^ texte destiné à accompagner cette gravure. M. Lichtenstein me

qu ayant reçu de la Bucharie deux peaux très-complètes d’Hété-

^ ^te, et se trouvant à la veille de publier la narration du voyage

lf^* ^Versmann ^ans cette contrée, il avait formé le projet d’en-

lr 1 ouvrage de notes et de remarques sur l’histoire naturelle de ce paySo t 5

^ • ^ouvrage mentionné m’est enfin parvenu 5 j’en profite pour

ïlïler aux naturalistes une traduction des remarques additionnelles

CUEIL D Oiseaux , 16e. livraison.

HÉTÉROCLITE PALLÀS.

de M. Lichtenstein , que je fais précéder par la description publiée dans le troisième volume des Gallinacés , vu que cette dernière est nécessaire à l’explication de la figure ci-jointe, que mon ami M. Lichtenstein croit être faite sur un jeune individu, ou la femelle de cette espèce, sur laquelle il nous manque encore des renseignemens exacts, les sujets obtenus delà Bucharie par M. Eversmann étant mâles (i)* Voici la description formant l’extrait de l’article Hétéroclite de 1 histoire des Gallinacés.

La longueur totale prise du bout du bec à l’extrémité des pennes latérales de la queue est de 8 pouces 10 lignes $ les deux filets du milieu débordent les plus longues pennes de 5 pouces 5 lignes ; les filets alongés des rémiges vont jusqu’à la moitié de la longueur de ceux qui dépassent la queue : le bec a 5 lignes : la longueur du doigt du milieu, l’ongle compris, est de 8 lignes.

Le sommet de la tête d’un cendré-clair $ le haut du cou et la nuque orange-foncé 5 la partie inférieure du cou et la poitrine cendrées; quelques plumes de cette dernière partie sont terminées par un crois" sant noirj elles forment, par leur réunion, un ceinturon, qui aboutit de chaque côté à l’insertion des ailes 5 le ventre est d’un cendré" jaunâtre 5 une large bande noire dont les extrémités remontent au* dessous des ailes est placée en avant des pieds 5 l’abdomen, les cuisses, les plumes des tarses et des doigts et les couvertures inférieures de B queue, sont d’un fauve blanchâtre 5 du cendré-jaunâtre couvre leS

(1) Si M. Lichtenstein veut bien me confier l’un des exemplaires déposés dans les galeries du Musée de Berlin, nous le ferons peindre d’ après nature , et la figure du mâle adulte sera foui11’6 sous le numéro g5 bis. Par ce moyen les souscripteurs seront en quelque sorte dédomma8eS de la longue attente, et nous aurons rempli scrupuleusement l’engagement pris envers le Pü' blic. La figure publiée par M. Vieillot, galerie des Oiseaux, pi. 222, est une très-mauvaise copie de notre planche coloriée.

HÉTÉROCLITE PALLAS

parties supérieures, mais les plumes du dos sont terminées de croisons noirs; les petites couvertures des ailes portent vers le bout une tache noire, mais les moyennes sont bordées et terminées par une teinte rouge-pourpre; les pennes secondaires sont noirâtres, bordées de brun-jaunâtre ; les rémiges , d’un cendré-noirâtre, sont terminées de blanc, les deux extérieures exceptées, dont le prolongement filamenteux est noir : la queue, très-étagée, est d’un cendré-foncé; toutes ^es pennes, terminées de blanc, ont à leurs barbes intérieures quelques grandes taches rousses; la penne latérale de chaque côté est eHcore bordée de blanc; les deux filets du milieu sont très-subulés et terminés en fils noirs. Les tarses et les doigts sont courts, abondamment garnis de plumes laineuses; les ongles sont noirs, larges et très - déprimés , celui du doigt du milieu est le plus fort , il est pourvu d’un sillon latéral. J’ai jugé par l’analogie qu’offre cet 0lseau avec les Gangas munis de brins à la queue, que l’individu %uré pl. q5 est un mâle, vu les longs filets dont les ailes et la flueue sont munies. M. Lichtenstein pense que ce pourrait être la femelle, mais je crois devoir induire des renseignemens fournis par Delanoue que le dessin obtenu de M. Fischer a été fait sur un Lune mâle. La traduction des remarques publiées par M. Lichtensteiïl dans le voyage de M. Eversmann contient en substance :

<( Que c’est à juste titre qu’on a considéré cet oiseau comme un ^es phénomènes les plus intéressans en ornithologie. » La difficulté Se procurer et d’observer les dépouilles de cette espèce sont les ^Uses que l’histoire de ce gallinacé est remplie d’obscurités; les indi- ^dus du Musée Berfin ne me mettent point encore à même d’en ^rnir une histoire complète : nous donnons ici quelques remarques additions aux descriptions fournies par Pallas et Temminck. ïfellas n’a eu à sa disposition quJun seul individu , probablement le

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mâle^.il lai manquait les pennes de la queue. Temminck fit la description sur un dessin (1) , probablement le modèle de la belle figure publiée récemment dans les planches coloriées, vu que la description correspond exactement avec cette figure. Je vais indiquer les différences observées entre la figure mentionnée et nos exenr plaires.

Nos individus sont plus grands, ils portent en longueur totale, de la pointe du bec au bout des pennes caudales, les deux longs filets exceptés, 11 pouces 6 lignes $ la queue a 3 pouces 6 lignes, et les deux pennes intermédiaires dépassent celle-ci de 5 pouces dans l’un des sujets, et de 3 pouces dans l’autre. Les couleurs sont beaucoup plus vives. Non seulement la gorge est d’un orange-vif, mais la partie antérieure de la tête de même qu’une raie derrière les yeux? sont de cette couleur 5 la tache derrière l’organe de la vue forme triangle, et s unit à la nuque par une faible bande transversale^ la tache à la gorge est d’une nuance plus foncée à sa partie inférieure et bordée par une bande marron : la bande transversale de la poitrine nest pas formée exclusivement par les taches en croissant, rnais toutes les plumes de ces parties ont un croissant noir placé sur fond blanc : la poitrine au-dessous de cette bande, et les petites couvertures des ailes sont d’une teinte cendré-jaunâtre un peu plus foncée, mais en même temps plus faible que celle du dos (2). La bande noire du ventre est plus large que dans la figure, elle s’étend plu® loin sur la ligne moyenne que vers les côtés 5 la première rémige est

(1) La description de l’oiseau figuré pi. g5 m’a. été fournie par M. Fischer. J’ai dit, pagedes Gallinacés : je dois à M. Fischer le dessin et la description de cet oiseau. Le sujet de Pallas fait partie du cabinet du professeur Schwægrichen à Leipzik ; j’ai examiné cet indiv i& totalement dégradé .

(2) Et was matter une! dunkler als die grand farbe.

HÉTÉROCLITE PALLAS

^oiie sur toute 1 étendue de la barbe extérieure 5 les suivantes sont s un cendré-blanchâtre à tiges noires $ à partir de la sixième elles

bo rl^Un ^1Un en^um^ a ^a pointe, et les barbes intérieures sont ees de blanc. Toutes les pennes de la queue et leurs couvertures nt tiès-étroites et terminées en pointes ou fils 5 toutes les couqtares inférieures et l’abdomen sont d’un blanc pur. jj %ure de la plante des pieds gravée sur cette planche de

Puis Cmmmck est totalement manquée; j’insiste sur ce défaut, ^■sque le caractère le plus marquant a été déduit, dans ce genre,

^ 0 f°rme deS piedS 6t dCS d°igtS; 6n elFet’ S‘ la P,ante des Pieds de

^oiseau ressemblait à la figure indiquée, on se déciderait diffici- ^ 1 ù séparer notre oiseau de ceux du genre Pterocles.

Ion» ^US &ranc^ individu1 rapporté par M. Eversmann n’offre en

^dulr* t0tale ^ ^ Plante dCS pieds qUG dix Iignes? dont i} faut

milieUe Une h%ne un qu^rt pour la substance cornée de l’ongle du est J611' la Iar§eur de cette Plaute est par contre de cinq lignes. Il du ^m)P°SSible de voir une séparation quelconque de doigts, celui tout méiitait seul ce nomj celui-ci est aussi large que long, et

Potioleles de la Ijase de son °"Sle’ très-large, naît de chaque côté Ottglü * tloigt latéial caché sous la peau et à peine visible par son

ter^e V"8’.* lnterne est un Peu Plus grand et plus bombé que l’exmifeft!s 61 oiseau ’ à l’instar du Chameau dans la classe des Mam-

éPaiSse ' CSt P0urvu de dol8ls nnmobilcs, revêtus en dessous d’une N,J,ls<:i,"<:l'e calleuse’ et reconnaissables seulement à leurs ongles. Ml d ne smvrons Point M. Lichtenstein dans les conséquences

Voir ent , ?ette. forme des Pieds’ ni dans Ies rapports qu’il croit C^e°u A ' ^eteroc^Ue et ie Killawah de Schaw, notre Ganga mou-

*etVation 'Uamah PL 54 5 • Nous préférons terminer cet article par l’obn succincte, mais trèsintéressante , fournie par M. Delanoue,

HÉTÉROCLITE PALLAS

placée dans le Dictionnaire classique d’Histoire naturelle, vol. pag. 182.

M. Delanoue , qui depuis Pallas a traversé les déserts qui bornen1 l’Empire immense voisin de la Chine, a été plusieurs fois à d’étudier les Hétéroclites 5 il les a observés dans leur marche lente et même pénible en apparence, puisqu’elle les oblige à de fréquente8 alternatives de repos : dans leur vol rapide, bruyant, direct et éleve? mais peu soutenu 5 dans leur manière de chercher sur un sable IR00 vant leur nourriture qui consiste en petites graines amenées par ^eS vents 5 enfin dans les soins de leur progéniture. Il a plusieurs f°lS surpris la femelle durant l’incubation, qui, malgré de vives inquie tudes, ne se décidait qu’à la dernière extrémité à quitter le nid 011 se trouvait l’espoir d’une nouvelle famille. Ce nid n’olfrait pour duvet que quelques brins de graminées, entourés de sable, et CIU contenait quatre oeufs d’un blanc roussâtre, tachetés de brun 5 il ^ placé au milieu de quelques pierres amassées sous un buisson.

Le voyageur cité assure que la femelle diffère peu du mâle; °n distingue néanmoins facilement par la privation de longues pluïïie aux ailes et à la queue.

Les Kirguis désignent l’espèce sous le nom de Buldruk , dén^1 nation dont M. Eversmann nous apprend le sens, et que ces pe plades donnent aux jolies femmes. Les Russes lui donnent le n°^ de Sadscha. Les déserts de la Tartarie nourrissent ce singulier ê 3 linacé.

Musées de Moscou et de Berlin.

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FRANCOLIN ENSANGLANTÉ

PE RD IX CRU EN TA. Te mm.

Le Mâle. — Planche 332.

L suffit de jeter un coup d’œil sur la figure ci -jointe pour être c°nvaincu que cet oiseau n’est pas un Faisan. M. le major-général 'Wdvvicke a publié sous ce nom de Phasianus cruentus une très-

C°ürte notice de notre oiseau, Transactions Linnéennes , vol. i3, He 237.

Le caractère unique servant de moyen pour distinguer les Fran- ^lris des Perdrix proprement dites , consiste dans 1 existence ou le ari(îue d’éperons aux tarses des mâles : les premiers en sont pourvus ^ les derniers ont le tarse lisse dans les deux sexes , ou bien garni ez le mâle d’une protubérance ou callosité. Le nombre des épe- °ns au tarse des mâles des différentes espèces de Francolins n’est ^ ri§°ureusement déterminable $ quelques - uns n’ont qu’un seul ^r°u Plus ou moins long 5 d’autres en ont deux d'égale ou d’iné- ^ e longueur 5 d’autres enfin ont constamment trois éperons au tarse part* 61 ^CUX seulement au gauche. Notre Francolin ensanglanté à tr^6 aUSS^ ^ Cette anomalle? on tr°uve des individus à deux, S et a quatre éperons 5 le mâle est le plus souvent armé de

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Oiseaux, 56e. livraison.

FRANCOLIN ENSANGLANTÉ

trois éperons d’inégale grandeur à chaque pied ; celui que nous figu* rons ici a le tarse gauche pourvu de quatre éperons de grandeur inégale , et le tarse droit de deux éperons d’égale grandeur ; ces éperons, les tarses, les doigts, la nudité ophtalmique et la cire sont d’un beau rouge-ponceau 5 une petite huppe , composée de plumes un peu longues , orne la tête de ce beau Gallinacé ; sa queue est de moyenne longueur et arrondie , et son bec proportionnellement court et très* bombé ; le tarse est généralement plus grêle que dans les autres Francolins de l’Inde et de l’Afrique.

Le plumage n’est pas moins remarquable que les belles formes de cet oiseau ; un gris très-pur couvre les parties supérieures du corps et du cou ; chaque plume de ces parties porte une raie blanche sur toute l’étendue de la ligne moyenne , et cette bande longitudinale est bordée de chaque côté par une raie noire; toutes les grandes couvertures de la queue portent de larges franges couleur carmin; cette belle teinte carminé borde les pennes de la queue , qui sont grises à leur base, blanches au bout, et dont les baguettes ont un lustre ar gcU"

tin; les baguettes des pennes alaires ont cette même teinte; i#alS sur toutes les couvertures se dessine une bande longitudinale d’u11 vert tendre accompagnée de bordures noires ; les plumes de la huppe sont panachées de blanc sur un fond gris ; celles du front et du 1°' rum ont une teinte rouge noirâtre passant en sourcil au dessus yeux ; les parties inférieures du corps et du cou ont une teinte veft tendre un peu jaunâtre à la poitrine , et d’un vert plus décidé sur les flancs ; le devant du cou. est panaché de noir sur un fond jauu6 verdâtre ; la gorge et toutes les couvertures du dessous de la queue s 0^ d’un carmin très-pur; on voit des taches carmin clair, irrégulière#1611 réparties sur les barbes des plumes de la poitrine , et en petits po#lts ronds sur celles des flancs. Ces taches couleur de sang réparties s^5

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FRANCOLIN ENSANGLANTÉ

symétrie apparente ont valu à l’espèce le nom quelle porte ; elles ressemblent en effet à des taches de sang dont le plumage paraît comme souillé. La taille du mâle approche de celle d’une poule domestique ; h est un peu plus petit que le Francolin criard d’Afrique, dont nous Prierons sous peu une ligure dans ce recueil. Longueur totale à peu près de i6 pouces.

La femelle est plus petite $ elle ressemble au male par le plumage , mais les teintes sont moins vives et moins pures $ le tarse n est pas armé d’éperons.

Le bel oiseau est un habitant de l’Inde j il vit dans les pays montUeUx encore peu exploités de la chaîne du Népaul. M: Hardwicke a reÇU deux sujets de M. Gardner , résident anglais à la cour de Népaul • deux autres sujets que j’ai vus à Londres ont été rapportes P ^ Un voyageur qui a parcouru ce pays. G est de la meme source , mais voyageur Danois dont le nom ne me revient point , que le Us^e des Pays-Bas a reçu le bel individu mâle qui a servi à la ^ ^Sente description.

jPretres.

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