ADDITION
A L'ARTICLE DU GENRE CALAO
Lorsqu’on fait attention au très-court espace de temps écoulé depuis 1 époque de la publication de l’Index générique, dans lequel 0lJs les Calaos, connus en 1824, se trouvent consignés, on a droit
étonné de la rapidité extrême avec laquelle nous marchons , de nos jours , de découvertes en découvertes. Dans l’espace de six années, dix espèces nouvelles, bien constatées, et deux autres, repo- Sant sur des renseignemens assez positifs, peuvent être ajoutées aux ^•neuf Calaos inscrits dans la première notice. Trois espèces étaient édites avant l’époque précitée, et des seize autres, nous en trou- V°ns quatre dues aux recherches assez récentes de Le Vaillant. De Ces trente et une espèces aujourd’hui connues , nous en énumérons seulement pour l’Afrique 5 les autres habitent les différenles îles ^ §rand archipel asiatique. Un seul point de la côte occidentale de d0rné°, visité récemment par M. Diard, vient de fournir une addition Quatre espèces ; quatre Calaos ont été découverts à Sumatra, et les d tles sont des îles les plus reculées de ce vaste archipel. L’intérieur Ces des5 la côte occidentale de Bornéo, les parties orientales et
SÇm . 7 1
jq entrionales de Sumatra, Célèbes, exception faite des districts de enado et de Macassar, n’ont jamais été visitées des naturalistes.
CUEIL DOlSEAüX, 89'. LIVRAISON.
ADDITION A L’ARTICLE DU GENRE CALAO
On peut s’attendre dans ces îles à une récolte fort riche en objets nouveaux pour l’histoire naturelle ; on trouvera sans doute dans ces contrées des Calaos inconnus , car elles sont couvertes de forêts de figuiers, de palmiers et de muscadiers, dont les fruits servent de nourriture principale à ces oiseaux.
Indépendamment des espèces déjà citées dans l’Index générique, nous donnons ici , sous des lettres alphabétiques, les Calaos nouveaux, qu’on pourra intercaller parmi ceux publiés dans ce recueil.
Esp. A. Calao a casque en croissant de nos pl. col. 546. Nous avons dit, à l’article du Calao rhinocéros, que la figure du Calao cl casque en croissant de Le Vaillant repose sur un sujet mutilé que nous possédons : cette figure ne devra plus faire partie des synonymes* Nous donnons ici une figure plus soignée, très-exacte, sous le nom de Buceros lunatus. Patrie, très-commun dans toutes les forêts des îles de Java et de Banda.
Esp. B. Calao largup de nos pl. col. 5 20. Buceros galeritus. Patrie, Sumatra et Bornéo.
Esp. C. Calao a casque élevé. Le bec, pl. col. 5a 1, fig. 1. Buceros elatus. Patrie inconnue.
Esp. D. Calao a casque en rouleau. Le bec, pl. col. Ô2i, fig* 3* Buceros cylindricus. Patrie inconnue.
Esp. E. Calao charbonnier de nos pl. col. 5^9, le mâle. Bucer°s antracicus. Patrie , Bornéo et Sumatra.
Esp. F. Calao rigolaire, pl. col. 53 1, le mâle. Buceros corrugatüS* Patrie, Bornéo.
Esp. G. Calao a casque grele de nos pl. col. 535. Buceros cilis. Patrie , Bornéo.
Esp. GG. Calao trompette de nos pl. col. 284. C’est Buceros buccï' nator. Patrie, l’Afrique.
ADDITION A L’ARTICLE DU GENRE CALAO
EsP- H. Calao coiffé , dont on a vu un individu à Londres , et lui repose sur la description de feu Raffles. Voyez l’article dans ce recueil. Buceros comatus. Patrie , Sumatra.
Esp. J. Calao a casque bombé de nos pl. col. 55o. Buceros convexes.
atrLe , les îles de Java et de Bornéo.
Esp. K. Calao malais^ indiqué par Raffles, Cat. des Oiseaux de Sumatra ; Linn. Transact. , vol. i5, p. 292. Voyez l’article dans ce recueil. Buceros malayanus. Patrie, Sumatra et la presqu’île de Malacca.
Esp. L. Calao cendrillard, pas figuré, mais décrit. Buceros cineraceus. Patrie , L’Inde, dans le Népaul.
Pour éviter aux compilateurs la peine de créer des espèces nominales, nous terminerons cet article de généralités par le relevé du genre Buceros, fourni par le gouverneur Raffles dans le Catalogue z°ologiqUe des Oiseaux de Sumatra (1).
Buceros rhinocéros, ou Inggang danto des Malais, est notre Buceros
r“noceros, esp. 1 - Buceros cavatus, Inggang papa ou Burong
°ndan des Malais , est notre Calao bicorne ou Buceros bicornis
Uceros monoceros, ou le Kiki des Malais, est notre Calao unicorne. ~~ Buceros malabaricus, ou XAngka angka des Sumataranais , est notre Calao à bec blanc.— Buceros galeatus, esp. 4 du catalogue de affles, notre Calao à casque rond; il faut ajouter celte indication ,
I "'S1 'l"e la figure exacte de la femelle de cet oiseau. Voyez Transact.
'""M voL l4> P • 578> aux synonymes que nous donnons de l’esece : le mâle de ce beau Calao diffère de la femelle par la lon- §“eur des deux pennes du milieu de la queue. Le nom malais de
fodi6 WpèCe CSt ™ang muntovah et Burong gading. INous avons
"lUé P°ur patrie la terre des Papous, c’est une erreur; le Calao
(0 Vo
yez Transactions linnéennes, vol. i3, p. 291.
ADDITION A L’ARTICLE DU GENRE CALAO
à casque rond se trouve dans la presqu’île de Malacca et à Bornéo.
Buceros malayananus et comatus de Rafïles sont décrits dans ce recueil. Son Buceros pucoran est probablement un jeune individu de notre Calao charbonnier.
GENRE CORBEAU
GENUS COREUS. Linné.
P ec tr<ïs-fort, gros et bombé à la base, un peu dilaté latéralement, courbé vers la pointe, à bords tranchans.
Marines basales, rondes, ouvertes, cachées le plus souvent par des poils roides
dirigés en avant, ou bien a découvert, et les poils contournés vers la surface du bec.
Pleds très'Li-ts, trois doigts devant et un derrière à peu près divisés; tarse plus long que le doigt du milieu.
Cngles forts et courbés.
N des longues, acuminées, aboutissant à peu près vers l’extrémité de la queue ou dépassant celle-ci; la première rémige de moyenne longueur; les deuxième et troisième plus courtes que la quatrième qui est la plus longue.
Nous avons dit, à l'article des généralités et de l’Index du genre GIaucope? que le groupe des Corbeaux, Corpus de Latham, forme un airtas c°nfus d’espèces; nous ferons un essai dans cet article pour er* distraire les Corbeaux proprement dits, désignés sous ce nom Pabe 106 du Manuel d Ornithologie, et formant une section dans ^ genre Corpus. Quelques recherches plus approfondies faites sur manière de vivre de ces oiseaux, des comparaisons établies sur m? charpente osseuse, les memes formes d’ailes et de queue obsere<=s dans toutes les espèces, même jusqu’à la couleur du plumage
Recueil d’Oiseaux , 70e. LIVRAISON.
GENRE CORBEAU
reproduite à peu près sous tous les climats, d’un pôle à l’autre, sont des indices favorables à l’isolement générique de ces oiseaux. Nous adoptons conséquemment le genre Corpus limité aux espèces comprises dans la section des Corbeaux proprement dits, et nous réunirons, sous le nom de Garrulus (Briss. ), Garrule , les Pies et les Geais qui se ressemblent exactement par tous les caractères, en exceptant toutefois, comme très-variée, la forme de la queue, ou plutôt la manière dont les pennes caudales sont étagées. J’ai dit en parlant des Pies et des Geais , dans le Manuel d’Ornithologie, qu’il faut n’avoir vu que la Pie et le Geai d’Europe pour établir une différence générique ; j’ajoute que le caractère le plus marquant se trouve dans la forme sous laquelle se présentent les pennes de la queue, mais que les mœurs et la charpente osseuse ne fournissent aucun indice propre à servir de base pour une séparation générique.
Les Corbeaux, Corpus , sont des oiseaux munis d’un puissant bec proportionnellement à la taille ; leurs pieds sont aussi très-robustes; leur forme est ramassée 5 le vol est soutenu en ligne droite ou circulaire, et en tournoyant dans l’air. Ils vivent, voyagent et nichent en grandes bandes 5 leur demeure est dans les forêts environnées de plaines ou de champs en culture; rarement dans les bois taillis et dans les broussailles. Ils ont une voix forte. Quelques espèces cherchent leur nourriture sur le corps des ruminans et des vautours, qu’ils délivrent par ce moyen des insectes parasites; quoique omnivores leur appétit carnassier est dominant. Nous verrons à l’article du genre Garrule , Garrulus , que ces caractères forment les principales différences entre ces deux groupes. Nous renvoyons aux articles Corbeau des œuvres de Buffon, et au Manuel d’Ornithologie, pour tout ce qui a rapport aux mœurs de tous ces omnivores répartis dans les deux genres mentionnés. '
UJUJ.UI..U LUJtiJjJi AU.
L Index du genre Corvus, ou des Corbeaux proprement dits, comprend aujourd’hui les espèces suivantes qui me sont connues : Sf.u Corbeau corbivau : Vaill. Ois. d’Af. vol. a, pl. 5o. Corvus
js&t ~ b°""e %™ <•" *«*. «**»
Éy. a. Corbeau montagnard : c’est Je Grand Corbeau de Vaill.
1S' Afr,<1’ voh 2 ’ P1- 5 O le jeune avant sa dernière mue. Corvus
tnontanus . Patrie, l’Afrique méridionale.
Esp. 3. Corbeau ou grand corbeau : Buffon, pl. enl. 4q5 a
donné le portrait d’une CorneUle sous le nom de Corbeau. M. Cuvier
» déjà fan la même remarque. Nauman a donné une bonne figure
ans ses belles planches d’oiseaux d’Europe. Corvus coras: des auteurs. TLe > 1 Europe et l’Amérique.
Esp. 4. Corbeau noir et blanc : VieiU. galerie des Oiseaux, pl. ,oo-
TT leuc°Phœ“‘ (Borealis de Briss.). Patrie, les contrées du cercle rc tique; commun aux îles Féroé.
Esp. 5. Corbeau a scapulaire blanc : Vaill. Ois. d’Afriq. vol. 2,
P • 55. Buffon, pl. 527 ; placé dans les synonymes de C. dauricus ,
7 sera Corvus scapulatus. Patrie , l’Afrique, Cap de Bonne-Espé-
rance, Sénégal et Egypte.
Esp. 6. Corbeau des moissons. Je désigne sous ce nom l’espèce mcte figurée sous le nom de Corneille du Cap } Vaill. Ois. d’Afriq.
■ p , pl. 5a. Corvus segetum. Patrie, l’Afrique méridionale.
fT- 7 ■ Corbeau a long bec. Pas figuré, mais indiqué dans les ethodes sous le nom de Corvus auslralis. Lath. Ind. sp. 2. Patrie, Tchipel des Indes; très-commun à Java.
^Esp. 8. Corbeau corneille: Buff. pl. enl. 485; n’est, comme le parque M. Cuvier, qu’un jeune freux. Corvus corone des méthodes. atrie, 1 Europe et l’Amérique septentrionale.
GENRE CORBEAU
Esp. 9. Corbeau nasique : de nos pl. col. 4i3. Corpus nasicus. Patrie certaine , Fîle de Cuba.
Esp. 10. Corbeau a duvet blanc. Pas figuré, mais indiqué par Daudin et Dampier. Corvus leucognaphalus. Patrie , l’Amérique; ap~ porté par Maugé de Porto-Rico.
Esp 11. Cobbeau enca. Pas figuré, mais indiqué sous le nom de Frigilus enca par M. Horsfield, catalogue des oiseaux de Java. Ce sera Corpus enca $ car on ne peut croire que M. Horsfield ait prétendu faire un genre distinct des Freux ou des Corneilles. Patrie , très-commun à Java.
Esp. 12. Corbeau mantelee : BufF. pl. enl. 76. Corpus cornix des méthodes. Patrie, l’Europe.
Esp. 1 3. Corbeau éclatant: de nos pl. col. 4ü5. Corpus splendens. Patrie ^ le continent de l’Inde.
Esp. i4. Corbeau columbien. Figuré par Wilson, Améric. orn. vol. 3, pl. 20, fig. 2. Corpus columbianus. Patrie, l’Amérique septentrionale.
Esp. i5. Corbeau freux ou frayonne : Rufï. pl. enl. 484. Corpus frugilegus des méthodes. Patrie, l’Europe et l’Afrique septentrionale.
Esp. 16. Corbeau ossifrague : Wilson, Améric. orn. volume 3, pl. Sy, fig. 2. Corpus ossifragus. Patrie, le littoral de l’Amérique septentrionale.
Esp. iy. corbeau choucas : Buff. pl. enl. 523. Corpus monedulu des méthodes. Patrie, l’Europe.
Esp. 18. Corbeau daourien. Pas figuré, mais indiqué par Pallas* Corpus dauricus des méthodes, mais les synonymes faux. Patrie, la Russie asiatique.
Je mets hors de ligne , comme n’ayant point subi un examen noU" veau, deux espèces dont les indications paraissent se rapporter a
GENRE CORBEAU
'les oiseaux de ce genre : Corpus Jamaïcensis et Corpus Calédoniens des méthodes. J’observe que le nom de Calédoniens est un double emploi dans Latham. Ce nom a aussi été donné à la Pie figurée par DEntrecasteaux; elle forme une espèce de nos Garrulus. Nous remarquons encore que des dix espèces indiquées par Latham dans
son groupe Corpus, supplément de l’Index, aucune n’appartient au genre Corbeau .
7/ne/.
CORBEAU NASIQUE
CORVUS NASICUS. Temm.
Planche 4i5.
0 On ne doit pas confondre cette espèce avec deux autres Corbeau tm en Amérique, notamment avec ceux désignés par Wilso:
fer ' i' n°mS Corvus °^fragus, et Corvus columbianus ; ils di J" Un et lautre de nolre Corpus nasicus, en ce que cette nou e espece est remarquable et facile à distinguer par la forme di
ftle ’ très'Sros’ à bords de la mandibule supérieure très-dilatés, forte estnt C0Urbé dès son or>gine’ et à narines nues. Le Corvus ossifragu, servâUSS, ' P'US «rand- Les caract®res ci-dessus indiqués peuvent encor, . n de moyen propre à reconnaître notre espèce nouvelle de cell,
d ‘quee dans notre ^ndex sous le nom de Corbeau à duvet blanc. C, duvT,681 enC01’e ftCile à disÜnSUer Par le blanc assez éclatant dt Pour* T r°r,gme deS P1""166 dl' d°S Ct des Panies inférieures es, abond Ue ^°tre ^°r^eau nas^1ue 3 le duvet des pi urnes de ces parties peu Ces d-ffU ^ d’Un SHS tern6; 11 6St pIuS §rand q«e celui à duvet blanc. espèc rences Servent de Premier moyen pour déterminer les trois lemeeS amé™aines qui me s°nt connues; nous allons donner le signant plus circonstancié de l’espèce nouvelle découverte récemment.
EcuEIL D’OiSEAUX f rj0*% L1VRAIS0N.
CORBEAU NASIQUE.
Un puissant et large bec, partant en ligne courbe dès la base, et fortement dilaté à ses bords, distingue notre oiseau : les narines sont absolument à découvert, et les poils qui recouvrent et cachent ces orifices dans le plus grand nombre des autres espèces, sont ici contournés vers le haut, et vont couvrir la base du bec qu ils cachent entièrement 5 la queue est faiblement arrondie et les ailes couvrent un tiers de sa longueur ; les pieds sont forts, munis d ongles très-courbés. Tout le plumage est noir, mais plus mat que dans nos espèces d’Europe le lustre des plumes n’est point changeant en couleurs métalliques, une seule teinte noire un peu lustrée est répandue sur tout le plumage- La longueur totale est de quinze pouces.
M. Popping a trouvé cet oiseau dans l’ile de Cuba; ses moeurs sont encore inconnues. L’individu que nous avons fait figurer est dépose dans les galeries du Musée des Pays-Bas.
Corbeau
ée/tfàtnù
ffue/ .