VI
B v e v e th orac/u y uaz/, /noie/
jPre/s't > .
BRÈVE THORACHIQUE.
P I T TA T H O R A CI CA. Temm.
L'Adulte . — Planche 76.
Cet oiseau établit le passage des espèces du genre Brève à celui composé des espèces du nouveau genre Timalion , groupe formé par M. Horsfield sous le nom systématique Timalia , dénomination que flous conservons à cette coupe intermédiaire entre les Brèves (pitta) et les Merles (turdus).La nouvelle espèce figurée de grandeur naturclle, pi. 76 de ce recueil , est un de ces êtres mixtes, placés sur la limite de deux groupes voisins , liés ensemble par les formes totales, ayant à peu près les mêmes habitudes et vivant de la même manière. On peut associer notre oiseau aux Brèves ou bien le classer avec les Timalïons ; sur ce point il s’agit seulement de s’entendre, car flous ne devons jamais perdre de vue que nos coupes méthodiques s°flt à peu près arbitraires 5 la nature n’a formé que des espèces, ^fl assez grand nombre de nos genres, adopté dans la plupart des ouvrages, paraît encore de nos jours bien déterminé, même naturel, et semble, aux yeux de quelques méthodistes, strictement systématique j mais à mesure que de nouvelles espèces pourvues de caractercs intermédiaires viennent s’offrir à notre examen , et qu’au moyen
Recueil d’Oiseaux, i5\ livraison.
BRÈVE THORACIIIQUE.
des découvertes nouvelles nous sommes chaque jour mieux à même d embrasser, par la vue, une portion plus vaste de la création , nous voyons disparaître successivement toutes ces coupes à ligne de démarcation fixe ou soi-disant naturelle ; notre point de vue se prolonge de plus en plus dans une série immense d’espèces liées les unes aux autres par des rapports de formes extérieures, d’organisation interne et de mœurs. L’observateur le plus versé dans l’art d étudier la nature , ne pourra jamais parvenir à déterminer , d’une manière rigoureuse et naturelle, les limites des coupes auxquelles nous donnons le nom de genre. Je me contenterai de citer ici à l’appui, deux exemples pris à dessein dans la classe des êtres les plus élevés dans l’échelle de l’organisation animale , les mammifères ; ceux-ci sont sans doute les plus faciles à répartir en coupes natui elles, d après 1 examen de la tête et de l’organisation totale qui en dépend. Le genre Chat( Felis), et le genre Chien (Ganis), forment deux groupes que l’on supposait parfaitement caractérisés, jusqu’à 1 époque, très-récente, où nous avons pu obtenir une connaissance plus parfaite du Chat guépard ( Felis jubata), pourvu de pieds semblables à ceux des chiens, à ongles nullement rétractiles, et du Cluen hyénoïde ( Canis pictus)qui, avec la dentition parfaite et les
mœurs des chiens, nous offre la forme des pieds pareille à celle des Hyènes.
L’oiseau qui fait le sujet de cet article est un Brève par les pieds , un Timalion par la queue , et la forme du bec porte les caractères intermédiaires entre lune et 1 autre de ces coupes génériques. Nous renvoyons pour de plus amples détails à la figure ci-jointe, qu i donne aussi une idée exacte des couleurs du plumage de cette espèce, très-abondante à Fîle de Java.
SÿJ.
Prêtres.
TIMALIE TACHETÉE.
T I M A LIA M ACU LA TA. Tbmm.
Planche 5q3, fig. i.
Le male a le front, une partie du sommet de la tête, le devant du cou, la poitrine et le ventre couverts de larges mèches noires encadrées par un liséré blanc ; la gorge et les lorums sont d’un noir plein ; occiput, nuque, dos, ailes et flancs d’un cendré-brun verdâtre ; le croupion, amplement garni de longues plumes à barbes soyeuses, est d’un roux ardent ; la queue et les rémiges brunes, bordées de roux ; le bec et les pieds noirs. Longueur, six pouces ou un peu plus.
La femelle a des teintes plus claires ; point de taches sur la tête et seulement de faibles marques au ventre 5 le roux du croupion plus clair et des teintes roussâtres aux flancs et à l’abdomen; la mandibule inférieure du bec est blanchâtre.
On trouve cet oiseau à Bornéo et à Sumatra, sans qu’il habite l’île de Java.
ÉKCUEIL b’OiSEAÜX, IOOs MVRAISOH.
TIMALIE POLIOCÉPHALE.
T I M AL I A P O LI O CEP H A LA. Temm.
Planche 593, fig. 2.
Cette espèce, également inédite, est un peu moins grande que la précédente. Toute la tête, les joues et la gorge sont d’un gris cendré dont la nuance rembrunit un peu vers l’occiput; les petites plumes qui garnissent le front sont bordées de blanchâtre, et celles de la gorge portent une petite raie longitudinale et blanche sur leur ligne médiane; tout le dessus du cou et du corps est d’un brun légèrement olivâtre; les ailes et la queue d’un roux foncé; le devant du cou et la poitrine roux de rouille; le ventre, l’abdomen et les cuisses d’un brun-roux. Pieds et mandibule supérieure du bec bleuâtre, l’inférieure blanchâtre. Longueur, cinq pouces six lignes. Les sexes ne diffèrent point.
On trouve cette espèce à Sumatra et à Bornéo.
-crt/h?. 2
Id
ayorye notre
//vvJ'v .
Tamalie porte
TIMALIE PORTE-CRINS.
TI MA LIA TRI CH O R RH OS. Temm.
Planche 5g4, fig. i.
Cette autre 7 imalie nouvelle est remarquable par la longueur extrême des plumes subulées, dont une partie du dos, le croupion et les flancs sont couverts. Elle se rapproche un peu par la forme du bec des vrais Four milliers^ mais ses pieds robustes à tarse court lui assignent un rang parmi les Timalies , dont elle a les mœurs et les habitudes.
Sommet de la tête d’un roux ardent; joues, nuque, manteau, poitrine et flancs d’un brun-roux ; gorge et région labiaire d’un noir plein; de chaque côté de la gorge une petite tache d’un blanc pur; «adieu du ventre cendré; ailes et queue noires. D’une partie du dos
des flancs naissent des bouquets de longues plumes subulées ou crins à barbes désunies et à tiges blanches, que l’oiseau a probablement la faculté détaler, et qui forment un ornement accessoire échu « partage aux deux sexes ; le manque de tache blanche à la gorge dingue la femelle du mâle. Longueur, cinq pouces et demi.
On a trouvé cette jolie espèce à Bornéo et à Sumatra ; mais elle ^ vit point à Java.
Recueil d’Oiseaux, ioo* livraison.
TIMALIE A GORGE NOIRE.
TIMALIA NIGRIC OLLIS. Temm
Planche 5g4, fig. 2.
Notre quatrième espèce nouvelle de ce groupe n’est point munie d’ornement accessoire ou de parade ; mais elle se distingue par des couleurs tranchées, quoique formées de teintes sombres , comme le sont généralement toutes les espèces dont ce genre est composé.
Sommet de la tête noir marqué de petites stries blanches longitudinales ; occiput d’un noir-olivâtre sans taches ; nuque, dos, ailes et les longues plumes du croupion d’un roux-marron vif 5 joues, côtés du cou, poitrine et ventre d’un gris foncé; gorge et devant du cou noir parfait; ces parties sont encadrées par un ruban blanc; une tache blanche forme moustache et une autre tache est placée derrière les yeux; pennes des ailes et de la queue noires, lisérées de marron-vif; les pieds très-vigoureux sont, de même qu’une partie du bec, noirâtres; la mandibule inférieure est blanchâtre. Longueur, cinq pouces.
Celle-ci a été rapportée de Bornéo et n’a point été trouvée à Sumatra ni à Java.
GENRE BRÈYE.
GE NU S P ITT A. Vieillot.
Bec médiocre, fort, dur, comprimé dans toute sa longueur, légèrement incliné depuis la base, fléchi à la pointe; arête élevée à la base; pointe faiblement échancrée; bords des mandibules un peu comprimés en dedans; fosse nasale grande.
Narines basales, latérales, à moitié fermées par une grande membrane nue ou garnie de quelques poils rares.
Pieds très-longs, grêles; partie du genou plus ou moins glabre; tarse souvent du double plus long que le doigt intermédiaire; l’interne réuni jusqu’à la première articulation; l’externe soudé ou totalement libre.
Niles courtes, arrondies; les trois premières rémiges également étagées, la quatrième et la cinquième les plus longues.
Queue très-courte, égale ou arrondie.
Nous avons fourni dans cet ouvrage plusieurs exemples à lappui de notre opinion , relativement à la répartition des groupes et des espèces d’animaux de toutes les classes sur la surface du globe ; nous croyons qu’on peut poser en principe que le plus grand nombre des genres d’animaux , ceux de l’Océanie assez généralement exceptés, sont répartis à peu près sous la même parallèle dans les deux continens,et que le plus grand nombre des groupes naturels compte des représentans de leurs espèces dans les deux Mondes.
La coupe des Brèves, telle que nous la donnons ici, vient nous fournir une preuve nouvelle de cette identité de formes et de genre de qui servent à caractériser une petite famille d’oiseaux insectivores, destructeurs assidus des termites qui sont un des fléaux le plus in-
Recueil d’Oiseaux , 85°. livraison.
GENRE BRÈVE
commode sous les régions tropicales des deux Mondes. En effet, les Brèves des archipels de l’Asie diffèrent si peu des oiseaux de l’Amérique méridionale, connus sous le nom de Roi des fourmiliers et de Beffroi,, espèces dont M. Vieillot forme le genre Grallaria (1), qu’à la rigueur on ne peut indiquer aucun autre caractère que la seule différence de la petite nudité ou de la partie glabre du genou et du bas de la jambe, que les Brèves de l’ancien continent ont couverts de petites plumes; tous les autres caractères pris de la forme du bec, de la longueur et de la structure des pieds, de la coupe des ailes, de leur brièveté et du peu de longueur de la queue , sont exactement les memes dans les Brèves comme chez les Grallaries. La nourriture et les mœurs de ces oiseaux nous offrent encore des rapports qui inuflent sans doute sur toute leur organisation , et sur l’ensemble de leur charpente osseuse, que nous n’avons pas été à même d’étudier. Les considérations nous portent à réunir en un seul groupe les Brèves de 1 ancien continent avec les trois espèces connues de Grallaries du Nouveau-Monde, et den offrir ici le tableau spécifique sous le non*
de Pitta ou Brève, genre que nous diviserons en deux sections géographiques.
Les Brèves de 1 ancien continent, ceux notamment qui vivent dans les îles de la Sonde, ont un cri qui imite un coup de sifflet. M* le comte de Bocarmé nous a communiqué que ce cri décèle la présence du Brève azurin dans les anciennes plantations decafiers? et autres endroits couverts de broussailles épais, où il cherche les lombrices et les termites que ces lieux sombres fournissent en abon* dance; il court très-vite et se bat fréquemment à la manière des cailles. On trouve son nid en mars, construit à huit ou dix pieds de terre, dun amas de feuilles et de vergettes entassées : il contient
(0 Voyez Galerie des Oiseaux, vol. i, p. ^ , et Dictionnaire d’Histoire naturelle.
GENRE BRÈVE
quatre ou cinq œufs blancs ponctués de brun et de noir, de forme sphérique.
Les espèces connues aujourd’hui sont :
rc SECTION , composée des espèces de V ancien continent.
Esp. i. Brève géant, le mâle, de nos pl. col. 217. La femelle est d’un ton brun partout où le plumage du mâle offre des teintes
hleues : c’est Pitta gigas. Patrie , l’île de Sumatra.
Esp. 2. Brève rêveilleur, de nos pl. col. 353 : c’est Pitta stre- PitAns. Patrie , l’intérieur de la Nouvelle-Hollande.
Esp. 3. Brève azurin ; le mâle est figuré dans la pl. enl. 555 des 0lseaux de Buffon, sous le nom de Merle de la Guyane. Inscrit dans les méthodes sous le nom de Turdus cyannurus , et figuré par Vieillot, Galerie des Oiseaux, pl. i53, comme Pitta cyanura. Patrie , n°n la Guyane comme on l’a cru à tort , mais habitant les îles de
Sonde.
Esp. 4. Brève cyanoptère, de nos pl. col. 218, et une figure ^ins exacte du même oiseau dans Buffon , pl. enl. 267 , sous le nom de Merle des Moluques et de Brève de Madagascar ; c’est encore le
epe de la côte de Malabar, de Sonnerat , vol. 2 , p. 191 , que nous désignons sous le nom de Pitta cyanoptera. Patrie, les Moluques, Sumatra et Bornéo.
Esp. 5. Brève brachyure, figuré par Buff. , pl. enl. 258, sous le n°m de Merle de Bengale, par Edwards, tab. 324, et par Sonnerat, fd* Brève de Malaca, classé par les méthodistes dans l’article es~embrouillé de leur Corvus brachyurus : aujourd’hui Pitta bra-
ÏIYURa* Patrie, le continent de l’Inde, les Moluques, Timor et les es de la Sonde.
GENRE BRÈVE
Esp. 6. Brève A tète noire, figuré par BufF., pl. enl. 89, sous le nom de Merle des Philippines; ce sera Pitta atricapilla. Patrie , les Philippines et Bornéo.
Esp. 7. Brève a ventre rouge, de nos pl. col. 212; c’est PittA erythrogaster. Patrie , les Philippines, principalement Manille.
Esp. 8. Brève grenadin, de nos pl. col. 5o6 ; c’est Pitta granatina. Patrie la côte occidentale de Bornéo.
On trouve encore à Bornéo deux autres espèces nouvelles que nous publierons lorsque l’expédition dont elles font partie nous sera parvenue.
IIe SECTION , composée des espèces du Nouveau-Monde.
Esp . 9. Brève roi, figuré par Buffon , pl. 702, sous le nom de
Roi des fourmiliers , classé par Vieillot comme type du nouveau genre
Grallaria, et figuré par lui Galerie des Oiseaux, pl. i54; inscrit dans les catalogues méthodiques sous le nom de Turdus grallariuS’ Cest notre Pitta grallaria. Patrie la Guyane et le Brésil.
Esp. 10. Brève beffroi, figuré par BufF., pl. 706, fig. 1 , sous Ie le nom de Beffroi de Cayenne , et inscrit comme Turdus tiniens dans les catalogues. C’est Pitta tiniens. Patrie > la Guyane.
Esp. 11. Brève moucheté, espèce inédite, non figurée, quenous désignons en ces termes : Taille de moitié plus petite que le Br^e roi ; partie du genou glabre; tarses très-longs; ailes et queue courtes ï sommet de la tête cendré, avec une bande frontale rousse; partie supérieure d’un ton olivâtre foncé; base des rémiges et flancs duu roux vif; gorge, poitrine et milieu du ventre blancs; de grandes taches noires sur la poitrine. Longueur, cinq pouces. Ce sera PirrrfA macularia. Patrie , le Brésil.