‹ Nouveau recueil de planches coloriées d'oiseaux: pour servir de suite et de complément aux planches enluminées de BuffonChapitre 113 sur 150 · GROS BEC ELÉGANT · texte numérisé non relu

GROS BEC ELÉGANT

KFRINGILLA ORNATA. D, Max.

Le Mdle et la Femelle.

Planche 208.

La taille de cette espèce est moindre que celle du Chardonneret d'Europe; le bec est en céne très-pointu, un peu allongé; la queue longue et carrée; les deux sexes ont, sur le sommet de la téte, des plumes longues, formant une huppe qu’ils ont la faculté de relever.

Le sommet de la téte, chez le male, le lorum, la gorge, la poitrine et la ligne moyenne du ventre sont d’un noir parfait ; les joues d’un blanc pur; les parties latérales de la poitrine et les flanes d’un Jaune-roussàtre; la couleur jaune des flanes et le noir de la ligne moyenne du ventre sont nuancés de teintes marron-clair, et cette dernière couleur est répandue sur l’abdomen et sur les couvertures inférieures de la queue; les pennes qui composent celle-ci sont d’égale longueur, blanches depuis leur base jusqu'à l’endroit où viennent aboutir les ailes, et noires sur tout le reste de leur étendue ; les deux pennes du milieu sont noires, leur origine seulement est d’un blanc pur; les parties supérieures sont d’un gris-cendré très-pur; les ailes noires, mais toutes les couvertures ont de larges bordures d’un cendré-blanchatre. Longueur totale, quatre pouces.

La femelle a les plumes de la téte et celles de la huppe couleur tabac d’Espagne ; toutes les parties inférieures d’un roux-blanchdtre, nuancé en diflérentes teintes; les parties inférieures et les joues d’un cendré-roux, et les pennes des ailes, ainsi que la partie du bout de la queue, d'un brun-noiràtre. Le bec est noiràtre et les pieds jaunàtres.

On trouve cette espèce nouvelle au Brésil, d’où elle a été rapportée par le prince de Neuwied qui possède les deux sujets figurés dans les planches.

RecuriL D'Orseaux, 35°. LIVRAISON.

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TOURACOU PAULINE.

MUSOPHAGA PAULINA. Tewnm.

L’Adulte.—Planche 23.

Les Touracous ont été rangés par Iliger, Prodromus mammalium et avium, dans un genre distinct, auquel” il donne le nom de Corythaix. Long-temps après que ce saVant distingue eùt publié son système, on a vu paraître ce groupe > ‘SOUS, «une dénomination nouvelle. Nous ne faisons point usage « du: ‘nom de genre proposé par le professeur Berlinois, nos vues, saccordant parfaitement avec celles de M. Le Vaillant, qui place: les louracous dans le genre Musophaga de Linné; mais nous divisons ce genre en deux sections, dont la seconde comprend les trois espèces bien connues de Touracous; une de ces espècestest'figurée dans la planche enluminée 601 des oiseaux de Buffon : c'est la méme indiquée par les méthodistes sous le nom de Cuculus persa.

Nous transcrivons ici le texte de M. Vieillot, parce que ce naturaliste a observé un individua vivant, le méme qui a servi de modéle à nos peintres. Ce bel oiseau appartenait à M°. Pauline de Ranchoup, à laquelle il a été consacré.

Le Touracou pauline a dans ses proportions et dimensions, une grande analogie avec. le Touracou louri figuré par Buffon; mais ses couleurs'sont diflérentes; ; sa huppe, dont quelques plumes sont terminées de blarte® est rouge, et a la méme forme que celle des deux autres espèces, c’est-à-dire composte d’un grand nombre de plumes eflilées et très-déliées qui, s'élevant de chaque còté, sappliquent les unes contre les autres, et se réunissent à leur sommet pour former une sorte de créte qui imite un casque ancien. Ce casque s'étend jusque sur le haut du cou, dont les plumes

présentent les mémes formes, et prennent la méme direction que

RecuEIL D'OrseAUX, 4°. LIVRAISON.

TOURACOU PAULINE.

celles de la téte et de la nuque; les plumes qui recouvrent les narines, le cou en entier, le dos, les ailes, les plumes du dessus de la queue, les pennes, la gorge et la poitrine, sont d’une couleur de cuivre très-lisse et lustrée; le ventre et l’abdomen d'un vert de cuivre un peu terne et è reflets d'un vert-bleuàtre; les rémiges sont d'un beau rouge en dehors, et d’un rouge très-clair en dedans; une grande plaque blanche entoure l’ceil, sétend d'un còté jusquau bec et de Vautre au méat auditif; le bec est d'un jaune-orangé ; l’eeil grand, rougeftre, et entouré par un cercle rouge; les pieds sont d'un gris-noiràtre. La grosseur de l’oiseau est à peu près celle d'un Pigeon de colombier.

L’individu observé à Paris, ainsi que ceux de l’espèce du Touracou louri dont nous avons possédé plusieurs individus vivans, sont doux et familiers; ils sautent a terre et de branche en branche avec vitesse et légèreté; le son de leur voix est sonore et paraît ventriloque; on peut les nourrir de fruits succulens, et è leur défaut de fruits secs ou confis au sucre.

Cette espèce habite lA frique méridionale.

Say

——___———————cme-

GENRE INDICATEUR

GENUS INDICATOR. VAILLANT.

Bec court, conique, déprimé, dilaté sur les còtés,. presque droit,

et échancré à la pointe; arète distincte ; fosse nasale grande. Narines basales è la surface du bec ;

un peu fléchi

un peu tubulaires, ouvertes près de l’arète, bordées par une membrane.

Pieds courts; doigts par pair; tarse plus court que le doigt externe; les antérieurs

réunis jusqu’à la première articulation.

Ales médiocres; la première rémige nulle; la seconde un peu plus courte que la troisième qui est la plus longue.

Sparmann, Voyage, vol. 2, pag. 191, est le premier voyageur qui ait parlé de l’Indicateur sous le nom de Coucou, classification erronée adoptée depuis par tous les méthodistes. C'est au célèbre ornithologiste Le Vaillant qu'on doit une narration plus exacte des habitudes de ces oiseaux, histoire dépouillée du galimatias merveilleux dont elle a été parée, dit cet auteur, par cet orgueil si propre à Yhomme, et qui lui fait rapporter tout à lui. Nous allons donner

ici textuellement la narration de mon respectable ami (1).

(1) Après avoir fourni une très-longue carrière, entièrement consacrée è l’étude et aux travaux de l’ornithologie, Le Vaillant meurt è peu près oublié par ses concitoyens, dans une chétive retraite, presque dans le dénuement, au milieu d’une très-nombreuse famille dont il était l’unique appui. Ses ouvrages nombreux sur l’ornithologie, particulièrement les six volumes de ses Oiseaux d’Afrique, n’ont pas besoin d’apologie; ils seront apprécigs à leur juste valeur partous les savans, et serviront aux naturalistes de modèle et de guide à suivre dans une science qui veut l’exactitude des faits basés sur des observations souvent renouveléges 3 dont le mérite doit prévaloir, par son utilité, sur tous ces discours pompeux et pogtiques d’une érudition manquant souvent de précision dans les détails essentiels de l’histoire des moeurs et des habitudes des animaux.— Serait-ce pour s'étre prononcé avec trop de franchise sur des écrits de ce genre, et pour avoir émis une critique sévère, peut-étre souvent trop amère, que ce savant ornithologiste s'est vu réduit dans ses vieux jours au plus strict nécessaire, sans aucune espèce d’encouragement et sans cueillir le plus léger fruit de ses travaux, au milieu des récompenses, des gràces et des titres donnés à ses compatriotes, et accordés dans tous les temps au vrai mérite

Recurm D'Orseaux, 62°. LIVRAISON.

GENRE INDICATEUR

Il est bien vrai, dit Le Vaillant, que les colons d’Afrique, et particulièrement les Hottentots, ayani reconnu une fois que l’Indicateur se nourrissait de miel, se sont imaginés de suivre cet oiseau pour découvrir les ruches sauvages auxquelles il se rend nécessairementi chaque jour plusieurs fois pour subvenir à ses propres besoins, et que son instinet lui indique bien mieux que les recherches de l'homme. Il est encore vrai de dire que les Indicateurs étant d'un naturel fort criard, ils donnent par la beaucoup de facilité pour les découvrir et mieux encore pour les suivre sans les perdre de vue, jusqu'a ce qu'ils soient arrivés au but de leur course qui n'est rien autre que celui de prendre un repas accoutum$, et non, certes, celui de déceler è l'homme un trésor dans l’espoir que celui-ci le partagera avec eux. Sil fallait que chaque Indicateur conduisit ou entraînàt, pour ainsi dire malgré lui, un homme vers une ruche pour que celui-ci Vaidàt è son tour à semparer du miel qu'il aurait découvert, on doit facilement concevoir que les Indicateurs risqueraient fort de mourir de faim. Comment vivent donc tous les :ndividus de cette espèce qui pullulent dans ces vastes contrées de l’Afrique où l'on ne voit pas un homme.

Il est évident, ce me semble, que, d’après tout ce que nous savons, ce n'est pas l’Indicateur qui, comme on l’a conté, appelle les hommes, dont il est bien certain qu'il n'a pas besoin, pour s'approprier le miel qu'il aurait découvert lui-méme; mais que c'est l'homme, au contraire , qui ayant reconnu l'habitude qu'a cet ciseau de se rendre aux ruches, le suit tout naturellement pour les trouver plus facilement ; comme lorsqu’après avoir remarqué en Afrique l’habitude qu'ont les Gangas de se rendre, à certaines heures fixes, à l’abreuvoir , je m'avisai aussi de les suivre pour découvrir l’eau à laquelle ils se rendaient tous. L’affluence des Vautours dans un lieu quelconque n’indique-t-elle pas aussi aux Africains une proie terrassée par un animal féroce, et ces peuples ne savent-ils pas de méme profiter de cet avertissement. Enfin ces pratiques des peuples sauvages sont si naturelles, que si Von suivait de méme chez nous un Heron, il est certain qu'on arri-

verait à une rivière, un bassin ou un étang poissonneux; comme

et aux hommes célèbres dont la France s'honore. Faut-il donc des tombeaux pour appeler la reconnaissance publique sur les travaux des hommes de mérite; les armes de la médisance et de la jalousie ne Yémoussent-elles que contre le marbre qui recouvre leurs dépouilles

mortelles!

GENRE INDICATEUR

en suivant une bande d’Etourneaux, on parviendrait à une prairie où l’on trouverait des bestiaux paissant ; que si l'on suivait les Corbeaux, on trouverait une charogne; comme, en un mot, celui qui suit les pas d’un dine risque fort de ne trouver que des chardons à recueillir. Au reste Sparmann a redit en Europe ce qu'on lui a conté au Cap sur cet oiseau, car l’histoire qu'il rapporte est en effet, dans la colonie, la fable dont on berce les hommes crédules au sujet de l'Indicateur. On ne connaît au Cap l’Indicateur que par oui-dire , puisqu'il habite assez avant dans l’intérieur.

Le Vaillant pense que, par les indications fournies et par l’inspection des figures publiées dans ses ceuvres (1) , les naturalistes seront bien convaincus que les Indicateurs n’ont aucun rapport avec les Coucous, soit par leur forme, soit par leurs moeurs, quoique Bruce ait encore fortifié cette dernière erreur en figurant dans son Voyage en Abyssinie un soi-disant Indicateur, auquel on n'a pas manqué de donner absolument toutes les formes d’un Coucou; ce qui prouverait assez qu'il n'a pas plus vu d’'Indicateurs en Abyssinie quil n'y avait vu la Giraffe è laquelle il donne les cornes de l’Antilope (2).

Les Indicateurs vivent dans les pays boisés. Ils nichent dans les trous d’arbres et pondent leurs ceufs sur le bois vermoulu ; ils sont d'un naturel peu farouche, quoique très-remuans; on lesentend sans cesse crier, ce qui les fait alsément découvrir par le chasseur; et comme ils ont le vol lourd et quiils se portent à de petites distances, il est très-facile deles suivre lorsqu’on veutarriver aux ruches où ils sont habitués d’aller prendre leur nourriture, car ils vivent principalement de miel et dela cire qui le contient; mais ils ne mangent point les abeilles, quoiqu'ils en détruisent beaucoup ense défendant des piqures de celles qui, sattachant de préférence aux yeux de l’oiseau, lui font quelquefois payer chèrement sa t6mérité. Les Hottentots ont assuré à Le Vaillant que plusieurs foisils avaient trouvé au bas des ruches sauvages, des ca-

davres d’Indicateurs qui avaient été tués par les abeilles: ce qui peut

(1) Oiseaux d’Afrique, vol. 5, pag. 100 et suivantes, et planches 241 et 242.

(2) Cette assertion est un peu hasardée, car le soi-disant Indicateur du voyageur Bruce pourrait bien ètre une espèce distincte que nous n’avons point encorevue en nature. Nous n’avons point encore des données certaines sur la patrie des Giraffes exposées aux yeux des Romains, et qui, selon toute apparence, ne pouvaient venir que des contrées septentrionales de l’Afrique; cette Giraffe dont parle Pline pourrait très-bien former une seconde espèce , quoique son existence paraisse étre très-douteuse. Attendons les résultats des recherches qui se font aujourd’hui

dans les contrées visitées par Bruce pour émettre une opinion définitive sur cette matière.

GENRE INDICATEUR

assurément bien arriver, puisqu'en Europe on a souvent trouvè dans nos ruches des souris, des mulots mis à mort par des abeilles, et ensevelis sous une voùte de cire : celles-ci ne pouvant traîner leurs cadavres hors des ruches, les couvrent ainsi pour ne pas en ètre incommodées. La peau de ces oiseaux est 6paisse, et les fibres en sont tellement serrées, qu'on a de la peine a la piquer d'une épingle avant qu'elle ne soit sèche : admirable précaution de la nature qui ayant destiné les Indicateurs à disputer leur subsistance aux abeilles, l’a revétu d'une cuirasse impénétrable qui la préserve de l’aiguillon acéré du plus industrieux des insectes.

Nous connaissons aujourd'hui trois espèces distinctes d'Indicateurs, et deux autres ont été indiquées d'une manière assez vague; nous placons celles-ci provisoirement hors de ligne, en les indiquant sur le témoignage des voyageurs. Les trois espèces bien connues sont :

Esp. 1. INDICATEUR A BEC BLANC de nos pl. col. 567, Indicator albirostris. Patrie, les còtes septentrionales et occidentales d'Afrique, particulièrement l’Egypte et le Sénégal.

Esp. 2. Granp Inpicatevr (1). Le Vaill., Ois. d’Af., vol. 5, page 104, pl. 241, le méle adulte, et le jeune sous le nom de femelle. Indi cator major. C'est le Cuculus indicator des catalogues méthodiques; voyez les synonymes dans Latham. Pazrie, l'Afrique méridionale, dans l’intérieur.

Esp. 3. Petit Inpicarevr. Le Vaill., Ois. d'Af., vol. 5, pag. 106, planche 242, le màle. Indicator minor. Patrie, les mémes contrées que le précédent, et les còtes occidentales à Sierra Leona et au Sénégal.

Nous placons ici, comme simple notice, la très-courte phrase sous laquelle Le Vaillant fait mention d'un autre Indicateur quil n'a pu voir qu'une seule fois et qui n'existe point dans les collections ornithologiques. Il est, dit l’auteur mentionné, de taille moyenne entre le grand et le petit Indicateur; dessus de la téte brun ainsi que le dos, les ailes et le croupion ; gorge roux clair, et tout le dessous du corps blanc-roussdtre ; pieds et bec bruns. Habite vers les bords de la rivière Orange. Si l'on retrouve cet oiseau je propose de le nommer Indi cator Levaillantii, en l’honneur de mon estimable ami.

(1) Cet oiseau est plus petit que notre Indicateur à bec blanc.

SEFONITiTAIO vie: to tibi RPRSTCIETIARZA PIENE Ti ria citta titatità FREIIEIAIARISNIOta Iata

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