‹ Nouveau recueil de planches coloriées d'oiseaux: pour servir de suite et de complément aux planches enluminées de BuffonChapitre 126 sur 150 · II · texte numérisé non relu

II

. / silonne 7 malo adulte.

Aracari

Hitet

ARACARI SILLONNE.

PTEROGLOSSUS SULCATUS. SwaIns.

L’Adulte. — Planche 356.

JAr fait mention de cette espece dans l’analyse du système d’ornithologie d'après les individus observés à Londres et sur les indications de M. Swainson, Journal of royal institution, vol. 9, pag. 267. Depuis l’époque de cette publication nous avons trouvé une figure bien médiocre de l’espèce dans l'ouvrage intitulé Zoologica/ illustrations, pl. 44, sous le nom de Grooved-bill Aracari.

Le bec de cet Aracari offre un caractère remarquable dans ce groupe d’oiseaux ; au lieu d’étre voùté et un peu bombé sur les còtés comme dans toutes les autres espèces, les deux mandibules portent en longueur un sillon très-profond, accompagné à la mandibule supérieure d’une créte latérale et d’un second sillon très-court qui passent au dessous des narines; la couleur de ce bec est d’un brun d’acajou marbré de noir; la membrane nue de la région ophtalmique est bleuatre; une petite bande azur très-vif borde cette peau nue; tout le plumage des parties supérieures est d’un beau vert-pré; la gorge est d'un gris-cendré très-clair, et le reste du plumage d’une belle teinte vert-clair. Longueur totale, douze pouces quatre ou six lignes.

Les sexes paraissent n’offrir aucune différence bien marquée dans les couleurs du plumage.

Cette espèce a été rapportée du Pérou; Jen connais trois individus, savoir dans le Musée des Pays-Bas, dans le cabinet de M. Swainson et dans celui de lord Stanley près de Liverpool.

o vr RecuriL D’'Orstaux; 60°. LIVRAISON.

GENRE COUROUCOU.

GE NU:S.:TROGO0N. Latte

cdi A ALS Bec plus court que la téte, gros, vote, convexe, plus large que haut, courbé à la pointe, dentelé sur les bords, ou à mandibules lisses; pointe de la mandibule supérieure échanerée; base garnie de longs poils.

Narines è la base du bec, latérales, ouvertes, cachées par les poils de la face. Pieds très-courts, faibles; tarse plus court que le doigt externe, en partie couvert

de plumes; le doigt interne postérieur toujours le plus long; l’externe postérieur versatile.

Ailes médiocres; les trois premières rémiges étagges; la quatrième et la cinquième les plus longues.

Le luxe et l’éclat de la parure sont pour ainsi dire les seuls dons

échus en partage aux Couroucous: l’élégance des formes, la noblesse de maintien, l’agilité du vol, la docilité et l’amabilité du caractère nese retrouvent pas chez eux. Leur cou très-racourci, joint à la volu-

mineuse accumulation de leurs plumes sous lesquelles se cachent de

très-petits pieds et une très-large queue pendante, enlèvent à ces

oiseaux toute espèce de gràce, et donnent aux parties couvertes d’un plumage roussàtre l’aspect d’un paquet de feuilles mortes. Perchés ou blottis sur une branche du bocage très-touffu sous lequel ils vivent pendant le jour, il est difficile de les apercevoir. Ils conservent silencieusement cette attitude pendant toute la journée, et s'ils viennent à étre découverts, loin de chercher leur salut dans une fuite tortueuse, ils se laissent nonchalamment approcher et donnent au chasseur qui les recherche pour la délicatesse de leur chair tout le temps

pour ne pas les manquer. Ils se tiennent, dit d’Azara , ordinairement à la hauteur moyenne des arbres, sans descendre à terre ni sur les branches basses; ils guettent ainsi en silence les insectes qui

passent à leur portée. Quoique la nourriture des Couroucous con-

siste principalement en insectes , ils recherchent aussi certains

c) e 7 Recuri D’Orsesux, 63° LIVRAISON.

GENRE COUROUCOU.

fruits moux et succulens ; ils abandonnent la sombre épaisseur du feuillage qui leur sert de retraite pendant la chaleur du jour, et se mettent en mouvement à la fraîcheur du matin et du soir, ce qui a fait attribuer à ces oiseaux l’organe de la vue extrémement sensible. L’ombrage sous lequel ils vivent presque toujours. contribue sans doute è la brillante coloration du plumage et à maintenir dans tout son éclat l’extréme pureté des teintes trèsfraiches, mais singulièrement fugitives, dont les plumes sont couvertes (1). L’époque des amours qui se renouvelle plusieurs fois dans l'année, vient arracher le Couroucou è la solitude; pendant toute sa durée il rompt le silence et fait entendre des cris assez tristes , à peu près analogues à son nom qui en dérive. Le màle et la femelle, dont le plumage offre des teintes différentes, unissent leurs soins pour préparer assez négligemment un nid dans le tronc vermoulu des vieux arbres; ce nid placé sans autre apprét sur la poussière ligneuse recoit trois ou quatre ceufs gros et obtus. En naissant les petits sont absolument nus, et ce n'est qu'au bout de quelques jours qu'un léger duvet commence è les couvrir. Ils se parent dès la première année de leur robe brillante ; les jeunes, au sortir du nid, ressemblent un peu è la femelle adulte dont le plumage est moins brillant que celui du màle, toujours facile a distinguer de sa compagne par l’éclat et la grande pureté des couleurs qui ornent sa belle livrée. La peau des Couroucous est extraordinairement délicate et fine, le plumage très-abondant n’y adhère que par le bout d’un faible tuyau placé dans un épiderme diaphane et si mince qu'il suffit de la pression du doigt ou du plus léger contact pour enlever toute une portion du plumage. Le plus grand nombre est pourvu vers la région occipitale d'un grand espace dénudé; toutes les plumes sont couvertes d’un épais duvet, et leur bout seulement est richement coloré; la masse de plumes dont ils sont recouverts les fait paraitre à peu près du double plus gros qu'ils ne le sont en eflet.

Les climats les plus chauds de la zone torride des deux mondes nourrissent ces beaux oiseaux ; il serait méme impossible de distin-

(1) La matière colorante du plumage des Couroucous est à tel point fugitive, que ces belles teintes sont bientòt flétries dans nos collections. Pour peu que le plumage de ces oiseaux soit exposé à la lumière du jour, on voit les couleurs faiblir en peu de temps, et l'action des rayons

du soleil les détruit totalement. Le rouge, le jaune et l’orange passent au blanc terne, et le vert

prend une teinte cuivrée. Des individus décolorés de cette manière ont très-souvent été decrits comme des espèces distinctes.

Page 1