GOBE-MOUCHE PETIT-C00Q
le nom de Muscicapa alector. Depuis le retour du prince, M. Natterer, naturaliste viennois, est allé parcourir l’intérieur du Brésil. Le Muséum impérial de Vienne et celui des Pays-Bas doivent è ce voyageur l’acquisition du male et de la femelle de l’espèce remarquable dont plusieurs autres voyageurs ont rapporté les dépouilles, et que nous allons décrire.
Ces oiseaux, dit le naturaliste espagnol, volent avec légèreté et sans secousses; ils ne s'élèvent ni ne s'éloignent pas beaucoup. Les campagnes voisines des eaux sont les lieux qu'ils préfèrent; ils n'entrent point dans les bois , et ils ne se perchent que sur les joncs et les plantes aquatiques , jamais sur les arbres et les buissons. Ils se jettent sur les insectes qui passent près d’eux, mais pour l’ordinaire ils les prennent a terre. Les mAles vivent dispersés, mais on voit souvent plusieurs femelles réunies (1). D'Azara n'a rencontré le Petit-coq qu’entre le 26°. et demi et le 27°. degré et demi de latitude, où il arrive en septembre, et il en repart en mars. Cependant quelques individus de cette espèce restent dans le pays. Le mdle monte quelquefois verticalement dans les airs en battant vivement des ailes et relevant beaucoup sa queue; il paraît alors plutòt un papillon qu’un oiseau. Quand il est à trente ou trente-six pieds de hauteur, il se laisse tomber obliquement pour se poser sur quelque plante.
Le male a le front et les joues marbrés de blanc et de noir; le sommet de la téte, la nuque, le dos, les scapulaires, et un demi ceinturon sur les còtés de la poitrine d'un noir profond, sans aucune tache dans les adultes qui ont opéré leur mue depuis long-temps, mais varié de brun chez les màles qui paraissent avoir été tués immédiatement après l’époque de la mue; le brun occupe alors la fine pointe des plumes noires , et il est présumable que cette couleur disparaît par les frottemens et l’altération de ces parties (2). La gorge et
toutes les autres parties inférieures sont blanches; les épaulettes des
(1) Ces habitudes sont communes aux quatre espèces que d’Azara signale. La seconde espèce ou son Guirayetassa n'est connue que par la description de cet auteur. Je crois devoir faire ici la remarque, que les soi-disant individus hermaphrodites, dont M. d’Azara fait mention dans l’article cité, sont bien certainement des jeunes màles en mue, qui passent de la livrée du jeune àge, toujours la méme que celle de la femelle, è la livrée parfaite propre au male adulte. Le naturaliste espagnol n’a point connu les effets de la mue dans les
oiseaux , et c'est la cause de sa méprise.
7 Se . x > (2) Voyez pour plus de details sur les causes qui opérent ces changemens, l’introduction du Manuel et les articles de quelques espèces d’oiseaux d’Europe.