‹ Nouveau système de comptabilité agricole ou Méthode sûre et facile pour bien gérer les opérations d'une ferme [microforme]Chapitre 5 sur 18 · CS · texte numérisé non relu

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quelqu'ils soient, dès qu’ils sont récoltés.

Qu'un second magasin B reçoit ces mêmes fourrages transformés par diverses branches de l’industrie animale en fromage, beurre, œufs, laine et viande morte telleque salaisons.

Et qu’un troisième magasin, C (c’est-à-dire les cours et depôts), reçoit ces mêmes produits végétaux transformés en engrais.

Télles sont en effet les'voies que “suivent les produits agricoles, avant ou après leur transformation ;:et bien, puisque la comptabilité doit être le tableau fidèle des opérations de la ferme, elle doit alors nécessairement représenter ves trois magasins par un compte séparé ; maintenant, si l’on considère chacun:de ces magasins comme commerçant et payant toute denrée inscrite à son entrée, et recevant le prix de‘tout autre qui en sort, il résultera les avantages suivans:

19 Au moyen de ces intermédiaires, les deux premières industries ‘seront complètement isolées l’une de l’autre ; il:en sera de même de leurs diverses branches euntr’elles.; par conséquent, il sera facile d’apprécier les résultats ét le mérite de chacune,

‘29 Dès qu’une denrée quélconque-sera mise en magasin, l’indus- ‘trie, qui l’aura produite, étant payée par le magasin, pourra voir son compte clos immédiatement, et ne sera pas ‘forcée de souffrir les “éventualités et les retards de la vente au marché, etc., il est inu- ‘tile de dire que l’on devru assigner aux divers produits les prix courants du jour, tant pour les entrées:en magasin que pour les sorties, en déduisant les frais de transport au marché.

‘34 Tout produit étant soigneusement porté à l’entrée des comptes de magasin, l’agriculteur pourra s’apercevoir promptement du moindre larcin et de la moindre prodigalité dans le ménage ou dans l’administration de telle ou telle branche de son ‘exploitation.

Il faut toujours douter des succès apparens de ces agriculteurs, chez lesquels vous voyez la femme, les enfans, les engagés monter au grenier librement et prendre sans compter, et sans que le maître puisse s’en rendre compte, l’avoine, le blé, les légumes secs et en un mot toutes les provisions dont chacun a-besoin pour le service dont il est chargé. Il n’y a que des comptes de magasin très-exacts qui puissent empêcher le désordre en ce cas, et prevenir le :gaspillage dans la consommation.

4? Enfin, en‘ce qui concerne les engrais, ‘on évite, au moyen du compte de magasin, l’inconvénient de mettre la deuxième et la troisième intlustrie en rapport pour la moindre voiture de fumier, dont le jardin'ou un champ quelconque aura besoin.

Je ne-saurais trop le répéter, isoler les industries agricoles, de manière à n’entretenir'entr’elles que les rapports indispensables, voilà le seul moven des’en rendre compte, de se faire ‘une idée exacte de leur mérite.

N'. B. On trouvera, au livre des comptes courants, un'exemple des:

‘comptes de magasin. Il ent été dans l’ordre de placer les ‘observations précédentes à la suite de cet exemple, mais, dans be cours de'cet ouvrage, on aura très souvent à parler'de ces comptes de magasins, 'et alors il est indispensuble d'en fuire apprécier le but et l'utilité ‘avant d’entrer en

matière.

De L'inventaire, %

Dans l’industrie manufacturière, l’inventaire est un état détaillé ‘et estimatif de tout le matériel employé par le fabriquant à la con-

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fection des produits qu’il a en‘vue. Cet état se fait au commencement de l’entreprise, et se renouvelle ensuite chaque année à la méme époque: il a pour ‘but de tfaire connaître à fond la position des affaires du fabriquant, à la fin de chaque exercice, et de déterminer exactement Île upital sur lequéliles opérations de l’exercice suivant vont rouler

En agricui: :,l’inventaire est la mème chose ét n’a pas d’autre but, mais ifest plus compliqué et plus difficile à ét&blir que dans queues manufacturière que ce soit, à cause de la variété et

u grand nonibre des industries qui s’exercent dans une ‘ferme ; cependant, avec un peu de reflexion on en vientà‘bout. ‘Quoiqu'il en soit, l’inventaire est indispensable ; un agriculteur, quise mettrait à l’œuvre sans dresser préalablement ‘un inventaire minutieux et détaiNé de tout son matériel, ne pourruit à la fin de l’année se rendre compte que très imparfaitement des résultats de ses travaux, car:sn comptabilité serait-défectueuse.

Rien n’est plus susceptible de varittions que'la valeur du matériel d’une fergg : tels instrumens aratoires, qui valent aujourd’hui 100 piastres, dans-un-an n’en‘vaudront pas 50, s’ils-sont la propriété d’un agriculteur peu-soigneux, tandis qu’ils en vaudront peut-être 90, s’ils appartiennent à un tout autre homme. Les animaux peuvent, dans un an, diminuer ou augmenter considérablement de valeur suivant les'bons ou les mauvais soins qui leur seront prodigués. Les champs peuvent augmenter de prix, par suite d’améliorations foncières, comme ils peuvent perdre de leur valeur première, par de mauvaises cultures, par la perte des clôtures, :par la stagnation des eaux, par inondation. Les bâtimens d’une exploitation sont -susceptibles de changer dans des proportions encore bien plus grandes, par réparations, constructions neuves,ou par dégradations, sinistres, etc., en-un mot, le matériel d’une ferme est si sujet à des changemens, que souvent le bénéfice, que certains agriculteurs -réulisent pendant les premières années de leur entreprise, n’est qu'un succès apparent, tandis que leur ruine ou du moins de grandes pertes sont attestées par la dégradation de leur matériel. ‘Gomme uussi, d’autres agriculteurs plus sages et plus ‘habiles, enffouissant avec intelligence dans le sol les revenus qu’ils eu retirent, paraissent ne réaliser aucun bénéfice, tandis qu’ils s’enrichissent en uméliorant leur ‘fonds d’une manière, qui n’est pas il est vrai, sensible pour tout le monde, mais qui n’en est pas moins certaine.

D’après ce qui précède, on voit clairement qu’il n*y a qu’un inventaire détaillé et minutieux, qui puisse montrer exactement à l’agriculteur la position dans laquelle il se trouve à la fin de chaque exercice.

Cet état doit être divisé en autant de chapitres-qu’il ya de :comptes spéciaux dans les trois industries agricoles, afin que l’agriculteur puisse bien apprécier les modifications apportées à ‘chaque branche de son exploitation, et porter séparément, au débit de chacune, l'intérêt du capital affecté:à son mouvement particulier.

Ainsi, le montant de l'estimation des bêtes de la vacherie servira à établir l'intérêt du capital qui doit figurer au chapitre des dépenses de cette industrie (voir le compte de la vacherie) ; l’estimntion du matériel de la laiterie servira à déterminer l'intérêt du capitai représentant ce matériel, lequel intérêt doit aussi figurer au chupitre des dépenses de ce même compte (vacherie) ; et de même pour toutes les autres branches,

LRRE 1 99

Premier Livre.

DU JOURNAL. à 0 r

EXEMPLE DE IA TENUE DE CE L'VRE PENDANT DEUX JOURS DU MOIS DE JUILLET. pl

COSTECECE POP EEE EEE EEE TETE ETS ETS COTE ILES LE LEE CE EEE EEE CET EEE CECEET EE CECECEEECECECCECECEE CEECEEE CCE ES la Q nu - 0 m Lait fourni pur la varherie pendunt ce mois. de REF 1E | ur L= MATIN. SOIR. LE MATIN. SOIR. e LA | ê sd te sors Sr RÉ EE R Re tu ——— ne | mm [1] 23 gillous, | 224 gallons, 16 sa | 21334 23 ‘: d qi al a | 16 ou 1£ = |’ 2 èt & ! 21 d <|6 LA " 1 25 € 1 8 ‘23 Pi NS 8 où.

: to) 2 2 Se 1! Ë et «le 2% = Û 2 S Su AU, 4 14 nl [at sl L | it 'otal du lait de toutle muis.........….. C : , à 1l Juillet Ter. — Jean et Louis, engagés, ont biné les betteraves, quatre chevaux et deux 4 d Houes ont été employés à cet ouvrage. (2ème champ de la lère sole ) l Les vaches ont été retirées de la pâture du 3e champde la 4me Sole, elles y ont passé 15. jours, elles ont été mises dans le champ N9 2 de la mênre

Sole,

Deux chevaux de trait ont été ferrés à neuf des quatre pieds ;

Payé au sellier son mémoire 34 piastres.

On a battu le Beurre et on aobtenu 38 lbs.

Porter au compte de la Volaille 2 minots d’avoine pris en magasin. François, journalier, a conduit 6 voitures de fumier dans le jardin i à L passé une À journée à faire cet ouvrage.

ti} Le soir, il est allé rejoindre Joseph et Jacques, journaliers, qui sarclaient 1 les carottes depuis ke matin.

ni # 2,— Voyage à la ville pour vendre les danrée: ci-après ; dépensé 7s. Vendu 120 lbs. Beurre....... mréssesoresssséresese%0 10. 0

: E VORR sie toits sensor asrecss 40 0

Jean et Louis ont biné les patates, 4 chevaux et 2 houes ont été employés à cet ouvrage.

Seyi Bêtes de 3 ans, (Race chevaline) ont été mises en pâture sur le 3e champ de lu 4e Sole, elles sont restées 14 mois sur le premier champ.

seph, Jacques et François ont continué à sareler les carottes. Payé à Louis, engagé, 4 piastres à vuloir sur ses gages, etc., etc.

Er;licalions.

DEMANDE.— Pourquoi dressez-vous, an commencement de chaque mois, un tubleau dans lequel vous inscrivez ensuite, jour par jour, matin.et soir, la quantité de lait que vous donnent vos vaches ?

néronse,—Dubord, pour connaître ce que mu vacherie me donne

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LArRE 18 92.

de bénéfice chaque mois et chaque année ; pour cela, il ne suffit pas

de peser le beurre, il faut aussi mesurer le lait, parce que le lait

écrèêmé constitue nn des grands revenus de la vacherie ; et ensuite

pour pouvoir apr'écier le mérite de tel ou tel fourrage, de tel ou tel

traitement, relativement à la production du lait. Ainsi, par exem-

ple, si la nourriture à la lazerne où au trèfle donne plus de lait que

la nourriture au mil ou au rais gras, si la stabulatiou complète donne moins de lait que le pâturage, n’est-it pas bon que je le sache, afin

de modifier la production de mes fourrages et le traitement de mes

nn de manière à avoir la plus grande quantité de lait pos-

srole ? ;

DEMANDE.—Ces choses là ne peuvent-elles pas se"voir à peu près, sans qu’il soit besoin de mesurer exactement le lait, et d’en noter la quantité ? k

RÉPONSE.— En agriculture comme dans le comietce, tout doit être aussi rigoureusement exact que possible. Or, que diriez-vous d’un fabricant qui ne prendrait pas note des produits qu’il fabrique, et qui vous soutiendrait qu’il lui suffit de voir à peu près ce qui se passe dans ses affuires ? |

DEMANDE.--Voulez-vous me dire comment vous avez relevé les articles pottés! à votre journal, sous la date du ler juillet, et à quels comptes vous les avez inscrits?

RÉPONSE.--Volontiers, dans le premier article. Jean et Louis, engagés, ont biné les betteraves du 2me champ de la Vre sole. 4 chevaux et 2 houes ont été employés à cet ouvrage. Nous voyons que la troisième industrie, celle du loueur d’attelages, a fourni à la première industrie, celle de la production végétale, des hommes, des chevaux et des instruments ; alors, je porte au débit du champ, qui a nécessité cette dépense, cette journée d’hommes, de chevaux et d’instr':ments ; je porte ensuite cette même journée au crédit de l’industrie du loueur dl’attelages, en ayant soin de mettre chaque chose à sa place, c’est-à-dire, lajournée des hommes au compte des engagés, la journée des chevaux au compte des chevaux de trait,et celle des houes au compte des instruments.

Maintenant passons à l’article 2.

Les vaches ont été retirées de la pâture du 3e champ de la 4e sole, elles y ont passé 15 jours. Elles ont été mises dans le champ No. 5 de la même sole.

Nous voyons dans cet article que la première industrie, celle de la production végétale, a loué à la deuxième industrie, celle de la production animale, pendant quinze jours, pour quatorze vaches, la pâture du troisième champ dela quatrième sole, en conséquence je porte en compte au débit de la vacherie ces quinze jours de pàture, tandis que je les porte au crédit du champ No 3 de la 4e sole (*).

Dans le 3e article : 2 chevaux de trait ont été ferrés, etc., je ne vois rien autre chose qu’une dépense faite pour le compte de la 3ème industrie, et que je porte au compte des chevaux, en débit, et au crédit du forgeron, dans le livre des comptes courants.

Le 4e article: Payé au sellier son mémoire #34, énonce le paiement d'une dette contractée par la 3e industrie, et qui doit être portée eu dépense au compte des chevaux de trait,

nonsnnm-mnhbommmemmmmmemmmmnmmmmmmssr mem -mnmmmmmmsmetemesmememmnmmmmsmmnmmnmnmmse - -*

(*) On ne peut au moyen des comptes de magasin cmpêcher ln production végétate d’avoir avec la

2eme iniustrie, la production animae, les rapports que nécessitent les pâturages, L'herbo râturée ne pouvaut ètre mise en Imugasin,

ll!

reQE 14 9925.

Cette somme doit en outré être inscrite en dépense au livre de caisse.

Le 5e article: On a battu le beurre el'on:a:obtenu. 38 Ibs., constate uu produit, que l’on porte au chapitre de la vacherie,. lorsqu’à la fin du mois on récapitule sur le journal le beurre fait pendant:le mois.

Quant à la main d’œuvre pour faire le beurre, elle se trouve dans le compte dutems-employé chaque jour à la manutention générale du laitage. Ce compte, fait au commencement de chaque mois, suivant les travaux plus ou moins grands que comporte la saison, sert pour tout le mois,

Le 6e article constate que la troisième industrie a pris-au magasin, pour le compte de la volaille, 2? minots d’avoine. C’est donc une dépense à porter à: ce compte ; les 2 minots doivent aussi être inscrits à /a sortie du magasin, avec le prix en regurd. 1 —

Le 7e article constate que: la première industrie a acheté au Ï| Dos magasin, pour le compte du jardin, six voitures de fumier, pour la conduite duquel la troisièine industrie a fourni un homme, un che- on val et une voiture, pendant une demi-journée. En conséquence, l'16 C le jardin est grevé du prix desssix voitures et de la main d’œuvre ; U | le magasin reçoit à son crédit le prix du fumier; et la troisième Ù | industrie est créditée de la valeur d’une demi-journée, en ces trois | comptes, des hommes, des chevaux et des instruments. |

Le 8e article atteste que la troisième industrie a fourni deux journées et demie d’hommes à la première industrie, pour le compte |

du champ de carattes, lesqueiles journées doivent être portées au crédit du compte des ouvrierset au débit du champ.

Ces explications doivent suffire pour vous faire comprendre le but et l’utilité du journal, et la manière de reporter sur les autres livres les divers articles qu’il renferme. |

Nous allons maintenant nous occuper de l’examen de chacun de ! ces livres et de leurs divers comptes. |

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Nora.— Le journal étant d'un format de 14 pouces de long eur © de large, doit céstenir 190 pages.

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